Pourquoi les Japonais trouvent que les Occidentaux sentent mauvais

Bad smell by Aqua Mechanical(CC BY 2.0)

Et si c’était encore une histoire de génétique ?

Par Jacques Henry.

Quand je séjourne à Tokyo pour voir mes petits-enfants je ne m’arrête pas de fumer – à l’extérieur seulement – alors qu’il est interdit de fumer à l’intérieur de la maison. Ma petite-fille a fait remarquer à son père que je ne sentais pas bon, elle n’a pas osé lui dire que je sentais carrément mauvais. J’ai mis cette remarque sur le compte de l’odeur de tabac dont je suis imprégné et puis j’ai oublié les remarques de ma petite-fille.

Il y a quelques jours je suis tombé par hasard sur un article paru sur le site UNZ Review (unz.com) et intitulé Pourquoi les Japonais pensent que les Occidentaux sentent mauvais (sic) et je me suis souvenu des remarques de ma petite-fille qui est pourtant métis et non pas une « pure » Japonaise.

Elle a tout simplement et très probablement récupéré de sa mère le SNP rs17822931 situé sur le gène ABCC11 responsable de l’humidité relative du cérumen (en anglais earwax). J’avais déjà évoqué la dangerosité de se récurer le fond de l’oreille (voir le lien) mais le gène ABCC11 situé sur le chromosome 16 n’est pas seulement responsable de la consistance des excrétions auriculaires et également de la production du sébum, cette substance graisseuse qui est responsable en grande partie avec également la sueur de l’odeur corporelle, en termes scientifiques l’osmidrose axillaire. La protéine codée par le gène ABCC11 est un transporteur de diverses substances chimiques à l’extérieur des cellules et est donc actif, entre autres, au niveau des glandes sudoripares apocrines.

Le SNPs présent chez les Coréens et les Japonais ainsi qu’en Chine fait que les sécrétions des glandes sudoripares apocrines sont pratiquement inodores car elles ne produisent plus d’acides méthyl-hexenoïque et hydroxy-méthyl-hexanoïque responsables en grande partie de l’odeur corporelle en raison d’un défaut de fonctionnement de ce transporteur. Le SNP dont il est fait mention est récessif, en d’autres termes il faut être porteur des deux allèles pour bénéficier d’une odeur corporelle neutre ou inexistante.

Il faudra attendre la puberté de ma petite-fille pour vérifier si elle est homozygote pour le gène ABCC11 modifié ou si elle a récupéré le gène ancestral non muté de son père qui est dominant. Son odeur corporelle sera alors similaire à celle des Occidentaux …

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