BCE : des rendements négatifs qui détruisent l’épargne

Publié Par Eberhardt Unger, le dans Monnaie et finance

Par Eberhardt Unger.

Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)

Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)

L’assouplissement quantitatif (QE) de 1 100 milliards d’euros, jusqu’à fin septembre 2016, ne déclenchera pas la hausse des prix à la consommation souhaitée par la BCE. Dans ce cas, l’avis de la BCE est qu’il pourrait y avoir encore plus de QE — ce qui poussera les taux d’intérêt directeurs en territoire négatif. Volontairement, on ignore le risque de formation de bulles et autres conséquences négatives pour l’économie.

Peu après l’annonce de la BCE, les rendements des emprunts d’État ont chuté dans toute la Zone euro. La référence en la matière est les Bunds : ils ont touché un plus bas historique à -0,32% pour les échéances à deux ans. La courbe des taux des Bunds affiche des rendements négatifs pour toutes les maturités jusqu’à six ans. Les 10 ans offrent seulement 0,5%. Même les obligations hypothécaires n’offrent que 0,5% pour les échéances jusqu’à 6 ans, et seulement 1% pour les échéances à 10 ans.

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Pour les épargnants et les investisseurs, les rendements négatifs ont l’effet d’une expropriation. C’est la même chose pour les investissements à long terme avec un rendement de 0,5% à 1% après déduction des taxes, frais bancaires et inflation.

Personne ne s’inquiète des épargnants, des fonds obligataires ou assureurs-vie dont les revenus dépendent des intérêts versés et dont le pouvoir d’achat est supprimé par la politique de taux zéro et de taux négatifs.

Des milliards d’intérêts ne sont pas versés et mis, à tort, à la charge des budgets publics.

Les investissements sur les marchés monétaires et obligataires, devant financer de nouvelles machines et équipements, subissent en réalité des moins-values si on tient compte de l’inflation, frais bancaires et des impôts.

Les investisseurs sont poussés vers des marchés toujours plus risqués.

La structure des taux est déformée. Les prêts ne vont plus financer l’investissement productif et prometteur, et peuvent donc déclencher de nouvelles crises. L’utilité marginale de la baisse des taux d’intérêt est déjà dépassée.

Conclusion

La BCE veut gonfler l’économie avec cette politique monétaire ultra-expansive, mais jusqu’à ce jour, nous n’avons aucune preuve que toujours plus de QE et la hausse des prix produisent, in fine, une reprise de l’économie. La politique de taux négatif peut même encourager les épargnants à garder leurs économies sous forme liquide dans un coffre.

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