Commonwealth Games : 3 leçons pour les JO 2024 à Paris

(CC BY-NC-ND 2.0)

Quelles leçons peut-on tirer pour les JO de Paris 2024, des Commonwealth Games qui se sont déroulés en Australie ?

Par Karine Dupré1.
Un article de The Conversation

À l’instar de la Francophonie qui lie entre eux tous les pays francophones, souvent en lien à un passé colonial commun, le Commonwealth est une association internationale qui regroupe le Royaume-Uni et la plupart des pays anglophones qui faisaient partie de l’ancien empire britannique.

L’un des événements majeurs qui réunit ces pays tous les 4 ans sont les Commonwealth Games, équivalents des Jeux Olympiques mais uniquement pour ces pays anglophones. Alors que les 21e Commonwealth Games viennent de se clôturer (mi-avril), quelles leçons peut-on tirer, en vue de la préparation des Jeux 2024 à Paris ?

1. Parité, égalité : Paris saura faire

Tout d’abord, avec plus de 6600 athlètes et officiels et 71 pays participants, l’événement est important, mais c’est surtout la promotion de l’ambition sociale que l’on retiendra.

Au cours de ces Commonwealth Games, pour la première fois les organisateurs ont décidé de médailler également hommes et femmes, ce qui n’est pas anodin quand on sait qu’encore aujourd’hui la parité dans le sport fait cruellement défaut à tous les niveaux.

Une autre première fois tout aussi forte concerne le choix de faire concourir tous les athlètes en même temps, avec et sans handicap, sans écart temps entre les jeux. C’est aussi un choix fort et volontaire dans nos sociétés qui se disent inclusives mais qui, en pratique, ne le sont pas vraiment.

Choix qui s’est aussi trouvé renforcé dans toutes les activités festives annexes qui incluaient accessibilité pour tous et traducteur en langue des signes. La soirée thématique LGTBIQ, avec des athlètes témoignant de la difficulté d’être homosexuel dans un milieu qui ne le reconnaît que peu ou prou, a aussi participé à ce refus de la discrimination, quelle qu’elle soit.

Cependant, les manifestations aborigènes qui ont eu lieu lors des cérémonies d’ouverture et de clôture démontrent bien que certains problèmes historiques sont loin d’être résolus.

Gageons que l’organisation des Jeux à Paris, en 2024, saura aussi se positionner en faveur de l’inclusion.

2. Des infrastructures prêtes et testées bien avant l’heure

Dans un autre registre, l’une des autres grandes caractéristiques de ces Commonwealth Games est que la principale ville hôte, Gold Coast, s’est largement appuyée sur son infrastructure et ses équipements sportifs existants. Sur les 13 équipements de la ville qui ont accueilli sportifs et spectateurs, seulement deux ont été nouvellement construits.

Cependant, neufs ou rénovés, ce qu’il importe de retenir est que tous ces bâtiments étaient ouverts au public, utilisés par le public, bref testés bien avant l’ouverture des Commonwealth Games. La palme revient peut-être au centre aquatique de Gold Coast, qui a été transformé : la piscine municipale construite dans les années 1960 est devenue un équipement olympique, achevé et réouvert en 2014 pour les Pan Pacific Swimming Championship, soit 4 ans avant les Commonwealth Games.

Le pari – audacieux pour une ville australienne – de miser sur les transports publics (gratuits avec tickets pour aller voir un événement sportif) a non seulement participé à la bonne ambiance générale mais aussi permis de tester des situations d’urgence future avec des voies routières uniquement dédiées à la circulation pour les jeux. Hormis les quelques resquilleurs habituels, tout le système a profondément été respecté.

3. Une population accueillante

Et c’est peut-être ce qui nous amène aux derniers constats concernant ces Commonwealth Games. Avec plus de 15 000 bénévoles – soit près de 3% de la population de la ville ! – tout de bleu et jaune vêtus à chaque coin de rue, guidant, souriant, ramassant le moindre déchet (les poubelles étant condamnées pour raison de sécurité), des commerçants et hôteliers qui ont suivi des séminaires d’accueil, il est facile d’affirmer que l’expérience des visiteurs a certainement été majoritairement positive, c’est-à-dire qu’ils se sont sentis les bienvenus et en sécurité.

Les Parisiens sauront-ils relever le défi, eux qui sont toujours aussi mal notés par les touristes ?

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  1.  Associate Professor in Architecture, Griffith University.