L’appel du 18 juin 1940 : être libre, c’est résister

De Gaulle Statue By: Reading Tom - CC BY 2.0

Aujourd’hui, l’appel du 18 juin 1940 enseigne que de l’espoir peut naître un régime libre, même dans une situation qui paraît désespérée.

Par Frédéric Mas.

Le 18 juin 1940 naissait l’esprit qui allait irriguer toute la Résistance française face à la barbarie nazie. L’appel lancé par le général de Gaulle au micro de la BBC ne s’adressait à l’époque qu’aux militaires en poste en Grande-Bretagne, et soutenait essentiellement la nécessité pour eux de continuer le combat avec les alliés anglais.

Cet appel fut suivi de plusieurs autres déclarations radiophoniques, appels à la mobilisation des Français contre la résignation et la défaite incarnée par le régime de Vichy qui finirent par prendre un sens beaucoup plus large.

Le geste du général de Gaulle est en quelque sorte la réponse à l’étrange défaite de Marc Bloch : un pays paralysé par ses lourdeurs internes et la démission de ses élites a rendu les armes alors que le combat pouvait continuer. Une poignée d’aventuriers, de militaires en rupture de ban et de révoltés plus lucides que la masse des défaitistes se révolte pour que la France libre puisse continuer à vivre.

Ce symbole se semble pas avoir été compris par les esprits embrumés qui aujourd’hui dégradent les statues du général partout en France.

L’esprit de défaite d’aujourd’hui

Comment ne pas faire le parallèle avec l’esprit de défaite et de résignation qui règne aujourd’hui ? Le modèle social et politique français est totalement bloqué. Toute réforme visant à libérer le pays de son carcan bureaucratique se transforme invariablement en couches supplémentaires de socialisme.

Les écuries politiques qui se succèdent au pouvoir sont impuissantes à endiguer la montée de la violence, l’appauvrissement généralisé et les divisions sociales qui gangrènent le pays. La nomenklatura qui nous dirige est à bout de souffle et navigue à vue.

Qui pour incarner l’esprit de Résistance face à la lassitude générale ? Qui pour retrouver la flamme de la Résistance face à la résignation généralisée ? Plus qu’un homme, ce sont aujourd’hui les principes qui nous manquent, ceux qui commandent un peuple libre. C’est cet enseignement que les libéraux doivent porter aujourd’hui.

Appel du général de Gaulle : légalité et légitimité

Si Charles de Gaulle s’élève en 1940 contre le gouvernement français qui signe l’armistice le 22 juin, c’est qu’il prétend incarner une légitimité plus haute que le gouvernement légal du maréchal Pétain. En quelque sorte, le renoncement est positiviste et le droit naturel est du côté de la Résistance : l’esprit des institutions républicaines s’est envolé à Londres et permettra à la France, quelques années plus tard, de défiler aux côtés des vainqueurs une fois la guerre finie.

Cet esprit de Résistance critique en creux le légalisme fantoche du gouvernement de Vichy, qui se pose comme toujours souverain mais est en pratique soumis aux injonctions de l’occupant allemand. Il n’est pas un idéalisme totalement délié des contingences de la politique.

Civilisation libre ou barbarie

Il est le guide de la Résistance gaulliste pendant toute la Seconde Guerre mondiale, et orientera son action quand il s’agira de s’opposer à l’ennemi, négocier avec les alliés et rassembler l’ensemble des forces françaises libres. De de Gaulle à Friedrich Hayek le Viennois qui fuit le nazisme, la question essentielle qui se pose aux hommes libres en 1940 est toujours la même : voulons-nous conserver et défendre une civilisation qui protège et encourage la liberté ou nous laisser prendre à la servitude et la barbarie ?

Aujourd’hui, l’appel du 18 juin 1940 enseigne que de l’espoir peut naître un régime libre, même dans une situation qui paraît désespérée. C’est cette leçon essentielle que retiendra l’Histoire de la liberté.

 

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