Inflation : l’internationale inflationniste

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Monnaie et finance

Sortir de la crise par l’inflation, une fausse bonne idée, n’en déplaise à Bruno Moschetto, professeur à Paris I et à HEC Paris.

Par Baptiste Créteur.
L’inflation permet de diminuer la valeur réelle de la dette, et des périodes de forte inflation ont pu, dans l’histoire, correspondre avec le plein emploi. Imprimons, imprimons : on aura l’impression d’être plus riches et les imprimeurs seront contents. Une fausse bonne idée pourtant, n’en déplaise à Bruno Moschetto, professeur à Paris I et à HEC Paris, qui écrit :

Nous avons plus que jamais besoin d’une variable d’ajustement compensatrice. Une seule solution s’offre aux gouvernants pour sortir de l’impasse : une inflation concertée. Cet impôt sur la monnaie, selon la lumineuse formule d’Alfred Sauvy, n’est plus au rendez-vous depuis un quart de siècle chez nous et dans la plupart des pays avancés, voire émergents. Et de surcroît ce prélèvement obligatoire n’a été remplacé par aucun autre – et ceci est un point cardinal – puisqu’au cours de la même période le taux des dits prélèvements obligatoires n’a pratiquement pas varié – il gravite toujours autour de 45 % de la production intérieure brute (PIB). Ce qui signifie paradoxalement, en dernière analyse , que les banquiers centraux en contribuant à réduire l’inflation à un taux proche de zéro ont concomitamment privé l’ensemble des recettes publiques de ce prélèvement obligatoire et, partant , sont coresponsables du déséquilibre des finances publiques qu’ils se plaisent à dénoncer en permanence, en en faisant porter la responsabilité totale sur les gouvernants .

Quand ce ne sont pas les méchants spéculateurs privés qui provoquent les crises, ce sont les méchants banquiers centraux, qui empêchent l’État de prélever l’impôt sur la monnaie. N’ayant pas pu augmenter les prélèvements obligatoires autant qu’ils le voulaient, les gouvernants n’ont eu d’autre choix que de s’endetter. En plus, le poids de la dette ne peut pas diminuer d’un coup d’imprimerie magique :

Deux points et demi de plus que le taux cible de 2% représenterait pour une dette qui s’élève aujourd’hui en France à 1750 MD€ près de 45 MD€ ce qui permettrait l’effacement de celle- ci ou le financement d’un déficit de même ampleur.

Nul ne peut oublier les périodes fastes, si l’on peut s’exprimer ainsi, lorsque coexistaient une forte inflation à deux chiffres , 15 % et un plein emploi relativement satisfaisant – si l’on peut dire – (un million de chômeurs) cela était le cas pour les années 1979 – 1980 -1987, avec le duumvir Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre où une dette était effacée de la moitié de sa valeur en trois ans du fait de l’indexation des salaires sur les prix.

Pauvre État, qui n’a pas d’autre choix que de s’endetter ! C’est la faute des banques centrales et de leur volonté de contenir l’inflation, donc pour améliorer la situation,

Il est encore temps de procéder à cet ajustement salvateur avant que les effets des plans d’austérité ne transforment les résignés en indignés et les indignés en insurgés et consacrent le divorce entre les pays légaux et les pays réels. Afin d’obtenir la stabilité de l’économie et d’éviter la récession et par là de promouvoir la croissance et l’emploi par un aggiornamento monétaire : banquiers centraux du monde entier – unissez-vous !

L’internationale inflationniste s’est pourtant déjà lancé dans son entreprise de destruction de la valeur de la monnaie. Malgré tous leurs efforts, on pourrait assister à une magnifique déflation, tout aussi amusante que l’inflation et tout aussi néfaste pour l’économie. N’y a-t-il pas d’autre solution ?

Réfléchissons. L’équation est simple : solde budgétaire = recettes – dépenses. Les recettes dépendent de la production – qui, malgré l’optimisme ambiant, ne devrait pas beaucoup augmenter prochainement – et du taux de prélèvement – que l’on peut difficilement augmenter, quoi qu’il reste quelques niches fiscales à gratter. Dans la mesure où nous devons réduire le déficit, donc augmenter le solde, il va falloir compter sur l’autre élément de l’équation : les dépenses. Les effets délétères de l’inflation étant connus et des exemples récents les illustrant, autant l’éliminer d’office, même si ça ne semble pas évident pour tout le monde.

