Culture : la révolution numérique silencieuse

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By: Ádám Fedelin - CC BY 2.0

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Culture : la révolution numérique silencieuse

Publié le 2 août 2017
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Par Eric Breux1.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de battre en brèche certaines réalités. Le secteur de la culture est une activité économique à part entière qui rapporte sept fois plus au PIB que l’industrie automobile, et davantage que le luxe.

Selon les derniers chiffres officiels, le chiffre d’affaires direct des Industries Culturelles et Créatives en France est de 61,4 milliards d’euros selon l’étude du cabinet Ernst&Young de 2011. Et les ICC emploient jusqu’à 1,2 million de personnes, dont 670 000 emplois directs, soit 5% de l’emploi intérieur total !

Culture : nouvelle définition

Dans ces conditions, il convient de changer urgemment notre regard sur un secteur qui souffre trop souvent d’une image stéréotypée.

Le secteur de la culture est, à l’image des hommes et des femmes qui le composent, riche et multiple, et ne se réduit pas aux 7 arts majeurs. Le monde de la culture et des médias comporte en effet aussi la bande dessinée, la télévision ou les jeux vidéos, première industrie culturelle en termes de chiffre d’affaires en France (2,7 milliards). Viennent ensuite les arts les plus classiques : cinéma (2 milliards), musique (800 millions)…

Mais le monde de la culture au sens classique du terme n’est pas en reste. Le seul Festival d’Avignon représente 23 millions d’euros de retombées économiques pour la ville, juste pour le « IN », et 8,8 milliards d’euros de valeur ajoutée au total.

Si ces chiffres donnent le tournis, il convient surtout de ne pas oublier qu’à ceux-ci s’ajoutent un enrichissement intellectuel, moral et artistique nécessaire. Et le secteur continue de croître, au-delà des limites physiques pour conquérir désormais les espaces numériques.

Culture et numérique : une valeur montante

Car oui, la culture s’exporte au-delà des frontières physiques et ce depuis longtemps. Souvent réduit au rang de menace par les ayants-droit, qui craignent les dérives légitimes du téléchargement illégal, le numérique est pourtant porteur de formidables opportunités.

N’oublions pas que des plateformes comme l’entreprise française Deezer qui pèse désormais très lourd dans le monde du streaming musical, permettent également aux jeunes artistes d’accéder à la reconnaissance (combien de festivals ainsi retranscrits sur les sites de streaming ? combien d’artistes découverts sur Sound Cloud ou sur Deezer ?).

En réalité, loin d’être une menace, le numérique a permis de développer l’industrie musicale. Peut-il en être autant du spectacle vivant, par essence isolé de plateformes numériques classiques ?

À Avignon, rencontre entre start-ups et culture

Peu de personnes le savent, à commencer par les professionnels du théâtre eux-mêmes, mais aujourd’hui le numérique est synonyme de richesse pour le spectacle vivant.

Qui sait qu’il existe aujourd’hui un véritable Linkedin du spectacle vivant à l’image de Movinmotion, créée entre autre par Jean Despax, qui permet d’entrer en contact avec un nombre important de professionnels de la culture ?

Qui sait qu’il existe aussi des applications mobiles dédiées spécialement à la culture, à l’image de Tooth Sweet, co-créée par Hatem Chelbi, une application de géolocalisation de lieux culturels ?

Il est urgent que le monde de la culture dans sa diversité fasse corps avec la révolution numérique en marche. Si les deux mondes ne communiquent pas encore assez (et c’est d’ailleurs tout le principe du réseau “Culture et Innovation” mis en place par le groupe de protection sociale Audiens, qui vise à renforcer cette communication entre professionnels), des améliorations sont à constater.

Ainsi, au festival d’Avignon s’est tenue une rencontre rare entre professionnels du spectacle vivant et startups, autour d’une table ronde s’intéressant aux liens entre culture et numérique. Quatre start-ups étaient présentes, Movinmotion, que nous avons déjà évoquée, mais aussi Delight, Culturogame ou encore Opsis TV, une plateforme de streaming… de pièces de théâtre !

L’objectif de cette table-ronde ? Réunir les deux mondes, échanger sur les expériences de chacun, leurs échecs et leurs réussites…

Un autre symbole discret d’une révolution silencieuse du secteur de la culture, qui grossit, grossit, grossit…

  1. Eric Breux est directeur du Pôle Entreprises et Institutions d’Audiens, le groupe de protection social des secteurs de la culture, de la communication et des médias.
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  • Humm..

    A part un plaidoyer pro domo, je ne vois pas le rapport avec le libéralisme, d’autant que le monde du spectacle-média est souvent boosté aux subventions.

  • Contrepoints passe du coté obscur des subventions étatiques. Bientot le Chavisme?

  • Je me demande ou en serait le « culturel vivant » sans subventions à très haute dose. Il est par contre évident qu’un virage vers le numérique s’impose et qu’il y a des pans entiers à explorer. Le libéralisme dans ce domaine remettrait bien des choses à leur juste place…

  • « Festival d’Avignon….8,8 milliards d’euros de valeur ajoutée au total. »

    L’au teur nous prend-il pour des billes ?
    (chiffres 2012 Le Point)
    Nombre de billets payants : entre 120,000 et 150,000
    20,000 à 40,000 spectateurs aux spectacles gratuits
    Soit à l’arrache 200,000 spectateurs non uniques.
    Soit une valeur ajoutée de 40,000 euros par billet (et non par spectateur) et comme un visiteur assiste en moyenne à 2 spectacles ça fait 80,000€ de valeur ajoutée par spectateur, ce qui signifie des dépenses encore bien supérieures.

    Wikipedia n’hésite pas à mettre 600,000 spectateurs mais sans mettre de référence, mais même si ce sont des spectateurs uniques ça ne correpond pas avec la billeterie, mais ça ferait encore 13,000€ de valeur ajoutée par spectateur.

    (je suis parti du principe que la valeur ajoutée est générée par les spectateurs uniquement, alors qu’en fait il y a aussi les zartistes, mais comme le niveau du budget du Festival ne représente même pas 1% de la valeur ajoutée supposée…)

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