Autorisation du commerce de la corne de rhinocéros : une excellente nouvelle !

L’Afrique du Sud a autorisé le commerce de la corne de rhinocéros. C’est une excellente nouvelle (contre-intuitive) pour la défense des rhinos !

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Autorisation du commerce de la corne de rhinocéros : une excellente nouvelle !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 avril 2017
- A +

Par Laurent Pahpy & M. Ficta.

Le 5 avril dernier, la cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a décidé d’autoriser le commerce des cornes de rhinocéros. Quelques semaines plus tôt, la mort d’un rhinocéros dans le zoo de Thoiry, braconné sauvagement pour sa corne, a suscité une vive émotion. Alors que les zoos d’Europe ont procédé au découpage préventif de toutes les cornes nasales, cette décision surprend voire choque. Elle paraît être un grave retour en arrière pour la protection de l’espèce.

Il subsiste aujourd’hui 30 000 rhinocéros, la majorité vivant en Afrique du Sud. Le kilo de corne se négociant autour de 60 000 dollars, en autoriser le commerce risquerait d’encourager le braconnage.  Sans protection, l’espèce entière serait sacrifiée sur l’autel de juteux profits.

Une excellente nouvelle pour sauver les rhinocéros

En réalité, cette décision est une excellente nouvelle pour le grand mammifère.

Plongeons-nous un instant dans l’Ouest américain, au 19ème siècle. Le niveau de vie de la population augmentait dans le pays. La consommation de viande de bison devint très populaire, au point que l’espèce fut braconnée et faillit disparaître. L’étude du Centre International de Recherche sur les Problèmes Environnementaux (ICREI) explique que le gouvernement d’alors n’en a pas prohibé le commerce comme il est courant de le faire aujourd’hui.

C’est contre-intuitif, mais l’État a d’abord garanti le droit de propriété sur ces herbivores. La rentabilité de la production de viande de bison augmentant avec la demande, les éleveurs ont pu investir dans des barrières de protection face aux braconniers. Ils ont également pris soin de la reproduction des bisons et maintenu d’immenses troupeaux tout en approvisionnant les consommateurs en viande. Cela n’a pas supprimé totalement le braconnage, mais le marché et les droits de propriétés marqués au fer rouge ont sauvé les bêtes et ont répondu à la demande des consommateurs.

Les dangers de l’interdiction de commercer

L’interdiction de commercer et d’être propriétaire des animaux met en fait les espèces en péril. Quand les animaux n’ont pas de propriétaire (ou qu’ils sont considérés comme appartenant au patrimoine de l’humanité, ce qui revient au même), personne n’est véritablement incité à garantir leur reproduction, car personne ne peut en tirer profit pour les protéger. Les braconniers ont alors tout intérêt à pourchasser l’espèce jusqu’au dernier survivant, jusque dans les zoos européens. Dans tous les marchés prohibés, il subsiste toujours un marché noir incontrôlable. Même si les interdictions internationales peuvent parfois le limiter, il ne peut jamais être totalement supprimé. Les braconniers pourront toujours revendre leur marchandise.

Lorsque des éleveurs de rhinocéros ont le droit de vendre les cornes sur un marché légalisé, ils peuvent investir pour lutter contre le braconnage et assurer la reproduction de leurs bêtes. De la même façon que nos amis les vaches, les poules et autres animaux domestiqués ne sont pas au bord de la disparition, permettre à des éleveurs de prendre soin de leur troupeau est essentiel. Cette forme de « capitalisme environnemental » est un outil puissant de protection de la faune. Il est donc urgent de mettre fin aux interdictions d’acheter et de vendre des espèces pour permettre à tous ceux qui les aiment de les protéger ou de les élever.

En valorisant les cornes de rhinocéros ou les défenses d’éléphant sur le marché international, les protecteurs des animaux auront les moyens nécessaires pour se défendre face au braconnage. Les bisons américains savent depuis longtemps que le droit de propriété et le droit de commercer les protègent !

