Le libéralisme connaît-il des variantes ?

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

Par Stéphane Geyres

Statue de la Liberté a Paris

Statue de la Liberté a Paris

La France est à de nombreux égards un pays paradoxal et cela se confirme en matière de liberté et de politique. La France qui est un – sinon « le » – berceau historique des Lumières et du libéralisme classique, avec des auteurs allant de Montesquieu à Bastiat, entre bien d’autres, la France est devenue peu à peu sur la fin du XXème siècle ce pays où les termes « libéral » et « libéralisme » ont été et sont encore pour une large part, tabous et incompris. Pourtant, pour caricaturer Sartre, le libéralisme est un humanisme. C’est même son aboutissement.

Après cette longue période, devant le désert de l’offre politique et l’échec patent et cumulé des « ruptures » de droite et des « forces tranquilles » d’en face, la scène politique française de 2011 semble frémir d’un léger activisme libéral – auquel j’espère d’ailleurs contribuer via quelques contractures de zygomatiques réfractaires… On ne peut que s’en réjouir, surtout pour nos enfants.

Pour autant, il ne faut pas tomber dans le piège des spécialistes du carnaval politicien dont le masque marqué du sceau de libéral n’est souvent qu’une parure de mode, sans plus de fondement. Combien de politiciens ou simples militants dans notre pays s’affichent ou se positionnent comme libéraux tout en démontrant des opinions manifestement constructivistes et collectivistes ?

La « Rupture » de 2007 se voulait ainsi d’inspiration plutôt libérale ( « je refuse le nivellement, l’égalitarisme et l’assistanat » in http://www.dailymotion.com/video/x1of6b_clip-de-campagne-court_news) mais sa mise en œuvre s’est vite révélée plus proche du programme d’un PS que de celui d’Alternative Libérale.

Ahh, Alternative Libérale, le Parti Libéral Démocrate, le Mouvement Libéral de Gauche, voilà en plus que le maigre contingent raisonnablement authentiquement libéral se déchire et éclate, qui pour dériver vers une gauche improbable, qui pour s’acoquiner avec un centre réputé nouveau et les derniers pour courir des élections perdues d’avance.

Tous ces exemples plus ou moins funestes sont selon moi la manifestation d’une profonde méconnaissance et incompréhension de ce qu’est le libéralisme en France, de bonne ou de mauvaise foi, y compris de la part de certains qui s’en revendiquent le plus ouvertement.  Notamment, comment se fait-il que de nombreux « libéraux » s’opposent sur des sujets de fond comme l’immigration, la fiscalité ou encore l’Europe sur lesquels leurs fondamentaux devraient au contraire les unir face aux errements des collectivistes de tous poils ? La liberté, n’est-ce donc pas la liberté, point ? L’Europe des 27 peut-elle être un concept libéral ? L’immigration n’est-elle pas une opportunité ? La fiscalité peut-elle être autre chose qu’un vol ?

Mais au fait qu’est-ce que le libéralisme ? Et comment en être si sûr ? Je ne me permettrais pas de me poser en expert de l’histoire du libéralisme et de l’étude de tous ses courants ou de son évolution. Pour être honnête, j’en découvre régulièrement des nouveaux, chaque fois avec la surprise qu’on puisse encore tenter de réinventer la roue. L’idée est plutôt de se demander à quoi on reconnaît un « vrai » libéral ou libéralisme d’un « canada dry » qui n’en a que l’étiquette et pourtant fait plus de mousse. La définition classique de la liberté, apprise  à la communale, est bien sûr que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.»