Malgré le point de vue des tenants d’une internationale inflationniste, les hommes politiques aujourd’hui confrontés à la dette n’ont pas que l’inflation pour solution. Depuis des années, ils ont systématiquement rejeté la réduction des dépenses, se contentant de rogner à la marge sur les largesses étatiques. Ils ont, au mieux, proposé de contenir la croissance de l’État, sans même y parvenir. Certes, il est politiquement difficile, dans un système démocratique, de se faire élire en promettant aux bénéficiaires des largesses de l’État et aux citoyens qui, à force de le voir s’insinuer dans tous les domaines de leur vie, ne conçoivent plus de pouvoir vivre autrement, une réduction du périmètre de l’État ; d’autant plus que, pour rembourser un jour la dette, l’État devra maintenir les prélèvements. On paiera donc autant pour obtenir moins, mais c’est nécessaire : si on ne rembourse pas, nos créanciers pourraient l’avoir mauvaise.

On va donc demander aux Français des efforts supplémentaires ; continuer aussi longtemps que possible à financer le train de vie de l’État, puis la lenteur de sa réduction, et au passage acheter une dette dont, comme les autres, ils ne voudront pas. Rien n’oblige pourtant les Français à payer.

Quelle responsabilité ont-ils vis-à-vis d’une dette contractée, certes en leur nom, mais sans qu’ils y aient réellement consenti ? Malgré les menaces qui pourraient devenir autant d’obstacles et les appels à un patriotisme qui consisterait à financer le déclin de leur pays d’origine, rien n’oblige les Français à payer la dette de la France. Tant qu’il restera des pays plus libres – et il y en a – il y aura une place pour les réfugiés du collectivisme, ceux qui privilégient l’intégrité aux dépens du patriotisme.

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  1. Effacer la dette par l’inflation est équivalent à faire défaut de paiement sur une partie de celle-ci, en amputant en plus le pouvoir d’achat des citoyens.
    De plus, si l’inflation augmente, les investisseurs l’intègreront dans les conditions de prêt, ce qui veut dire que les nouvelles émissions se feront à un taux majoré du surcroît d’inflation (en fait c’est un peu plus compliqué, mais grosso modo c’est l’idée).

    1. « De plus, si l’inflation augmente, les investisseurs l’intègreront dans les conditions de prêt »

      C’est ce qu’il se passait avec la Grèce avant de rentrer dans l’union, elle avait des taux d’emprunt de 25%, qu’un prof d’éco ne le sache pas, c’est une honte.

  2. Cette personne n’est pas prof à HEC :

    Ni comme membre du corps permanent :

    http://www.hec.fr/Faculte-et-Recherche/Faculte/(qualite)/0/(lettre)/m

    Ni professeur associé :

    http://www.hec.fr/Faculte-et-Recherche/Faculte/(qualite)/1/(lettre)/m

    Ni Emerite

    http://www.hec.fr/Faculte-et-Recherche/Faculte/(qualite)/2/(lettre)/m

    Il faut arrêter avec tous ces gens qui ont peut-être un jour été intervenant à HEC mais n’y sont pas prof, et s’y croient. HEC devrait les poursuivre tant c’est nuisible à l’image de l’école.

    1. Même pour Paris-I j’ai des doutes. Il est juste introuvable sur le site de l’Université. Il est peut-être intervenant en tant que professionnel, mais « professeur » j’en doute.

      De toutes manières, ce monsieur n’a pas de doctorat d’après le Who’s who, il ne peut donc pas être Professeur d’Université.

        1. Sa biographie sur le site de son éditeur stipule :
          Bibliographie : Bruno MOSCHETTO

          Lauréat du Conservatoire National des Arts et Métiers est, diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales (HEC), de l’Institut d’Études Politiques de Paris et du Centre d’Études Supérieures de Banques. Il a été Président Directeur Général de la Société Bordelaise de Crédit Industriel et Commercial, Ministre Conseiller près de l’Ambassade de France au Mexique et Conseiller financier pour l’Amérique Latine et les Caraïbes à la Direction du Trésor. Il est à l’heure actuelle Maître de conférences à l’École des Hautes Études Commerciales (HEC) et à l’Université Paris I (Panthéon Sorbonne).

