La France EST la solution, par Frédéric Salat-Baroux

Publié Par Trop Libre, le dans Lecture

Par Arthur Mesnil.
Un article de Trop Libre

La France EST la solution, par Frédéric Salat-BarouxDans son dernier livre, Frédéric Salat-Baroux dresse le portrait d’une France en retard sur les évolutions technologiques majeures du XXIème siècle, mais aussi et surtout une France résiliente qui a prouvé par le passé qu’elle est capable de combler son retard.

L’auteur commence par un état des lieux exhaustif de la situation passée et en France. D’après l’analyse de Frédéric Salat-Baroux, la France a manqué le tournant de la mondialisation (notamment la révolution Internet) et continue à se penser comme un empire. Il semble clair que les Trente Glorieuses ne reviendront pas, et les challenges d’une mondialisation rapide ont mis la France dans une situation difficile. Le constat est de prime abord pessimiste et implacable.

La domination de l’Occident est en déclin, à la différence de la Chine qui se lance dans la construction de son propre modèle après avoir imité le capitalisme américain. Le rythme effréné de la mondialisation est inquiétant lorsqu’on considère l’épuisement des ressources naturelles et le risque accru de crises financières catastrophiques.

Sur le sujet de l’économie, l’auteur estime que la gauche comme la droite sont historiquement étrangères aux questions économiques, ce qui peut expliquer en partie le retard pris par la France, qui n’a toutefois jamais été écartée des plus grandes économies mondiales et a toujours su se reprendre. La capacité de réaction de la France apparaît comme une vraie force qui pourra maintenir sa position dans le monde.

Le pays a souvent raté le virage de la mondialisation et du redressement économique et les politiques semblent avoir abandonné la société aux grandes entreprises mais l’auteur est convaincu que le pays a suffisamment d’atouts pour rattraper son retard et se projeter dans un monde actuel qui évolue rapidement et constamment.

Civilisation 3.0

Un des principaux thèmes du livre est l’adaptation de la France à la civilisation 3.0. La révolution Internet est aussi sociale, économique et politique. L’économie coopérative est une révolution, et le modèle de l’open source est perçue par l’auteur comme une solution nécessaire et innovante dans de nombreux domaines, notamment dans la sphère politique, où il souhaite que le pouvoir de proposition et de décision soit ouvert aux administrés et aux électeurs.

Il est important de simplifier et d’ouvrir le pouvoir exécutif à un plus grand nombre, d’impliquer les citoyens dans un nombre de décisions politiques. Dans la sphère économique, on constate un affrontement entre l’économie du partage qui se renforce et le modèle issu de la génération GAFA (Google Amazon Facebook Apple). La France doit bien prendre conscience de ces mutations économiques pour rattraper son retard et jouer un rôle dans la civilisation 3.0.

Selon Frédéric Salat-Baroux, la clé de l’efficacité économique réside entre une double coopération : entre les hommes, et entre les hommes et les machines. Le monde ultra technologique dans lequel nous vivons bouleverse l’ordre établi. L’innovation et le développement des connaissances ne sont plus seulement issus de l’économie de marché, le droit de propriété est challengé par Internet ainsi que la production de masse, par exemple avec les imprimantes 3D.

Des piliers du capitalisme sont ainsi érodés et une adaptation est nécessaire car le pouvoir du consommateur est de fait démultiplié par les nouvelles technologies. L’État français et la politique vont aussi devoir se redéfinir dans le cadre de la civilisation 3.0.

De nombreuses propositions

Dans l’ouvrage, Frédéric Salat-Baroux fait de nombreuses propositions concernant de nombreux domaines. Il considère par exemple que le président n’a actuellement pas assez de pouvoirs et souhaite supprimer la fonction de Premier ministre. Dans la lignée de ses observations sur le modèle open source, l’auteur propose plus de transparence avec une possibilité de référendum pour les principales mesures du programme présidentiel d’un candidat, et un budget participatif sur le modèle de la mairie de Paris. L’open source et l’intelligence doivent servir comme instruments de réforme.

