Attentats de Paris : quand la presse se fourvoie dans les faux scoops

La recherche de sensationnalisme n’aide pas le lecteur à distinguer la vérité dans un déroulement des événements encore peu clair.

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KIosque à journaux avec Le Monde (Crédits : MPhotographe, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

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Attentats de Paris : quand la presse se fourvoie dans les faux scoops

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 janvier 2016
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Par Éric Verhaeghe.

La presse subventionnée n’en finit pas de changer de « version définitive » sur les attentats du 13 novembre, pendant que la police s’efforce d’étouffer les polémiques sur l’attentat de Charlie Hebdo. Voici un petit condensé des grands délires auxquels nous assistons.

Les attentats du 13 novembre et les ceintures d’explosifs

Je lis dans Le Figaro un article divertissant sur l’origine bruxelloise des ceintures d’explosifs qui ont servi au stade de France. En voici le best of :

Composés d’un bouton pressoir servant de détonateur, de TATP (peroxyde d’acétone) utilisé lors des attentats de Londres en 2005 ainsi que d’une charge primaire pyrotechnique de quelques grammes placée dans un détonateur, ces engins très instables, susceptibles de détoner au contact de la chaleur humaine, ont été confectionnés dans un appartement de Schaerbeek, quartier populaire du nord de Bruxelles. Là, dans un bâtiment situé rue Henri-Bergé, les policiers ont retrouvé le 10 décembre dernier du matériel destiné à la préparation d’explosifs, des traces de poudre suspectes ainsi que trois ceintures «qui pourraient avoir été destinées à transporter des explosifs».

Lors de la perquisition de ce laboratoire clandestin, les policiers ont aussi découvert une empreinte digitale de Salah Abdeslam, unique rescapé des commandos du vendredi sanglant et plus que jamais désigné comme «objectif prioritaire» de toutes les polices.

Nous sommes très contents d’apprendre cette information de premier ordre, manifestement donnée par la police. Son seul problème est de contredire une autre version policière donnée il y a quelques jours par Le Monde.

On y lisait en particulier que les ceintures d’explosifs ayant servi à Saint-Denis avaient été confectionnées la veille de l’attentat dans la maison que les terroristes avaient louée à Bobigny. On aurait même retrouvé des rouleaux de scotch dans la maison, pour preuve de cette intense préparation.

Allez comprendre !

Les attentats du 13 novembre et l’incompréhensible agenda des terroristes

KIosque à journaux avec Le Monde (Crédits : MPhotographe, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
KIosque à journaux avec Le Monde (Crédits : MPhotographe, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Dans sa grande enquête tirée des procès-verbaux de l’enquête, Le Monde avait par ailleurs affirmé que les terroristes avaient quitté Bruxelles le 12 novembre au matin, pour Charleroi, puis pour Paris. Ils auraient dormi à Bobigny et à Maisons-Alfort, la nuit précédant leur forfait. J’avais souligné l’invraisemblance de cette relation des faits, dans la mesure où Abrini et Salah Abdeslam avaient été filmés en route pour Paris au volant de la Clio de location le 11 novembre à 19h, et que des témoins très précis affirmaient avoir vu les frères Abdeslam à Molenbeek le 12 novembre au soir.

Résultat : une autre version est désormais donnée sur l’emploi du temps de Salah Abdeslam et de Mohamed Abrini, qui ont été filmés partout entre la France et la Belgique avant le 14 novembre à 10 heures (moment où Abdeslam franchit trois barrages de police destinés à arrêter les coupables du 13 novembre), et qui sont introuvables depuis ce jour.

Le 13 novembre, retour en Belgique. À 3h01, la Seat quitte la ville de Molenbeek. Elle arrive à Bruxelles quelques minutes plus tard. Derrière elle, un autre véhicule, qui semble être la Clio noire louée par Salah Abdeslam. Les deux voitures s’arrêtent. Trois hommes en descendent. À 4h20, la Seat quitte Bruxelles à destination de Charleroi (Belgique).

Le véhicule se gare vers 5h25 à Charleroi, rue de la Garenne, d’où il ne repartira pas avant plusieurs heures. Que font les trois hommes durant ces 10 heures ? C’est une zone d’ombre pour les enquêteurs.