Cette définition, devenue banale à force de nous être ressassée, est bien plus subtile qu’on le pense souvent, car elle pose bien le sujet : la liberté est une notion qui touche aux tensions entre l’individu et le reste du monde, c’est-à-dire « moi » face à « autrui.» Le libéralisme repose donc sur une vision individualiste du monde et de la société et toute notion qui ne découlerait pas de ce principe ne saurait être libérale. Corollaire immédiat, vient aussitôt l’égalité en droit de tous et de chacun. Pour que la liberté puisse être respectée, il faut un « Droit » et ce Droit doit être uniforme envers chaque individu, c’est-à-dire qu’il ne peut y avoir d’individus qui auraient plus de liberté, donc de Droit, que d’autres.

Cela à nouveau semble probablement trivial à la lecture. Mais cela pose la question de l’état, sujet fondamental et tellement mal compris de beaucoup de « libéraux partiels.» En effet, si le Droit et la Liberté doivent être strictement uniformes, symétriques, alors la société ne peut accorder de privilège >de droit< à quiconque, y compris aux « représentants de l’état.» Le fonctionnaire et son statut devient non seulement un privilégié, il devient l’incarnation d’un organe qui tord, viole, biaise la symétrie juridique de la société.

Toute forme d’organisation sociale, ou de proposition politique, de nature collectiviste et non individualiste, ou pire, bridant de manière arbitraire ou inégale la liberté individuelle, est donc immanquablement anti-libérale. Nous tenons donc notre critère.

Bien sûr, bien d’autres que moi ont précédemment abouti à cette conclusion et proposé cette vision « pure » du libéralisme. Dénommé « libertarianisme » outre-Atlantique pour éviter toute confusion avec la gauche qui s’est depuis longtemps emparée du thème de la liberté via la protection sociale, le libéralisme possède un cercle des auteurs disparus très réduit, celui des contemporains l’est tout autant. En France, on citera Bastiat et de nos jours P.Salin, B.Lemennicier (http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/index.php), Ch.Michel (http://www.liberalia.com/), parmi d’autres – qu’ils veuillent bien m’excuser. A l’étranger, H-H.Hoppe (http://www.hanshoppe.com/) est un immense auteur, ainsi que W.Block. Les économistes autrichiens sont aussi de grands libéraux, on ne peut oublier L.v.Mises (http://mises.org), F.v.Hayek ni H.Hazlitt. Mais la référence absolue reste à mon sens Murray N. Rothbard, dont l’œuvre immense a posé les bases d’un libéralisme à la fois pur, réaliste, socialement et économiquement viable. (On pense notamment à « The Ethics of Liberty » et à « For a New Liberty,» tous deux accessibles librement sur le web.)

Le libertarianisme de Rothbard, Hoppe et leurs disciples est un modèle social à la fois extrêmement simple dans ses principes et structures, remarquablement cohérent quant à l’égalité de tous face à la liberté, optimum économiquement et incroyablement souple dans les solutions qu’il propose aux grands problèmes sociaux modernes. Rares sont les sujets considérés comme épineux et faisant l’objet de nombreux ouvrages que les libertariens n’ont pas déjà réglés et ceci via des solutions le plus souvent simples, élégantes et frappées du sceau du bon sens. Les auteurs libertariens sont en général à la fois de grands économistes, adeptes de l’école autrichienne d’économie (http://mises.org) et de grands juristes, adeptes du « droit naturel.»

(Dessin de presse : René Le Honzec)

L’objet de cet article n’est pas de faire le tour du libertarianisme – un livre ne suffirait pas, et il ne s’agirait guère que d’un plagiat de la littérature abondante sur le sujet. Donnons néanmoins un bref aperçu.

