Égypte, Laëticia, fronde juridico-policière, dockers…

Publié Par Lucien Oulahbib, le dans Non classé

Les jeux sont-ils faits en Égypte ? Pour certains, oui : les démocrates, dispersés, travaillent pour les Frères musulmans qui les élimineront comme en Iran ; la preuve ? On prie pas mal musulman sur la Place de la Libération, pas de messe à l’horizon en plein air non plus, et pas de femmes au micro, ce qui n’est pas faux, mais que fallait-il faire ? Appeler à l’écrasement comme place Tian’anmen en 1989 ? Il aurait fallu en tuer beaucoup ; l’armée égyptienne n’a pas ce cran qu’ont eu l’armée chinoise et algérienne ; pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être parce que cela ne pouvait plus durer indéfiniment. Depuis le coup de boutoir contre Saddam beaucoup de choses ont changé, n’en déplaisent à nos spécialistes qui ne peuvent pas commencer une réflexion sans attaquer en préalable Bush et les néo-conservateurs ; un Bertrand Badie bien sûr, un Gilles Kepel aussi qui par ailleurs voit une sorte de protestantisme dans la structure de l’islam sunnite alors qu’il ne s’agit, peut-être, pas de cela : la structure c’est le Commandeur, d’ailleurs le raïs égyptien nomme l’imam en chef pas le contraire…

De l’autre côté les plus « ouverts » diront au contraire qu’au fond l’Iran ce n’est pas si mal, et c’est leur culture après tout ; et Obama, n’est-ce pas Carter en 1979 ? énonce d’ailleurs le grand savant en relations internationales Bertrand Badie sur France Info, ce qui en effet n’est guère rassurant…

D’autres parlent de cette Place de la Libération comme une « république autonome« , ce qui est sympathique, tandis que les plus doctes, qui savent donc déjà tout (l’Égypte n’est pas la Tunisie disaient-ils il y a dix jours) concoctent des scénarios et les « twittent ». Bonne nouvelle : les organisateurs de la marche du 12 février en Algérie n’ont pas l’air de l’avoir annulé malgré les promesses jetées en pâture par l’actuel président. Au Yémen ce n’est pas si mal. En Jordanie, un peu moins, parce que comme d’habitude les dictatures ont massacré les opposants les plus crédibles pour laisser une opposition qui peut plus facilement servir de repoussoir et de bouc émissaire en même temps. De toute façon à l’heure d’Internet où l’on voit les quatre coins du monde décoller les peuples de la région ne pouvaient plus se laisser ainsi vampiriser.

Wait and see donc.

Je ne vois pas quoi dire de plus que dans mes billets précédents sinon suggérer que le processus électoral à venir soit bien encadré, et que les démocrates en effet s’unissent, mais certainement pas derrière le chef de la Ligue Arabe, Amr Moussa, qui est, lui, une véritable menace pour Israël.

Sur Laëticia maintenant, dont j’ai quelque peu retracé le système ou contexte socioculturel (l’héroïne du Dernier Tango à Paris en avait subi les subtilités, sa mort me l’a rappelé) on peut ajouter deux à trois choses sur ce qui a permis un tel dysfonctionnement :

1° ce n’est pas, en premier lieu, un problème de moyens mais de diagnostic puisque la contrainte que l’assassin avait seulement été d’aller voir son conseiller une fois toutes les deux semaines ;  il n’en était qu’à « un » viol et diverses tentatives après tout….

2° or, il n’avait pas donné de nouvelles depuis cet automne ;

3° relevé par Dati sur I Télé : le récidiviste sexuel n’a pas obligation de se soigner, c’est là le facteur essentiel semble-t-il ; mais comment l’obliger sinon en l’enfermant ? Ah ! Enfermer, mot maudit pour la gentry foucaldienne ai-je déjà dit, donc l’on revient à la case départ : même s’il y avait des « moyens » à profusion, tout était déjà dit : Tony était libre, libre Tony, comme dans la chanson d’Alain Souchon (il est libre Max).

Quant aux dockers, observez le silence, fait sur fond d’avion-taxi de vingt mn pris en haut lieu, donc €3.000 pour 14 h par semaine, c’est peanuts ! Ne dites pas qu’il s’agit d’une structure mafieuse, leurs mamans les croient dockers qui donc méritent de partir plus tôt encore à la retraite. Ainsi va le monde, alors qu’un Reagan aurait licencié tout le monde.

Un Reagan qui a la côte chez les démocrates américains : Times Magazine lui a fait un hommage appuyé en expliquant qu’Obama était en train de s’en inspirer. Cela n’arriverait pas en France évidemment où la moindre idée libérale, comme appliquer une directive européenne sur la possibilité de s’assurer autrement qu’à la sécurité sociale est considéré comme « ultra-libéral » par certains députés… centristes… Imaginez les autres plus à gauche…

Bon, je retourne Place de la Libération…

La démocratie, barrage au fondamentalisme.

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  1. Vous vous contredisez sur l’affaire Laeticia. « pas une question de moyen, mais il n’était pas suivi ».
    Effectivement, il n’était pas suivi… par manque de moyens. 3 personnes pour en surveiller 3200, c’est un peu juste, non ? Les chiffres des juges et magistrats, fussent-ils partie prenante, sont éloquents.

    D’ailleurs, vous l’ignorez peut-être, mais le viol (en réalité avec un balai, il me semble) date de 1998. 13 ans d’écart, casier judiciaire vierge (il était mineur au moment des faits), 800 dossiers éliminés par manque de moyens, le résultat n’est guère étonnant.

    On aime à donner l’Allemagne comme exemple en ce moment. Son budget judiciaire est, il me semble, proportionnellement deux fois supérieur à celui que l’on a.

    Mais bon, je ne me fais pas de souci, notre cher président n’hésitera pas à créer de nouvelles loi tout aussi inapplicables que les précedentes, selon sa fameuse maxime: « un fait divers, une loi »…