Les terroristes ne sont donc pas partis pour Paris le 12 novembre (avec nuit dans la maison de Bobigny qu’ils ont louée sur Airbnb semble-t-il), mais le lendemain, 13 novembre, au matin. Le véhicule aurait quitté Charleroi vers 15h50 pour rejoindre Bobigny où la Seat est repérée à 19h37. Dans cette version, il n’est pas fait mention de la Clio, qui aurait passé une heure à Roissy entre 18h20 et 19h20.

Si l’on en croit les derniers éléments qui sont fournis par ces versions manifestement non contenues dans les 6.000 procès-verbaux compilés par la police durant les six premières semaines de l’enquête, les terroristes ont donc préparé leur ceinture d’explosifs à Bruxelles, ont reçu des armes à Charleroi le 13 novembre, pour commettre des attentats le soir même. Comme ce sont des kamikazes, ils n’avaient pas l’ambition de survivre au 13 novembre, mais ils ont quand même loué une maison à Bobigny, qu’ils n’ont pas occupée, mais où ils se sont rendus entre 19h et 21h.

On le voit, on est encore loin d’avoir un récit cohérent de ce qui s’est passé… et on n’en a pas fini avec les « révélations » tonitruantes de la presse subventionnée.

Les attentats et les cerveaux belges

Entretemps, il semblerait que les condés belges aient identifié les cerveaux des attentats, ceux qui suivaient par SMS depuis Bruxelles le déroulement des opérations à Paris. Ils s’appelleraient Samir Bouzid et Soufiane Kayal.

Les deux suspects ont aussi transféré le 17 novembre, dans une agence de la Western Union en région bruxelloise, la somme de 750 euros à Hasna Ait Boulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud, tous les deux tués lors de l’assaut de Saint-Denis. De là sont tirées les images de surveillance.

Enfin, le rôle central des deux hommes apparaît encore dans le fait qu’ils ont été contrôlés à la frontière austro-hongroise bien avant les attentats, le 9 septembre, dans une Mercedes où avait pris place également Salah Abdeslam, en provenance de Budapest.

Ces deux mystérieux cerveaux sont en fuite.

Là encore, on est loin de tout savoir sur ces gens dangereux et fichés qui ont traversé les frontières de l’Union au vu et au su de la police à plusieurs reprises depuis plusieurs mois sans que personne ne semble s’en inquiéter particulièrement.

La police cherche à tuer dans l’oeuf la plainte Brinsolaro

Dans l’affaire Charlie Hebdo, on se souvient que l’épouse du garde du corps de Charb reproche au ministère de l’Intérieur un homicide involontaire aggravé. Elle considère en effet que les services de renseignement n’ont pas traité avec diligence le signalement d’un homme qui ressemble à l’un des Kouachi, surpris en train de faire une planque devant le siège de Charlie Hebdo fin octobre 2014.

Avec une rapidité déconcertante, l’inspection générale de la police nationale (dont l’indépendance et l’impartialité sont forcément au-dessus de tout soupçon) vient de rassurer le ministre en lui expliquant que tout va bien, et que cette affaire ne tient pas debout.

Une première accusation, concernant l’éventuelle défaillance de Patrick Hacgeman, le deuxième policier en charge de la protection de Charb, a été levée. Sylvain Louvet, un journaliste de Premières lignes, l’agence de presse située sur le même palier que Charlie Hebdo, avait appelé l’autre officier de sécurité de Charb, qui était de repos, lorsqu’a débuté la tuerie. Selon le journaliste, le policier lui aurait répondu qu’il était en congés, mais que la police n’allait pas tarder à intervenir. Mais d’après le rapport de l’IGPN, il s’avère qu’il ne serait pas resté inactif, mais aurait passé plusieurs appels, à Franck Brinsolaro et à sa hiérarchie. (…)

