L’Europe centrale et de l’Est a choisi le libéralisme

C’est bien Reagan qui a eu raison, pas Mitterrand. Les peuples de l’Est l’ont bien compris, il faudrait qu’on le comprenne en France aussi pour guérir cette sclérose étatiste.

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Varsovie by dominique cappronnier(CC BY-NC-ND 2.0)

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L’Europe centrale et de l’Est a choisi le libéralisme

Publié le 26 janvier 2020
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Une des blagues qui circulait sous le communisme racontait qu’un jour, Moscou avait donné la permission à tous ces pays sous le joug totalitaire de construire des autoroutes. Tous s’y sont mis et le projet fut le même partout : l’autoroute avait six bandes de circulation dont cinq pour rouler et une pour… doubler. Elle était à sens unique, vers l’Ouest.

La blague est aujourd’hui presque une réalité. Trente ans après la chute du Mur, ces pays regardent vers l’Ouest démocratique et ont choisi clairement le libéralisme économique.

C’est bien la thérapie de choc qui a marché à l’Est et non pas les conseils de M. Attali !

Mais, rappelons-le, à l’époque, en 1990, quelques donneurs de leçons, majoritairement Français, terriblement surpris par l’écroulement du système communiste, avaient mis en garde contre un passage trop rapide vers l’économie de marché.

Parmi eux, et Jean-François Revel le montre avec délice et justesse dans La Grande Parade, de nombreux socialistes, incapables de tirer les leçons de la faillite du marxisme et pressés de dicter à tous ces peuples lassés du socialisme une autre voie, plus étatiste que celle qu’ils voulaient suivre.

C’est au même moment que, comble de l’ironie, Jacques Attali, celui qui avait conseillé François Mitterrand lors du virage socialiste en 1981 en France, fût nommé à la tête de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) qui devait accompagner les anciens pays communistes lors de la transition… capitaliste !

Ces « conseillers » ne cessaient pas de critiquer la fameuse « thérapie de choc » suivie par la Pologne mais aussi par d’autres pays comme la Hongrie, la République Tchèque, la Slovénie, les pays baltes.

Aujourd’hui, ces pays sont économiquement largement en avance par rapport à d’autres, comme la Roumanie ou la Bulgarie, qui avaient mis en place des réformes économiques plus tempérées. Ce n’est sûrement pas un hasard si la Pologne n’a pas été touchée comme d’autres États lors de la crise économique de 2009.

Alors, ces pays sont-ils vraiment « illibéraux », comme les qualifient certains analystes et journalistes ? S’il existe effectivement quelques écarts de la part des leaders politiques dans des pays comme la Hongrie, la Roumanie et, en partie, la Pologne, les règles démocratiques sont majoritairement respectées et, surtout, les libertés économiques l’emportent sur l’interventionnisme étatique.

Pas de la même manière partout, ni avec la même force, certes. D’abord, il fallait reconstruire sur les ruines de ces économies qui ne s’appuyaient sur rien de concret et dont les statistiques étaient truquées par les dirigeants du Parti communiste.

Même un pays comme l’Allemagne de l’Est, pourtant considérée comme la « vitrine du communisme », le pays « modèle », a mis des années et des années à retrouver un semblant d’économie de marché qui fonctionne.

Pourtant, la sœur de l’Ouest a d’abord procédé, dès 1990, à la parité des deux deutschmarks et, ensuite, elle lui a versé, entre 1989 te 1999, plus de 765 milliards d’euros, l’équivalent des 50 % du PIB de la RFA en 1989 !

Taux de chômage bas, fonds de pension, investissements massifs

Aujourd’hui, dans ces pays de l’Europe centrale et de l’Est, la croissance économique tourne autour de 3 ou 4 %. Les réformes qu’ils ont adoptées au début des années 1990 et ces dernières années s’inspirent largement du libéralisme économique.

Ils ont privatisé (ce qu’on pouvait faire) et ont ouvert à la concurrence des pans entiers de leurs économies en attirant des investisseurs du monde entier.

Les pays baltes, la République tchèque, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie ont introduit dès la fin des années 1990 ou au début des années 2000 un impôt proportionnel (flat tax), le même pour tous, à des taux très bas. Il est de 10 % par exemple en Bulgarie.

