Afghanistan : le triomphe des talibans malgré les milliards dépensés par les États-Unis

En moins d’une semaine, les talibans se sont emparés d’une douzaine de villes majeures de l’Afghanistan.

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Screenshot 2021-08-16 at 16-07-26 Conférence sur l'Afghanistan les talibans envoient des émissaires à Moscou

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Afghanistan : le triomphe des talibans malgré les milliards dépensés par les États-Unis

Publié le 17 août 2021
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Par Natasha Lindstaedt, University of Essex.
Un article de The Conversation

Ils encerclent désormais Kaboul et négocient avec le gouvernement du président Ashraf Ghani une transition pacifique du pouvoir. Leur emprise sur le pays est désormais quasi totale. Leur victoire éclair intervient à peine un mois après le retrait des troupes américaines.

Au cours des vingt dernières années, les États-Unis ont déversé des milliers de milliards de dollars sur l’Afghanistan pour chasser les talibans. Cet effort financier colossal se sera soldé par un fiasco total. Il est vrai que si l’on considère la situation géographique stratégique du pays et la politique de soutien aux talibans conduite par certains acteurs régionaux la région, cette issue apparaissait inévitable.

L’Afghanistan occupe une position stratégique entre l’Asie centrale et l’Asie du Sud, au sein d’une région riche en pétrole et en gaz naturel. L’État afghan est historiquement confronté aux aspirations indépendantistes de différents groupes ethniques résidant sur son territoire, tout spécialement les Pachtounes et, dans une moindre mesure, les Baloutches.

C’est – entre autres – pour ces raisons que l’Afghanistan a de tout temps été le théâtre d’ingérences extérieures, que celles-ci proviennent du Royaume-Uni, de l’Union soviétique puis de la Russie, des États-Unis, de l’Iran, de l’Arabie saoudite, de l’Inde et, bien sûr, du Pakistan.

Le rôle du Pakistan

Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan ont toujours été tendues depuis que le premier a été reconnu comme un État souverain en 1919.

Lorsque le Pakistan a obtenu son indépendance en 1947, l’Afghanistan a été le seul pays de l’ONU à voter contre sa reconnaissance, en bonne partie du fait du refus de Kaboul de reconnaître la ligne Durand – la frontière afghano-pakistanaise, longue de 2400 kilomètres, tracée à la hâte en 1893, des millions de Pachtounes se retrouvant alors de part et d’autre.

Craignant les appels lancés par les Pachtounes des deux pays en faveur de la création d’un État national pachtoune qui comprendrait une large partie du nord du Pakistan, Islamabad cherche depuis longtemps à faire de l’Afghanistan un État client, ce qui lui permettrait de gagner en profondeur stratégique face à l’Inde. Pour cela, les responsables pakistanais cherchent avec constance à faire émerger en Afghanistan une identité islamique (plutôt que pachtoune) en Afghanistan.

Carte politique de l’Afghanistan montrant les pays limitrophes..
Peter Hermes Furian/Shutterstock

 

Le Pakistan a largement contribué à l’arrivée des talibans au pouvoir à Kaboul en 1996 et s’est montré plus impliqué en Afghanistan que n’importe quel autre voisin du pays. Par l’intermédiaire de son principal service de renseignement, l’ISI, il a financé les opérations des talibans, recruté des hommes pour servir dans leurs forces armées, leur a fourni des armes et les a aidés à planifier leurs offensives. Occasionnellement, le Pakistan a même directement pris part aux combats aux côtés des talibans. Le soutien de l’ISI aux talibans s’explique par l’objectif d’éradiquer le nationalisme pachtoune. Mais cette stratégie a peut-être créé un problème plus important encore pour le Pakistan, car le régime taliban a entraîné un exode de citoyens afghans vers le Pakistan.

Pourtant, selon le gouvernement afghan, certains éléments au sein du gouvernement pakistanais, notamment l’ISI, soutiennent toujours les talibans et entretiennent l’instabilité permanente en Afghanistan. En outre, le Pakistan n’a pas noué de bonnes relations avec les autres groupes actifs en Afghanistan et n’a donc guère d’autre choix que de se ranger derrière les talibans.

Pour le gouvernement pakistanais, le pire scénario serait un conflit prolongé, qui pourrait conduire à un nouvel afflux massif de réfugiés au Pakistan.