Le rapport de la DGPN répond à une deuxième accusation, concernant une voiture suspecte aperçue au mois de septembre 2014 à proximité de Charlie Hebdo. Le même journaliste de Premières lignes avait alerté les policiers du Service de la Protection de la présence d’un individu suspect proférant des menaces contre Charlie Hebdo qui aurait «insulté le prophète». Il avait transmis les coordonnées du véhicule aux policiers, qui avaient fait un rapport à leur hiérarchie. Il s’était avéré que le propriétaire du véhicule n’était connu des services que pour une affaire de droit commun. Pourtant, Sylvain Louvet, lorsqu’il aperçoit la photo des deux terroristes au lendemain des attentats, croit reconnaître dans Chérif Kouachi l’homme vu dans la voiture en septembre, ce qui pourrait faire croire à un éventuel repérage des Kouachi sur les lieux du drame, et surtout à une défaillance des services de protection. Mais devant les enquêteurs de l’IGPN, le journaliste était moins sûr de lui, et semble avoir reconnu le propriétaire de la voiture sur une photographie. Ce dernier serait un déséquilibré, ayant passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique. «On est sûr à 99 % que l’homme dans la voiture n’était pas Chérif Kouachi», résume une source proche de l’enquête.

Ce n’était pas un Kouachi, qui était en planque, mais un déséquilibré, et le témoin oculaire n’est pas sûr de reconnaître le gaillard. Ah ! tous ces témoins oculaires à qui on ne peut décidément pas se fier… Surtout que la présence de Kouachi est visée, dans la plainte de l’épouse Brinsolaro, fin octobre 2014, et que l’incident évoqué par la police a lieu en septembre.

La conclusion de cette enquête est évidemment ailleurs :

«Ces conclusions de l’IGPN, indique-t-on de source policière, ainsi que les investigations, ne permettent pas de démontrer les éléments constitutifs de l’infraction de non-assistance à personne en danger».

L’objectif était bien là : non pas comprendre la vérité, mais s’assurer que la plainte Brinsolaro serait classée sans suite. Le rapport de l’IGPN doit déjà être entre les mains du zélé procureur Molins, qui pourra classer en toute bonne conscience.

Sur le web

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  • S’il y a bien une urgence, c’est bien dans le controle de l’information .

    Les médias ont le devoir de nous apprendre qu’il se passe quelque chose quelque part, de nous donner une échelle de grandeur, et les journalistes ont le devoir de nous expliquer le pourquoi du comment.

    Je ne peux que constater, les effets contreproductif de l’info-spectacle généralisée aujourd’hui. Même la Mary du Cantal se sent la cible de DAESH, et menacée par une horde d’immigrant…

    Je pense necessaire de contraindre la forme de l’information, pour limiter le côté spectacle, sans toucher le fond…
    -> pas d’image pendant 1 semaine
    – information factuelle sur un sujet de type attentat, limitée à 10 minutes /heures par exemple

    Cela éviterait peut être les hommes politiques de prendre des décisions « émotionnelles » toutes aussi stupides, liberticides et inefficaces les unes que les autres.
    Cela éviterait peut être aux politiques de dêtre qu’il ne faut surtout pas chercher à comprendre ce qu’il s’est passé, comment une partie de la population si bien considérée par l’assistanat de l’ETAT et sa cohorte de fonctionnaires si efficaces que le monde entier nous les envient, fini par tuer des citoyens pour des raisons obscurantistes … ( manolo Valls par exemple)

    • Contrôle de l’information?

      Mis à part cette affirmation très « dans l’esprit de l’état d’urgence », que voulez-vous contrôler? L’information en France, ou l’information concernant la France diffusée depuis des sites internet situés à l’étranger?

      J’ai bien compris ce que vous voulez dire, simplement pas faisable techniquement, juridiquement. Ethiquement parlant, je ne peux adhérer à vous propos bolcheviks.

      • Je n’ai aucun scrupule à controler l’info-spectacle, ne serait ce pour une raison simple : c’est grâce à l’info-spectacle que l’effet d’un attentat est démultiplié…
        Une veritable caisse de raisonnance adorée par les commanditaires (et au passage par quelques psychopathes en mal de publicité)

        Pas question de ne rien dire.
        Libre à chacun d’aller chercher l’info ailleurs ( forcement moins « émotionnelles)
        Juste un controle de la temporalité de l’info-spectacle.

        A ne pas confondre avec le besoin d’une information libre traitée par des journalistes : vérification, analyse, pédagogie… TOTALEMENT absente dans la couverture des attentats en 2015.