Ce libéralisme repose sur trois piliers, et trois piliers seulement : Liberté individuelle, Propriété individuelle et Responsabilité individuelle. Difficile de faire plus centré sur l’individu. De là, s’appuyant sur les mécanismes du capitalisme et du marché libre, l’ensemble des fonctions régaliennes sont construites sans ne jamais recourir à un gouvernement ni à une administration quelconques. Les problèmes d’écologie sont réglés via une analyse strictement économique libérée de tout dogme moral, alarmiste et faussement sentimental. L’insécurité en général, routière en particulier, est démontrée n’être qu’un problème d’ingérence étatique dans le quotidien de l’individu et de manque de privatisation des infrastructures. L’ensemble des problèmes sociaux apparaissent comme de faux problèmes dus à un empilement de lois et textes diluant propriété et responsabilité au point de déstructurer l’ordre social naturel. Même les « Droits de l’Homme » – tels la libre expression, la vie privée – sont ramenés à des problématiques simples et concrètes qui trouvent leur solution dans la juste analyse de droits de propriété classiques.

Forts de cette analyse, revenons à notre sujet : Le libéralisme connaît-il des variantes ? Il serait présomptueux de répondre définitivement « non,» mais en même temps, mon expérience me montre que chaque fois qu’une variante se présente, elle s’avère toujours à l’analyse moins libérale que « le » libéralisme des libertariens.

On rencontre par exemple des « libéraux de gauche.» Ceci se veulent les héritiers de 1789, de notre « liberté – égalité – fraternité » ô combien galvaudé et d’une vision sociale du libéralisme. Mais en quoi le libéralisme pourrait-il ne pas être social ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’un libéralisme social ? Une mesure phare des libéraux de gauche tient par exemple au « revenu universel,» qui se veut assurer à chacun un même montant forfaitaire pour chaque citoyen. Soutenue en son temps par J.Marseille, voilà une mesure réputée 100% libérale, puisque strictement égalitaire et de nature à largement simplifier les procédures administratives. Certes, certes. Pourtant, comment la finance-t-on ? Par l’impôt, forcément. Si celui-ci est pareillement égal pour tous, nous tombons sur une opération blanche. L’impôt doit donc être variable selon un critère quelconque, typiquement le revenu. Nous voici donc face à une mesure qui implique un impôt inégalitaire, deux raisons pour que cela ne puisse pas être libéral.

Plus nombreux sont les « libéraux-conservateurs.» Souvent plus libéraux que la moyenne sous l’angle économique, ils sont attachés à des concepts traditionnels comme les « valeurs,» la « nation,» ou encore la « laïcité.» Leur talon d’Achilles tient justement à cette dimension morale qui est sous-jacente. Il est nécessaire selon eux de garder le citoyen du côté du « bien » face au « mal » et c’est le rôle d’un état fort que d’assurer cet ordre moral des choses. Mais que vient faire la morale dans la liberté ? Rothbard consacre un livre entier sur ce sujet, la liberté suppose de séparer strictement le >droit< de faire une action de la >moralité< de cette action, ceci d’autant que la moralité est une chose d’ordre culturel qui varie dans le temps et avec la géographie. Dès lors, justifier l’action étatique sur une base morale quelconque – par exemple protéger la culture ou l’identité française – n’est qu’une faille laissée ouverte au totalitarisme moralisateur.

Difficile donc de trouver un autre libéralisme que le libéralisme…  Il reste que beaucoup reprochent aux libertariens leur intransigeance conceptuelle et leur « jusqu’au-boutisme » dans les arguments – intransigeance que j’assume pour ma part entièrement. Le souci du libertarien est de ne jamais laissé la porte entrouverte à la faveur de l’étatisme. Depuis deux siècles, en France comme aux Etats-Unis, comme partout, l’état grossit étape par étape, à la faveur de chaque petite « crise,» chaque prétexte protectionniste, chaque prétendu risque social. Le libertarien cherche à boucher tous les trous, repousser Leviathan, ne jamais lui laisser le moindre répit, la moindre chance. Vade retro Leviathan.

