Dépakine, ligne expresse CDG : en France, la taxe est la réponse ultime à tous les problèmes

Publié Par h16, le dans Édito

En France, à chaque fois qu’un problème apparaît, une solution unique, pratique et simple est appliquée : celle de la taxe. Cette solution, généralement proposée par un élu d’un bord ou l’autre, permet alors de montrer qu’on agit, de ponctionner les Français, d’amasser du pognon qu’on dépensera en agitation périphérique à la résolution du problème. Ensuite, on constatera que ça ne marche pas et on pourra augmenter la taxe.

C’est simple, ne trouvez-vous pas ?

Évidemment, pour que l’affaire prenne un tour encore plus rocambolesque, il faut et il suffit que le problème soit lui-même créé de toute pièce par l’État, ce qui permet à la taxe créée non seulement de ne pas résoudre le problème, mais — encore mieux — de l’aggraver.

Je prendrai deux exemples de l’actualité récente pour illustrer cette odieuse mécanique traditionnelle en France.

Pour le premier exemple, je vous propose de regarder, rapidement, ce qui va se passer à l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle. Le problème est ainsi posé : il faut absolument une ligne ferroviaire reliant l’aéroport à la capitale afin d’amener le flot de touristes de la plate-forme aérienne vers tous ces commerçants et tous ces beaux musées, pour que de touristes ils se transforment en consommateurs et rapportent plein de bons gros euros à une municipalité par ailleurs exsangue. Et puis, au moins, cette belle ligne de transport représente un gros investissement, avec beaucoup de partenaires, d’entreprises plus ou moins privées et plus ou moins acoquinées avec l’État, pleines de petits copains des politiciens locaux qui ont besoin de travailler. Tout ceci sent la bonne opportunité d’autant qu’ainsi, on ne pourra plus dire que la ville et la région ne font rien pour améliorer la situation touristique.

Or, pour financer tout ça, on se rend compte que le ticket de transport (prévu autour de 24€) ne suffira pas. Le problème est posé, le manque de financement est évident, la solution s’impose d’elle-même : taxons les billets d’avions pour financer cette ligne, pardi !

Les plus aguerris d’entre vous comprennent tout de suite le piège : tout se met en place pour faire comprendre à tout le monde que cette nouvelle ligne est la réponse au problème de transport, et que la taxe est la réponse au problème de financement.

impots et taxes

Il ne semble pas venir à l’esprit de nos élites que si l’on veut vraiment financer cette nouvelle ligne, peut-être le faire au travers de tickets plus chers serait logique : payent alors ceux qui s’en servent, et non les passagers de Roissy qui paieront plein pot pour un train que beaucoup ne verront jamais. Bien sûr, le prix du ticket aura, dans cette configuration, tendance à exploser, rendant le projet économiquement périlleux. Qui pourra en effet se permettre un ticket à 48€ pour faire 30 km après un vol low-cost à 10€ pour en faire 1000 ? Dans ce cas, on est en droit de se poser la question de la viabilité de cette nouvelle lubie. Le problème n’est plus de savoir comment financer cette ligne, mais surtout, pourquoi.

De même, il ne semble pas plus venir à l’esprit de personne de remettre à niveau les infrastructures déjà existantes ; le RER B, épave puante et omnibus, qui dessert pourtant déjà et la capitale et l’aéroport, n’a semble-t-il d’autre destin que de continuer à aller cahin-caha, entre deux pannes, feuilles mortes ou caténaires en goguette, en parallèle de la nouvelle ligne qu’on s’apprête à construire à grands frais. Améliorer la propreté, la sécurité, la ponctualité, la vitesse, bref, le service rendu d’une ligne qui existe déjà, qui rend déjà le service demandé sur le papier, tout ceci semble impossible à concevoir. Il faut dire qu’implémenter cette stratégie ne représente aucune possibilité de toucher des pots-de-vin, de surfacturer les petits copains, de faire du trafic d’influence ou toute autre pratique maintenant habituelle en France…

Bref, vous l’aurez compris : non seulement, vous aurez votre ligne expresse sur-coûteuse et mal financée, mais vous aurez aussi votre taxe aéroportuaire supplémentaire.

Cet exemple pourrait suffire à lui seul à démontrer la nocivité de l’État et de nos élus lorsqu’il s’agit de subvenir aux besoins des personnes sous leur responsabilité. Rassurez-vous, on peut aussi sortir un autre exemple où, à l’incompétence coûteuse, on doit ajouter des atteintes graves à la santé d’autres individus.

Ici, je veux bien sûr parler de la Dépakine dont tout indique qu’il s’agit maintenant d’un scandale d’État qui sera, comme il convient en pareil cas, largement étouffé, minimisé et reporté sur les (grands méchants) laboratoires privés qui font rien qu’à être grands, méchants et privés. Insistera-t-on sur le fait que les autorités ont été mises au courant dès 2004 des effets secondaires dramatiques du traitement sur les femmes enceintes ? Y aura-t-il un journaliste honnête pour rappeler que ce sont les autorités étatiques qui décident de la mise sur le marché ou non d’un produit, et que si le laboratoire indique que la posologie et les contre-indications changent, c’est aux autorités étatiques de faire suivre cette information auprès des médecins et pharmaciens, et ce, dès qu’elles sont au courant ?