        Plus qu’un esprit « etat d’urgence « , je pense plutot à un esprit  » media responsables »

        PS : l’exécutif adore dramatiser ce genre de situation, améliorant sa légitimité… C’est une constante dans tous les pays autoritaires… L’info-spectacle est du pain béni pour une légitimité de l’émotion.
        Pourquoi alors restreindre les images en boucle, témoignages douteux, de paroles d’experts autoproclamés..? Juste une semaine, parceque l’info-spectacle est hypnotique…

        • Vous dissimulez un désir de censure sous un verbiage abscons. Nous ne sommes pas en train de disserter sur les techniques cognitives de la propagande selon Goebbels ou sur la dialectique du pseudo-événement. Et ne répondez pas au  » comment ferez-vous concrètement pour contrôler la diffusion de l’information ?  » pour ne pas dire censure.

          • A aucun moment je parle de censurer l’information. ( à moins que vous pensez que le triste spectacle radio et surtout TV/www soit de l’information)

            Et meme cette merde, qui plaît tant aux clients des medias, Je ne le suspends qu’une semaine.

            Techniquement, c’est assez simple en fait : les medias sont subventionnés et dépendent d’un réseau pour sa diffusion… Largement controler par l’administration dejà aujourdhui…

            Apres, si vous pensez que le spectacle permanent des chaines infos vous apporte à vous des informations précieuses pertinentes et qui vous aident à comprendre ce qu’il se passe, je vous plains sincère.

            Je ne suis vraiment pas fan de la censure ( elle existe déjà et Je le déplore) je suis plutot pragmatique

            – l’attentat est une arme comme une autre
            – il vise un symbole, dans le but de terroriser et/ou de faire parler de soi
            – son efficacité dépend uniquement de sa couverture médiatique
            – les marqueurs de l’efficacité sont dans l’émotion, l’effet levier, les contraintes imposées, le nb de mesures prises dans l’urgence, le sentiment de peur et de haine ressenti par la population

            Et pour moi, l’info-spectacle contribue à faire d’une « grenade » ( dejà suffisament odieuse, triste pour les victimes et leurs proches) une bombe atomique…

            Un mouvement obscurantiste sème la terreur en Syrie et en Irak ( soutenu directement par nos grands amis saoudiens quataris et turcs) , et devient grâce à cet odieux et sauvage attentat un etat contre qui Notre pays serait en guerre, jusqu’au fin fond de là jungle guyanaise…

            Je ne sais pas si cela les fait trembler de peur… Mais nous, nous y avons gagné une loi anti terroristes de plus ( 1 par an depuis 20 ans)


            • Je comprends que contrôle n’est donc pas censure dans votre référentiel.

              J’ai dû me fourvoyer dans le décryptage de vos sophismes.

              A une prochaine fois.

              • Bah Cap 2006 est juste un libéral mais…
                Ses principes sont déjà appliqués sur les incendies de voiture de la St Sylvestre, l’info doit encore être en cours de traitement…

              • Ironisez si vous le souhaitez.

                Et puisque vous citez les voitures brûlées de la st Sylvestre… C’était devenu un veritable concours entre les cités … Parfois meme « attisé  » par des pseudos journalistes qui n’avaient pas envie d’attendre …

                • Alors parlons des agressions qui sont passées sous silence et qui sortent aux infos que 3 mois après… parce que l’insécurité c’est juste un sentiment. Vous faut-il des liens ?

  • « Ah ! tous ces témoins oculaires à qui on ne peut décidément pas se fier »en quoi c’est faux ? Les témoins occulaires ne sont pas fiables et cela est un fait reconnu depuis longtemps. Il y a déja eu des tas d’études sur le sujet montrent le manque de fiabilité en matière criminelle des témoins occulaires

    • Y a qu’à voir la répartition de l’avis du public dans le jeu QVGDM, surtout que le présentateur indique que seules les personnes sûres de leur réponse doivent voter ! Dans un zapping j’ai même vu une fois le public avoir tort… mais rien que la répartition fait se poser des questions sur les certitudes de certains.