Les calculs de l’Iran

Les relations de l’Iran avec l’Afghanistan, dont il est limitrophe à l’est, sont rendues compliquées par la dynamique régionale et par les relations des deux États avec Washington. En tant que pays chiite, l’Iran a longtemps eu des divergences idéologiques avec les talibans. Dans les années 1990, il a cherché à conclure des alliances, notamment avec les États-Unis, pour contrer la menace posée par ceux-ci.

Deux décennies plus tard, les relations entre les États-Unis et l’Iran sont au plus bas, ce qui a un impact direct sur l’attitude de Téhéran l’Iran vis-à-vis des talibans. L’Iran a cherché à jouer sur tous les tableaux, soutenant à la fois le gouvernement afghan et les talibans pour maintenir leur division. L’amélioration de ses relations de avec le Qatar, où se trouve le bureau politique des talibans, a également favorisé les relations entre l’Iran et les talibans.

Les objectifs de la Russie et de la Chine

La Russie cherche avant tout à prévenir l’instabilité à sa frontière avec l’Afghanistan et à préserver ce pays de l’influence américaine. Depuis les années 1990, Moscou développe des relations avec différents groupes en Afghanistan, y compris les talibans, malgré ses soupçons quant à un éventuel soutien des talibans à des groupes terroristes.

Ces relations se sont intensifiées après l’émergence de l’État islamique en 2015. Dans sa lutte pour vaincre Daech en Afghanistan, la Russie a vu les intérêts des talibans coïncider avec les siens.

Une délégation des talibans s’est rendue à Moscou pour détailler leurs intentions (RT, 9 juillet 2021).

 

Des informations ont fait surface selon lesquelles la Russie armait les talibans afghans et sapait directement les efforts des États-Unis dans ce pays, allant jusqu’à leur verser des primes pour tuer des soldats américains et alliés. Toutefois, les services de renseignement américains ont, depuis, dit fortement douter de la réalité de ces primes qui auraient été promises par Moscou.

La Chine, quant à elle, a toujours entretenu des relations cordiales avec les talibans. La principale préoccupation de Pékin est d’étendre son influence vers l’ouest pour gagner en profondeur stratégique face à l’Inde et aux États-Unis.

De nouvelles alliances

Pour l’instant, l’ascension des talibans ne s’est pas traduite par une augmentation de l’activité terroriste de groupes comme Al-Qaïda contre les voisins de l’Afghanistan – une crainte que le retrait américain de la région a largement amplifiée. La victoire des talibans apparaissant inexorable, presque tous les voisins de l’Afghanistan ont passé des alliances opportunistes avec eux, à l’exception de l’Inde.

Cette dernière, longtemps réticente à se rapprocher des talibans, a toutefois récemment pris contact avec eux, avec le soutien du Qatar. Cependant, New Delhi a également indiqué clairement qu’elle ne soutiendrait pas une prise par la force de Kaboul.

Ces dernières semaines, le gouvernement afghan, assiégé, n’a cessé d’affirmer que ses voisins faisaient preuve d’une grande naïveté vis-à-vis des talibans en croyant à leur capacité à se réformer et à leur capacité à aider l’Afghanistan à atteindre la stabilité. De hauts responsables afghans ont prévenu qu’une victoire des talibans entraînerait un renforcement de divers groupes terroristes si les talibans leur permettaient d’établir une base en Afghanistan depuis laquelle ils fomenteraient des attaques.

Il y a plus inquiétante encore que l’hospitalité des talibans : c’est leur volonté de permettre aux groupes terroristes de s’engager librement dans la criminalité organisée – l’Afghanistan étant également un lieu attrayant pour cela.

La résurgence des talibans a provoqué une grave crise humanitaire en Afghanistan, et s’accompagne de terribles violations des droits de l’homme. Au milieu de ce chaos, le premier ministre pakistanais, Imran Khan, a accusé les États-Unis de laisser derrière eux un « chaos ».

Et pourtant, si beaucoup critiquent le président américain Joe Biden pour avoir retiré ses troupes, il est peu probable, compte tenu de toutes ces forces régionales en jeu, que les États-Unis auraient pu un jour parvenir à la stabilité en Afghanistan, quelle qu’ait pu être la durée de leur présence sur place.

