Capitalisme : l’argent et les marchés sont-ils immoraux ?

Dans son dernier ouvrage, John Plender s’interroge sur les raisons de l’impopularité du capitalisme malgré l’extraordinaire dynamisme économique qu’il recèle.

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Wolf-alexandre alacchi (CC BY 2.0)

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Capitalisme : l’argent et les marchés sont-ils immoraux ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 septembre 2015
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Par Thierry Godefridi

Wolf-alexandre alacchi (CC BY 2.0)
Wolf-alexandre alacchi (CC BY 2.0)

 

Du mot capitalisme, le Larousse en ligne donne quatre définitions. C’est assez dire que la notion ne souffre d’aucune ambiguïté. En outre, aucune des quatre définitions ne s’applique à ce que d’aucuns qualifient de capitalisme d’État. Aussi, n’est-ce pas inutilement que John Plender, éminent journaliste au Financial Times depuis 1981, précise dans l’introduction de son livre Capitalism publié le mois dernier qu’il entend par capitalisme un système basé sur le marché où l’exercice privé de l’industrie et du commerce se fonde sur le droit de propriété, système qui, rappelle-t-il, a permis à des centaines de millions de personnes d’échapper à la pauvreté. Son propos n’est toutefois pas d’en prononcer le panégyrique mais de s’interroger sur les raisons de l’impopularité du système malgré l’extraordinaire dynamisme économique qu’il recèle et le constat qu’il a, plus que des armées de politiciens et de bureaucrates, contribué au progrès social.

C’est à cette analyse, étayée par la vaste culture historique, littéraire, philosophique et économique de l’auteur, que se réfère le sous-titre du livre, Money, Morals and Markets. Pourquoi le capitalisme est-il mal aimé ? Beaucoup s’interrogent sur sa légitimité et le fondement éthique du rôle de l’argent comme moteur de la croissance économique, relève Plender, mais en fait l’ambivalence à l’égard de l’argent précède le capitalisme de plusieurs siècles. Une cohorte de philosophes, d’ascètes, de devins, de poètes, d’artistes ont pris parti contre ceux qui s’enrichissaient, à commencer par Platon qui les accusait d’y perdre le sens de la vertu ou l’apôtre Paul qui voyait dans l’argent la racine de tous les maux. Pour ceux-là, la poursuite d’un gain matériel conduisait à l’appauvrissement moral.

Le rééquilibrage qui s’opéra dans l’attitude face à l’argent et aux marchés avec le développement du commerce et sous l’influence des Lumières fut rompu par une nouvelle vague de détracteurs quand apparut l’industrialisation et avec elle ce que Marx, Engels, Schiller et d’autres considérèrent comme étant une déshumanisation du travail. Selon John Plender, l’ultime revirement dans la longue marche de l’entreprise d’un statut de paria à une semi-honorabilité intervint lorsque Deng Xiaoping déclara que « to get rich is glorious ». Comme le fit remarquer Wu Jianmin, ancien ambassadeur de Chine en France, lors de la séance plénière de l’Université d’été du Medef en 2014, Deng passa une partie de sa jeunesse en France et sans doute tira-t-il toutes les leçons de ces années formatives au pays de la liberté et de l’entreprise triomphantes.

Cependant, la grande crise financière et ses conséquences économiques ont ébranlé cette confiance dans l’argent et le business et provoqué un violent contrecoup populiste à l’égard des banques et du monde de l’entreprise en général avec des relents de pensée keynésienne (qui voyait des « penchants animaux » dans l’esprit d’entreprise) et marxiste (qui interprétait le capitalisme comme seule volonté d’accumulation de capital). Désormais, c’est, conclut John Plender, à contrecœur que l’on accepte le rôle vital de l’esprit d’entreprise dans la croissance économique.

41trn-xFArL._SX325_BO1,204,203,200_Et, c’est là que se situe toute l’équivoque, entretenue à profusion par les socialistes, collectivistes et étatistes de tout poil qui s’en servent pour promouvoir leur modèle de société égalitariste : la crise de 2008 fut d’abord financière (« big money too big to fail »), puis morale quand les conséquences économiques de la première mirent en lumière l’enrichissement obscène que les uns tiraient de leur dissémination d’« armes financières de destruction massive » et les autres, d’une gestion calamiteuse, à leur seul bénéfice, d’entreprises qui ne leur appartenaient pas. La crise de 2008 constitua la énième manifestation de l’asymétrie d’information qui régit le rapport principal-agent dans les hautes sphères financières, économiques et politiques et des dérives d’un capitalisme de connivence. Elle ne peut servir à remettre en question la libre-entreprise et le marché comme piliers du bien-être et de la croissance économiques.