Le taux de l’IS (impôt sur les sociétés), varie de 19 % en Pologne à 9 % seulement en Hongrie et au Monténegro contre 33 % en France.

Le taux des prélèvements obligatoires est en moyenne de 25 % du PIB dans ces pays alors qu’il est de 46 % en France, celui des dépenses publiques est autour de 37 % du PIB en moyenne contre 57 % en France.

Pour ce qui est de la taxe carbone – sujet, ô combien délicat et explosif en France – elle n’existe que dans un seul pays de cette région, la Pologne où elle est à 0,07 euro la tonne contre 44,6 euros la tonne en France !

Le taux de chômage dans ces pays est inférieur à 5 % (à 2,1 % en République tchèque, quatre fois moins élevé qu’en France).

Pratiquement partout, on a choisi la capitalisation comme pilier supplémentaire pour les retraites. Des fonds de pension se sont précipités dans ces pays pour investir et gérer l’épargne. En Roumanie pas exemple, plus de 7 millions de personnes sur une population de 23 millions d’habitants sont affiliées à des fonds de pension mis en place il y a 10 ans et qui gèrent environ 10 milliards d’euros (fin 2017). Le rendement annuel moyen a été de 8,15 % !

Il existe, bien sûr, des différences de développement entre ces États. La Slovénie, les pays baltes, la République tchèque, la Pologne sont plus riches que la Roumanie, l’Albanie ou la Bulgarie et se rapprochent à pas sûrs et rapides des niveaux de vie des pays occidentaux.

Les inégalités sont importantes dans ces pays mais nettement moindres qu’en Russie par exemple. Selon Eurostat, les risques de pauvreté et d’exclusion sociale sont les plus élevés en Roumanie et en Bulgarie et les plus bas (en Europe !) en Slovénie et République tchèque.

La corruption ronge encore certains de ces pays et les empêche de se développer encore plus. Mais les indicateurs économiques et sociaux montrent clairement une augmentation du niveau de vie : le PIB par habitant a été multiplié par 7,5 depuis 1990 dans un pays pauvre comme la Roumanie, passant de 1652 dollars par tête à 12 506 dollars.

Dans ces pays, l’idéologie anticapitaliste n’a pas beaucoup de succès

Ces données expliquent les résultats d’un récent sondage.

Mi-octobre dernier, le bien connu Pew Research Center a publié une étude sur l’opinion publique en Europe. On y apprend que, en 2019, en Pologne, l’approbation dans l’opinion publique du multipartisme et de l’économie de marché s’élève à 85 %. Elle est respectivement de 82 % et 76 % en République tchèque, de 74 % et de 71 % en Slovaquie, de 72 % et 70 % en Hongrie et de 70 % et 69 % en Lituanie. Même phénomène dans les régions de l’ex-Allemagne de l’Est avec 85 % et 83 % d’approbation.

Mieux, ces pays dans leur ensemble voient leur opinion publique majoritairement optimiste sur la situation économique actuelle avec en tête la Pologne (74 % d’approbation) contrastant avec celle de la France (37 %).

Le choix des réformes libérales paye, à condition de bien les appliquer et de les respecter. Ceux qui, en Occident, voulaient « réformer » le communisme en 1989 se trompaient lourdement. On ne peut pas « réformer » ou « perfectionner » le communisme », l’utopie socialiste a fait faillite partout et, jusqu’à la preuve contraire, il n’existe qu’un seul système qui fonctionne, le capitalisme libéral.

C’est bien Reagan qui a eu raison, pas Mitterrand. Les peuples de l’Est l’ont bien compris, il faudrait qu’on le comprenne en France aussi pour guérir cette sclérose étatiste et cette pathologie dirigiste qui nous handicapent terriblement.

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  • Pour les statistiques sur le PIB et le très lent rattrapage des pays ex-socialistes : https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/sdg_08_10/default/table?lang=fr

    • Quand on consulte les histogrammes des PIB réels par habitant, même un enfant d’une école communale se rend compte des disparités entre les pays, à croire que la mentalité, les us et coutumes comptent bien plus que les étiquettes des hommes politiques qui les gouvernent ?

