L’euro-crash, c’est pour bientôt

Le surendettement des grandes banques européennes a créé une bulle monétaire gigantesque…mais mal comprise. Aux risques et périls des citoyens de la Zone euro.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Source https://unsplash.com/photos/d7CNJOlEY4Y

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’euro-crash, c’est pour bientôt

Publié le 13 juin 2019
- A +

Par Jean-Pierre Chevallier.

Les grandes banques européennes ont accordé trop de crédits à leurs clients par rapport à leurs capitaux propres. À partir de là, trop d’argent se trouve en circulation dans les pays où elles opèrent.

Ainsi par exemple, le total des capitaux propres des quatre grandes banques françaises était de 115 milliards d’euros à la fin de l’année 2018, derniers chiffres publiés.

Normalement, c’est-à-dire en respectant un leverage au maximum de 10, elles n’auraient dû avoir au maximum que 10 fois plus de dettes, c’est-à-dire 1150 milliards d’euros, soit 1265 milliards d’actifs.

Or, le total de leurs actifs est de… 6975 milliards d’euros soit trois fois le PIB de la France !

La différence, soit 5710 milliards d’euros, se trouve donc en trop dans les actifs de ces banques, ce qui alimente cette bulle monétaire qui se trouve dans la Zone euro et qui est en fait supérieure à 3000 milliards.

Questions de masse

En effet, la masse monétaire M3 de la Zone euro se monte à 12 507 milliards d’euros (fin mars, derniers chiffres publiés) pour un PIB de 11 683 milliards (au quatrième trimestre 2018), ce qui représente 107,1 % du PIB courant annuel alors que ce ratio n’aurait jamais dû dépasser 78 % du PIB.

Cette bulle monétaire a dépassé les limites normales à partir de septembre 2004. Elle est supérieure à celle qui s’était développée lors de la crise américaine dite des subprime, et elle continue à augmenter dangereusement.

Ce graphique IV montre aussi qu’avant l’adoption de cette monnaie contre nature qu’est l’euro, les pays de cette zone avaient globalement une masse monétaire M3 inférieure à 70 % du PIB courant annuel, ce qui était parfait.

C’est donc bien cet euro-système qui a permis à cette bulle monétaire de se développer car il ne peut que générer des déséquilibres ingérables et létaux à terme.

L’importance des agrégats monétaires

Pour simplifier, lorsque les Américains (les habitants des États-Unis) augmentent leur épargne de précaution (qui correspond à l’agrégat M2-M1), la croissance du PIB diminue, et inversement : quand ils diminuent leur épargne pour dépenser les dollars qu’ils gagnent, la croissance est stimulée comme le montre clairement ce graphique VI.

L’importance de ces chiffres des agrégats monétaires est telle qu’avant de prendre ses fonctions en tant que président de la Fed, Ben Bernanke avait exigé et obtenu que les chiffres de la masse monétaire M3 ne soient plus publiés à partir du moment où il allait prendre effectivement et officiellement la direction de la Fed, début février 2006.

En ne publiant plus ces chiffres de M3 (ainsi devenus confidentiels et ne sortant plus du cadre de la Fed), les investisseurs et les économistes (en dehors de la Fed) ne pouvaient donc plus analyser correctement les déséquilibres de ces agrégats monétaires annonciateurs de la crise en gestation que les autorités américaines ont fait éclater par la suite de façon à éliminer la bulle monétaire qui s’était développée dans l’agrégat M3-M2 (correspondant à la trésorerie globale des entreprises).

Actuellement, dans la Zone euro, cette bulle monétaire se trouve pour l’essentiel dans l’agrégat M1, c’est-à-dire sous la forme des billets (en euro) en circulation et de l’argent qui se trouve sur les comptes courants des Euro-zonards, c’est-à-dire des personnes physiques qui y résident.

La M1 se monte à 5225 milliards d’euros, ce qui représente 44,7 % du PIB courant annuel de la Zone euro alors que ce ratio n’est que de 13,25 % aux États-Unis, ce qui correspond à une bulle monétaire théorique de… 3590 milliards d’euros !