Il veut créer de manière générale un cadre favorable aux réformes structurelles, relancer la construction européenne grâce au numérique, et utiliser le numérique pour faire évoluer le système d’éducation français. Encore une fois on retrouve les deux axes du livre qui sont la civilisation 3.0 et le partage. Frédéric Salat-Baroux considère que la technologie va dominer le siècle ; toutefois le danger de l’ubérisation existe, lorsque les secteurs protégés sont remplacés par des plate-formes de service s’appuyant sur une force de travail non salariée.

Dans La France EST la solution, Frédéric Salat-Baroux nous rappelle que le future dévore le présent et que la France a un retard à rattraper. Le retour des anciens empires orientaux que sont la Chine et l’Inde est une réalité, et l’Afrique est potentiellement une source de dynamisme économique pour la France, par son modèle de civilisation différent et son explosion démographique.

En France, les questions politiques essentielles sont économiques et on voit de plus en plus de programmes libéraux parmi des candidats de bords divers. La gauche est restée enfermée longtemps sans trancher entre les extrêmes, et la droite a longtemps privilégié la politique plutôt que les questions économiques. Tout ceci est en train de changer et de suivre de nouveaux modèles économiques. L’auteur nous précise qu’il reste encore beaucoup de travail dans le cadre de l’Union européenne, où on constate trop d’inégalités économiques.

Dans son nouveau livre, Frédéric Salat-Baroux démontre son optimisme quant aux capacités de la France à se relever et rattraper son retard en ce début de XXIème siècle. Son propos marque un changement avec le discours habituel car il va au-delà des constats pessimistes sur l’état du pays pour proposer des solutions réelles et réfléchies en phase avec le monde actuel.

Sur le web

  1. Sur la question de la solution que représente la France, il ne peut pas en être autrement.

    Positionnée à cette place sur des questions essentielles et vitales Pour l’avenir :changement climatique (Cop21), la question des libertés de la justice etc, ce sont autant de sujets et valeurs guides, qui participent à un avenir prospère dans nos sociétés en plein bouleversement.

    L’économie et le développement Sont les corollaires de ces notions qui traduisent une recherche du vivre ensemble et la loyauté dans le respect que je considère fort et exemplaires dans cette nation.

    Trouver maintenant les hommes capables et à la hauteur de ces ambitions là, c’est la vraie question !
    À C

  2. Bel article mais je suis sceptique sur plusieurs points:
    – pourquoi le président devrait-il avoir plus de pouvoir qu’aujourd’hui? Ne pourrait-on pas faire une présidence tournante comme, il me semble, en Suisse, et miser surtout sur la subsidiarité?
    – le numérique c’est beau, mais ce n’est qu’un outil. En quoi avons-nous besoin du numérique pour l’UE? Ne devrait-elle pas être une simple zone de libre échange au lieu d’une entité politique supranationale? Même constat dans l’Éducation Nationale: je ne suis pas sûr que foutre des ordi et des écrans partout soit la solution au problème. Si la liberté pédagogique et financière ne sont pas les fondamentaux de l’Ednat, les problèmes persisteront.
    – Enfin, les inégalités économiques me semblent découler du processus naturel de la concurrence. Du coup, je n’en voit pas le problème.

    Bref, je pense effectivement que théoriquement, la France pourrait devenir une grande Suisse, prospère et fière. Dans la réalité…

  3. J’adore le titre: « la France est la solution » et le commentaire de conclusion d’A.Mesnil:

    « Dans son nouveau livre, Frédéric Salat-Baroux démontre son optimisme quant aux capacités de la France à se relever et rattraper son retard en ce début de XXIème siècle »: Tout est dit!

  4. La France, dans sa configuration actuelle, n’est pas la solution.
    Mais, la France pourrait être la solution à condition de devenir une démocratie directe avec une large délégation de pouvoirs au Conseils Régionaux de nos régions françaises et, avec une instauration d’une possibilité de référendum d’initiative citoyenne – comme en Suisse –
    Il faudrait également que la majeure partie de la fiscalité des entreprises et du patrimoine puisse être décidée au niveau régional.
    Comme le préconise ci-dessus KORIS, la présidence de la France, alors devenue fédérale, pourrait être assurée à tour de rôle par les présidents des régions. Ceci est possible à condition de changer de constitution.
    Mais, en attendant, les français sont piégés par un jacobinisme étatique qui n’est qu’une forme de perversion de la démocratie.
    Les français sont comme une sœur Anne célèbre qui ne voit rien venir….

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