En conclusion, de même qu’en matière de liberté il n’existe que le blanc ou le noir, il n’existe pas de « gris » en matière de libéralisme. Le seul libéralisme « pur » reste celui de Salin et Rothbard, les autres ne sont que des ersatz de circonstance. Car c’est peut-être là que réside l’incompréhension la plus forte : on oublie trop souvent de faire la différence entre une mesure libérale, strictement, et une mesure de nature à se rapprocher du libéralisme, cette dernière forcément imparfaite. L’enjeu pour les libéraux aujourd’hui et demain consiste à mon sens à identifier que le seul libéralisme, le seul humanisme ne peut être que libertarien, tout en proposant des mesures et des programmes électoraux qui soient explicitement de nature à se rapprocher de cette cible porteuse de nos espoirs.

Lire aussi sur Wikiberal : Nomenclature.

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  1. « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.»
    Cette définition n’est malheureusement pas très heureuse car, en effet, si on dit que la liberté de A s’arrête là ou celle de B commence et que celle de B s’arrête là ou celle de A commence, on n’en est pas plus avancé pour autant sur l’étendue de la liberté de A et de B!

    1. Ce serait vrai si on partait de rien, mais ce n’est pas le cas : la société existe, et elle a déjà ses traditions, ses règles.
      Ainsi par exemple on peut aussi bien concevoir que la production sonore est sans limite et que c’est à chacun de s’isoler pour se protéger du bruit, ou interdire toute production sonore. Il se trouve qu’on a une limite traditionnelle, qui autorise la production sonore tant qu’elle n’est pas considérée comme gênante par une fraction importante des gens… et voilà.
      La tradition, c’est que chacun est libre de travailler et d’habiter où il le souhaite (tant qu’il a un bailleur ou vendeur !), il ne devrait donc pas y avoir de question sur l’immigration par exemple.
      Le revenu universel aussi est logique : le patrimoine collectif existe, il n’est pas idiot et il est sain d’exiger qu’il soit rentable, qu’il rapporte aux coopérateurs. Pas besoin d’impôts !

      1. Les gênes sonores me semblent normales à sanctionner, on peut mettre des limites de décibel aux bars ou aux discothèques dans la limite du possible pourquoi pas. En mettre pour des gares, des aéroports ou des autoroutes comme certains tentent de le faire me parait ridicule.
        En revanche les personnes qui s’installent à un endroit en connaissance de causes n’ont que leurs yeux pour pleurer.

  2. L’insécurité en général, routière en particulier, est démontrée n’être qu’un problème d’ingérence étatique dans le quotidien de l’individu

    ben là quand même j’ai des doutes ; certes on assiste à des dérives importantes, mais pour faire circuler des millions d’usagers, il faut quand même des règles, même si en tant que libéral certaines paraissent particulièrement liberticides . Les radars, la ceinture … c’est une chose, mais la vitesse ou l’alcoolémie ( la vraie, pas celle qui est verbalisée à deux verres ) mettent en danger la vie d’autrui et par conséquent nécessitent à mon sens l’application de certaines règles .

    1. D’autant que si les partisans de la « route nue » ont bien raison de souligner ses effets positifs dans les pays où on supprime des réglementations et signalétiques mais dont les usagers sont déjà tous conditionnés au respect de certaines règles, il n’en va pas du tout de même dans des pays qui n’ont jamais connu cette surabondance de règles et d’infrastructures. N’importe qui ayant déjà roulé au Maghreb ou en Inde se fera une idée assez précise du niveau de sûreté tout relatif d’une « naked road from scratch ».