          C’est passible de quoi de mentir sur ce genre de chose ?
          Cela ne vaudrait pas le coup de prévenir HEC et Paris I ?

          http://www.eyrolles.com/Accueil/Auteur/bruno-moschetto-109228

          1. Non, ici il y a marqué Maitre de Conférence, ce qui est différent. Il y a des centaines d’intervenants professionnels à HEC ou dans les facultés, qui donnent des cours liés à leur profession, mais cela n’en fait pas des professeurs. Et encore moins des professeurs « en sciences économiques », vu que pour le coup il s’agit d’une matière académique et non d’une intervention de professionnel.

            Ce Monsieur est banquier, peut-être intervient-il en tant que banquier.

            Si vous lisez la biographie, vous voyez que ce monsieur n’a aucun diplômé d’économiste, ni de doctorat. Il ne peut donc techniquement pas être « professeur en sciences économiques à Paris 1″ comme indiqué dans Le Monde.

  3. L’obsession anti-patrimoine des faux économistes est toujours sidérante, qu’elle consiste à provoquer l’inflation ou à taxer le patrimoine (cf les commentaires de l’article récent sur la TVA).

    En effet, si on veut bien y réfléchir deux minutes sans se laisser aveugler par l’idéologie, la construction d’un patrimoine est le seul et unique moyen à la disposition des pauvres pour s’extraire de leur condition. C’est en effet ce patrimoine qui, une fois converti en capital, permet d’améliorer leurs revenus, l’effet de levier du capital procurant un revenu supplémentaire à quantité de travail égal.

    S’attaquer au patrimoine, quelle que soit la méthode, inflation ou taxation-nationalisation, revient en dernière analyse à s’attaquer exclusivement aux pauvres. Les riches, s’ils perdent une partie de leur patrimoine, seront certes un peu moins riches. Les pauvres, au contraire, passeront d’une pauvreté relative à une pauvreté absolue.

    1. Oui enfin faut etre pas si pauvre que ca pour faire un patrimoine. Si on arrive pas à boucler ses fins de mois on préfererai quand une baisse des impots sur le revenu ou la consommation (TVA) compensée par une augmentation de l’impot sur le patrimoine. Par contre, pour les classes moyennes je suis d’accord avec vous.
      En fait si on veut taxer le patrimoine c’est parce que c’est le revenu des riches qu’on n’a pas encore pu « prendre ».

  4. Proverbe inflationniste : « quand les gros maigrissent, les maigres crèvent… »
    En fait la vérité c’est qu’on a le choix qu’entre deux autrichiens pour sortir de cette mélasse gauchiste qui perdure depuis 30 ans et qui menace de nous tomber sur la gueule : Hayek ou Hitler – les deux commençant par un H, marrant quoi… :-)
    Maintenant qu’un Churchill sorti du bois – ou Reagan ou Maggy – vienne nous mettre les points sur les i… On a tous vu comment Sarko a supprimé les 35 heures ou nettoyé les banlieues au karcher… De quoi pleurer… :(

    1. Les peuples qui attendent un guide ne font que sombrer dans la dictature et la pauvreté …
      On ne peut pas attendre de bienveillance d’un homme au pouvoir, puisque tous les hommes œuvrent pour leur intérêt propre.
      Si autrefois certains gouvernaient pour la gloire historique, je pense que cette époque est révolue. Pour être célèbre maintenant, il faut faire une sex-tape, pas diriger un pays. (Au fait, à quand une sextape gouvernementale, avec tous les people qui nous gouvernent ?)

    2. @Error
      Hitler était gauchiste et Hayek libéral, économiste et philosophe – je suis en train de terminer la « Présomption fatale de Hayek » – super et notamment sa description de l’inflation allemande. On comprend mieux pourquoi les Allemands ne veulent pas entendre parler d’inflation. Cf. Coppet pour téléchargement.

  5. Je ne suis pas d’accord mon cher Fergu…
    Il y a eu Reagan, Thatcher qui ont su parler aux gens et leur ouvrir les yeux, même en Allemagne – Schroeder ? Sarkozy a eu une majorité totale en 2007, c’était de son devoir de réformer en profondeur et il n’a fait que parler, parler, parler, comme si la parole était suffisante ou magique… Et bien moi le premier en 2012 je ne suis pas allé au second tour, considérant que Hollande/bonnet et Sarkozy/blanc c’était juste la soif du pouvoir…
    A comparer avec Churchill qui prend le pouvoir alors que toute l’Europe est aux mains des nazis qui ne demandent qu’à négocier avec les anglais…
    Mon pauvre cher aimé pays… :(