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (24)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • La réalité d’aujourd’hui , quelque soit le pays, c’est la spoliation des épargnants au bénéfice des emprunteurs. Ceci se concrétise en France par une rémunération du livret A de 0,75% alors que l’inflation est au dessus de 1,5%. Ceci signifie simplement que , pour quelqu’un qui dispose de 10.000 € sur son livret A, il perd tous les ans 75 € de pouvoir d’achat. Le premier bénéficiaire de cela est bien entendu l’état qui peut continuer à emprunter à des taux très bas.
    Monsieur Macron nous parle de social mais dés que les intérêts de l’état sont en jeu c’est fini. La réalité revient au galop, dans ce pays le role primordiale de tous citoyens est de faire fonctionner l’état. Meme si celui ci le fait à ses dépends et à l’encontre de ses intérêts.

    • C est sur que placer sur un livret n est pas remunerateur.
      Par contre je mettrai un serieux bemol a la plainte des epargants. La politzique de la FED ou BCE a fait exploser la valeur des actifs: actions ou immobilier sont a des valeurs records

      docn si votre epargnant a un livret A il est perdant. s il a achete des actions il est gagnant (pas la peine d avoir achete des actions Apple, des actions pepere comme air liquide ont aussi pas mal monté (dividende non compris)). Si votre epargnant a de l immobilier c est aussi jackpot (enfin s il a achete il a un certain temps car en cas de retournement, il risque une perte seche)

      De toute facon les dettes francaises ou US ne seront JAMAIS remboursees. Donc il faut bien que quelqu un paie au final

      • D’accord pour les valeurs record pour l’immobilier, bien moins d’accord pour les actions. J’aurais même tendance à penser que les actions sont sous-évaluées, offrant des rendements bruts moyens dans les 4% ces dernières années d’après les indices. Et pour poursuivre le raisonnement à son terme, ces actions sont en France du mauvais côté de la courbe de Laffer, l’état aurait intérêt à moins prélever sur les entreprises et leurs produits, et il regagnerait très vite le montant abandonné avec une bien plus forte croissance de l’assiette et des taux plus faibles. Et même si l’augmentation de valeur des actions se ferait majoritairement sans absorber suffisamment des liquidités errantes pour résoudre le problème, à terme aussi, il y aurait une tendance à la conversion de la masse monétaire risquée en valeurs moins spéculatives.
        Avec un rapport du livret A à 0.5%, l’action Air Liquide devrait rapporter mettons 1.5% pour prendre en compte le risque, et donc dans les 2.5% en ajoutant la fiscalité. Or elle rapporte 4 fois plus tout compris sur les dernières années, donc elle est sous-évaluée d’un facteur 4, à cause principalement de l’hostilité médiatique et fiscale à l’investissement en actions. Toute la question est d’obtenir du gouvernement qu’il renonce à cette hostilité, ça ne suffirait sans doute pas à résorber la bulle, mais ça y contribuerait significativement.

      • Les actions et l’immobilier ne sont pas de l’épargne mais de l’investissement. Ne pas confondre.

        Les dettes publiques peuvent être remboursées. Mais c’est un choix politique.

        • je serai curieux de savoir comment la France (ou les USA) vont rembourser leur dette publique.
          Vous pouvez evidement augmenter massivement les impots mais c est un suicide electoral
          Vous pouvez couper massivement dans les depenses. La je parle pas d economie minimes genre supprimer le Senat. Par ex en France, 50 % des depenses sont la protection sociale. Il faudrait donc supprimer le versement des pensions de retraites (25 % des depenses) et/ou sabrer dans les depenses de santé (la encore c ets pas le non remboursement d une boite d antibiotique a 3 € (c est vraiment le prix !) qui va changer la donne. il faudrait donc ne plus rembourser les operations lourdes (genre pontage coronarien) ou les pathologie recurente (diabete, dyalise …) . Bon courage pour expliquer aux gens qu ils vont devoir mourir car les soigner coute trop cher

          on peut evidement aller piller le voisin ou eliminer son creancier. ca se faisait beaucoup a une certaine epoque, moins de nos jours. Il faut dire qu avec l armement moderne c est nettement moins rentable (si l envahi a le temps de vous atomiser, vous etes l heureux posseseur d un champs de ruine inhabitable pour des sciecles)
          reste alors ne pas rembourser ou rembourser en monnaie de singe…

          • Qui détient de la dette publique de France ou des US, et croit encore qu’il sera remboursé ?