John Plender le perçoit bien ainsi. Prenant en particulier l’extraordinaire exemple de Thomas Edison, mais aussi d’autres, il allègue que les plus grands entrepreneurs ne sont pas motivés par l’argent (à cet égard, écrit-il, la pensée de Keynes qui dénonçait la soi-disant attraction morbide de l’argent comme ressort de l’initiative entrepreneuriale doit être considérée comme anti-sociale) et il consacre tout un chapitre à ce qu’il qualifie de détournement du capitalisme par les banquiers et un chapitre suivant aux économistes et autres sophistes de notre temps avant de s’élever contre la promiscuité des élites appartenant aux milieux du pouvoir politique, de la haute finance et de la très grande entreprise. Ce sont ces dérives n’ayant strictement rien à voir avec la dynamique entrepreneuriale et le fonctionnement du marché qui jettent le discrédit sur le capitalisme (tel que défini par Plender dans son introduction) et qui rendent l’auteur pessimiste quant à l’avenir du système, sauf à garder une confiance aveugle dans l’ingénuité humaine.

Capitalism – Money, Morals and Markets est un livre éclairé et équilibré, rédigé dans un langage limpide et empreint d’humour. À partir d’une perspective historique et philosophique, John Plender argumente de manière logique et non idéologique sur l’état du capitalisme au XXIe siècle. Il n’en néglige aucune facette (avec notamment des chapitres consacrés à l’or, à l’art et à la Chine) et nous invite en quelque sorte à écrire en toute connaissance de cause l’histoire future de ce système, qui reste, pour paraphraser Winston Churchill au sujet de la démocratie, la pire forme de gouvernance économique, à l’exception de toutes les autres formes qui ont pu être essayées de temps en temps.


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  • Sinon, on peut aussi vivre comme on le sent, et arrêter de mettre les gens dans des cases, ça pourrait être sympa.

    Je serais bien prêt à échanger 15ans d’espérance de vie de plus (à quoi bon en plus, en étant un légume…), contre la possibilité de ne plus stresser et courir après le temps, à travailler, payer, encore et toujours, avec toujours plus de pression, de productivité, de taxes, de règles, de barrières… Ça ne me rend pas heureux, bien au contraire, d’autant que franchement, je ne vois aucune perspective ici… Les inégalités entre le salariat et l’indépendance sont maquillées, mais flagrantes quand on s’intéresse au milieu, tout est fait pour nous cloisonner dans des structures gigantesques qui nous dépassent, et assurer une belle rente à l’État et la Sécu.

    À tel point que j’envisage d’être aussi autosuffisant que possible, dans l’avenir, et vivre de l’essentiel (une micro maison style Tiny House + terrain / ~30 à 50k€ me suffiront, pas envie de me taper un crédit à vie).

    Être libéral c’est aussi laisser les gens vivre et faire leurs choix de vie, comme bon leur semble.

  • Le capitalisme est la propriété privée des moyens de production des richesses.

    Le collectivisme égalitariste est la propriété privée des moyens de destruction des richesses.

  • Dans la liste des élites qui ont confisqué le capitalisme à leur profit, il faut rajouter les medias. Les politiques friquotent avec les journalistes salarié des grands conglomérats adossé à l’Etat et vogue la galère, avec nous dans le rôle des rameurs. Ainsi la boucle est bouclée, les médias permettant au système de se maintenir via le système « démocratique ».

    Sinon l’ouvrage est-il lisible pour un anglophone de salon ou attendons nous la traduction ?

  • Faut pas confondre capitalisme et entrepreneuriat

  • le capitalisme a réduit ces dernières années de moitié la pauvreté mondiale. http://loicgonsolin.politicien.fr/2013/07/05/716/ http://www.contrepoints.org/2012/03/22/74166-la-pauvrete-recule-dans-le-monde-grace-a-la-liberte-economique http://www.contrepoints.org/2013/10/13/142447-tout-ce-que-vous-aimez-devoir-au-capitalisme
    cela est un fait le capitalisme permet d’améliorer le sort des plus pauvres…..comme disait churchill: » Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. » intéressez-vous à Muhammad Yunus et à Hernando de Soto Polar : Deux économistes qui ont démontré, de façon expérimental et concrète (avec le micro crédit en Inde pour le premier et dans les favelas pour le second), que seul le capital, le plus petit soit-il, peut permettre de sortir de la pauvreté. A LIRE : « Au secours, ils veulent la peau du capitalisme ! » (Sous-titre : Petites leçons sur l’économie de marché à l’usage de ses détracteurs) de Nicolas Lecaussin, chez FIRST Editions
    C’est un livre écrit de façon limpide : tout le monde peut le lire et comprendre. le capitalisme est un sytème parfaitement morale contrairement à ce que disent les anticapitalistes: http://nicomaque.blogspot.fr/2013/02/le-capitalisme-est-il-moral-ce-que-vos.html http://www.contrepoints.org/2012/01/31/66856-le-capitalisme-le-systeme-le-plus-vertueux-jamais-invente

