Air France-KLM : les profits cachent un bilan alarmant

Publié Par Jean-Pierre Chevallier, le dans Économie générale

Par Jean-Pierre Chevallier

air france-Boeing 777-Christian Junker (CC BY-NC-ND 2.0)

air france-Boeing 777-Christian Junker (CC BY-NC-ND 2.0)

Air France est à la Une de tous les journaux et de tous les médias. Tous les journalistes publient des articles et des reportages dithyrambiques sur ses bénéfices 2015 mais le montant des capitaux propres réels (l’actif net tangible) reste négatif

Document 1 :

compte tenu des écarts d’acquisition

Document 2 :

… à cause des pertes accumulées au cours de ces dernières années…
Avec 11 milliards d’euros de dettes à long terme ! Air France ne doit sa survie qu’à la protection de la nomenklatura !

Inutile d’examiner davantage cet exemple typique de l’exception française…

La capitalisation boursière de 2,5 milliards d’euros a fait un bond de 10 % après la publication des résultats… ce qui répond à la logique de la nomenklatura !

Document 3 :

Cliquer ici pour voir les derniers comptes publiés par Air France-KLM.
Cliquer ici pour voir un des articles publiés par les médias français sur les comptes d’Air France.

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Sur le web

  1. Si l’analyse financière, c’était si simple, ça se saurait !

    Ce que l’on peut dire de ces résultats, c’est que :
    1. ils sont en amélioration après des années de pertes (et les pilotes vont en profiter pour freiner les efforts demandés)
    2. Les fonds propres nets du goodwill restent négatifs, mais ils faudrait regarder en détail à quelles activité correspond ce goodwill pour connaître sa valeur. (En tout cas, les CAC n’ont pas imposé de write-off entre 14 et 15 sur le goodwill).
    3. Les comptes des compagnies aériennes ne se comprennent qu’en appréhendant les comptes de bilan (dettes) ET les engagements hors bilan (c’est-à-dire les operating lease : loyers sur les avions).
    Là où la com fi d’Air France est un peu biaisée, c’est que l’amélioration de 1 milliard de la dette nette est présentée sans référence à l’augmentation parallèle des operating lease.

    4. « Avec 11 milliards d’euros de dettes à long terme ! Air France ne doit sa survie qu’à la protection de la nomenklatura ! » :
    Phrase idéologique.
    Le contribuable français paye ce qui est dans les Fonds propres, pas la dette.
    Et la dette d’Air France est élevée car, comme toute compagnie aérienne, elle travaille avec des actifs, avions, dont la valeur résiduelle est connue et élevée.

    Pour parler valablement d’Air France, il faudrait regarder les compte de bcp plus près que ne le fait cet analyste, et faire le lien avec les enjeux stratégiques de l’entreprise. Ca a l’air évident, mais c’est complètement absent de cet article.
    Mon commentaire ne rend pas pour autant la situation d’AF parfaite loin de là, mais autant s’appuyer sur des analyses fi qui tiennent la route.

  2. avec un EBIT de 800 M€ la valorisation boursière compte te,nu des dettes nettes de (9,6 -3 =6,6) la VE est de 9,9 G€ ce qui capitalise 12 fois l’EBIT. Le multiple est bien élevé d’autant que le leasing n’est pas retraité. Notons aussi que les capitaux propres incluent 600 M€ de dette subordonnée ce qui est discutable

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