Élections en RDC : la démarche des évêques de la CENCO au Canada

Les évêques de la CENCO au Canada sollicitent un appui technique et financier.

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Élections en RDC : la démarche des évêques de la CENCO au Canada

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 avril 2018
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Par Isidore Kwandja Ngembo.

Une forte délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), conduite par son président, Monseigneur Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et son vice-président, Monseigneur Fridolin Ambongo, Archevêque coadjuteur de Kinshasa et prochain successeur du cardinal Laurent Monsengwo, séjourne présentement au Canada pour une semaine.

La mission des Évêques catholiques du Congo au Canada se rendra à Ottawa, Montréal et Toronto, essentiellement pour faire le plaidoyer auprès des autorités gouvernementales et religieuses, des milieux économiques et de la société civile canadienne engagée en faveur des droits de la personne, de la démocratie et de la justice sociale, en vue de solliciter un appui diplomatique, technique et financier, notamment une expertise canadienne, afin de garantir la réussite du processus électoral dans leur pays.

Le choix du Canada, pour cette mission d’explication de la crise politique en République démocratique du Congo (RDC), d’une part, et de sensibilisation du public canadien, d’autre part, n’est pas fortuite. Le Canada est l’un des acteurs majeurs qui contribuent aux efforts conjoints menés au niveau international pour aider et accompagner ce pays dans son processus démocratique.

Conformément à la Constitution de ce pays et à l’Accord de la Saint-Sylvestre qui ne permettent pas au président sortant, Joseph Kabila, de se représenter pour un troisième mandat, le peuple congolais, dans son ensemble, est déterminé à aller aux élections en décembre 2018 pour élire un successeur, malgré certains défis d’ordre financier et technique qui restent à relever.

Et, les Canadiens d’origine congolaise croient profondément que leur pays, le Canada, en tant que pays fondé sur des valeurs fortes de droits et libertés pour tous, dont les principaux comprennent la primauté de l’État de droit, le respect du processus démocratique, des droits de la personne et des libertés fondamentales, peut jouer un rôle diplomatique crucial pour aider à faciliter une première alternance démocratique du pouvoir sans heurt dans ce pays.

Le Canada peut, à la fois, aider à pousser le régime de Kinshasa à organiser des élections crédibles et transparentes, mais également apporter un appui technique et financier substantiel à ce pays pour l’aider dans son cheminement vers la tenue d’élections réellement libres, justes et inclusives, pour assurer une transition pacifique du pouvoir et parvenir à la stabilisation de ce pays qui a beaucoup souffert des affres de la guerre.

Genèse de la crise politique congolaise

La RDC connaît actuellement une crise politique et constitutionnelle la plus grave de son histoire. Du Président de la République aux Gouverneurs de provinces, en passant par les Sénateurs, les Députés nationaux et provinciaux, tous les représentants et dirigeants élus des institutions politiques du pays sont hors mandat, ce qui a créé une grave crise de légitimité démocratique sans précédent.

Une situation inédite, en ce 21ème siècle, qui mène dangereusement à l’arbitraire, à la dérive autoritaire du régime et qui se traduit par la mauvaise gouvernance qui aggrave davantage la crise socio-économique et la détérioration continue des conditions de vie de la population.

La situation actuelle d’instabilité politique généralisée dont souffre la RDC est principalement due au manque d’organisation des élections présidentielles et législatives prévues en décembre 2016.

Devant l’évidence que les élections ne pouvaient être tenues à la date prévue par la Constitution, les forces politiques et sociales congolaises, toutes tendances confondues, avaient accepté, à l’unanimité, de se retrouver autour d’une table de négociations avec l’aide de l’Église catholique locale en vue de rechercher une solution idoine pour sortir de cette crise de légitimité.

Les négociations politiques entamées, avec la médiation des clergés catholiques, ont permis de faire baisser la tension politiques qui régnait à ce moment-là au Congo et d’éviter le chaos total qui aurait pu se produire à la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila, le 19 décembre 2016.

A l’issue de ces négociations, la classe politique et la société civile sont parvenues à un compromis politique de sortie de crise. Ils ont signé un accord politique, le 31 décembre 2016, appelé communément « Accord de la Saint-Sylvestre ». Dans cet accord, il avait été décidé que le pouvoir et l’opposition conviennent de former un gouvernement de transition dans le but d’organiser des élections présidentielles et législatives au plus tard en décembre 2017 et d’assurer la transparence du processus électoral. C’est bien cet accord politique qui a permis à Joseph Kabila de rester encore au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel.

Mais, c’était sans compter avec les sombres manœuvres des acteurs politiques congolais qui se traduisent par le manque de confiance mutuelle, de volonté politique, et surtout l’insouciance manifeste et le manque de compassion pour leurs concitoyens qui croupissent dans la pauvreté et la misère, dans un pays qui recèle de vastes ressources naturelles tant convoitées par le monde entier.

C’est dans ce contexte difficile et grave que s’inscrit la démarche actuelle des Évêques congolais au Canada pour sensibiliser tous les hommes de bonne volonté, y compris les responsables politiques, économiques, sociaux et culturels canadiens sur la situation actuelle que traverse leur pays.

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