    2. Je n’aime pas bien le concept de « mise en danger de la vie d’autrui ». Il est un peu trop extensible. Certains par exemple disent que l’alpiniste imprudent met en danger la vie des sauveteurs…
      Ce qui compte surtout, c’est quand même de savoir si quelqu’un est blessé ou pas. Quand quelqu’un est blessé, il est relativement sans importance de savoir si c’est parce que le responsable avait bu ou pas, inversement tant que personne n’est touché, c’est quand même difficile de justifier une sanction.
      Je trouve indispensable d’énoncer à l’avance les règles de résolution des conflits d’usage et de détermination des responsabilités en cas de problèmes (exemple type : signalisation des carrefours, règles d’utilisation des voies…) ; je trouve utile d’énoncer des faits relatif à la sécurité (par exemple : « statistiquement, un conducteur alcoolisé/sans permis a un accident au bout de X km en moyenne contre Y << X pour un conducteur sobre/avec un permis …") et, même, d'en tirer les conséquences juridiques ("… donc en cas d'accident le conducteur alcoolisé/sans permis sera présumé seul responsable") . En revanche je ne suis pas du tout convaincu de la légitimité de sanctionner a priori les comportements présumés dangereux. Le permis de conduire par exemple, me semble une aberration juridique, puisque ça revient à interdire a priori la conduite d'un véhicule à tout le monde, alors que c'est interdiction d'un comportement qui devrait être l'exception (et après un jugement en bonne et due forme !).

      1. Je trouve pas évident de condamner de façon équivalente le responsable d’un accident qui est à jeun et un autre qui est plein comme un oeuf ( même si je trouve exagéré les taux d’alcolémie donnant lieu à une amende ) . Ma belle-soeur et ma nièce ont été percutées sur une voie rapide le mois dernier, par un automobiliste ivre-mort qui a fait demi-tour en coupant 4 voies alors qu’il sortait de la sation-service . L’alcool ne signifie certes pas que ce demi-tour était plus stupide ou plus dangereux, mais qu’il ne l’aurait probablement pas tenté sans être pété, ce qui peut être assimilé à une circonstance aggravante, même si je reconnais que l’argument est bancal et que je suis en grande partie d’accord avec toi .

        Là où je suis moins d’accord, c’est sur le permis . Ayant trvaillé dans les chevaux pas mal d’années, j’ai passé tous mes permis jusqu’au super-lourd, et je suis convaincu que pour conduire un véhicule de 18 m, 500 chevaux, de 44t pour les plus gros et capables d’écraser 10 voitures, un permis semble indispensable . Ceci dit, j’ai le permis matières dangereuses ( 3 j de formation ! )et à ce titre je ne peux pas transporter plus de 3000 l de liquide inflammable, mais je pourrait transporter 20t d’éther en bouteilles d’1 l !

  3. Le libéralisme n’a jamais été le fondamentalisme de la propriété ailleurs que dans les théories libertariennes.

    Il y a une grosse nuance entre la méfiance envers le pouvoir à laquelle appelle le libéralisme classique et l’anti-étatisme manichéen du libertarianisme. Le libéralisme classique (donc le libéralisme au sens premier, non détourné, authentique du terme) ne s’arrête pas à Locke, et d’ailleurs même Locke répand une idéologie collectiviste avec sa société qui doit agir comme un corps, suivant la majorité de ses cellules.

    Il y a un pas énorme entre l’égalité en droit (« la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres »), l’état de droit hayekien (des règles abstraites, publiques et « aveugles », s’appliquant à tous sans viser de catégorie précise) et le règne absolu de la propriété d’un Rothbard ou d’un Block.

    Il y a une légitimité au moins aussi grande, sinon plus, à désigner comme libéral et humaniste celui qui, comme Bastiat, trouve « puéril d’adhérer à la liberté, non parce qu’elle est la vraie condition de l’ordre et du bonheur social, mais par un platonique amour pour la liberté elle-même », celui qui se fixe le bonheur comme fin et le tiercé liberté/propriété/contrat comme moyen le plus souvent efficace, et pas comme seul utilisable.

    Le libertarianisme c’est autre chose, un humanisme certes, mais un humanisme bien précis, qui se limite à la vénération de droits définis dogmatiquement. Il a son propre nom et c’est heureux, pas besoin d’usurper celui du libéralisme, aussi proches et souvent d’accord que soient ces deux courants.

