Pourquoi nos industriels sont-ils si mauvais stratèges ?

Publié Par Emploi 2017, le dans Entrepreneuriat

Par Claude Sicard.
Un article d’emploi2017

Depuis l’ouverture des économies à la mondialisation, on a vu l’industrie française s’écrouler. On est passé de 5.719.000 emplois en 1980 à un peu moins de 3 millions actuellement, et l’industrie dans notre pays ne contribue plus que pour 11% seulement (industrie hors BTP) à la formation du PIB, alors que dans le cas de l’Allemagne, par exemple, ce secteur d’activité représente 24% du PIB.

La France, pays sinistré

Et dans le cas de l’Italie il s’agit de 20%. De tous les pays européens, hormis la Grèce, la France est le pays où le secteur industriel contribue le moins à présent à la formation du PIB : en ce sens la France doit être considérée comme un pays sinistré.

Ce déclin trop rapide de notre secteur industriel est, on ne le dit jamais assez, la cause fondamentale des déséquilibres profonds que connaît l’économie de notre pays : un chômage très élevé qu’il est devenu impossible de réduire, un déficit permanent de la balance du commerce extérieur, des rentrées fiscales insuffisantes, un endettement très élevé du pays, et l’impossibilité de fournir du travail à tous les immigrés qui chaque année affluent, massivement, d’une manière légale ou illégale, dans notre pays.

Un secteur industriel en échec

Curieusement, on ne s’est pas interrogé beaucoup sur les raisons pour lesquelles un nombre considérable de nos entreprises du secteur industriel ne se sont pas trouvées en mesure de développer des stratégies qui leur auraient permis de mieux faire face à la mondialisation. Dans un très grand nombre de secteurs industriels nos chefs d’entreprise ont échoué à trouver la stratégie qui leur aurait permis de croître et prospérer.

La liste des secteurs qui ont été sinistrés est impressionnante, et encore ne compte-t-on pas dans ce qui reste de l’industrie, la pénétration étrangère, c’est-à-dire les entreprises passées sous contrôle étranger. Dans la catégorie des entreprises de 250 à 499 personnes, par exemple, le SESSI (service des études et des statistiques nationales) indiquait que la pénétration étrangère était, en 2005, de 51,7% ! Et dans la catégorie des entreprises de 100 à 249 personnes, la pénétration se montait à 33,2%. Autant de firmes françaises, là aussi, qui avaient plus ou moins échoué à bâtir des stratégies gagnantes, et qui se sont vendues à des firmes étrangères.

Trois exemples d’échec

Nous voudrions prendre, par illustrer notre propos, trois exemples très parlants : celui du machinisme agricole, celui de la machine-outil, et celui de l’automobile.

Dans le domaine du machinisme agricole on a affaire à un cas stupéfiant : la France est le plus grand pays agricole de l’UE et pourtant, les constructeurs français dans ce domaine d’activité ont tous échoué : ils se sont fait absorber les uns après les autres par des firmes étrangères. Dans le machinisme agricole, on sait que trois catégories de matériels, les tracteurs, les moissonneuses batteuses et les presses fourrages, représentent à elles seules 75% du chiffre d’affaires de la branche.

Or, on voit que le constructeur de tracteurs Renault a été repris par Claas en 2008, que l’entreprise Braud qui était notre grand fabricant de moissonneuses batteuses – des moissonneuses de couleur bleue que l’on voyait un peu partout dans nos campagnes l’été – a été rachetée par Fiat pour devenir New-Holland, et que l’entreprise Rivière Casalis, un gros fabricant de presses fourrages qui étaient de très bonne qualité, entreprise qui avait été créée en 1845 à Orléans, a été absorbée par le Hollandais Vicon. Sa grosse usine de Fleury-les-Aubrais qui employait 1.200 personnes a été rasée en 2010 pour laisser la place à une zone commerciale.

Comment se fait-il donc que des entreprises qui disposaient en Europe du plus vaste marché intérieur, aient finalement toutes échoué ? Aujourd’hui, l’industrie française du machinisme agricole est seulement numéro 3 en Europe, derrière l’Allemagne et l’Italie, et tous les fabricants sont des étrangers, y compris Kuhn en Alsace qui est une filiale du Suisse Bucher Industries.