Natasha Lindstaedt, Professor, Department of Government, University of Essex

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation

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  • Les Anglais au 19è siècle, les Soviétiques au 20ème, les Occidentaux au 21è… Tout le monde s’est cassé les dents en Afghanistan.
    Et si on se décidait un jour de n’avoir ni amis, ni ennemis, ni valeurs universelles mais simplement des intérêts ?

    • politique a courte vue. Nos interet avant guerre auraient par ex ete de s entendre avec Adolf (ce qu on a d ailleurs fait jusqu en 38 et Munich). Resultat: au lieu d affronter une allemagne faible militairement (lors de la remilitarisation de la rhenanie l armee francaise etait nettement superieure a tel point que les troupes allemandes avaient consigne de ne pas s opposer aux francais si ceux ci intervenaient)

      • Je ne pense pas que cela ait été de nos intérêts de se fourvoyer dans une opération vouée à l’échec aussi détestables que soient les talibans.
        Pour reprendre votre point, il n’était certainement pas de l’intérêt de la France et de ses alliés de s’entendre avec Hitler. C’est au contraire au nom de « valeurs » que l’on s’est imaginé pouvoir l’amadouer en lui cédant sur tout… avec le résultat que l’on connait.

        • l interet (a courte vue) de la france etait de s entendre avec Adolf pour qu il s etende a l est (ce qui etait d ailleurs dans ses plans, cf l espace vital)
          Quand aux valeurs, c est justement en foulant aux pieds celles ci qu on s est entendu avec lui. Cf la fameuse phrase de Churchill apres munich : « vous aviez a choisir entre le desohnneur et la guerre, vous avez choisit le deshonneur et vous aurez la guerre »

      • Déclaré la guerre en septembre 1939 étant autant une idiotie que de ne pas la déclarer qu’en mars 1936. Déclaré la guerre en octobre 1938 aurait été une idiotie, la France n’ayant déjà plus le leadership militaire sur l’Allemagne. Le timing, le timing et le timing.

        En octobre 1938 ou septembre 1939, la France n’est militairement absolument pas prête par rapport à l’Allemagne. Elle avait besoin de deux ans de plus afin que ses programmes d’armement.

        Leçon : il ne faut jamais négliger ses intérêts immédiats pour faire de grandes déclarations idiotes (spécialité idiote). Cela évite de se faire envahir, de se faire occuper, etc.

        A-t-on rendu service à la Pologne en se faisant massacrer en mai 1940 ? Non. On aurait mieux fait d’attendre mai 1941 et de marcher sur Berlin avec une vraie chance.

        • @Jack
          En 41 on aurait aussi pris une raclee.
          1) ca aurait correspondu a l optimum des programmes d armement nazis
          2) la defaite de 40 n est pas tant une defaite a cause du materiel qu une defaite sur son utilisation. En resumé, les generaux francais ont voulu rejouer 14-18 mais les allemands sont passés a la guerre eclair (char/avion/parachutistes)

          PS: en 1936 les nazis n auraient pas tenu 2 semaines face a l armee francaise : pas de materiel, peu d hommes. Apres il aurait evidement fallu gerer l occupation d un pays hostile mais c est une uatre histoire

    • Des intérêts… Hum !
      Quand le diable vous invite, prière de se munir d’une langue cuillère. Ou mieux, décliner l’invitation…

  • article manquant le probleme majeur.
    Il n y avait pas de support populaire au gouvernement afghan. celui ci etait miné par la corruption et seul l OTAN se battait reelement
    une fois les USA et les autres occidentaux parti, les 300 000 soldats afghan officiels (une bonne parti etant bidon pour detourner les soldes) se sont evaporés

    Une bonne lecon pour le Mali ou on est exactementdans la meme situation

    • Ce matin à la radio sur BFM Business, ils expliquaient qu’un système de raquette était en place depuis des années dans les régions contrôlées par les Talibans à chaque passage de camions par exemple… Bref, en 20 ans, rien n’a changé, et quand on voit les vidéos du « chaos », on se dit bien que ce peuple ne souhaite pas changer et n’en est tout simplement pas capable culturellement…

    • L’article rate l’analyse économique : l’afghanistan détient d’énormes ressources en hydrocarbures et minéraux stratégiques : lithium, cuivre, or, zinc etc voir la notice wikipedia. La Chine qui a une petite frontière commune avec l’afghanistan va négocier avec les talibans pour mettre la main sur ces ressources et développer ses routes de la soie qui passent par là. Le pays va développer l’hébergement du terrorisme financé par la culture du pavot dont les surface a quadruplé en 15 ans : aujourd’hui elle déoassent 200 000 ha et excède la demande mondiale ce qui permet d’affaiblir les pays développés par la promotion de la consommation et les efforts distraits pour lutter contre le trafic. Enfin la propagande en faveur de l’accueil des réfugiés va permettre d’infiltrer des djihadistes au coeur des pays occidentaux. On va assister à une recrudescence des attentats notamment en Europe beaucoup moins efficace que les USA en matière de contrôle de l’immigration.

