Regards croisés juif et chrétien sur les fêtes de Pâque(s)

Que signifie Pâques ou Pâque pour les juifs et les chrétiens ?

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Spring Lamb, Storeton, Wirral. credits Tim Dutton (CC BY 2.0)

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Regards croisés juif et chrétien sur les fêtes de Pâque(s)

Publié le 21 avril 2019
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Par Benjamin Guyot et Constance Mas.

« Pâques » ou « la Pâque » ?

Benjamin Guyot

Les Chrétiens célèbrent Pâques, et les Juifs la Pâque, deux mots dérivant du mot latin, pascha, qui désigne les deux fêtes à la fois. Ce dernier est lui-même emprunté au grec, qui tente de retranscrire l’araméen qui emprunte à son tour à l’hébreu  pessah’ 1 Ce nom de Pessah’ provient du verbe signifiant passer devant, éviter, épargner ; en référence à la dixième plaie d’Égypte, lors de laquelle la mort a frappé les premiers-nés égyptiens en épargnant les foyers juifs. Cette signification se retrouve par exemple dans le nom anglais de la Pâque : Passover. Nous utiliserons donc les expressions « la Pâque » et Pessah’ de manière interchangeable ; « Pâques » avec un « s », en revanche, désigne exclusivement la fête chrétienne.

Constance Mas

Il ne s’agit bien sûr pas d’un hasard si les fêtes juives et chrétiennes ont (presque) le même nom et si leur date est proche (plus ou moins selon les années et la concordance des calendriers). C’est en effet à l’occasion de la Pâque (juive, donc) que Jésus était monté à Jérusalem et c’est elle qu’il fêtait avec les apôtres lors de leur dernier repas commun2 Plutôt que d’y voir une coïncidence du calendrier, nous pouvons méditer sur la double histoire de salut qui nous est présentée (salut matériel après l’esclavage en Égypte, salut éternel après l’esclavage du péché) ainsi que sur le moyen de rédemption choisi (sacrifice d’un agneau, sacrifice du Christ3)

À quelle date fête-t-on Pessah ? Et Pâques ?

Benjamin Guyot

La Pâque tombe toujours à date fixe… dans le calendrier hébraïque (en l’occurrence le 14 du mois de Nissan). Cette année, elle commence le vendredi 3 avril au soir4. En pratique, la fête tombe toujours à la même période de l’année : son premier soir peut avoir lieu entre la fin mars et la fin avril. Dans le calendrier hébraïque, un jour commence non à minuit mais au coucher du soleil ; c’est pourquoi toutes les fêtes commencent la veille au soir. La fête dure huit jours, dont les deux premiers sont des jours de fête pleine (notamment, un Juif pratiquant ne travaille pas durant ces deux jours), puis quatre jours de demi-fête (où les pratiquants peuvent travailler), et enfin la fin de la fête a de nouveau le statut de fête pleine5.

Constance Mas

Cette année, le dimanche de Pâques tombe le 5 avril pour les chrétiens. La joie de Pâques est fêtée pendant huit jours, que l’on appelle « octave de Pâques » et qui s’apparente à un long dimanche de huit jours : la messe est célébrée quotidiennement avec les prières du jour de Pâques, la Préface, notamment, et des passages de la Prière eucharistique.

Quant à la date proprement dite, elle varie entre le 22 mars et le 25 avril. Les modalités pour la déterminer ont été fixées par le concile de Nicée, en 325 : il s’agit du dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe de printemps6.

De quoi fait-on mémoire à cette occasion ?

Benjamin Guyot

Lors de la Pâque, les Juifs du monde entier célèbrent l’événement fondateur du peuple hébreu, à savoir sa sortie d’Égypte, sa libération de l’esclavage qu’il y subissait et de la tyrannie de Pharaon. On y commémore les œuvres que l’Éternel a réalisé en ce temps : d’avoir lancé sur leurs esclavagistes les dix plaies d’Égypte, de les avoir épargnés de la mort des premiers-nés, de les avoir fait traverser la mer des Joncs (parfois improprement traduite sous le nom de mer Rouge), d’y avoir noyé leurs poursuivants, de les avoir guidés, nourris et abreuvés dans leur traversée du désert, et de leur avoir donné la Torah au Mont Sinaï. Fête de la libération des Hébreux, elle est parfois appelée h’ag ha-h’érout, la fête de la liberté.