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  • En gros votre solution, c’est que plutôt que laisser mourir une espèce libre sous le péril du braconnage humain, autant que les humains qui ne les braconnent pas les privent de leur liberté tout en les réduisant à l’esclavage à leur compte, moyennant protection…
    Vous vivez dans quel siècle ? Avec votre logique, heureusement qu’il n’y a pas d’espèce dominante au dessus de vous se comportant tel que vous en faites l’apologie… Vous n’auriez plus que vos yeux pour pleurer…

    • Battez-vous donc pour la liberté des vaches, puisqu’elles sont esclaves des êtres humains.

      De plus, un élevage de rhino n’exclut pas l’existence d’autres rhinos libres. Vous faites une fausse dichotomie.

      Enfin, un groupe d’humain dominant les autres pour protéger le rester du braconnage, ça existe déjà, ça s’appelle un gouvernement 🙂

      • Rassurez vous je ne vous ai pas attendu pour ça, voilà plusieurs années que j’ai fais le choix d’écouter ma conscience et changer d’alimentation.

  • hmmm; il me semble que quand les bestioles sont protégées elles deviennent de facto la « propriété » des agents qui vivent de sa sauvegarde. On peut aussi rappeler que au contraire de la viande de bison, il n’y a pas l’alternative à la corne de rhinocéros….
    Le droit de propriété semble intéressant ..mais à condition qu’il soit respecté or le braconnage du rhinocéros est la règle. Le droit est oublié, seule compte la force…et son prix…
    Bon. .combien ça coûte pour élever un rhinocéros afin d’obtenir une corne.? A comparer au coût de la corne… le coût de la corne augmentant le coût de l’élevage compte tenu de la nécessite de se protéger des braconniers.

  • C’est moche de se dire qu’il faille en arriver là, mais c’est sûr qu’une activité lucrative entourant le rhinocéros lèvera des moyens humains et financiers pour les protéger.

  • Pour être passé à Cody il y a quelques années en visitant Yellowstone, il semble me souvenir que les bisons ont été systématiquement et délibérément exterminés pour affamer les indiens.
    Et le fameux Buffalo Bill en a été un grand acteur.
    Une fois quasiment éradiqués, les US peuvent avoir eu beau jeu de s’approprier ceux qui restaient encore en vie…
    La propriété privée est une fausse réponse : les responsables des parcs africains peuvent d’ores et déjà couper toutes les cornes des animaux actuels, le problème sera réglé. Bon, il y aura moins de touristes, c’est clair, mais on ne peut pas tout avoir…

    • J’ai professionnellement connu des réserves, sous concession privée, au Botswana et en RSA, il ya quelques années.
      Les concessions sous contrôle de l’Etat, avec liberté d’exploitation et devoir d’accroissement du cheptel, ont permis de stabiliser, puis enrichir les populations locales, grace aux entreprises de valorisation industrielle: ex peaux, conserves, souvenir, génétique ,élevage, tourisme etc.
      Ce n’est certes pas l’idéal.
      Mais dans l’attente du miracle, ce pragmatisme a quasiment éradiqué le braconnage et la spéculation dans ces régions.

      • Merci pour l’info, ça éclaire en effet la situation, qui n’est pas vraiment comparable avec les pratiques historiques US en definitive…
        Même si les parcs US sont, me semble-t-il, superbement bien gérés…

  • si les humains étaient humains , on n’en serait pas là ;

  • Ah que voilà une bonne idée !!!
    Non seulement la protection des rhinos sauvages sera contrôlée mais il pourra être rentable de les élever !!!!

  • Ce que je comprends, c’est que pour sauver les rhinos, beaucoup leur coupent la corne de manière préventive (quitte à mettre un postiche à la place.) Si la vente est autorisée, des gens éleveront les rhinos, leur retireront la corne commercialisable, et les laisseront ensuite vivre dans des parcs. Il faut juste s’assurer de la dernière étape, l’existence du lieu de vie pour la bête sans corne. C’est une solution un peu bancale, mais qui assure au moins la pérennité de l’espèce, en attendant que les croyances sur les vertus de la corne disparaissent. ( l’invention du viagra a été utile à certaines espèces…)

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