      • Les talibans ne sont pas tous des sots. Ils savent très bien que s’ils hébergent trop visiblement du terrorisme international, ils redeviendront une cible. Une campagne de bombardement ne coûte pas grand chose aux occidentaux.

        Ils vont donc tout simplement prendre les pots-de-vins chinois (selon eux des mécréants mais l’argent n’a pas d’odeur), vendre les terroristes les plus recherchés (comme leurs amis pakistanais), cracher ici et là un islamisme rampant (comme leurs amis qataris) et, bien sûr, martyriser une population afin que cela continue le plus longtemps possible.

        La religion est l’opium des peuples. Ces nouveaux dirigeants talibans veulent du pouvoir et de l’argent. Le « folklore » est bon pour les brutes illettrés qui leur servent de chairs à canon. Dans vingt ans, leurs enfants iront étudier à Harvard et à Oxford après avoir fréquenté des pensionnats suisses.

  • Ça a toujours été le merdier ce pays.

  • D’après ce que je sais, les frontières de ce « pays » ont été tracées par les occidentaux. Ce n’est pas un pays, une nation selon notre vision. C’est une mosaïque d’ethnies et de tribus en guerre larvée ou déclarée. Leur culture est primitive et barbare, leur gynéphobie en est le marqueur. L’islam donne à leur barbarie une légitimité spirituelle et une dimension mondiale. On peut parler du variant afghan de l’islam. Cette région stratégique est donc sujette aux pressions de voisins qui exploitent cyniquement ces tensions pour servir leurs ambitions économiques et stratégiques. Alors, vouloit greffer notre modèle de démocratie sur ce « pays » est un délire total. La seule solution pour que les islamistes baissent l’échine est de mettre en place une dictature sur le modèle Saddam Hussein.

  • Est-que la ligne Durand comme d’autres tracés historiques au moyen-orient ou en Afrique n’est pas une des causes majeures des désordres actuels ? Afghanistan signifie pays des Pachtounes qui se répartissent géographiquement entre Afghanistan et Pakistan.
    Il faut des siècles alors pour que se s’établissent de nouvelles organisations apaisées.

    • ben voyons, c est encore de notre faute …
      vous croyez que les frontieres en europe c est impeccable et qu il n y a pas des groupes de population des 2 cotés (pensez a l alsace/allemagne)
      rien n empechait les afghan de faire comme les tchecoslovaques et se separer ou de faire un etat federal comme les suisses
      la corruption, le clientelisme, la gabegie sont les raisons de l echec d un etat viable (au mali comme en afghanistan)

      • Ah bon il existe un peuple alsacien en Allemagne !!

        • bon admettons que l’exemple ne soit pas pertinent ; alors prenons les basques : il y en a bien des deux cotés de la frontière !!!!

          • Ben oui c’est bien connu les basques n’ont jamais fait de grabuges..
            Trouvez moi seulement un exemple un peu serieux dans l’histoire qui va dans le sens que vous defendez

        • @invisible
          je parlais de l inverse: les alsaciens sont de culture/langue germanique.

          Si vous aimes pas ma comparaison, prenez la suisse. c est pas l afghanistan pourtant il y a des romands francophones, des latins italophones, des romanches (grisons) et une majorite de pachtounes (eu non de germanophones).
          Au niveau religion c est pire que l afghanistan puisqu il y a des catho et des protestants a egalité
          Pourtant ils se sont pas en guerre civile …

      • Vous croyez qu’oN efface l’histoire comme ça d’Un trait ! Qu’il suffit de pour rétablir un ordre ? Le clientélisme et la corruption sont des conséquences ou des dommages collatéraux ou des symptômes mais certainement pas des causes. Prêcher dans le vide ne fait pas des croyants.

