Jeux Olympiques : une célébration des vertus de la concurrence

Publié Par Contrepoints, le dans Économie générale, Sport

L’économie fonctionne de la même façon qu’une compétition olympique. La concurrence tend à rendre tout le monde meilleur. Et aucune entreprise ni aucun pays ne peuvent maintenir un avantage indéfiniment.

Par Rich Tucker, depuis les États-Unis.

Ce week-end, l’équipe US de basket masculin a finalement gagné la médaille d’or. Mais la victoire était loin d’être assurée.

Les Américains ont dû batailler durement contre l’Argentine en demi-finale (menant d’un point seulement à la mi-temps), n’ont dépassé la Lituanie que de 5 points la semaine auparavant, et ont été sérieusement accrochés par les Espagnols en final (ne les battant que de 7 points). Cette équipe pouvait donc perdre. Ce qui diffère fortement de la situation d’il y a encore 20 ans de cela.

Dans son excellent livre, The Dream Team, Jack McCallum raconte l’histoire de l’équipe de Basketball des USA aux Jeux de 1992. Ce furent les premiers jeux à autoriser les joueurs professionels américains d’y participer (les autres athlètes avaient été semi-professionnels pendant longtemps. Rappellez-vous les mêmes joueurs de l’équipe soviétique de hockey que l’on revoyait aux jeux tous les quatre ans).

La liste des joueurs, composée des meilleurs de la NBA, fit des Jeux de 92 plus un couronnement qu’une compétition. La Dream Team empila une série de victoires avec des scores à deux chiffres. Les autre joueurs, se sachant surclassés, venaient souvent réclamer aux membres de la Dream Team des autographes après le match.

La compétition semblait donc injuste en ce temps. Tout ce qu’il y avait à commenter était l’importance de la différence de niveau entre les joueurs américains et les meilleurs joueurs des autres pays. Cependant, une telle forme de compétition permit au reste du monde d’améliorer son jeu.

Jouer contre eux semblait une Mission Impossible, se rappelle l’un des joueurs de l’équipe espagnole de 1992, désormais coach de son équipe nationale. Mais c’était une bonne mission. Tout le monde voulait y participer car les joueurs sérieux veulent jouer contre les meilleurs, peu importe le résultat. Car c’est seulement en jouant contre les meilleurs que l’on peut devenir meilleur.

De plus, beaucoup des stars actuelles de la NBA – en incluant les étrangers Dirk Nowitzki, Tim Duncan et Steve Nash – ont marqué leurs premiers paniers inspirés par cette Dream Team.

L’économie fonctionne de la même façon. La compétition tend à rendre tout le monde meilleur. Et aucune entreprise ni aucun pays ne peuvent maintenir un avantage indéfiniment. Le marché libre et la compétition ouverte aident les pays les plus pauvres à se focaliser sur les activités en lesquelles ils réussissent le mieux, et ainsi élever leur niveau de vie. Et c’est exactement ce qui s’est passé pendant des dizaines d’années sous l’exemple des États-Unis.

Dans son livre The World America Made, Robet Kagan écrit que dans les années 1950, il y avait à peu près un milliard de personnes riches et 5 milliards de pauvres. « Dès le début du XXI siècle, 4 milliard de ces pauvres ont commencé à sortir de la pauvreté », écrit-il. « Cette période de prospérité globale a bénéficié à un grand nombre de pauvres et a permis l’émergence de puissances économiques comme la Chine, le Brésil, la Turquie, l’Inde ou l’Afrique du Sud dans des parties du monde qui avant cela ne connaissaient surtout que la pauvreté. » Dit autrement, le reste du monde nous rattrape économiquement, et cela améliore les vies de milliards d’invididus.

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Article original titré Olympics Put Value of Competition on Display publié sur The Foundry.
Traduction : Y. pour Contrepoints.

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  1. Tim Duncan n’est pas un joueur étranger puisqu’il est né dans les Iles Vierges américaines et qu’il n’a joué que pour les USA lors des compétitions internationales.

    1. Absolument.
      Sinon c’est sûr que la différence de niveau n’est plus la même aujourd’hui mais les USA sont encore intouchables, avec beaucoup d’absents ils ont gagné tous leurs matchs. Même si les scores ne reflètent pas une telle domination, ils ont encore de beaux jours devant eux.

  2. Et donc si on poursuit le parallèle sport/economie, il faut être prêt à tricher/corrompre pour gagner, du moment que personne ne le sache… ou sinon il faut encore sortir les gros moyens pour étouffer l’affaire.