          • On peut faire des tonnes d’économie sur le train de vie de l’état, supprimé des centaines de comités et autre haute autorité, supprimé des fonctionnaires, privatisé tout ce que possède l’état, on peut aussi privatiser la sécu et faire de la retraite par capitalisation. Des économies on PEUT en faire il suffit de vouloir et là est tout le problème, personne ne veut.

            • @Laurent
              Vous ne comprenez pas ce que j ai ecrit. Supprimer des centaines de comites theodules c est une goutte d eau dans l Ocean des depenses.
              Privatiser tout (meme le chateau de Versailles ou Notre dame ?) est une solution temporaire. vuos vendez le capital mais vous vous privez de ses revenus. exemple connu la privatisation des autoroutes
              Privatiser la secu fait surtout deplacer le Probleme: vous ne payez plus une cotisation sociale mais les assureurs prives eux vont vous presenter la facture. il y aura des gagnants (jeunes en bonne santé) et de gros perdants (les vieux)
              Retraite par capitalisation: meme si je suis pour, c est pas la panacee vu la Demographie. et comment vous resolvez le Probleme des retraites actuels ? si les actifs capitalisent, vous pouvez pas decement leur demander de payer en plus pour les retraites actuels ! a minima vous devez toutes les retraites a quelques centaines d euros afin de en pas trop taxer les actifs (bon courage pour etre elu apres ca ! surtout si vous couplez cette reforme avec la privatisation de la secu qui va faire payer plus les retraités)

          • Cela se rembourse TOUJOURS SANS EXCEPTION A L’INSU DE VOTRE PLEIN GRE.

            Seul Jésus Christ à marché sur l’eau et multiplié les petits pains. La, le prix, cela devrait vous réjouir puisque vous n’avez cesse de le réclamer, ce sont les rentes qui se le prennent dans les dents. Avant les taux négatifs, les gestionnaires avaient un stock d’obligations, et revendaient les actions au fur à mesure pour chaque assuré.
            Comment assurer une rente pendant 20 ou 25 ans s’il n’y a pas d’obligations? Autant rester engagé en actions.
            Le risque que certains ne prennent plus est tout simplement pris par d’autres.
            Les retraites viagères risquent bien d’être plus faibles à l’avenir.

          • « Vous pouvez evidement augmenter massivement les impots mais c est un suicide electoral
            Vous pouvez couper massivement dans les depenses »

            Mais vous pouvez aussi diminuer drastiquement les taux de prélèvements obligatoires qui, étant très au delà de l’optimum de Laffer, vont alors entraîner avec un petit retard une vive augmentation des recettes.
            Ce n’est un paradoxe que pour ceux qui ne savent pas compter, là haut.

  • S’agissant des banques, le problème n’est pas tant le ratio prêts/fonds propres que la qualité des actifs venant en contrepartie de ces prêts. Il est bien évident qu’un prêt doit être fait en tenant compte du fait que la valeur de la garantie peut s’effondrer. Donc soit la banque ne prête qu’une partie raisonnable (cas d’un achat immobilier avec un apport personnel conséquent), ce qui immobilise en fait des fonds propres chez l’emprunteur, soit la banque prend la totalité du risque de non remboursement à sa charge et alors il est clair que même un levier de 10 est excessif et qu’il convient alors de demander une prime de risque très substantielle à inclure dans le taux d’intérêt. A une époque où les taux d’intérêts sont dans la zone du % il est bien évident que le levier devrait être très faible.
    S’agissant du ratio entre la masse monétaire et le PIB annuel, il ne serait pas très grave qu’il se promène autour de 100% si cette masse monétaire venait exclusivement en contrepartie d’investissements générateurs d’augmentation du PIB. Ce n’est hélas sans doute pas le cas car une bonne part des prêts (et en particulier les dettes publiques) servent à payer des frais de fonctionnement ce qui est une aberration totale. Emprunter pour du fonctionnement n’a de sens que si l’on est en phase de croissance rapide de ses revenus. Ce n’est pas le cas de beaucoup de monde et ce n’est surement pas le cas des états dont le PIB est stagnant.