  • Les pays d’Europe Centrale n’ont pas vraiment fait un choix délibéré pour le libéralisme mais ils savent surtout ce dont ils ne veulent pas : le socialisme et l’étatisme à la Francaise. Et ils ont quelques raisons pour cela. Quelle honte de voir un haut fonctionnaire Français, le chef de l’état, tancer avec mépris ces pays, lui, dont la caste reproduit exactement les privilèges et le comportement de l’aristocratie d’avant la révolution !

  • oui ceci dit eux on vécu les joies du communisme..
    nous commençons a peine a les entrevoir

  • liberté économique ? privatisation ? réformes libérales ? moins d’étatisme ? autant dire qu’on a le temps de tuer un âne à coup de figues molles ….du moins en France ….

  • Avoir vécu les joies du paradis communiste pendant des dizaines d’années ouvre le yeux de façon définitive.

  • le PIB par tête de la capitale tchèque, Prague est nettement supérieur à celui de l’île de France. Et si on compare les deux pays il faut remarquer que le PIB inclut les dépenses de personnel des Etats ce qui fait qu’un pays où tous les habitants seraient fonctionnaires aurait un PIB qui ne représenterait plus rien et où les gens seraient morts de faim ….

  • Si je puis me permettre, il y a un biais dans le raisonnement. Les pays dont on parle sont entrés dans le giron européen. Ce qui des lors implique deux choses : libéralisme économique et fonctionnement plus ou moins démocratique.
    Malgré tout, ce n’est pas dans ces pays qu’on trouve la propension la plus élevée au libéralisme politique, certains se qualifiant eux-mêmes d’illiberaux…

  • La France a choisi l’égalitarisme et donc la coercition de l’Etat au lieu de choisir la liberté. Elle le paie très cher en termes de niveau de vie et de chômage, sans bien comprendre ce qui lui arrive.
    Si on demandait clairement aux Français de choisir entre l’égalité et la pauvreté d’une part et la liberté et la prospérité d’autre part, ils feraient peut-être un autre choix. Peut-être.

    • Sauf que ne parvenant pas à corréler les deux ils ne comprennent pas que la liberté amène la prospérité et inversement l’égalité engendre la pauvreté. Question d’émulation, lorsqu’il n’est pas stimulé l’homme plonge dans une douce indolence!

  • Cet article, comme pas mal d’autres, devrait être publié sur d’autres supports que Contrepoints où il ne touche guère que des convaincus.
    Serait-il possible de mettre sur pied un système où certains articles bien choisis seraient proposés à des supports grand public non étiquetés « libéraux » ni « de droite », comme L’Express ou Le Point, voire à Libération ou à L’Obs ?

  • Je ne vais parler que du pays que je connais bien: la Hongrie. Ce pays est géré par une bande de ploutocrates sous la houlette de Victor Orban. En gros, si vous faites partie de la bande (les Fidesz), et surtout si vous être copain avec Orban ou son gendre, tout ira bien pour vous. Mais si vous être malade, alors, pensez bien à vous munir de papier toilette et de quelques billets de 20000Ft (1€=330Ft) si vous voulez être à peu près soigné.
    La Hongrie est super pour nous autres européens de l’ouest: tout y est bon marché, surtout la nourriture et Bruxelles et ses concombres à la bonne courbure, c’est bon pour les français et allemands. Vous y retrouvez des légumes qui ont du goût.
    Mais du libéralisme, faut être aveugle pour en voir un seul pouillème.

  • Je vis en Pologne. Ici la situation politique s’aggrave de jours en jours. Le gouvernement cul-béni du canard a pris soin de démanteler la justice indépendante pour être sûr de ne pas être géné par les scandales journaliers . Les curés et les évêques sont omni-présents dans tous les aspects de la vie civile.
    La première chose qu’on fait les élèves à la rentrée 2019 a été d’assister à une messe ! Obligatoire !
    Pas un événement ou une inauguration sans un curé et son goupillon pour bénir les voitures de polices, la portion d’autoroute, le centre commercial ou la nouvelle école . Pas un sous pour les hopitaux, mais la radio « radio marija » est subventionnée à coup de millions pour répandre son anti-sémitisme et sa haine des étrangers sur toute la Pologne.

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