Suisse : pourquoi il faut voter « oui » à l’initiative No Billag

Télévision (Crédits : Flash-pro, licence Creative Commons)

Pourquoi il faut supprimer les redevances télé et radio en Suisse pour assurer une meilleure qualité des institutions démocratiques et libérales.

Par Adrien Faure.

Supprimer la taxe Billag est d’abord une question de principe qui nous interroge sur l’importance que nous souhaitons donner à la liberté dans l’organisation de notre société.

En effet, si nous avons vraiment à cœur de défendre et favoriser la liberté individuelle, alors nous devons respecter la liberté de chaque individu à choisir s’il souhaite ou non s’abonner à un média, et, s’il le souhaite, à choisir le ou les médias de son choix.

C’est ensuite une question de pouvoir d’achat, puisque la suppression de la taxe permettrait une économie bienvenue pour les ménages modestes et la classe moyenne, qui pourraient employer les 450 francs de la taxe comme bon leur semble.

Par ailleurs, il s’agit d’une question de redistribution des richesses et de justice sociale entre les générations. En effet, du fait notamment de leur moindre expérience professionnelle, comparativement aux autres classes d’âge, les jeunes ont en moyenne un niveau de revenu et de fortune inférieur au reste de la population, mais comme ils sont aussi la classe d’âge qui consomme en moyenne le moins la SSR, nous nous retrouvons dans la situation où la classe d’âge la moins fortunée de la société finance les goûts de classes d’âge davantage aisées. Supprimer la taxe Billag c’est donc aussi mettre fin à une redistribution des richesses qui se fait au détriment des plus jeunes.

En outre, c’est aussi anticiper un déplacement de nos modes de consommation audiovisuelles et médiatiques vers internet et le cyberespace, une tendance décentralisatrice en cours qui devrait s’accentuer durant les vingt prochaines années.

Cette mutation des habitudes de consommation s’accompagne d’ores et déjà d’une transformation et d’une diversification des modes de production médiatiques et audiovisuelles, que ce soit en ce qui concerne les formats produits ou les modalités de financement (notamment avec le financement participatif).

Enfin, la suppression de la taxe Billag représente une amélioration de la qualité de nos institutions démocratiques, en rendant davantage indépendants nos médias de l’influence des autorités politiques et étatiques.

Contrairement à ce qu’affirment nos détracteurs, il est faux de dire que sans la taxe Billag les Romanches, les Italophones et les Romands se retrouveraient sans chaîne de télévision. L’existence d’une chaîne de télévision sans financement public au Liechtenstein, pays peuplé de seulement 38’000 habitants, est bien la preuve que l’offre audiovisuelle peut s’adapter à une demande de taille réduite.

Il est tout aussi faux d’affirmer que les médias privés seraient moins aptes et moins efficaces à fournir un journalisme et une information de qualité que les médias sous perfusion publique. Il me semble que la presse écrite suisse en fait quotidiennement la démonstration.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à voter, et à faire voter, oui à l’initiative No Billag.