L’Europe s’invite dans le débat sur le gaz de schiste

Publié Par Daniel Hannan, le dans Matières premières et énergie

Le gaz de schiste pourrait sauver notre économie. Mais l’Europe ne l’entend pas ainsi.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

L’une des raisons pour lesquelles la langue dans laquelle je m’exprime est la plus répandue sur Terre est que la Grande-Bretagne a été riche en gisements de charbon. Beaucoup d’autres endroits auraient pu être industrialisés en premier, des Pays-Bas à la Chine. La bonne fortune de nos ancêtres du XVIIIe siècle était telle que, au moment où ils en ont eu besoin, ils sont tombés sur une source d’énergie bon marché. Le charbon a alimenté les nouvelles usines, libérant des millions de salariés pour faire un travail différent et générant une énorme classe de consommateurs. La Grande-Bretagne est devenue la plus grande nation du monde.

Aujourd’hui, au moment même où nous en avons de nouveau besoin, nous avons peut-être accès à une autre source d’énergie bon marché : les gaz de schiste. L’extraction des gaz de schiste est responsable, dans une proportion non négligeable, du coup de pouce permettant à l’économie américaine de ne pas piquer du nez (et favorisant par là même la réélection de Barack Obama). Le prix de l’énergie chute, et les coûts de production suivent. Les gens obtiennent davantage pour moins, et l’économie croît.

Lorsque j’ai prononcé ce discours devant le Parlement Européen, j’ai reçu un tweet d’un ancien professeur de lycée : “TU CHERCHES DU GAZ DE SCHISTES DANS TON JARDIN ESPÈCE DE DROITISTE XXXXXX”. Les baisers étaient une attention adorable, et sa remarque un bon point. L’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont été si prompts à utiliser leurs propres réserves de gaz de schiste est que, de manière générale, les Américains possèdent tout ce qui réside sous leur propriété, et ainsi ont tout intérêt à « chercher du gaz de schiste dans leur propre jardin ». La Grande-Bretagne, qui a un système juridique de Common Law similaire, pourrait facilement adopter la même approche. Les bénéfices potentiels sont énormes car, en raison des gaz de la mer du nord, nous avons déjà une grande partie de l’infrastructure en place.

Bruxelles semble néanmoins déterminée à placer des obstacles sur notre chemin. Les députés européens viennent juste de voter pour imposer tout type de restriction sur l’extraction des gaz de schiste, dont une interdiction totale dans certaines zones. Les gisements de gaz de schiste qui existent à travers l’Europe du nord – suivant un arc de la Grande-Bretagne à la Baltique – restent inexploités, tandis que l’Europe continue de dépendre de la Russie de Poutine pour son approvisionnement en gaz. À nouveau, l’Europe semble déterminée à condamner ses peuples à des difficultés évitables.

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Sur le web.
Traduction : Éclipse/Contrepoints.

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  1. Il est probable que le contexte d’opinion populaire dans lequel l’Europe intervient sur la possible consommation des gaz de schiste évolura dans le sens positif.
    A l’instar des USA qui entre dans un cercle économique vertueux grace à l’injection dans l’économie d’une énergie moins chère.