L’euro-or, une monnaie de secours pour remplacer l’euro ?

Publié Par Charles Sannat, le dans Monnaie et finance

Par Charles Sannat.

Un euro-or comme monnaie parallèle ? Dans un article du Handelsblatt, qui n’est pas n’importe quel quotidien en Allemagne puisque c’est l’équivalent de nos Échos, le plus gros journal économique outre-Rhin,

« l’ancien chef économiste de la Banque allemande Thomas Mayer et deux autres économistes appellent à une alternative pour l’euro, qui serait conçue pour protéger contre l’inflation et les taux d’intérêt négatifs »

« Francfort Thomas Mayer est connu pour des suggestions non conventionnelles. L’ancien économiste en chef de la Deutsche Bank a émis, par exemple, l’idée d’une monnaie parallèle pour la Grèce (Geuro) ce qui avait fait sensation. L’an dernier, le ministre grec des Finances Yánis Varoufákis l’a invité à Athènes pour discuter du concept avec lui. »

Et, compte tenu des difficultés de la Grèce, qui est toujours en déflation, c’eût été une excellente idée, hélas, pour le moment pas encore retenue.

Un euro-or, monnaie parallèle

« Désormais Mayer a développé avec les économistes Thorsten Polleit et Ulrich van Suntum une proposition similaire controversée. Le trio appelle à l’introduction d’un soi-disant « euro-or » qui aurait pour objectif de remplir deux fonctions à savoir protéger contre l’exposition à des taux d’intérêt négatifs et aux risques d’inflation imminente. »

Et savez-vous quelle est la seule chose capable de vous protéger contre les taux négatifs et l’inflation ? C’est l’or !

Ce qui est important c’est de bien comprendre que désormais, il n’y a plus aucune bonne solution pour l’avenir et quoi que nous décidions collectivement, nous aurons à faire face à un immense problème monétaire.

Les banques centrales n’ont que 3 solutions

Nous n’avons que trois solutions pour les banques centrales, et c’est cela que vous devez bien comprendre, c’est hyper important.

Soit on monte les taux, soit on les laisse là où nous en sommes, soit on les baisse encore plus !

Tout d’abord, l’augmentation des taux : c’est à la fois très compliqué et très simple. Très compliqué parce qu’il y a un jeu de rapports de force et géopolitique très complexe que personne ou presque ne maîtrise. Très simple en revanche dans les conséquences.

Nous sommes effectivement, depuis 2007, dans l’éclatement de la plus grosse bulle de dettes de tous les temps. Quand tout le monde est hyper endetté, si on augmente les taux donc le « prix » de l’argent cela va mettre tout le monde en faillite et c’est l’ensemble du système qui s’effondre.

Augmenter les taux dans la situation actuelle c’est tout simplement un énorme suicide économique collectif… Alors vous allez me dire : « si vous vous savez et si quelques autres aussi disent la même chose, ne me dites pas que la Fed ne le sait pas ! »… Eh bien vous avez raison. La Fed le sait !

Que se passe-t-il si les taux ne montent pas ?

Eh bien cela revient à dire que les taux seront négatifs pendant 30 ans et qu’il va y avoir de l’inflation et que donc les gens vont se faire ruiner… Donc vous déclenchez dans ce cas la perte de confiance généralisée dans le système et la ruée vers des actifs tangibles comme l’or ou les terres agricoles ou encore l’immobilier. Cela va faire s’effondrer la monnaie et ensuite tout le système…

Pourquoi ? Tout simplement parce que si vous admettez ouvertement qu’il n’y aura plus jamais de rendement, pire, que vous prendrez chaque année un peu plus de sous aux épargnants, alors vous allez totalement changer, bouleverser les anticipations des agents économiques. Plus personne ne voudra placer à long terme. Personne ne voudra plus d’argent qui perd de la valeur !

Alors que fait la Fed ? Elle fait croire qu’elle peut encore monter les taux… Elle va tenter le plus longtemps possible de maintenir la fiction du « tout est normal » ou « tout va redevenir normal »…

Mais c’est une bien maigre idée, et bien petite politique vu la hauteur des enjeux et des conséquences. Cette vidéo de BFM présente justement ce débat sur l’or qui ressurgit.


La mise au net : Des économistes allemands… par BFMBUSINESS

Dans tous les cas, c’est mort. Les seuls à survivre seront ceux qui l’admettront avant les autres et se prépareront en conséquence en tirant les conclusions qui s’imposent !

