Présidentielle : près de 30% des Français ne s’expriment pas

Publié Par Contrepoints, le dans Sujets de société

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle : tous comptes faits, une minorité va encore imposer ses choix à une majorité.

Par la rédaction de Contrepoints.

Comme à chaque élection sur les dernières décennies, un calcul simple aura été soigneusement évité par les médias et par la classe politicienne actuelle : celle du nombre total de personnes qui ne croient en aucun des candidats présentés.

Ce calcul est intéressant à plusieurs titres puisqu’il permet d’évaluer la proportion des citoyens qui ne rentrent pas dans le jeu démocratique et refusent, d’une façon ou d’une autre, de choisir dans la brochette de politiciens qui leur sont offerts. Dans cette catégorie, on retrouve les expressions suivantes de mécontentement :
– les votes nuls, qui montrent une volonté claire de refuser les candidats proposés,
– les votes blancs, qui illustrent l’absence de choix,
– les abstentions, qui expriment, au moins en partie, le refus du système même du vote.

Plus difficile à analyser est la proportion et les motivations des non-inscrits. Il apparaît que depuis 2007, et selon les chiffres de l’INSEE, la population en âge de voter a augmenté de 4,1%, mais que le nombre d’inscrits sur les listes électorale a, lui, régressé de 0,2%. Autrement dit, derrière le « formidable élan citoyen » que nous chantent les médias traditionnels avec une participation un peu inférieure à 80% se cache en réalité à la fois un désaveu et un désintérêt croissants de l’expression démocratique.

D’ailleurs, les votes une fois redressés de ces différentes catégories (blancs, nuls, abstention et non-inscrits, estimés ici autour de 4.000.000), on obtient un paysage politique français un peu différent.

Présidentielles 2012 tenant compte des non inscrits, blancs, nuls, et abstention.

Un autre enseignement, indiscutable celui-ci : de facto, quel que soit le président élu, il ne sera pas choisi par une majorité des Français, mais bien par une minorité active. On peut toujours justifier cette réalité en expliquant que ceux qui ne veulent pas s’exprimer ou le font sans émettre de choix n’ont, finalement, que ce qu’ils méritent, mais cette explication n’évacue pas le fait qu’on impose, sans autre forme de procès, un système, un homme et un parti à une majorité de la population qui n’en veut pas (et ce, quel que soit ce parti ou cet homme).

Autrement dit : ce sont toujours ceux qui braillent le plus fort, même s’ils disent des bêtises, qui finiront par avoir raison.

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  1. Euh… Le graphique est faux pour 2 raisons.
    1) En additionnant chaque ligne, on arrive à 108,69 %.
    2) Il est plus judicieux de séparer les votes blancs ou nuls de l’abstention. Un vote blanc ou nul est un vote et il légitime le système puisque l’électeur y donne son avis, tandis que l’abstention est un refus de ce système ou, au moins, des candidats.

    1. 1/ J’arrive bien à 100%, donc ou bien la faute a été corrigée ou bien vous avez mal fait votre calcul

      2/ J’ai voté nul et je vous serais reconnaissant de ne pas m’imposer le sens de mon acte et de me laisser libre de lui donner celui que je veux ; en l’occurrence la participation au vote mais le refus des candidats.

      1. Je ne sais pas d’où vous prenez vous chiffres, mais ceux du ministère de l’intérieur (http://elections.interieur.gouv.fr/PR2012/FE.html) ne sont pas les mêmes et donnent la liste suivante :
        – M. Jacques CHEMINADE 0,19%
        – Mme Nathalie ARTHAUD 0,44%
        – M. Philippe POUTOU 0,89%
        – M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 1,40%
        – Nuls et blancs (*) 1,52%
        – Mme Eva JOLY 1,80%
        – M. François BAYROU 7,11%
        – M. Jean-Luc MÉLENCHON 8,66%
        – Mme Marine LE PEN 13,95%
        – Abstenus 20,53%
        – M. Nicolas SARKOZY 21,19%
        – M. François HOLLANDE 22,32%
        (*) : comme d’hab, pas de différentiation entre les deux…

        1. Voilà, exactement. Alors l’auteur prend aussi en compte le nombre de non-inscrits. Donc forcément ce nombre fait baisser encore un peu le pourcentage qui va aux candidats. Mais, si l’auteur trouve près de 6 % de non-inscrits, moi je n’en trouve que moins de 1 %. Or il est impossible d’avoir une réponse claire et chiffrée de la part de l’auteur. Ou alors ses sentinelles se mettent sur ma route en recopiant les 4,1 ou les 0,2 indiqués dans l’article, mais sans préciser de quoi, d’autant que sur le site de l’INSEE je ne vois pas le nombre de Français en âge de voter.

  2. on impose un système: comme partout et nécessairement (à moins de demander à 18 ans aux gens d’accepter la Constitution ou de perdre la nationalité française, et de leur laisser cette possibilité à chaque changement constitutionnel). Et la constitution de la Vème a été adoptée par une large majorité

    ensuite les non-inscrits sont libres de s’inscrire, les abstentionnistes de voter, les autres de vraiment choisir

    autant demander à ce que le vote blanc soit comptabilisé, et même que dans les scrutins proportionnels, la quantité de sièges correspondant à la force du vote blanc ne soit pas attribué me semble un position raisonnable, autant cet article est rempli de mauvaise foi

    le nivellement par le haut, n’oubliez pas! Faire des articles comme ça, c’est (à mon sens, certes) abimer l’image de Contrepoints pour pas grand-chose

    1. On peut débattre de la signification de ces différents non-votes. Mais trouvez-vous qu’il est mauvais en soi de donner les vrais scores des candidats dans la population pouvant participer au suffrage universel ?

    2. « on impose un système: comme partout et nécessairement »

      Non pas comme partout. Le système français est un régime présidentiel où le premier candidat remporte tout les pouvoirs ( avec la législative dans le foulée), sans parler du problème de l’éviction d’un candidat important comme en 2002. Un régime parlementaire avec des élections proportionnelles serait plus équilibré. Cela a été voulu par de Gaulle qui n’était pas très libéral …

  3. Cette fois les chiffres font bien 100. Mais comment avez-vous déterminer le nombre des non-inscrit ? Le chiffre me paraît vraiment exagéré. Merci de m’indiquer vos sources.

    1. D’après l’article ce sont les chiffres de l’INSEE.
      Pour déterminer le nombre il suffit d’utiliser « la population en âge de voter a augmenté de 4,1%, mais que le nombre d’inscrits sur les listes électorale a, lui, régressé de 0,2%. » La différence entre la population en age de voter et le nombre d’inscrits sur liste électorale donne les non inscrits.
      A priori, attendez tout de même confirmation.