  • Question : Où sont passés nos « gentlemen » promoteurs du droit d’ingérence ? Où sont les BHL, Kouchner and Co ? Cette stupidité a démontré toute son « efficacité » en Afghanistan, Syrie, Irak, Lybie, Vietnam, etc…
    J’espère que tous nos donneurs de leçons ont, dorénavant, compris que ce sont les peuples qui décident de leur destinée et de leur culture. Si les Afghans ne veulent pas se soumettre aux talibans rien ne les empêche de faire de la résistance et de bouter les talibans dans leurs montagnes. Les 20 dernières années ont démontré que beaucoup d’Afghans étaient plus motivés par la corruption que par les droits de l’homme (de la femme devrais-je dire) !!!

  • Pourquoi imposer à un pays des valeurs démocratiques occidentales alors qu’il souhaite être régi par la loi coranique qui est la charia ?
    Les talibans n’ont pas reconquis le pouvoir en Afghanistan : la population et son armée les ont accueillis sans résistance. Les droits de l’homme sont une invention occidentale qui n’est pas applicable aux régimes théocratiques. Ne pas respecter les volontés des peuples souverains est typiquement une marque de colonialisme. On ne peut pas, d’un côté, condamner le colonialisme et de l’autre imposer aux peuples un modèle démocratique qu’ils refusent. Au moins, la Chine et la Russie sont en accord avec eux même : si l’Afghanistan veut être gouvernée par la charia, c’est son choix.
    Quant à ceux qui fuient ce régime, comment imaginer qu’ils puissent se rendre dans des pays chrétiens ou laïc qui caricaturent et ne respectent rien ? Leur place est dans leur pays qui respecte à la lettre leur fois.
    Par ailleurs, il existe des français et des françaises musulmans qui ne se reconnaissent pas dans notre démocratie laïc. C’est pour eux l’occasion de prendre un billet aller sans retour pour vivre pleinement leur foi dans ces pays. Qu’attendent-ils pour satisfaire leur bonheur ?
    En conclusion : cessons de critiquer ces régimes parce qu’ils ne sont pas en accord avec les valeurs occidentales qui sont aux antipodes des leurs. Et cessons de nous censurer pour imposer nos règles dans nos propres démocraties.

    • L’islam c’est la négation de l’individu au profit de la soumission dans l’ouma : juste l’inverse des droits de l’homme…

    • @JR
      Bonjour,
      +1
      Avant d’aller « imposer la démocratie » ailleurs, les USA et la France qui n’est pas en reste, devraient s’appliquer à respecter la démocratie, maintenir les droits individuels de leurs populations, ainsi que la liberté qu’ils ont sans cesse à la bouche à la moindre occasion.

  • « Et pourtant, si beaucoup critiquent le président américain Joe Biden pour avoir retiré ses troupes »
    Tiens ? Il me semblait que c’était une initiative du président précédent, initiative à laquelle les hauts gradés sur place ont désobéi ce qui a retardé le rapatriement des troupes.

    • Il était du pouvoir de Biden de revenir sur la décision de son prédécesseur.

      • @xc
        Bonjour,
        Il était évident que Biden déferait tout ce qui avait été instauré par l’Administration Trump. Le retrait des troupes a valu au « méchant homme orange » des critiques cinglantes. Quand c’est « sniffing Joe », c’est bien !

      • @ XC,

        Le peuple américain dans sa grande majorité n’en veut plus de cette guerre. Trump à respecté sa promesse électorale de vouloir retirer toutes les troupes d’Afghanistan avec les accords de Doha et Biden qui voulait déjà un retrait sous Obama applique ce que Trump a signé avec les talibans.

  • … le triomphe des talibans … c’est, dans l’instant, le triomphe de la Charia et, à un certain degré, le triomphe du monde musulman sur un certain concept judéo-chrétien de la vie dans nos pays occidentaux.
    En quelque sorte, le triomphe d’un concept de vie oriental sur un concept de vie occidental…
    Vraisemblablement aussi, un esprit de revanche d’une partie de l’humanité, tenue à l’écart du progrès économique et social, contre d’autres ethnies ayant une autre conception de la vie tournée vers une volonté de régression, d’auto flagellation et d’obscurantisme.
    Au final, certainement un sujet de méditation sur les conflits à venir, ou même, un sujet de réflexion sur le devenir de nos civilisations!…

  • Il y a de bonnes chances que les taliban finissent par s’entretuer, surtout si on les y aide …

  • Je n’ai pas tout suivi : pouvez vous préciser en simplifiant bien sur l’accord en question et ce que Biden n’a pas respecté?