  • Les médias au lieu de chercher à faire des scoop à tout prix devraient essayer de vérifier leurs sources avant de publier des infos. Cela leur éviteras de raconter n’importe quoi.
    C’est comme le fait que les médias disaient que les terroristes étaient drogués alors que les analyses sanguines ont montré le contraire

    • L’arbitrage des auditeurs devraient se faire par rapport à la fiabilité des infos comme pour tout autre produit.
      Malheureusement d’une part les subventions empêchent l’élimination des brêles pour ce qui est de la presse écrite et d’autre part, pour ce qui est de la télévision, la prime à l’audience induite par la présence exclusive (oupa) d’un politique fait qu’il se crée un copinage avec retour de service : si vous êtes critique sur la politique de telle ou telle tendance son représentant ne viendra pas bavasser dans votre émission.

  • Je crois que vous n’avez pas compris ce qui s’est passé. Le spectacle était voulu et nécessaire pour instaurer l’Etat d’urgence. Le spectacle était orchestré par la presse subventionnée de l’Etat, donc proposer des mesures qui vont contre les intérêts de l’Etat est très naïf. Pourquoi l’Etat se priverait de ce merveilleux spectacle macabre offert par des racailles bandits de banlieue pour en faire une affaire d’Etat, déclarer une guerre á un autre Etat qui n’existe pas et en profiter pour contrôler encore plus ces citoyens?

  • Quand les médias se fourvoient aussi dans de fausses légendes, la presse ne doit pas s’étonner d être si peu crédible.

    http://www.huffingtonpost.fr/michel-taubmann/la-legende-contestee-de-lassana-bathily_b_8929700.html

  • Pourquoi donc toujours vouloir contrôler ou censurer les médias même chez certains lecteurs de Contrepoints sensibles (a priori) aux thèses du libéralisme ?
    Il suffirait de responsabiliser les dits médias !
    Beaucoup d’infos sont rapportées dans nos médias de façon à convaincre le lecteur (ou auditeur et téléspectateur), de leur véracité. Les précautions d’usage, le conditionnel, la notion de doute sont bannis du verbiage médiatique car non vendeurs.
    Si un article (ou reportage…etc) basé sur des éléments non vérifiés, provenant de sources non fiables, et vendu au public sous la forme d’une vérité vraie, se révèle faux par la suite. Pourquoi ne pas permettre à quiconque d’engager des poursuites pour obtenir sanctions financières (qui devraient être significatives bien sûr) et obligation de publication de correctifs en 1ère page, début de journal TV…etc.
    Idem en cas d’infos dont la divulgation inappropriée (trop précoce, opération de police ou militaire en cours…etc) peut être lourd de conséquences (cf le reportage de BFMTV indiquant les clients de l’Hypercasher cachés dans un frigo). Si les conséquences de cette « révélation » avait été fâcheuse, il doit être possible de permettre des poursuites avec sanctions financières d’autant plus lourdes que les conséquences auraient été fâcheuses (or divulgation étayée de faits délictueux qui a des conséquences sur leurs auteurs).
    De la même façon, pourquoi ne pas rendre les médias responsables de la transmission « brut de fonderie » de certaines infos fausses mais débitées au km par certains individus (politiques surtout mais pas seulement) sans aucune contradiction, sans aucun autre élément d’information.
    Seules les interviews et débats (contradictoires bien sûr) pourraient échapper à cette responsabilisation du média.
    Actuellement, les médias peuvent affirmer n’importe quoi sans aucune conséquence. Les poursuites sont limitées à la violation de la vie privée. Les rendre responsables les obligerait à effectuer certaines vérifications, à émettre des doutes ou à informer un minimum le lecteur sur les anti-thèses existantes aux affirmations de PierrePaulJacques. Un travail de journaliste en somme.
    Le Canard Enchainé y arrive très bien. Peu de personnes ose les attaquer car leur sources sont validées et ils n’ont pratiquement perdu aucun des quelques procès qui leur ont été intentés (mais j’avoue que ma mémoire est incertaine sur ce sujet). C’est aussi le seul journal non subventionné en France et indépendant financièrement. Ceci explique peut-être cela.
    Evidemment, certains n’apprécieront pas. En particularité, les politiques qui ne trouveront plus aussi facilement dans les médias les caisses de résonances à leurs incompétences.

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