François Hollande aime les grands patrons, pas les entrepreneurs

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Politique

François Hollande fait dans la communication en direction des grands patrons du Medef et de Laurence Parisot. Dommage, c’était les entrepreneurs et petits patrons qui s’adressaient à lui.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Nous évoquions hier ces entrepreneurs, ces créateurs d’entreprise et d’emplois qui partent, sont partis ou sont sur le point de partir. Leurs cris, leurs signaux d’alarme n’ont pas ému le gouvernement, même lorsqu’ils viennent de partisans de leur camp, comme dans le cas de Patrick Robin. Par contre, qu’un chef de « grosse entreprise » comme Paul Polman, patron mondial d’Unilever, éternue dans le Figaro et c’est le branle bas de combat.  François Hollande reçoit l’AFEP, l’association des plus grosses entreprises françaises, présidée par Pierre Pringuet, Directeur Général de Pernod Ricard (salarié de luxe). Soyons assurés que la conversation fut courtoise et que les choses, si elles se dirent, le furent avec des mots fort diplomates.

Toujours dans le même sens, pour envoyer un autre signal favorable au patronat, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sera présent à l’ouverture de l’université d’été du Medef. Laurence Parisot n’en peut plus de joie, «Jamais un responsable politique de gauche n’a prononcé de discours d’ouverture et ce sera un moment important, devant plus de 3000 patrons», se félicite-t-elle. Et elle ajoute qu’il s’agit là d’ «un témoignage de reconnaissance de ce que nous sommes». Rappelons qu’il y a très peu de « patrons » au Medef qui est surtout composé de salariés de luxe qui se cooptent les uns les autres dans leurs conseils d’administrations respectifs.

Ces instances ne sont pas plus représentatives des patrons, des créateurs d’entreprises, des innovateurs que la CGT ou FO ne le sont des salariés des entreprises privées. Comme dans le cas des syndicats de salariés, ce sont pourtant eux que le gouvernement a choisi comme interlocuteurs. Nous sommes dans le formalisme, dans la posture, dans la parade. Le problème, c’est que si une telle attitude est possible sur le plan politique, elle n’est d’aucun effet sur le plan économique. Parce que l’économie, c’est du vrai, du tangible. Ce qui n’est pas rentable ne le devient pas par l’opération d’un accord politique. Au pire, cet accord devient contre-productif. Nous avons tous en tête l’accord sur les 35h. Ces beaux Messieurs et Martine Aubry se sont mis d’accord sur un dispositif qui politiquement convenait au PS et économiquement ne gênait que moyennement les grandes entreprises aux postes nombreux et facilement interchangeables. Cet accord a tué de nombreuses petites entreprises qui se sont vues contraintes soit de baisser leur activité soit d’augmenter considérablement leurs coûts et leurs charges. Quand on a dix personnes en poste sur une chaîne, ce n’est pas très contraignant d’en recruter une onzième. Quand on a un ouvrier, une comptable, une vendeuse, ce n’est pas la même histoire de recruter un dixième d’ouvrier, de comptable ou de vendeuse…

Que l’association des clubs de « grands dirigeants » et le gouvernement sont-ils en train de nous préparer ? Les uns et les autres vont tenter de faire dans la communication. « Nous avons entendu les besoins légitimes des chefs d’entreprises… » d’un côté, « nous avons obtenu la reconnaissance légitime du rôle social du chef d’entreprise… » de l’autre. Et pendant ce temps-là, les « vrais » continueront à partir….

  • Excellent sujet vidéo de FR2 (attention, la dernière phrase « compte recevoir régulièrement les grands patrons à l’image d’Angela Merkel…. » est directement issue du communiqué de presse de l’Élysée ) :

Sur le web

  1. J’en ai connnu des chefs d’entreprise en France, des entrepreneurs, des investisseurs… Je n’en ai pas connu un seul qui emmargeait au Medef. Pas un…

  2. Quand les vrais entrepreneurs vont-ils agir et expliquer aux salariés que les énarques, hauts fonctionnaires ou patrons (dans la banque par exemple) se moquent d’eux ?

    1. Quand ils auront le temps. C’est à dire quand ils seront en retraite de l’entreprenariat, qu’ils auront vendus (ou liquidé… ) leur affaire.

    2. C’est ce que je fait tous les jours, et depuis l’annonce aux primaires socialistes de Mme Aubry de taxer les HS mes employés savent depuis des mois ce qu’ils perdent en pouvoir d’achat et pour faire des économies l’état devrait :

      mettre directement 3 jours de carence pour tous les salaries quelque soit leur régime fonctionnaires inclus.
      calculer la retraite avec le même mode pour tout le monde et non sur les 6 derniers mois de salaire pour les fonctionnaires.
      Ne pas payer 5 années de salaire supplémentaire au députer quand il ne sont pas ré-élus
      Ne pas leur payer de retraite , ils ont théoriquement un métier à côté.
      Supprimer le SENAT
      geler pendant 10 ans le salaires des fonctionnaires

      limiter le nombre d’ élection et d’ élu qui en résulte car nous avons :
      les municipales
      les territoriales
      les cantonales
      les régionales
      les Législatives
      les Sénatoriales
      les Européennes
      la présidentielle
      le référendum
      et aussi
      les Primaires qui vont bien nous couter des sous un jour ou l’autre

       » Il » feraitmieux de remettre la TVA à 33% sur les produits de luxes et les voitures au dessus de 15 000€.
      et les produits de luxes c’est :

      les télévisions ( fabriquer en Asie) un ménage en achète une tout les 10 ans ça ne grève pas son pouvoir d’achat
      les téléphones portables ( fabriquer en Asie )
      la HIFI ( fabriquer en Asie )
      le matériel photo ( fabriquer en Asie )
      le matériel informatique portable ( fabriquer en Asie )
      les voitures dont les prix sont supérieurs à 15 000€ ( quelques françaises et tout le reste étrangères)
      et ils en trouveront bien d’autre je leur fais confiance, bateau ,bijoux, voyages à l’étranger, les billets d’avions….etc

      Parfois je me demande si ils ne désirent pas une nouvelle nuit du 4 Août sans penser que les nouveaux nobles à pendre c’est « eux » .

  3. Beaucoup trop de blablas et de démarches symboliques.
    Revenant de Chine, je suis effrayé de constater que nos responsables français n’avancent pas dans les décisions pragmatiques.
    Le concret nro 1 s’appelle pourtant clairement retrouver un commerce extérieur positif, donc des produits et services compétitifs sur le marché international; pas de secret pour cela: concentration intensive sur certains secteurs, baisse des salaires tout en préservant l’emploi,…
    et l’exemple pour la France est évident: c’est ce qu’a fait l’Allemagne… et ce qu’elle continuera à faire d’ailleurs, mais en se détournant vers les marchés hors Europe, là où est le dynamisme et la forte demande.

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