    Réduire le libéralisme, voire l’humanisme, au libertarianisme sous prétexte que lui seul tire les pleines conséquences logiques du principe de propriété, essentiel et central à ces deux courants, c’est comme prétendre que le grindcore est le seul rock, voire la seule musique, qui vaille puisque lui seul pousse à son extrême le principe du bruit, essentiel et central à ces deux arts.

    1. Erratum : Le libéralisme n’a jamais été le fondamentalisme de la propriété ailleurs que dans les théories libertariennes, ou dans la caricature qu’en donne ses opposants anti-libéraux.

      Rien de tel que d’encourager ses adversaires dans l’idée que le libéralisme est conforme à sa caricature pour le mettre à la merci des attaques et du mépris de tous ceux dont les valeurs ne tournent pas autour du marché et de la propriété.

  4. L’auteur ne dit qu’il ne faut pas de régles, mais que celle-çi doivent seulement dépendre de sa chaque infrastructure routière qui doivent être entièrement privée pour permetrre à chacune de fixées librement et selon le principe de droit de propriété leurs propres règles comme la limitation de vitesse, le taux d’alcoolémie, même si les règles peuvent justement qu’il n y’en a pas. Chacun est libre de ne pas prendre telle ou telle autoroutes si les règles qui y ont été établies ne lui convienne pas. De toutes manières du point de vue pratique les personnes privées contrôlant ces autoroutes auraient tout intérêts à fixés des règles pour montrer aux potentiels usagers que leurs infrastructures sont sûres. un nombre élévés de morts ne seraient préjudiciables pour leur image et ne serait pas rentables, d’autant plus que personne ne veut être résponsables de la mort de gens dut à un laxisme tous ce qu’il y a de plus primaire, « Parce qu’un libéral n’obéit à aucune régles ». Non un libéral à des règles, le Droit natrel et la Raison.

  5. Bonjour je souhaite participer à la discussion, merci pour vos échanges éclairants. L’un des discutants (P, dont je suppose qu’il défend l’article de Stéphane Geyres) affirme que les règles étatiques, qui sont inutiles voire dangereux pour les libéraux authentiques, ne sont pas légitimes. Dans ce cas les règles viennent de la tradition. La transmission de cette tradition me semble subjectif dans des domaines aussi dangereux que le code la route par exemple. Pour entrer sur un marché, ou entrer en interaction avec autrui on se doit de partager des règles. Et non pas avoir une compréhension personnelle de ces règles. Or, pour conduire, il nous faut des règles qui ont été posées antérieurement à ceux qui conduisent. Ces règles, si elles ne sont pas respectées, doivent être préservées en exerçant une contrainte sur ceux qui ne les respectent pas. Il faut donc s’assurer que celui qui prend sa voiture connaît les règles. On ne peut s’attendre à ce qu’un conducteur apprennent le code de la route à ses dépends. Imaginez, X passe un carrefour à fond les manettes en fermant les yeux et là en une fraction de seconde il découvre les règles de la priorité à droite en percutant une voiture et en faisant trois morts. Vous penser le permis comme une interdiction, je prends plutôt comme un outil de certification. Il certifie que je peux prendre la route, car je connais les règles. Si vous pensez les routes comme privées, ces propriétaires sont légitimes à admettre que leurs usagers aient une telle certification. Même dans un cadre libertarien, anarcho-capitaliste, il y aurait, je pense, un tel type de permis. J’imagine mal, les usagers s’adapter aux différentes règles des différents propriétaires des différents réseaux routiers. Ils se mettraient tous d’accord pour savoir quoi exiger ensemble sinon c’est trop compliqué pour les usagers.