Le Commissariat au Plan avait chargé la régie Renault de sauver en France la carte du machinisme agricole : Renault s’efforça de le faire pendant des années, mais finalement échoua, le président de la branche, Daniel Dreyfus (le frère du président du groupe), n’ayant pas su trouver la bonne stratégie pour accomplir cette mission, malgré des moyens importants. Les grands fabricants européens sont aujourd’hui allemands et italiens.

Dans le domaine de la machine-outil, les constructeurs français ont, là aussi, totalement échoué : ils n’existent pratiquement plus aujourd’hui. Il y eut deux erreurs graves, semble-t-il, qui ont ruiné la réputation des fabricants français : l’absence de réseaux d’après vente dans les pays étrangers, et des machines trop souvent pas totalement au point exportées sur des marchés extérieurs, la manie des constructeurs français étant de modifier en permanence leurs machines pour les améliorer et d’exporter ainsi des machines perfectibles, avant qu’elles n’aient fait vraiment leurs preuves sur le marché intérieur.

Quand on interrogeait des importateurs de machines françaises à l’étranger, ceux-ci disaient tous, unanimement : « Plus jamais de machines françaises ! ». Aujourd’hui, en Europe, les fabricants italiens sont numéro deux, après les constructeurs allemands. Et les Français ont disparu.

Troisième exemple : celui de l’industrie automobile. En 1950, les Japonais ne fabriquaient pas de voitures automobiles. Toyota qui était un fabriquant de machines à tisser mécaniques avait commencé à s’intéresser à l’automobile en 1933 mais sans grand succès, puis il y eut la guerre.

Dans le cours des années 1950, Toyota entreprit de reprendre ses activités dans l’automobile : les dirigeants se posèrent la question toute simple de savoir quel était le marché le plus important au monde : les États-Unis. Ils décidèrent donc de fabriquer des véhicules parfaitement adaptés à ce marché : ils copièrent les modèles américains et ils les imposèrent à leur marché intérieur.

Ils s’implantèrent très vite sur le marché américain en créant sur place des usines fonctionnant avec les process japonais, des procédés de production très efficaces comme on le sait. Ils avaient compris que l’on ne peut pas prendre des positions importantes sur un si grand marché sans avoir ses propres usines sur place et sans faire des modèles parfaitement adaptés à la clientèle du pays. Ce fut un succès, et aujourd’hui, Toyota est le numéro un mondial. Renault, entre temps, a certes progressé, mais très laborieusement, n’ayant pas eu la chance d’avoir jusqu’à l’arrivée de Louis Schweitzer en 1992 des présidents qui soient réellement de bons stratèges. Louis Schweitzer comprit, lui, l’importance capitale, pour l’avenir, des marchés asiatiques et il eut l’immense mérite de parvenir à s’associer solidement au japonais Nissan.

Aujourd’hui, dans le classement mondial des constructeurs, Toyota est bien numéro 1, et le grand concurrent de Renault, l’allemand Volkswagen, est, lui, numéro 2. Renault, seul, vient en dixième position, mais l’ensemble Renault-Nissan se positionne en numéro 5. Il est impossible, ici, de refaire toute l’histoire de Renault depuis la dernière guerre, mais à titre d’illustration d’erreurs monumentales de stratégie faites par ce groupe, nous rappellerons la malheureuse aventure américaine de cette firme aux USA. En 1957 Renault, on s’en souvient, entreprit d’exporter aux États Unis ses Dauphine fabriquées à Flins.

Renault inadapté au marché américain

Ce fut un échec cuisant, ce modèle n’étant nullement adapté aux exigences du marché américain et, de surcroît, le service après-vente étant totalement défectueux. On comparera cette tentative française de conquérir le marché des petites voitures aux États-Unis en se fondant sur un véhicule spécifiquement conçu pour le marché français – une conquête voulant se faire, de surcroît, avec des véhicules importés et non pas fabriqués sur place – avec l’approche intelligente qu’eurent les Japonais pour réussir sur ce marché.

Deux approches, on le voit, totalement différentes, avec un succès éclatant d’un coté et un échec affligeant de l’autre. Plus tard, Renault en 1970, tirant les leçons de son précèdent échec, voulut s’implanter sérieusement sur le marché américain en prenant une participation importante chez American Motors (AMC). Un premier modèle fut lancé avec succès, l’Alliance, puis il y en eut deux autres.