Ou au contraire, assistera-t-on comme d’habitude à l’évaporation complète de toutes responsabilités (des médecins qui ne pouvaient pas savoir, des pharmaciens pas au courant, des autorités sanitaires trop occupées, du laboratoire qui prévient trop tard, du patient qui ne lira jamais la notice parce que ce n’est que sa santé, après tout), le tout enduit de cette épaisse couche de moraline destinée avant tout à blâmer le seul coupable valable, l’ultracapitalisme sans foi ni loi du méchant laboratoire, cible facile car prospère et multinationale ?

En tout cas, le problème est évident : non, ce n’est pas le fait qu’une mise sur le marché, par multiplication de contraintes légales et administratives délirantes, coûte littéralement des centaines de millions d’euros, que tout changement dans la notice revient à retirer le produit du marché en attendant sa revalidation, qui peut durer des mois (efficacité du service public oblige), laissant potentiellement sur le carreau des dizaines de milliers de patients traités normalement. Non, ce n’est pas le fait que les autorités sanitaires ne seront jamais reconnues coupables de n’avoir pas fait leur travail. Elles sont impeccables, toujours. Et quand bien même la notice mentionnait explicitement dès 2006 des risques de malformations congénitales, personne n’ira dire aux prescripteurs qu’ils ont quelque peu pu riper ici ou là. Non. Impossible.

Non, le vrai problème est que le médicament a continué à être distribué sans tenir compte de ces changements, que tout le monde ou presque s’en tamponnait le coquillard, et qu’il faut maintenant indemniser ceux qui ont subi les conséquence de cette incurie.

Et quoi de mieux pour indemniser que de taxer ? Magie du collectivisme qui concentre les succès dans les mains de certains et distribue les échecs sur les joues de tous : c’est à la fois simple, facile et cela permet de faire cracher tout le monde au bassinet, même ceux qui n’ont rien à voir avec l’affaire.

Sympathique, non ?

socialisme magique
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Sur le web

  1. pleines de petits copains des politiciens locaux qui ont besoin de travailler.

    pleines de petits copains des politiciens locaux qui ont besoin de travailler s’engraisser.

  2. « Améliorer la propreté, la sécurité, la ponctualité, la vitesse, bref, le service rendu d’une ligne qui existe déjà, qui rend déjà le service demandé sur le papier, tout ceci semble impossible à concevoir. »
    Ben forcément, car ça voudrait dire qu’ils devraient alors faire leur travail, ce pour quoi ils ont été élus, et ce pour quoi ils sont totalement incompétents…

  3. Bravo, merci ! Mais comment s’abonner à vos articles ?

    1. http://h16free.com <== c'est directement le site de l'auteur, tu pourras te lire ou relire tout ses articles depuis des années 😉

    2. On devient vite Fan !!!

  4. En réalité la question n’est pas l’état bien ou mal mais bel et bien QUI dirige l’état. En vérité je vous le dis si on était en suisse on aurait fait échouer cette taxe neoliberal (aka capitalisme de connivence).

    Car de toutes façon il faut bien un état – par exemple pour les rentes privées autoroutière – qui décide qu’elle entreprise aura la rente autoroutière (aka la concession).

    Donc tant qu’on aura pas poser la VRAI question qui est QUI dirige l’état, on ne pourra que constater les dysfonctionnements.

    Ainsi l’état gaullien, bien géré et qui écoutait son peuple via les référendum et l’honnête politique, marchait très bien malgré un interventionnisme qui aurait fait des arrêts cardiaque à beucoup de théologien libéraux.

    1. « Car de toutes façon il faut bien un état – par exemple pour les rentes privées autoroutière… »

      Ah parce que vous pensez que toutes les concessions du domaine public passent par l’état ?
      Les communes et les régions donnet en concession et avec des conditions beaucou pus transparentes.
      Une concession n’est pas un transfert de propriété : celui qui ne respecte pas les termes rend la concession.
      Rentes privées autoroutières : sur 10€ de péage 4€ vont à l’état. 40% du prix TTC ce qui revient à une taxe de 66%.

      « Ainsi l’état gaullien,…

      Avec pratiquement la même constitution voyez la différence. L’état ne peut que grossir, c’est dans les gênes de toute organisation, de tout organisme même vivant de s’accaparer le plus de territoire et de ressources possible.

    2.  » L’état gaullien, bien géré et qui écoutait son peuple  » : Vous vous êtes fourré le doigt dans l’oeil jusqu’à la clavicule !
      Ce sont ces gouvernements qui ont lancé le plan autoroutier qui conduit aujourd’hui La France en ruine et le peuple à la failite, lui qui n’a jamais été écouté puisque pour payer l’aberration automobile, les transports ferroviaires ont été supprimés, quelques centaines de Myriamètres de voies ferrées avec leurs milliers de gares et stations de trams ont disparus afin de rendre la lubie routière attractive au plus grand nombre :
      Nous payons aujourd’hui au prix fort la facture d’iste politique Nazi Fasciste …

  5. Pour info, j’ai fait mes études de médecine à Paris au début des années 80: je peux vous assurer que nos profs de neurologie nous mettaient bien en garde à propos de la Dépakine pour les femmes enceintes, mais de façon tout à fait logique, ils nous disaient qu’il fallait faire une balance entre les risques pour le foetus et le risque pour la mère d’arreter le traitement: ce qui peut etre très dangereux, et par conséquent pour le foetus aussi!! Mais ce sont ceux qui hurlent le plus qui imposent leur diktat…. Et l’état achètera le silence ou la paix des associations avec notre argent…

    Sam Player: et si l’état ( avec une constitution adéquate… si si , ça peut exister! ) ètait strictement cantonné aux fonctions régaliennes, et avec des contre-pouvoirs, on aurait moins de prébendes et de corruption!!! allez, un peu moins de pessimisme, un peu plus de dérision, ça fera le plus grand bien!!!

  6. C bien de vous soucier du projet CDG, si mal pensé ;
    Mais vous êtes-vous offusqués des délires SGP où avec 500 millions annuels, il veut être créé 1 déficit de 30 000 MILLIONS ?
    Le GPE est 1 gouffre pour les finances publiques autant que l’abîme où vont se fracasser les bons sentiments de nos contemporains !
    Je vous laisse le soin de découvrir ce scandale si vous ne vous en étiez rendu compte encor …

  7. Vous écrivez n’importe quoi, tout au moins au plan médical !
    1 – Lors de sa mise sur le marché, en 1976, la Dépakine a été une révolution thérapeutique, étant le premier antiépileptique TRÈS efficace et sur pratiquement toutes les formes d’épilepsies courantes
    2 – D’emblée, la notice du Vidal DÉCONSEILLAIT son utilisation chez la femme enceinte (où l’on conservait les barbituriques et le célèbre valium ou le rivotril, quand il est apparu)… si des ânes (du spécialiste universitaire au généraliste) l’ont utilisée chez la femme enceinte, ils l’ont fait en dépit des recommandations du laboratoire
    3 – Le problème des malformations du névraxe (cerveau + moelle épinière) chez l’épileptique enceinte est fort complexe, car d’autres antiépileptiques en donnent (Hydantoïnes, par exemple), mais aussi la simple carence en vitamine B9… donc, il est possible que le système nerveux central des foetus de mère épileptique soit extrêmement fragile (des recherches sont en cours)
    4 – Les notices du Vidal ont été de plus en plus restrictives quant à l’utilisation de ce produit remarquable en cas de grossesse : dès la fin des années 1990, il fallait être très stupide pour le prescrire chez la femme enceinte (pour ma part, je ne l’ai prescrite chez la femme jeune qu’avec une contraception efficace et en prévenant la femme de l’arrêter immédiatement en cas de début supposé de grossesse… et cette attitude fut probablement très répandue chez mes confrères francophones).
    Les choses sont bien plus complexe que ne le disent les media, probablement fort sensibles aux arguments des concurrents du labo incriminé. La guerre économique fait rage chez les fabricants de médicaments, où tous les coups bas sont jugés très utiles.
    Docteur Bernard Plouvier, médecin honoraire des hôpitaux, membre de l’Académie des Sciences de New York.

    1. Merci de votre témoignage mais il semble bien que des prescripteurs ont dû fauter vu le nombre de victimes qui elles aussi ne sont certainement pas toutes innocentes.
      h16 s’élevait surtout contre d’une part le fait qu’on accuse les méchants labos qui ont pourtant fait leur boulot et l’état qui comme d’habitude ne résout que les conséquences (à coup de taxes) au lieu de s’en prendre aux causes.

  8. Monsieur PLOUVIER, cher confrère, calmez-vous, ni H16 ni moi avons dit qu’il était de bonne pratique de prescrire de la Dépakine aux femmes enceintes!!! relisez attentivement nos propos! H16, mais il n’a pas besoin d’avocat, illustrait à propos de la Dépakine, le fait que l’état gère de façon ubuesque les problèmes qu’il doit affronter!!! l’état omnipotent et incompétent! Quant à moi, je précisais avec ce que j’ai vécu en tant qu’étudiant il y a 35 ans que le problème était déjà enseigné, en tous cas en France dès cette époque! Et l’état ré invente l’eau chaude…. Et pour ma part, je n’ai jamais prescrit de la Dépakine à une femme suceptible d’etre enceinte. Vous n’etes surement pas sans savoir , cher confrère, que pour les médicaments tératogènes ( pouvant induire des malformations chez le foetus pour les non initiés ) il ne s’agit pas de demander aux femmes de prendre une contrception et de faire confiance!! Nous ne délivrons le produit potentiellement nuisible au foetus que mensuellement et avec un test de grossesse negatif datant de moins de 8 jours!!! Ce n’est pas du tout la meme précaution!
    Mes amitiés cher confère

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