  • L’effondrement est pour bientot ,c’est aussi sur que le rechauffement climatique nous tuera tous……

    • Il y a plus de chance pour que l’euro craque que pour un réchauffement cataclysmique ! Personnellement un coup de chaud des températures ne me dérange pas . Pour la monnaie si possible une reserve en plusieurs monnaies dont le dollar , franc suisse …

  • Ou est l’inflation normalement associée à une telle « bulle »? Où est la hausse de l’or promise par Agora depuis 10 ans?

  •  » – Il a dit qu’il y allait avoir un crash mondial !

    – A t’il dit …QUAND … ? « 

  • J’ai du mal à croire que dans le monde hyper réglementé de la finance, les banques aient accordé trop de crédits par rapport à leurs capitaux propres. Elles ont peut-être accordé trop de crédits douteux, mais je ne pense pas qu’elles aient dépassé les ratios imposés. Ces choses sont très suivies et les dérapages repérés par les agences de notation et les autorités de tutelle.

    • Dans le monde (toujours hyper-réglementé) des « too big to fail », les règles ne sont pas exactement les mêmes. Rappelez-vous Kerviel.
      De plus, les sommes évoquées sont à mettre en parallèle avec les QE accumulés depuis un certain temps. Tout se recoupe.

    • Allez voir sur youtube « ÉVASION FISCALE : LES RÉVÉLATIONS D’UN ANCIEN ESPION » (bon c’est un video de « Le Media » mais elle est interessante 🙂 à partir de 11’42.

    • Il pourrait bien ne pas suffire d’avoir respecté les règles et les ratios imposés pour que les crédits ne soient pas excessifs par rapport aux sécurités détenues. A partir du moment où ce sont les émetteurs et leurs copains qui fixent les règles et poussent gentiment à ne pas trop rester en deçà…

    • les états ont désespérément besoin que les banques continue à prête comme si’l n’y avait pas de lendemain donc les règlements…Pourquoi croyez vous que les banques peuvent s’appuyer sur les dettes d’état pour prêter encore plus?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’inflation est là, et prête à durer si rien n’est fait pour la contrer. Dans le même temps, l’action correctrice des Banques centrales ne doit pas engendrer ce que l’économiste Friedrich Hayek appelle une dépression secondaire, c’est-à-dire un second choc négatif à la crise présente, engendrant ainsi un processus cumulatif.

 

Les constats sur l'inflation

Posons un constat : l’inflation est monétaire principalement, c’est-à-dire qu’elle résulte d’un excès de création monétaire par rapport à la demande de monnaie, en même te... Poursuivre la lecture

Elle est revenue. Avec une vengeance.

L'inflation est remontée à des niveaux inconnus depuis quarante ans un peu partout dans le monde. À plus de 9 % en rythme annuel en juin au Royaume-Uni et aux États-Unis, presque 8 % en Allemagne. En France, elle ne dépasse pas encore 6 %, au plus haut depuis quand même trente-sept ans, mais sa dynamique peut la porter vers 10 % d’ici la fin de l’année.

 

Inflation : le rôle marginal de la guerre en Ukraine

Quelles sont les causes, et donc sans doute les responsabilités de cette... Poursuivre la lecture

Par Frank Shostak.

 

Les politiques de la Réserve fédérale visant à promouvoir la stabilité de l'économie et des prix sont une cause majeure de l'accélération récente de la hausse des prix à la consommation. Selon la pensée populaire, la banque centrale est censée promouvoir à la fois une croissance économique régulière et la stabilité des prix, l'économie étant perçue comme un vaisseau spatial qui glisse occasionnellement de la stabilité à l'instabilité.

En principe, lorsque l'activité économique ralentit et tombe e... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles