Les îles naufragées, de François Hussy

L’histoire d’une ville érigée dans les années trente par un milliardaire illuminé sur un archipel du Pacifique.

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Les îles naufragées, de François Hussy

Publié le 19 juillet 2018
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Par Francis Richard.

François Hussy situe Les îles naufragées quelque part au milieu de l’Indonésie, de Timor et de la Nouvelle-Guinée. Dans cet archipel, deux îles, séparées par un détroit, Pierre et Joséphine (peut-être n’est-ce qu’une grande île) :

Au début des années trente, un milliardaire a acheté une concession sur les îles. À la Hollande : l’Indonésie lui appartenait encore. Il les a baptisées du nom de son père et de sa mère…

Ce fondateur rêvait d’un empire dont Pierre et Joséphine auraient été le point de départ… Ce devait être un empire de Blancs, dont la ville serait toutefois construite par des Indiens et par des Coréens.

Au-delà de la Ville Blanche, réplique d’une ville d’Europe, sans doute Genève, il y a des faubourgs, la Ville Noire, et, encore au-delà, la forêt, peuplée d’indigènes, des Papous, appelés ici Katopis.

L’archipel est une République, qui n’est pas reconnue par la communauté internationale et dont les vrais maîtres sont les chefs du Milieu, tel Alistair Zemann, le banquier aux trois filles, l’une d’elles étant promise à Burt, le Hollandais.

On ne plaisante pas avec ce genre de gens, sadiques et sans scrupules. Albin qui travaille à l’épicerie Rondière, l’apprend à ses dépens. Il a voulu faire payer deux paquets de cigarettes rouges à Burt, l’offense suprême.

En effet Rondière, le patron, lui offre toujours ces deux paquets quand Burt passe à l’épicerie, mais, à dix-huit ans, Albi, jeune homme déjà costaud, a voulu les lui faire payer. S’il tient à la vie, il doit maintenant disparaître…

Au Milieu tente de résister le Mouvement de l’égalité dont les figures de proue sont un médecin, Gabriel Hutin, et un juge, Giovanni Sorente. Mais ce mouvement est le pot de terre contre le pot de fer du fabuliste…

Seulement il n’y a pas d’un côté les bons, de l’autre les méchants. L’arrivée d’Émilie, la voyageuse, ne lèvera de loin pas les ambiguïtés dans lesquelles se retrouvent tous les protagonistes de cette histoire équatoriale.

Sur l’île des forçats travaillent dans une mine d’or, à ciel ouvert. Pour éviter qu’ils ne se révoltent, ils sont tout juste maintenus en santé. Et, comme ils sont privés de femmes, la visite d’Emilie ne les laissent pas indifférents…

C’est la nature qui veut le plaisir de l’homme, dit l’un des personnages avec cynisme. Pour qu’il fasse ce qu’elle lui commande. Dans la haine comme dans l’amour.

Tous les personnages ne pensent heureusement pas (ni n’agissent) comme lui… C’est pourquoi ces îles, escadre majestueuse de forêts dominant la mer, s’arracheront peut-être un jour enfin à la côte du malheur et de l’oubli…

François Hussy, Les îles naufragées, 360 pages, L’Âge d’Homme (édition revisitée de celle de 1998).

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