États-Unis : il n’y a jamais eu autant d’électeurs libéraux !

Publié Par Nick Gillespie, le dans Amérique du Nord

Par Nick Gillespie

Un article de Reason.

Liberté (Crédits Scarleth Marie, licence Creative Commons)

Liberté (Crédits Scarleth Marie, licence Creative Commons)

Bien sûr, bien sûr, avec l’ascension de Donald Trump et l’ascendance de Ted Cruz comme candidat sérieux, on pourrait considérer que le moment libéral semble plus mort que le rêve de Nancy Reagan d’une Amérique libérée de la drogue. Pas vrai ?

Et bien pas du tout !

En fait, comme David Boaz de l’institut Cato l’a récemment souligné, l’électorat libéral monte en puissance selon l’enquête annuelle sur la gouvernance de Gallup datée de l’automne dernier. Gallup utilise deux questions pour séparer les sondés en quatre catégories : conservateur, progressiste, libéral et populiste. Les deux questions sont les suivantes :

  • Certaines personnes pensent que le gouvernement cherche à faire trop de choses qui devraient être laissées aux individus et aux affaires. D’autres pensent que le gouvernement devrait davantage agir pour résoudre les problèmes de notre pays. Lequel de ces points de vue se rapproche du vôtre ?
  • Certaines personnes pensent que le gouvernement devrait promouvoir les valeurs traditionnelles de notre société. D’autres pensent que le gouvernement ne devrait pas favoriser un ensemble particulier de valeurs. Lequel de ces points de vue se rapproche du vôtre ?

Il n’y a jamais eu autant d’électeurs libéraux !

Gallup estime que les électeurs libéraux (ceux qui pensent que le gouvernement en fait trop et qu’il ne devrait PAS favoriser un ensemble particulier de valeurs) représentent 27% des sondés, suivis par les conservateurs (26%), les progressistes (23%) et les populistes (15%).

Boaz souligne que le score de 27% est le pourcentage le plus élevé jamais atteint par les sensibilités libérales. En 2000, par exemple, le chiffre n’était que de 18%.

Pourquoi un tel succès des conservateurs ou des socialistes alors ?

Dans ce cas, si les tendances libérales montent en puissance, pourquoi des personnages tels que Trump, Cruz ou encore Bernie Sanders ont-ils autant le vent en poupe ? Boaz avance plusieurs raisons à cela, dont certaines impliquent le simple fait que ni le Parti Républicain, ni le Parti Démocrate ne font le nécessaire pour représenter les valeurs libérales. Si vous considérez sérieusement les deux questions sus-mentionnées, vous ne pourriez voter en votre âme et conscience pour aucun des candidats en lice pour la présidentielle. Et par conséquent, nous nous trouvons dans une situation où, à travers de nombreuses questions politiques qui définissent le libéralisme (déréglementation du business et libéralisation de la loi sur les armes à feu, augmentation de l’immigration, légalisation du cannabis et du mariage gay entre autres), le pays devient de plus en plus libéral, bien que les partis politiques majeurs s’avèrent être de plus en plus réactionnaires dans leurs visions.

Étant donné que l’implosion du Parti Républicain a commencé (au moins merci pour ça, Donald Trump), la question qui se pose à présent n’est pas pourquoi le GOP n’a jamais été aussi libéral que sa rhétorique (il y a quarante ans, pour l’amour du Ciel, Ronald Reagan affirmait dans Reason : « je crois que le cœur et l’âme du conservatisme est le libertarianisme »). Elle est de savoir si le Parti Républicain se reconstituera ou non selon les lignes libérales. Si les doyens du parti sont sérieux lorsqu’ils projettent de porter le parti vers l’avenir ou même de le glisser dans le quasi-présent, ils devraient se tourner vers ce que Reason, fondée en 1968, appelait Esprits libres et Marchés libres (“Free Minds and Free Markets“) au moment où Reagan en était encore à son premier mandat de gouverneur de Californie.

reason

Sur le web (traduction Contrepoints)

  1. Oui mais alors comment expliquer la chute de Rand Paul?

    1. Ceux qui votent pour le GOP sont ceux encartés. Ils ne représentent pas le peuple états-unien.
      Un Trumpiste aura plus tendance à foncer vers les urnes des primaires qu’un libertarien, d’où la chute de Rand Paul.
      Cela explique également pourquoi Sarkozy avait gagné contre Fillon, alors que ce dernier était largement préféré par les sympathisants de droite.