George Besse se retire

L’aventure commençait à bien fonctionner, mais en 1987 le nouveau président de Renault, Georges Besse, soucieux de faire des économies, décida de se retirer d’AMC, cédant ses parts à Chrysler ! Là aussi, ce fut une grave erreur de stratégie qui fut commise, Renault se privant définitivement du marché américain. Un grave handicap donc, dorénavant, pour cette firme !

On doit donc s’interroger sur les raisons de tous ces échecs, et la liste est malheureusement fort longue. Dans le cas de Renault, par exemple, il faudrait rajouter son échec dans le domaine des véhicules industriels et de la machine-outil. Renault avait racheté la firme Berliet que Paul Berliet avait coulée en jouant la carte Afrique plutôt que la carte Europe, créant ainsi la Saviem : ce fut un échec et la Saviem a finalement été reprise par Volvo. Et dans le domaine de la machine-outil, la RMO qui était la division machine outil de Renault a été cédée à Comau (groupe Fiat). Personne jusqu’ici ne semble avoir cherché à expliquer les raisons de tous ces échecs, et pourtant il y a là matière à réflexion.

A suivre…

Sur le web

  1. produire …faut il mieux être ouvrier ou commercial pour bien gagner sa vie ? commercial est la bonne réponse se désindustrialiser devrait être notre leitmotiv . pourquoi produire alors qu’il y a plus a gagner en vendant des produits ou des services ?

    1. Qui connait le mieux un produit si ce n’est celui qui le fabrique. Se désindustrialiser c’est aussi perdre toute compétence, à la fois pour le produire et pour le vendre.

      Dans tous les domaines on voit poindre un nouveau métier « encadreur de sous-traitance » . Des gens formés qui encadrent d’autres gens compétents, la compétence disparait chez les français et augmente chez les sous-traitants. Croire qu’il y a un avenir à laisser bosser les autres et à essayer de capter le fruit de leur travail, c’est s’exposer à de terribles désillusions.
      Quel est la valeur ajoutée d’une boite française qui fait fabriquer toute sa production en Chine, et comment va évoluer cette valeur ajoutée sur 20ans.

      Les services, pour qui ? se vendre mutuellement des merguez et de l’assistance, ça ressemble un peu au mouvement pérpétuel.

      1. un exemple, apple , il étudie un produit , il fait produire au meilleur cout et en tire tout le bénéfice à la vente..quel interet aurait il a produire dans un pays a niveau de vie trop élevé , il y a bcp de main d’œuvre pour faire un Iphone de qualité en grande quantité , par rapport a son marché mondial ?

        1. @reactitude
          IL faut voir le cas sur la duree. Apple a frole la faillite avant le retour de S Jobs. Il a fait un carton en inventant un nouveau marché (le smartphone) mais c est difficile d etre un visionnaire et de revolutionner le marche tous les 5 ans… Apple avait bien demarre avec la micro informatique mais s etait finalement fait laminer par les compatibles PC au point d etre moribond. Il est possible qu Android lui fasse subir le meme sort. et si la ils n ont plus de nouveau marche, bye bye apple

          PS: google les menace dans la telephonie, Amazon dans le cloud, les ordinateurs classique c est mort (mac c est 3 % du marche)… Si j etais vous je vendrai mes actions apple

          1. le cas apple est trés particulier , il a toujours été élitiste , le luxe mais de gauche et ce marché n’est pas prés de se tarir.
            il a été laminé par les compatibles Pc…en effet comme les compatibles Pc sont aujourd’hui moribond ,comme les fournisseurs internet seront laminés par la 5G.. c’est la vie , une innovation chasse l’autre.

  2. Le fait de se faire racheter par un concurrent qu’il soit étranger ou non, n’est pas forcément synonyme d’échec, c’est souvent signe de réussite.
    Braud aujourd’hui fabrique et commercialise sous son nom des machines à vendanger qui se vendent très bien.
    Quant à Renault les moteurs 1.5 et 1.6 dci équipent les Mercedes classent A B et C.