    De plus, les règles de la tradition sont des règles qui sont tacites, non écrites, sous-entendues. Or, chez Hayek, qui n’est pas libertarien, le législateur écrit le droit découvert par l’expérience. Il cherche à rendre explicite les règles tacites et refuse des règles qui seraient organisatrices de l’ordre social. Dans une certaine mesure, les règles du code de la route sont issues de l’expérience de notre pratique de la route. En revanche, les règles qui condamnent le comportement individuel n’est pas acceptables comme le port obligatoire de la ceinture de sécurité, car ne pas la porter ne nuit à personne. Enfin, si le libertarien admet les règles venant de tradition, qui sont transmises tacitement par une population donnée, comment admettre des populations étrangères qui ne partagent pas les mêmes sous-entendus, les mêmes références culturelles, tacites. Eux-mêmes ne peuvent pas apprendre à leurs dépends. Si les règles du droit naturel sont pensées comme universelles, elles sont surtout découvertes par des gens qui font œuvres de raisonnement qui lui-même est issu d’une histoire intellectuelle particulière. Nous héritons d’un patrimoine intellectuel qui nous fait formuler le droit d’une certaine manière. Il n’est pas certain que d’autres ayant d’autres références intellectuelles arrivent au même conclusion. Enfin, si nous sommes tous capables de raisonner nous ne raisonnons par tous de la même manière. Donc, dire « un libéral a des règles, le Droit naturel et la Raison »(dexter 79), le droit naturel n’existe pas comme les formes intelligibles de Platon qu’un raisonnement ferait découvrir et qui ce faisant serait de fait universel. Le droit naturel est une formulation d’une population particulière. Voilà en vrac quelques remarques. Merci.

    1. Je précise : écrire les règles est bon, et assurer un enseignement de ces règles aussi, c’est bon. Évidemment.
      Si le permis était un diplôme, je serait tolérant avec ; mais un permis, malheureusement, c’est tout autre chose qu’une certification de compétence minimum. Un permis c’est une violation de la règle de base qui veut que les choses sont autorisées sauf interdiction spécifique, donc, en matière routière par exemple, seul un juge devrait avoir le pouvoir de décider qu’untel n’a pas le droit de conduire.

      D’autre part, c’est une chose d’écrire un code de la route où on précise par exemple qu’on roule à droite de la chaussée ; c’est une autre chose, bien différente, d’infliger une sanction administrative (extra-judiciaire) à un individu qui roule sur la gauche d’une route déserte, donc qui ne dérange personne, mais qui viole cette règle. En fait, la vraie règle c’est qu’on roule à droite de la chaussée quand on croise quelqu’un (et seulement dans ce cas ! Si il n’y a personne d’autre, la règle n’a aucun sens)

  6. « Pourtant, comment la finance-t-on ? Par l’impôt, forcément. Si celui-ci est pareillement égal pour tous, nous tombons sur une opération blanche »

    Mais non. Pffff. Décidément le temps pose problèmes aux penseurs « absolutistes ». Il y a beaucoup d’incohérences dans ce post. Essentiellement tous sont dus à la même erreur fondamentale : le temps.

    Les hommes meurent, et les hommes naissent. De sorte que nous vivons dans un flux. Le Revenu Universel c’est la mesure de ce flux, qui donne à tout homme futur un accès symétrique (droit symétrique, voir le post plus haut) au droit de propriété minimal.

    Le droit de propriété minimal est la condition pour que le droit de propriété soit possible pour TOUS, en TOUT TEMPS, on revient au problème du temps. Un homme naissant dans un monde 100% propriétaire, ne peut choisir de vivre librement, il est esclave des propriétaires.

    C’est la clause Lockéenne, un des fondateurs du libéralisme, et retrouvé par d’autres moyens par Thomas Paine un peu plus tard.

    On finance donc le Revenu Universel sur la base de la Création Monétaire. Chaque Homme est producteur de richesse, et a accès au minimum de ressources pour ce faire. Et il peut choisir LIBREMENT et certainement pas de façon forcée de vendre son temps de travail à autrui qui n’est qu’une forme secondaire de création de richesse.

    Le flux, l’homme, la monnaie.

    http://www.creationmonetaire.info/2011/05/revolution-en-epagne-les-indignes.html