      1. En gros les libertariens ne votent pas…
        Je ne dis pas que c’est faux, mais c’est ce que dira n’importe quelle force politique battue. Dans les fais , je me demande comment arriver à mobiliser l’électorat libéral…

        1. règle numéro 1 : les gens confiant en l’avenir votent, les gens qui pense que tout est foutu ne votent pas.
          C’est même la principale astuce électorale : message optimiste dans les zones et milieux favorables, message « tout est foutu » dans les zones et les électorats défavorables

          Remarquez d’ailleurs que l’article répond à cette logique : il dit à son lectorat : « vous vous croyez minoritaire ? pas du tout, nous sommes les plus nombreux, et donc à la fin nous vaincrons »

      2. Je ne suis pas d’accord pour dire que c’est pour ça que Rand Paul a eu un score si faible (5% et 1%) alors que son père avait eu plus de 20% pour les deux premiers états. C’est plutôt du au fait que les voteurs de Ron Paul étaient anti-système plus que libertariens, on voit ça aujourd’hui car le vote anti-système s’est porté vers Trump, Sanders et Cruz qui n’ont que peu de qualités aux yeux des libertariens (Sanders est correct sur la politique étrangère et Cruz a un programme économique honorable). Ces gens n’ont pas de vrais principes libertariens mais s’opposent simplement au pouvoir en place, et ne veulent pas forcément moins d’état.

    2. Stéphane Boulots

      Le programme de Ted Cruz

  2. Les libertariens ne sont pas pour une, je cite, « augmentation de l’immigration ».

    Les libertariens ne sont pas non plus pour une réduction de l’immigration.

    Les libertariens sont pour le respect de la propriété privée, c’est-à-dire le respect du choix des propriétaires d’accepter ou de refuser des immigrés.

  3. Stéphane Boulots

    Article qui je crois n’a pas compris grand chose au paysage politique US et qui mélange la réalité des libertariens aux US et ses propres fantasmes, la vision déformée par le prisme de la doxa Française.

    Le libertarianisme aux US n’a jamais été libertaire au sens moral. C’est même carrément l’inverse. C’est plutôt l’etablishment du GOP qui s’était « gauchisé » et qui petit à petit, sous les coups de butoir des Paul, puis de ce qui se passe actuellement avec Cruz se retourne vers sa base qui n’est pas une base autoritaire comme les gens le pense en France, mais une base libérale morale qui prône la complète séparation entre le moral (règlé par le religieux, la famille, la communauté locale) et le politique (règlé par l’Etat et le reste des institutions)

    Comme dans l’esprit Français, le magistère moral ne peut être qu’un privilège de l’Etat, personne ne comprend ce qui se passe au GOP et d’un autre côté avec Sanders.

    L’anticléricalisme de ce pays le pousse dans des biais simplificateurs depuis des années, et ça continue…

    1. Philippe Leménager

      Avez-vous vu qui est l’auteur de l’article et pour qui il rédige ?

      « Nick Gillespie est le rédacteur en chef de Reason.com et Reason TV, les sites d’information en ligne de Reason, le magazine libertarien américain. »

      J’ai tendance à penser que « le magazine libertarien américain » connaît assez bien la politique américaine et qu’il connaît moins « la doxa Française », voire s’en moque totalement !

      C’est un article écrit par un libertarien américain sur la politique américaine.

      Certes, il prend peut-être un peu ses désirs pour des réalités. Si on faisait le même sondage en France, le score interprété ici comme « de tendance libertarienne » ne serait peut-être pas aussi élevé mais il serait beaucoup plus élevé que, par exemple, les résultats qu’ont obtenu les listes apparentées au Parti Libéral Démocrate aux dernières élections régionales.

      Un sondage ne fait pas une élection.

      1. Stéphane Boulots

        J’avais raté cela … oui, c’est donc du whishfulll thinking partisan (de la bonne langue de bois) qui essaie de nier que les membres en lice pour la présidentielle ont siphonné le soit disant vote libertarien.

        Ca correspond assez bien au décalage qu’il y a entre l’aile antisystème (punk rock libertarians) et l’aile conservatrice (Paul) qui existent dans le mouvement libertarien, avec ce « centre » idéologique dont Reason est le fer de lance et qui donne des leçons, mais qui dans le paysage politique ne représente personne.

        Clairement la primaire du GOP a siphonné le populisme vers Trump et le conservatisme vers Cruz. Plutôt que de se réjouir que ces candidats ont adopté une parie des thèses libertariennes pour les confronter au réel, l’auteur fait un déni de la réalité du paysage politique US.

    2. Je ne connais pas grand chose à la théorie du libertarianisme, et je ne comprend pas votre commentaire, pouvez vous expliquer ce que vous entendez par « libertaire au sens moral » ?

      1. Stéphane Boulots

        Le libertaire considère que la morale est une oppression dont il faut se libérer et libérer les autres.

        Les libertariens considèrent que la morale est définissable de façon raisonnée.

        Le problème est que dès que quelque chose devient « raisonné » il devient objectif donc public, donc identique pour tous, donc potentiellement oppressif.

  4. tu remplace US par français et tu te tapes les mêmes barres c’est beau de rêver dans a tour d’ivoire, les gens ont toujours tendance a penser que les gens qui pensent comme eux forme la majeur partie de l’électorat: interroger un écolo, un communiste, centriste ou je ne sais quoi c’est la même

    1. « les gens ont toujours tendance a penser que les gens qui pensent comme eux forme la majeur partie de l’électorat. » En France en tout cas, c’est tout le contraire : les gens pensent toujours faire partie de la minorité « qui pense bien », et que les autres « sont des veaux ».

      1. Excellent !!!!

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