L’euro-or : une valeur sûre ?

En gros, ce qu’il faut bien comprendre c’est que c’est fichu. On monte les taux on meurt très vite ; on les baisse encore on meurt un poil moins vite ; on ne fait rien et on mourra peut-être un poil plus lentement.

De la même façon, lorsqu’en Allemagne le débat s’ouvre sur la mise en place d’un euro-or, on devrait en prendre bonne note et mettre tout simplement de l’or dans son patrimoine, car objectivement, on se fiche bien que sur une pièce il soit écrit « or » ou « euros-or » : de toutes les manières, ce qui fera la valeur de cette pièce (en dehors de sa rareté éventuelle) c’est bien son poids en or !

Des économistes parmi les plus influents viennent donc juste de déclarer qu’il valait mieux avoir de l’or que des euros. À bon entendeur…

Sur le web

  1. Je pense que ce sont ces économistes de pacotille qui ont une vision réduite. Car vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez. Vous êtes formatez par le système et dans l’impossibilité d’entrevoir autre chose. C’est pour cela que ce système se gave comme jamais. Car vous trouvez cela normal de payer des intérêts sur de l’argent prêté alors que cet argent n’existe de nul par avant. Ils ont la vie belle ces banquiers ! Comme disait Maurice Allais (Prix Nobel d’économie), ou il les compare à des faux monnayeurs. Peut-être allez-vous dire aussi qu’il n’y connaît rien en économie. Si vous trouver légitime ce système alors continuez. C’est incroyable comme les gens sont dans la matrice et qu’ils trouvent tout à fait normal de travailler comme des força pour enrichir les 1% des oligarques qui détienne 50% des richesses et qui eux ne travaillent pas.

    « Le monde n’est pas dangereux à cause de ceux qui font du mal mais à cause de ceux qui les regardent et les laissent faire. »
    Albert EINSTEIN

    Lire cet ouvrage absolument avec une solution géniale à la clé qui nous sortirait définitivement de ce système mafieux : http://www.auto-bing.fr/documents/electrochoc.pdf

  2. L’or n’est qu’un placement comme un autre. Faut arrêter de lui prêter des super pouvoirs en permanence. La valeur de l’or n’est absolument pas figée pour l’éternité.

    1. Personne ne prête des supers-pouvoirs à l’or. C’est l’inverse qui se passe: les gens prêtent des super-pouvoir aux fiat currencies. L’or, doit sa force aux imbéciles qui se comportement comme si le papier imprimable à l’infini avait de la valeur alors qu’aucun actif ne le garantit.

      La force de l’or sur les fiat currencies, c’est l’existence de gouvernants dépendants de la dépense à outrance comme s’ils étaient toxicomanes, qui pensent qu’en imprimant ad libitum de la monnaie papier -hier pour financer leurs guerres aujourd’hui pour payer les promesses électorales- cela n’aura aucun impact sur la valeur de leur monnaie à long terme.

      Le pouvoir de l’or, c’est précisément que les gouvernements se cassent les dents dessus comme des alchimistes: c’est un actif qu’ils ne peuvent pas multiplier par décret à partir de la planche à billet. Pas plus de pierre philosophale que gouvernementale. Et ce pouvoir fait toute la différence avec les fiat currencies. Il implique une rareté relative que les gouvernements ne peuvent pas manipuler. Cette rareté est la raison pour laquelle (outre le fait que l’or a toutes les autres propriétés nécessaires pour servir de monnaie), que contrairement aux centaines de monnaies papiers qui se sont succédées les unes après les autres depuis des centaines d’années, lui il sert de monnaie depuis des millénaires et est pourtant toujours là.

      Quand je constate qu’un gilet de sauvetage gonflé d’air flotte, je ne lui prête aucun super-pouvoir si je pense qu’il va m’aider à rester à la surface en cas de naufrage. Celui qui prête un super-pouvoir aux objets c’est le crétin qui croyant stupidement que l’eau a les mêmes propriétés s’est fait une ceinture de ballons d’eau en pensant que cela va l’aider s’il tombe à l’eau. Note que personne ne dit que tu vas t’en sortir avec un gilet, tu peux tout aussi bien mourir dans le naufrage, par contre ce qui est sur c’est que tu auras plus de chances qu’avec les ballons d’eau. Dès lors, sachant que tout d’abord le nombre de gilets est limité alors que nous sommes très nombreux sur le bateau, mais que par contre l’eau autour de toi est disponible en quantité, et qu’ensuite on entend le tonnerre gronder et les nuages s’amonceler, je te laisse à tes ballons d’eau, continue à te charger avec. Moi j’ai déjà mis la mains sur mon gilet, on ne sait jamais.

