La fausse piste de la relance industrielle

Publié Par Vladimir Vodarevski, le dans Économie générale

Par Vladimir Vodarevski.

En France, la mode est à la résurgence d’une politique industrielle initiée et pilotée par l’État. Pourtant, l’actualité montre que les innovations industrielles ne viennent pas de pays ayant une politique industrielle.

Ainsi, l’Allemagne est le pays roi de l’industrie. Et l’industrie reine est l’automobile. Pourtant, le pays qui bouscule le secteur, ce sont les USA. C’est carrément une nouvelle société, créée de toutes pièces, Tesla, qui assemble des voitures électriques utilisables « normalement », avec une grande autonomie. Tesla a également lancé la voiture autonome. Google y travaille également, et, semble-t-il, Apple.

Industrie et impression 3D

Autre exemple, le site Numerama signale que le groupe PSA (marques Peugeot et Citroën) s’est associé avec une start up de Los Angeles, spécialisée dans l’impression 3D, Divergent 3D. Le but est de concevoir des autos plus légères et plus simples à assembler.

Dans un autre secteur, le pays européen à la pointe de l’innovation en matière de microprocesseur est également un pays peu réputé pour sa politique industrielle : le Royaume-Uni. C’est la société britannique ARM ldt qui a développé l’architecture leader pour les smartphones.

Et les constructeurs automobiles installent dans leurs cockpits des réceptacles compatibles Androïd ou Apple. Ainsi, les smartphones utilisant ces systèmes d’exploitation peuvent être installés dans les véhicules et servir de GPS ou pour d’autres fonctions.

Innovation de rupture des USA et du Royaume Uni

L’innovation de rupture vient des USA ou du Royaume-Uni. Elle provient d’un environnement favorable aux investisseurs, dans le cas de Tesla. Pour ARM, on ajoute la symbiose de l’entreprise avec l’université, Cambridge en l’occurrence. Google, ce sont des entrepreneurs à succès, qui ont gagné les moyens d’aller encore plus loin. Dans tous les cas, un environnement favorable aux investisseurs.

L’Allemagne l’a compris. Elle n’a pas de politique industrielle, mais une politique favorable aux entreprises, quel que soit leur secteur, même agricole. Elle semble même bien placée dans les fintech en Europe, derrière le Royaume-Uni.

Il y a trente ans, le magazine L’Expansion vantait le modèle de la banque industrie à l’allemande. Modèle abandonné par l’Allemagne, dont le gouvernement a favorisé l’abandon des participations croisées, et laissé les conglomérats se démanteler. Pour mener maintenant une politique, non pas industrielle, mais qu’on peut qualifier de business friendly.

La puissance technologique, qui peut entraîner un pays, ne dépend pas d’une politique industrielle mais d’une politique en faveur des investisseurs, de l’entreprise en général et de l’entrepreneuriat.

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