  3. Nos industriels sont mauvais stratèges parce qu’ils en sont restés aux guerres napoléoniennes : un état-major sur une colline, qui place ses divisions en suivant les combats à la lunette et en cherchant à faire le plus de dégâts possibles chez l’ennemi. La stratégie industrielle consiste à plaire au client en répondant à ses attentes, voire en en créant de nouvelles pour les satisfaire.
    Le vendeur US : « Que puis-je faire pour vous ? »
    Le vendeur français : « Connaissez-vous notre dernier produit ? »

  4. Encore 11% d’industrie ? C’est beaucoup pour un pays ravagé par le communisme.
    Nul doute que les Français en premier lieu, les politiques, les syndicalistes, les fonctionnaires et les élus vont tout faire pour que nous ne passions pas sous la barre des 10%. Hahahahahahaha 🙂

  5. Les industriels français sont en effet probablement de bien piètres stratèges. Une certaine arrogance, qui semble constituer un défaut français tenace, y est sans doute pour quelque chose. Je pense que le noeud du problème se situe dans une attitude déplorable consistant à s’entêter à vouloir vendre au client ce qu’on a envie de lui vendre plutôt que de s’efforcer de lui vendre ce qu’il a envie d’acheter. Ceci dit, on devrait également se poser la question de savoir ce que les gouvernements en place depuis 1980 on fait pour créer un climat politique et fiscal favorable, de nature à favoriser l’épanouissement et la croissance de l’économie française en général et de l’industrie française en particulier. La triste réalité est qu’on a assisté à un réel sabordage dont ont été coupables des dirigeants politiques, des syndicats et des bureaucrates omnipotents mais particulièrement incompétents qui ont rendu extrêmement compliqués, coûteux, difficiles et risqués les investissements industriels et les créations d’emploi. Tout cela a hélas entraîné inexorablement durant près de quatre décennies un déclin prononcé de la France par rapport au reste de l’Europe et du monde.

  6. @reactitude & Co : connaissez-vous la notion-clé en MKTG de « préférence du consommateur » ?

    Comparant entre constructeurs DE-CH-IT et bien sûr FR leurs lignes de produits dans les 3 sous-secteurs manufacturiers analysés dans ce très bon article, que penser des écarts de conception technologique? de la facilité d’utilisation opérationnelle (couplée à leur fiabilité)? et de N autres facteurs tenus en compte par l’utilisateur final qui décide et achète ? Rien à signaler à tout ceci ?

    Dernier en date, retentissant : CAT (matériels remarquables) … mais coûts de fabrication élevés, motivation syndicale désastreuse pour l’employeur, hyperconcurrence des fabricants asiatiques depuis ces 30 dernières années … et acheteurs de génie civil obligés de se plier aux contraintes budgétaires des TRAVAUX PUBLICS (procédure du moins-disant…).
    ça vous fait-il réfléchir autrement ?

  7. Il n’y a pas que l’industrie: l’agriculture est tout aussi sinistrée. Les deux forces historiques de la France sont dans les choux (si j’ose dire).
    La France achète des trucs 5 Euros aux Chinois, les revend 50, et marque 45 dans son PIB, dont 30 dans les caisses de l’Etat.

  8. Concernant Renault aux États-Unis, vous avez oublié l’épisode de la Renault 9, véhicule à peine modifié pour devenir universel, et proposé aux américains…

  9. Je suis perplexe sur le fondement de l’article. Je cite juste le début :
    « …un chômage très élevé qu’il est devenu impossible de réduire, un déficit permanent de la balance du commerce extérieur, des rentrées fiscales insuffisantes, un endettement très élevé du pays, et l’impossibilité de fournir du travail à tous les immigrés qui chaque année affluent, massivement, d’une manière légale ou illégale, dans notre pays. »
    Si, il est possible de réduire fortement le chômage, en libérant très fortement le droit du travail. Difficile mais loin d’être impossible.
    Des rentrées fiscales insuffisantes ? J’ai dû me tromper, je pensais que l’article traitait de la France. Plutôt que pr ne répond un excès d’impôt dans les poches des citoyens et des entreprises, si l’Etat obèse se limitait à ses fonctions régaliennes et cessait de vouloir gérer la « politique économique » du pays, notre tissus industriel serait bien meilleur.
    Les immigrés qui affluent massivement dans notre pays ? Sauf grossière erreur de ma part, toujours possible, j’avais le sentiment que beaucoup préféraient largement s’installer en Allemegne (là, le qualificatif de « massif » peut s’employer, pas en France), ou encore cherchaient par tous les moyens à passer en Angleterre.
    Le mythe de l’immigré auquel on ne peut pas donner du travail me semble bien fragile.
    Mais il est costaud.
    Et electoraliste…

  10. Article surprenant car les décideurs industriels ont pourtant bel et bien appliqué la seule stratégie efficace, fuir la France socialiste, loin, très loin.

  11. Ah oui, Renault … Saviem … Les S45, S53 et autres merdes archaïques à quatre roues telles le SC10 qui étaient le cauchemar de mon enfance et que la régie s’est obstinée à produire jusque fin des années 80 en espérant concurrencer les constructeurs étrangers comme Mercedes-Benz, Setra, Neoplan, Iveco ou Volvo. Même les coréens Daewoo, Hyundai et Asia Motors, déjà dans les années 80 avaient des produits bien meilleurs !

    Au passage, que l’on me corrige si je me trompe mais il me semble que ce n’est pas la fusion de Renault avec Berliet qui a donné Saviem mais plutôt la fusion de Berliet avec Saviem qui a donné Renault Véhicules Industriels (RVI) ; en effet, Berliet avait de bons produits avec notamment l’autocar PR14 et l’autobus PR100 qui sont par la suite devenus le Renault PR14 et l’autobus Renault PR100 et PR180 pour la verison articulée, puis ensuite Renault PR100.2 & PR180.2 pour la version restylée, puis enfin Renault PR112 & PR118 pour la version recarrossée.

    Bref de bons produits Berliet que Renault a maintenu sur les chaînes de production pendant plus de 20 ans.

  12. Tiens, au fait, Renault : l’État n’est-il pas actionnaire à hauteur de près de 20% (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Renault) ?

    Et si l’État possède est actionnaire, même minoritaire, il peut donner des subventions. Ben oui : si moi, PDG de Renault, je fais perdre de l’argent à Renault, je pourrais demander des sous à l’État en lui faisant bien comprendre qu’il a intérêt à verser de l’argent pour sauver les dix-mille emplois menacés par ma faute s’ils ne veulent pas prendre la déculottée aux prochaines élections. Mon pote Bernard a fait la même chose chez Airbus pendant vingt ans et cela a marché du tonnerre !

    Alors pourquoi me casserais-je la partie la plus confortable de mon anatomie à proposer des produits innovants et répondant aux besoins du marché ? Vous pensez bien que je préfère rester bien confortablement assis sur mon fauteuil, maintenir les vieilleries de Saviem sur les chaînes de production et aller jouer au golf avec mes copains. Et gare à celui qui aurait la mauvaise idée de vouloir innover et proposer un produit qui pourra se vendre partout dans le monde : je ferai tout pour qu’il la ferme ! Comme dans la ferme collective du grand-père de mon meilleur pote russe !

    D’ailleurs, ce pote russe me disait que même s’il n’a encore jamais vu le moindre sovkhoze avoir de succès économique fulgurant, il trouve que c’est une excellente idée qu’avait eu Charles de Gaulle de créer des entreprises fonctionnant sur le même modèle et que c’est pour cela qu’il est venu en France après la chute de l’U.R.S.S.

    Il faut dire que la France regorge d’entreprise fonctionnant sur le feu modèle soviétique :

    – Airbus ; ah oui… Airbouze… Pauvre France, si tu savais… Et je ne parle pas uniquement des déficits énormes que ces idiots finis ont créés pendant près de trente ans ou du désastre économique qu’est l’A380… Une véritable honte pour la France ; et après, on se balade dans le monde entier à donner des leçons sur les droits de l’homme…
    – Areva
    – Alstom
    – Thomson, loin derrière
    – PSA ; la voiture de Sami Naceri dans « Taxi », c’est quoi déjà ? C’est une Peugeot ! Oh la la ! Ils font des voitures eux aussi ?
    – Bull, zéro pointé depuis 1982
    – …

    Vous voulez que je vous parle de la stratégie des industriels français ? Pas de problème : je peux vous parler de l’État Stratège. Le grand-père de mon pote russe également.

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