    • Ben voyons, j’imagine que si Biden avait évacuer toutes les troupes en mai que vous auriez trouvez des accusations contre Biden pour ci ou ça car de toute façon à part Kaboul, toute l’Afghanistan était déjà en mai plus du tout sous contrôle américain et des autorités afghanes

      • L’Afghanistan n’était pas sous contrôle taliban non plus. Les autres tribus ont aussi leur mot à dire. Comme je l’ai mentionné, les talibans seuls n’auraient jamais pris le pays aussi rapidement sans l’alliance avec les autres tribus.

        Quant à Biden, malgré tous les rapports alarmants, il n’a rien fait pour préparer l’évacuation des ressortissants américains et des alliés afghans. C’est cette totale impréparation plus que le non-respect de l’accord qui a condamné son administration. C’est une faute grave, impardonnable. Son impeachment sous l’amendement 25 de la constitution ;’est pas loin.

  • « Un chef pachtoun ne peut jamais être vaincu ! Par contre, il peut toujours être acheté. » Proverbe afghan

  • L’Afghanistan est un deuxième Vietnâm pour les USA… en pire.

    Une guerre ne peut pas être gagnée quand elle est pilotée par des politiciens avec des buts politiques (voire économiques grâce au capitalisme de connivence). Via des ONG, l’Administration américaine a dépensé plus d’1 milliard de dollars pour la création de cursus universitaire débouchant sur un « Master » en 2 ans sur le genre.
    J’ajoute que cette humiliation se produit quelques semaines après la nouvelle campagne publicitaire de recrutement de l’Armée américaine… très « woke ».

    • C’est pas pire qu’au Vietnam. Au Vietnam le pouvoir communiste n’a jamais été renversé. En Afghanistan il y a bien un vrai échec politique, mais l’intervention américaine en 2001 a quand même permis de détruire les structures terroristes et d’abattre Ben Laden ce qui fut un coup dur contre la menace terroristes envers les intérêts américains. Les talibans savent ce qu’ils leur attendent si ils venaient a tremper à nouveau dans des attaques terroristes contre les américains.

      La défaite du Vietnam n’a en rien affaibli la menace communiste.

      Par contre je suis d’accord avec vous sur que les guerres pilotées par les politiciens finissent mal. W. Bush avait fait confiance à la stratégie anti- insurrectionnelle du Général Peatrus dont ce dernier a pu vaincre Al qaeda d’Irak en travaillant avec les tribues locales au lieu de se comporter en occupant.

      C’est le problème des démocraties. La guerre du Vietnam a été perdue suite à la victoire de l’armée américaine face à l’offensive du tet, la plus grande bataille de la guerre du Vietnam. L’opinion publique et politique ce sont retournés contre cette guerre après le massacre des combattants nord Vietnamiens par l’armée américaine.

      En Algérie aussi. La guerre fut perdue alors que l’armée française avait sur le terrain gagné contre les insurgés. Ce fut aussi une défaite politique.

      • « La guerre fut perdue alors que l’armée française avait sur le terrain gagné contre les insurgés. Ce fut aussi une défaite politique. »
        Première phrase tout à fait exact pour qui s’intéresse à l’histoire.

        En revanche ce ne fut pas une défaite politique mais un repli stratégique de De Gaulle : « Si l’Algérie reste française dans vingt ans Colombey les deux églises s’appellera Colombey les deux mosquées ».
        Ce sont les politiciens qui ont suivi, en commençant par VGE, qui ont favorisé ce qui pourra le rendre possible…

  • C’est toujours ainsi que finissent les guerres sans objectifs .
    Les USA ont déclaré la guerre à l’Afghanistan car celle ci hébergeait al quaida. C’est le seul motif sachant que les terroristes du 11 septembre étaient saoudiens …. Il suffisait d’ailleurs de faire pression sur l’ ISI , c’est à dire les services pakistanais , veritable maître des talibans pour que Ben Laden et ses ouailles soient livrés.
    D’ou une guerre inutile, une occupation inutile …je me demande d’ailleurs où sont passés ces centaines de milliards dépensés par les USA ….
    Alimenter leur industrie d’armement etc… tenue bien évidemment par les mêmes néo conservateurs qui ont voté la guerre ?

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