      1. N’empêche qu’en cas de naufrage, il vaut mieux un gilet de sauvetage à portée de main qu’un lingot d’or dans votre coffre. Un euro-or a surtout l’effet de montrer la fragilité de l’euro-pas-or-du-tout, car seule compte la confiance que peuvent accorder à l’émetteur ses clients et fournisseurs. En ce sens, l’or n’a de valeur que tant que des nations acceptent ou envisagent de s’en servir comme étalon.

    2. La valeur de l’or exprimée dans une monnaie quelconque peut effectivement varier considérablement. Et c’est essentiellement dû à l’évolution de la valeur de la monnaie elle-même.
      L’or, en tant que matière rare, disponible en quantité limitée et globalement connue est un point d’ancrage de valeur. A l ‘époque de l’étalon or pour certaines monnaies, ces dernières valaient directement en fonction du stock d’or correspondant : pas de corrélation directe avec l’économie telle qu’on la conçoit maintenant, avec le PIB, avec les taux des banques centrales, etc.
      Vaste sujet mais une remarque : l’Allemagne détient un considérable stock d’or, ce qui n’est le cas d’aucun autre état européen, France compris. Prôner un Euro-or de la part de certains spécialistes allemands laisse présager, selon moi, l’éclatement direct de l’Euro en tant que monnaie commune. Ou la création alternative de cette second monnaie (la bonne) qui sera thésaurisée au détriment de la première (la mauvaise). Et qui détiendra l’essentiel des euros-or ? Question à deux balles…

  3. L’or avait du sens quand il servait de contrepartie à l’impression des billets. Aujourd’hui, la monnaie est essentiellement scripturale, les billets n’ayant plus qu’un usage marginal. Nous ne pouvons donc plus raisonner comme autrefois. La monnaie scripturale dispose bien d’une contrepartie, ce n’est pas les billets qui sont imprimés sans contrepartie, mais les dettes et la confiance dans leur remboursement. Cette confiance ne s’effrite d’ailleurs pas alors qu’il existe plus de deux fois plus de dette que de monnaie en circulation. S’achat que la monnaie scripturale est effacée lorsque les dettes sont remboursées, il y a un problème… Les biens que nous croyons posséder sont donc considérés comme potentiellement récupérable par ceux qui possèdent les dettes. Il suffit d’ailleurs d’augmenter les impôts fonciers pour que nous soyons obligés de céder notre maison au prix fixé par l’acheteur.

    Le problème de la contrepartie de la monnaie n’est pas prioritairement un retour à l’or, mais plutôt un découplage de la dette de la création de monnaie scripturale. Nous pouvons choisir n’importe quelle richesse pour cela. Le mieux étant de créer la monnaie en anticipation sur la richesse future. La monnaie créée étant inscrite par exemple au capital des entreprises qui investissent et la monnaie est détruite lorsque l’investissement commence à rapporter (éventuellement par l’impôts s’il s’agit d’une création de richesse par l’Etat).

    Le banques centrales ne servent plus à grand chose et pourrait être supprimées sans difficultés. Nous n’avons pas besoin d’une monnaie commune, mais d’une unité de compte commune. Les conventions entre les monnaies peut se faire grâce aux progrès de l’informatique de manière transparente pour l’utilisateur. Rien n’empêche aujourd’hui chaque banque de créer sa propre monnaie, l’unité de compte étant calculée à partir d’une moyenne de monnaies stables. Si nous choisissons les monnaies que nous préférons utiliser ou garder, cela revient à nous donner un droit de vote sur l’économie.

  4. L’euro-or est présenté comme une alternative aux scénarios de crises engendrés par les taux bas / taux élevés. N’est ce pas contradictoire. Créer un euro-or avec cours légal c’est en fait l’équivalent de libérer les taux. En effet, l’étalonnage du crédit sur une valeur matérielle rare conduit naturellement à limiter le crédit monétaire (c’est même le but). En situation de crise, des taux libérés sont obligatoirement des taux élevés car les investisseurs se font concurrence pour obtenir des crédits.

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