Constance Mas

On appelle « triduum pascal » les trois jours entre la messe du soir du jeudi saint au dimanche soir : ils représentent les trois jours s’écoulant de la Cène à la Résurrection, auxquels le Christ fait souvent allusion dans l’Évangile. À cette occasion, on fait donc mémoire de la Cène (jeudi saint), de la Passion et de la mort de Jésus sur la Croix (vendredi saint), et enfin de Sa résurrection salvatrice pour l’humanité (Pâques).

Quelle importance pour cette fête ?

Benjamin Guyot

Pour les Juifs, Pessah’ est une des fêtes les plus importantes du calendrier. Mentionnée dans la Torah (par exemple en Exode 12) sous le nom de fête des azymes (h’ag ha-matsot), c’est une des trois fêtes de pèlerinage pendant lesquelles les Juifs du royaume de Judée devaient se rendre au Temple de Jérusalem (du temps où il existait) afin d’y présenter des sacrifices. Une grande importance est donnée à la pédagogie et à la transmission lors de cette fête, et à faire comprendre aux enfants pourquoi ils sont là (c’est-à-dire à la fois là autour d’une table où se déroule un repas inhabituel avec des mets étranges, et là libres plutôt qu’esclaves en Égypte).

Constance Mas

Pâques est la fête la plus importante de toutes pour les Chrétiens, le centre de la foi chrétienne. En fêtant la résurrection du Christ et en faisant mémoire à cette occasion de l’histoire du Salut, les Chrétiens affirment qu’ils croient en la victoire du Christ sur la mort et sur le péché, et rendent grâce à Dieu pour le don du Salut. C’est pourquoi cette fête ne se prépare pas en un jour, mais est précédée des quarante jours du Carême, dont la semaine sainte, qui commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. À titre d’illustration de l’importance de Pâques : c’est le jour où l’Église donne pour commandement aux fidèles catholiques de communier.

Quels sont les rituels de Pessah ?

Benjamin Guyot

La matsa, « pain de misère », les jours autour de la Pâque et les offices

Si il n’y avait qu’un seul symbole à retenir de Pessah’, ce serait qu’on y mange de la matsa, c’est-à-dire du pain azyme (i.e. qui n’a pas eu le temps de lever). Ce « pain de misère », comme l’appelle Deutéronome 16:3, est consommé en souvenir du seul pain que les Hébreux ont pu prendre comme repas le jour de leur exode ; en effet, l’Éternel leur a ordonné de sortir dès que possible au plus vite du pays, et ils n’ont donc pas eu le temps de laisser lever les pains qu’ils ont confectionné ce jour-là. La matsa est associée à ce point à la fête que la Bible la désigne sous le terme de « fête des azymes » (Exode 34).

En fait, on ne peut rien manger de levé lors de Pessah’. En conséquence de quoi, la veille, il est de coutume de lancer une grande recherche de toute pâte levée ou susceptible de lever (h’amets) dans le foyer, qui est souvent l’occasion de procéder à un grand ménage de printemps. Même lors du Kiddouch à la fin des offices de Shabbat (une cérémonie où une communauté de fidèles partage du vin et de la h’alla, un pain tressé à la consistance très riche), le pain est remplacé par de la matsa.

Quant aux offices eux-mêmes, ils connaissent quelques modifications mineures. Comme pour toute fête, l’on récite le Hallel (c’est-à-dire les psaumes 113 à 118), suivi le plus souvent du psaume 136. De plus, on intercale un passage supplémentaire au milieu de la Amida (la prière centrale de l’office) ; et l’on remplace le passage dédié à l’hiver par celui destiné à l’été (cette dernière modification ne concerne que quelques mots).

À partir du deuxième soir de Pessah’, on commence à « décompter l’Omer », c’est-à-dire compter le nombre de jours écoulés depuis lors. En effet, sept semaines après Pessah’ a lieu Chavouot, la Pentecôte juive, qui célèbre le don de la Torah aux Hébreux au Mont Sinaï ; l’Omer symbolise donc les sept semaines durant lesquelles ces derniers ont cheminé dans le désert depuis le pays de Goshèn jusqu’au lieu de la théophanie.

Le séder, rituel domestique

Le cœur de la Pâque juive, c’est le séder (prononcer cé-derre), un rituel en une quinzaine d’étapes qui a lieu le premier ou les deux premiers soirs, le dîner à proprement parler formant l’une de ces étapes. On y lit la haggadah (mot hébreu signifiant l’histoire, le récit), composée de versets de la Torah, de leur commentaire talmudique, et de nombreux chants traditionnels ; le tout selon un ordonnancement bien particulier (séder signifie ordre, ordonnancement en hébreu). Il en existe de nombreuses variantes, pour la plupart richement illustrées7. Particularité amusante : alors que la sortie d’Égypte s’est déroulée sous la conduite de Moïse, la Haggadah ne contient pas une seule fois son nom : c’est bien le Tout-Puissant que l’on célèbre, et non un héros historique ou mythologique.

JEN_9656-2 _PASSOVER_Hagada_Jorge Novominsky credis Israel_photo_gallery (CC BY-ND 2.0)
JEN_9656-2 _PASSOVER_Hagada_Jorge Novominsky credis Israel_photo_gallery (CC BY-ND 2.0)

 

Il n’y a pas à s’étonner que le repas soit intimement inclus dans la célébration de la fête. Après tout, (mis à part les jeûnes) il n’y a pas de bonne fête juive sans un bon repas. Quoiqu’en partie solennel, le séder est une célébration joyeuse : le rituel inclut d’y boire quatre coupes de vin (sans compter celles du repas lui-même) ; la joie est toutefois symboliquement diminuée en retirant d’une de ces coupes autant de gouttes de vin que de plaies en Égypte.

Sans trop entrer dans le détail, le séder s’organise autour d’un plateau contenant des mets symboliques de la fête.

  • Le maror, des herbes amères rappelant l’amertume de l’esclavage en Égypte.
  • Le h’arossèt, une pâte brune obtenue en pilant des fruits et des noix, évoquant l’argile des briques que les Hébreux devaient fabriquer, et/ou le mortier pour les assembler.
  • Le karpass, un végétal (le plus souvent du persil ou du céleri) que l’on trempe dans de l’eau salée ou du vinaigre pour se souvenir des larmes des Hébreux quand ils étaient esclaves en Égypte (pour certains, le végétal est trempé dans le liquide comme la tunique de Joseph a été trempée dans le sang d’un animal ; interprétation fondée sur un jeu de mots entre l’hébreu et le grec).
  • Le zeroa, un os d’agneau placé en souvenir du sacrifice fait au Temple pour la Pâque ; il est parfois remplacé par un os de poulet. Il est toutefois traditionnel de manger de l’agneau à Pessah’. En effet, c’est en étalant le sang d’un agneau sur le linteau de leurs portes que les Hébreux ont permis au Créateur de reconnaître leurs foyers afin de les épargner.
  • Un œuf dur, qui représente l’autre sacrifice que l’on offrait au Temple pour Pessah et pour les autres fêtes de pèlerinage.
  • Trois matzot (pluriel de matza), utilisées à différentes étapes du rite.

Certains de ces symboles ont des recettes très différentes selon les familles et les communautés. En effet, pour ce qui est des symboles, la tradition rabbinique a toujours vu l’improvisation et l’adaptation aux conditions locales comme une bonne chose, l’important étant l’esprit plutôt que la recette exacte.

Ces rites sont aussi faits pour susciter la curiosité des enfants, afin qu’ils posent des questions, et qu’on puisse leur répondre en leur racontant l’histoire de la sortie d’Égypte. Il s’agit de retenir leur attention jusqu’à la fin du séder, par exemple en faisant se succéder les moments forts et les chants traditionnels (Ma nishtana, Dayénou, la séquence des quatre enfants…). Le séder lui-même se clôt sur une formule que répètent depuis des siècles les Juifs du monde entier : « L’an prochain à Jérusalem ! ».

Que dire de la liturgie pendant le triduum pascal ?

Constance Mas

Début du triduum pascal

Le jeudi saint fait mémoire du dernier repas du Christ avec ses apôtres, la Cène, au cours duquel était instituée l’eucharistie. Rien de mieux pour expliciter ce qu’est « l’institution de l’eucharistie » que de citer la prière eucharistique, prière précédant la communion lors de la messe : « La nuit même où il fut livré, il prit le pain, en te rendant grâce il le bénit, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. » De même, à la fin du repas, il prit la coupe, en te rendant grâce il la bénit, et la donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l´Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. » » À la fin de la messe, les fidèles suivent en procession le Saint Sacrement au reposoir puis poursuivent leur prière par un temps d’adoration.

C’est parce que le jeudi saint fait mémoire de l’inauguration de l’eucharistie qu’il est le jour du sacerdoce, c’est-à-dire le jour des prêtres8.

Au cours de la cène, Jésus a également lavé les pieds de ses disciples, leur signifiant par-là l’importance de se mettre au service de nos frères. Ce geste est le sujet de l’Évangile du jour et il est répété par les prêtres au cours de la messe.

Le temps de l’attente

Il faut savoir qu’aucun sacrement autre que la confession et l’extrême onction n’est administré entre la fin de la messe du jeudi saint et la vigile pascale. Cela signifie qu’il n’y a aucune consécration des offrandes (eucharistie) pendant ce temps, et qu’il faut veiller à consacrer le bon nombre d’hosties lors du jeudi saint afin que tous puissent communier jusqu’à la prochaine consécration. Le tabernacle est donc vidé des espèces consacrées, qui seront conservées à part dans ce qu’on appelle une réserve eucharistique, à l’abri des regards. Jusqu’à Pâques, le tabernacle restera ouvert et vide, ce qui est toujours un symbole fort en ces temps commémorant la Passion, la mort, puis l’attente de la Résurrection. Les croix sont également voilées et l’église dépouillée de l’essentiel de sa décoration après le jeudi saint.

Le vendredi saint est un jour de recueillement et de prière. Les Catholiques assistent à la célébration de la Passion, qui commence par la liturgie de la Parole, se poursuit par la vénération de la Croix et s’achève avec la communion. Cette célébration n’est pas une messe, mais revêt un caractère solennel de par l’importance du mystère de la Croix. C’est aussi parce qu’il est fait mémoire en ce jour de la mort de Jésus que le vendredi saint est un jour de jeûne et d’abstinence et que le vendredi est un jour où les Chrétiens sont appelés à faire pénitence tout au long de l’année. Le samedi saint, il n’y a aucune messe jusqu’à la tombée de la nuit. C’est un jour d’attente et de silence.

La joie de Pâques

La vigile pascale, qui commence samedi après la tombée de la nuit, marque le passage du temps de pénitence à la joie de Pâques. Elle débute par le rite du cierge pascal, allumé au feu nouveau et porté jusqu’à l’autel, suivi de la procession des lumières et du chant de l’Exultet. Ce cierge représente le Christ, Lumière du Monde, et sera allumé tout au long du temps pascal.

Vigile pascale Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg 19 avril 2014 credits Claude TRUONG-NGOC (CC BY-NC-ND 2.0)
Vigile pascale Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg 19 avril 2014 credits Claude TRUONG-NGOC (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Suit la liturgie de la Parole, au cours de laquelle sont lus des textes racontant l’histoire du Salut. Puis, après le Gloria et l’Alleluia, retrouvés après une longue absence durant le Carême, viennent les baptêmes des catéchumènes. Si la vigile pascale est choisie pour célébrer les baptêmes des adultes, c’est pour souligner le « caractère pascal » de ce sacrement, qui est participation à la mort et à la résurrection du Christ. La liturgie baptismale est l’occasion pour les fidèles de l’assemblée de renouveler les promesses de leur baptême à voix haute. Après la liturgie baptismale, la messe reprend son cours classiquement.

La messe du dimanche de Pâques fait mémoire de la Résurrection du Christ. C’est une messe joyeuse et solennelle. La joie du jour de Pâques est marquée à cette occasion par les ornements blancs et dorés, symboles de joie et de lumière, et se prolonge toute la journée tandis que les chrétiens fêtent la Résurrection de diverses manières.

Cet article a été publié une première fois en 2015

  1. La graphie « h’ » retranscrit un son qui existe en hébreu mais que le français ne possède pas. Son guttural, il ressemble à la jota espagnole, ou à la manière dont l’allemand prononce « Ach ! ».
  2. « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » (Luc, 22,15-16)
  3. Frères, ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ? Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité. (1 Co 5, 6b-8)
  4. Le calendrier hébraïque est luni-solaire, c’est-à-dire que les douze mois sont réglés sur les phases de la lune, mais que certaines années, un treizième mois est ajouté à l’année, afin de la synchroniser à nouveau avec le cycle des saisons. Jadis réalisé de manière empirique, cet ajout est aujourd’hui réalisé à raison de sept fois dans un cycle de dix-neuf ans, appelé cycle métonien (parce qu’il a été formalisé par l’astronome grec Méton) ; l’idée de ce cycle a été empruntée par les Hébreux durant l’Antiquité.
  5. Pour être exact, la fête dure sept ou huit jours selon les communautés. En terre d’Israël, elle dure sept jours. Mais les rabbins de l’Antiquité ont ajouté un jour supplémentaire à la plupart des fêtes afin de pouvoir être certains d’être à la bonne date même en étant loin de Jérusalem : pour les Juifs orthodoxes de diaspora, la fête dure donc huit jours. Enfin, les courants plus modernistes, apparus à partir des XVIIIe et XIXe siècles, ont justifié le retour à sept jours en diaspora par l’avancée des techniques de mesure du temps, qui suppriment la raison de l’ajout du jour supplémentaire.
  6. Le calcul ne se base pas sur la lune astronomique, qui présente des irrégularités, mais sur une lune fictive. Depuis ce choix, l’année liturgique est régie par un calendrier particulier. Ce calendrier est solaire du premier dimanche de l’Avent au neuvième dimanche avant Pâques – période pendant laquelle les dates des fêtes sont fixes, comme Noël – puis lunaire pendant l’autre partie de l’année – période pendant laquelle les dates des fêtes dépendent de la date de Pâques. De plus, les Églises catholique et orthodoxe ne célèbrent pas Pâques à la même date, l’Église orthodoxe ayant conservé le calendrier julien, alors que l’Église romaine a procédé à une réforme du calendrier : la réforme grégorienne.
  7. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, vous pouvez consulter une haggadah (il en existe des versions bilingues), ou même pourquoi pas le Talmud au traité Pessah’im, qui a pour objet l’ensemble des prescriptions, étapes et symboles présents lors de la fête.
  8. Je laisse la parole à Saint Jean-Paul II, dans une lettre adressée aux prêtres à l’occasion du jeudi saint : « Lorsqu’il dit aux Apôtres : « Faites cela en mémoire de moi ! », il établit les ministres de ce sacrement au sein de l’Église, où, en tout temps, le sacrifice qu’il a offert pour la rédemption du monde doit continuer, être renouvelé et être actualisé, et il ordonne à ces mêmes ministres d’agir – en vertu de leur sacerdoce sacramentel – à sa place « In persona Christi ! ». »
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  • ne peut-on pas considérer que ashkénaze, séfarades,..protestants, catholiques,…chiites, sunnites,… sont finalement tous des « sectes » juives ou pour moins choquer, des entités différentes d’une même croyance(un dieu unique créateur, et une nécessité de « bon » comportement sur cette terre pour aller au paradis) ?

    • le christianisme peut être vu comme une continuation du judaisme

      • Si le christianisme est une continuation du judaïsme, c’est une continuation du judaïsme du premier siècle. Car le judaïsme a continué d’évoluer après la naissance du christianisme.

        • @ P
          Jésus était évidemment né « Juif » de nationalité et de religion: tous les Israéliens ne sont pas croyants.
          « Juif » est un donc terme ambigu! (Sans compter la lamentable dérive »raciale », historique, alors qu’ils sont souvent de type sémite, répandu largement dans les pays de cette région du « Moyen Orient » (dont beaucoup sont musulmans).
          @ gc Les protestants sont des chrétiens donc pas religieusement juifs

    • Si l’on veut être plus exact, il conviendrait de nommer cet article regards croisés juifs et catholiques.
      The Devil is in the detail si l’on souhaite être caustique.

    • La deuxième affirmation (« nécessité de « bon » comportement… ») est à l’origine (en partie) du schisme protestants-catholiques avec notamment le principe des « solas » et notamment « Sola fide » et « Sola gratia ».
      Cela dit par de nombreux aspects la pensée protestante se rapproche de la pensée juive, et on y retrouve parfois plus de liens qu’avec le catholicisme même.

  • @ gc

    Le christianisme a été fondé par des Juifs pratiquants, qui le voient comme une continuité de leur foi, et qui s’adresse aux Juifs premièrement, sa portée universelle ayant été débattue à ses débuts. Le christianisme se base sur les mêmes écrits saints que le judaïsme, en y ajoutant les écrits néotestamentaires, le tout regroupé sous l’appellation « Bible ».

    A l’inverse, le fondateur de l’Islam, Mahomet n’était ni juif, ni chrétien. Si son Coran s’inspire clairement de la Bible, il s’y oppose clairement aussi, de sorte qu’il ne soit pas possible que le même Dieu ait pu inspirer les deux livres saints. Le Dieu de Jésus était le même que celui de Moïse, mais certainement pas le même que celui de Mahomet.

    • @ aloygah
      Il faut faire la différence entre une « religion » (qui « relie ») et les « organisations religieuses » (qui ont souvent « divisé » avant « l’oecuménisme »!).

      Et ce sont toujours des hommes qui ont écrit!!!

      Après, à chacun ses options et ses choix!

  • Merci pour tous ces détails partagés, je souhaite à tous les juifs et à tous les chrétiens de très bonnes fêtes.

  • Vous parlez des « chrétiens » mais en fait vous parlez, ici, des catholiques… les orthodoxes sont décalés d’une semaine, leur Pâques tombe le 12 Avril cette année…

    • La précision est dans une des notes de bas de page. Les orthodoxes sont effectivement décalés, plus ou moins selon les années, ainsi qu’une partie des catholiques orientaux si on veut être précis.

      L’article présente un face à face entre la signification de la Pâque juive et la signification de Pâques pour les chrétiens, celle-ci sera toujours la résurrection du Christ. Et tous les chrétiens fêtent le dimanche des Rameaux, le vendredi saint et Pâques, même si la liturgie diffère.

      On pourrait ajouter le jeudi saint à la liste commune si on acceptait de faire abstraction des différences irréconciliables entre la façon dont les protestants voient la Cène et la façon dont les catholiques et les orthodoxes voient la communion – ce qui est une énorme abstraction. Il faudrait bien plus d’un article pour tenter d’expliquer les différences entre protestants, catholiques et protestants.

      •  » les orthodoxes sont effectivement décalés …  »

        et les ostrogoths ?

        • les ostrogoths sont une des tribus germaniques(européennes) constituées à la faveur de l’éclatement de l’empire romain à partir de l’an 476 ap JC. Entre 536 et 538 les ostrogoths et deux autres tribus furent décimées par la nouvelle puissance romaine, celle ci religieuse, la papauté; lorsque ces tribus refusèrent l’autoritarisme œcuménique des dirigeants catholiques. Ce fut le bûcher ou la croisade, et le vrai début du protestantisme. Ces tribus fuirent pour se soustraire du pouvoir religieux romain. Il resta évidemment les sept autres tribus sous l’autorité catholique. C’est alors que se fut la première phase de l’accomplissement des prophéties bibliques selon DANIEL et l’Apocalypse concernant l’animal et la bête à sept(7) et dix(10) cornes. Ces ont continué leur cours dans le temps et dans l’espace en fonction des empires, des royaumes, des nations et états, des structures, des organisations et organismes mondiaux, jusqu’à ce jour pour atteindre la structure finale(le gouvernement mondiale) sur le retour du CHRIST SAUVEUR.

      • En fait, la précision est qu’avec JÉSUS CHRIST et le Saint esprit la pâque est célébrée tous les jours pour la véritable chrétienté, en pratiquant régulièrement la commémoration de la sainte cène. Le besoin n’est pas nécessaire de faire de la pâque une fête avant d’être honorée. Car ce n’est pas un acte de foi pour le salut. L’important c’est d’être rempli du saint esprit; le chrétien qui n’expérimente pas chaque jour la présence de l’esprit de DIEU en lui n’est jamais sauvé.

        Cependant il n’est pas mauvais de célébrer physiquement la pâque pou ceux qui tiennent à le faire. Mais elle doit être faite authentiquement selon le calendrier hébraïque(juif) et dans le strict respect de tout ce qui l’entoure; et non selon celui des romains et leurs pratiques babyloniennes déguisées, ceci devient la pâque vidée de tout son sens et son essence, elle est ainsi galvaudée dans l’iniquité occulte. C’est alors qu’ on se crée des péchés dans la vogue des fêtes au lieu de vivre la vie chrétienne saintement.

    • Cela n’a rien à voir avec la foi des uns ou des autres ni avec une manière différente de calculer Pâques.
      Ce qui est en cause, c’est le calendrier Julien (Jules Caesar, mort en -44) qui lui-même avait réformé un calendrier plus ancien. Le calendrier Julien – à qui on doit le mois de Juillet en l’honneur de la « gens » Iulia d’où le nom gentilice du dictateur Iulius Caesar, le mois d’août honore l’empereur Octave Auguste, neveu de Caesar – avait été calculé avec les moyens du monde antique, c’est à dire qu’il n’était pas juste.
      Ce sont bien nos mois et leur durée, l’année fait bien 365 jours, mais la précision n’était pas suffisante, d’où une dérive qui s’accumula au cours des siècles – 8 jours sur un millénaire
      D’ou la réforme demandée par le pape Grégoire XIII qui fut rendue officielle en 1582. L’année fut calculée pour une valeur de 365,2425 jours avec 1 jour intercalaire (le 29 février) les années bissextiles. Ce n’était pas d’une précision absolue mais les calculs de l’époque confirmés aujourd’hui estimèrent qu’il n’y aurait un décalage que tous les 10.000 ans, ce qui fut estimé largement suffisant.
      Les pays catholiques l’adoptèrent immédiatement, les protestants suivirent rapidement.
      Le calendrier débuta le 15 octobre 1582 qui était le lendemain du 4 octobre, ceci pour rattraper les dix jours de décalage constatés et l’équinoxe de printemps du 21 mars put ainsi reprendre sa date initiale des débuts de l’ère chrétienne.

      • Le calendrier hébraïque compte:
        1 semaine: 7 jours
        1 mois: 28 jours, 4 semaines en fonction du sabbat
        1 année: 13 mois
        ce qui implique: 28×13= 364 jours(28×12+28)
        1 jour intercalaire de passage d’une année à l’autre
        ce qui donne 364+1=365jrs
        le premier mois juif(Nissan) correspond au mi-mars_mi-avril qui est le début de la moisson juive et qui correspond au printemps du 21 mars, comme début de l’année juive, voire les quatre saisons: printemps, été, hiver, automne.
        En cette année 2015 on constate que la pâques catholique coïncide avec la pâque juive. Si on compte du 22 mars au 4 avril: 14 jrs selon la bible et le lendemain c’est la sortie de l’Égypte pour le désert, d’où commence les 7 jrs de pain sans levain. On comprend ici le décalage d’une semaine que font les orthodoxes pour célébrer la pâque

  • Merci pour ces rappels.

    le plus « beau » moment de la Vigile pascale :

  • Conformément à la bible, les chrétiens doivent désormais (avec insistance revenir à la bible) considérer la pâque entant que le début de l’année chrétienne, le 1° jour, le 1° mois de l’an, au delà de tout ce qui est commémoration; en lieu et place du 1° janvier qui est une date occulte dédiée au dieu jaÏrus à double faces de la mythologie et du polythéisme gréco-romain, imposée par la branche religieuse du pouvoir romain, passant de l’idolâtrie au mysticisme du christianisme catholique dans un communication directe avec les temples lucifériens.
    Voici encore un cas d’ignorance parmi tant d’autres, des chrétiens qui compromettent leur vie en se livrant à n’importe quelle fête au cours de l’année, les influençant négativement

  • Bonne fête (en retard) au ouèbemestre, et joyeuses Pâques à tous !

    Le calendrier julien comporte un jour intercalaire, c’est d’ailleurs de la manière romaine de le compter, en dédoublant le sixième jour avant les calendes de mars, d’où un « dies bis sextus » qui est le 25 février des années bissextiles, qu’est tiré le mot que je viens d’employer. Le saut du jour intercalaire aux centaines non multiples de 400 (1900 mais pas 2000) permet de rendre compte de la différence entre 365,2422 et 365,25 qui est le nombre de jours de l’année julienne. 0,0078×1600 = 12,48 si je ne m’abuse, d’où un décalage de treize jours entre les calendriers grégorien et julien, comme tous les historiens de la Russie auront eu la bonté de le remarquer, à défaut de connaître le calendrier orthodoxe.

  • Tout le monde aura compris que le dénommé « Tawsen » ne représente que lui-même dans ses interprétations délirantes.
    En revanche, il est vrai que chaque dimanche est l’occasion de fêter Pâques, ie de fêter la résurrection du Christ. Et comme, si l’on efface cette résurrection, notre foi est vide, il est vvrai aussi que toute notre vie doit en être transformée.

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