  • On se rappellera que le capitalisme n’est pas une doctrine et qu’il a été décrit et quasiment codifié par ceux là-même qui l’ont identifié (Marx) et accusé de tout le mal sur terre (communistes, anarchistes et soviets, aujourd’hui écolos et alter-machins).
    Il y a quatre catégories de capitalistes : ceux qui participent activement au développement de l’économie, ceux qui l’accompagnent plus ou moins passivement, ceux qui la parasitent et ceux qui contribuent à sa perte. Cela n’est pas dû au système en soi mais aux personnes, avec leurs aspirations simultanément sublimes et sordides. Ces personnes sont aussi enfermées dans des manières de penser desquelles elles ont peine à prendre distance, le conformisme étant plus confortable. On doit saluer les premiers, vivre avec les deuxièmes qui permettent aux liquidités de passer de main, mais il faut fortement diminuer les deux autres catégories.

    • Vous soulevez le problème du capitalisme. Il a été créé par quelqu’un qui haissait ce système. A la base, c’est un terme péjoratif inventé par Marx. La majorité des intellectuels qui se sont intéressé au capitalisme sont des marxistes ou des socialistes autrement dit des gens qui ont un appriori négatif du capitalisme.
      Ce n’est qu’au milieu du 20 siècle que le capitalisme commence à être revendiqué positivement, notamment par Ayn Rand.

  • Les capitalistes et les socialistes sont d’authentiques alliés dans la prédation des richesses, la seule chose qui peut les distinguer parfois, c’est la clientèle à qui elle profite. Et encore, ce n’est pas toujours évident. En tout cas je félicite l’auteur, Les Dassault et autres Gattaz n’auraient pas dit mieux. Les gros capitalistes n’en ont rien à foutre de la liberté et de entrepreneuriat, la seule chose qui les intéresse c’est quels distorsions apporter au marché via des lois et des institutions sur mesure pour entretenir ou augmenter leurs marges et leurs parts, il faut le dire en quel langue pour que ce soit compris ? En espérant que Charles Gave ne tombera pas sur votre article, il pourrait s’étouffer une fois de plus à prêcher dans le désert que constitue son propre camp et ses soit-disant compagnons de route.

    • Faudrait peut-être apprendre à lire…

      • Rassurez vous j’ai très bien compris : ceux qui critiquent le capitalisme sont des populistes, alors que l’auteur avoue quand même à mi-mots que nous assistons à de graves dérives de celui-ci qui sont complètement anti-libérales. Ce qui n’empêche pas l’auteur de finir sur une note positive en faveur du capitalisme, au nom du libéralisme … bref comprend qui pourra.

    • « Les capitalistes et les socialistes sont d’authentiques alliés dans la prédation des richesses, la seule chose qui peut les distinguer parfois, c’est la clientèle à qui elle profite. » Lisez mon commentaire au dessus. le capitalisme profite justement à tout le monde y compris aux plus pauvres.
      Le socialisme et le capitalisme sont deux choses de différentes: le socialisme est avant tout une idéologie alors que le capitalisme n’est pas une idéologie mais un système.
      Le capitalisme est un système qu créé de la richesse alors que le socialisme s’occupe de retristibuer la richesse (au détriment de la création).
      « Les Dassault et autres Gattaz  » c’est du capitalisme de connivence qui est une déformation du capitalisme par l’état. Le « capitalisme de connivence », ou le « capitalisme politique » comme l’appelle l’historien Gabriel Kolko, est résultat de l’étatisme et d’une forme de corruption des élites : les grandes entreprises, de plus en plus inefficaces et bureaucratisées, réagissent au libre marché et à la concurrence en se tournant vers le gouvernement pour réclamer davantage de règlementations, de protection, ce que Bastiat appelait la « recherche de rentes ». De même, les grandes banques brandissent la menace du « risque systémique » pour exiger un renflouement par l’État ou par la banque centrale suite à leurs erreurs.
      Le problème actuel n’est pas le fait que soi disant il y a trop de capitalisme mais qu’il a été déformé par l’état.
      L’état, que l’on le veuille ou non, n’est qu’un instrument aux mains des élites qui contrôlent l’état et qui s’en servent pour servir leurs propres intérêts et ceux de leurs copains (vu que l’on est en démocratie, les élites se servent aussi de l’état pour aider leurs clientèles électorales)

  • Ce n’est pas le capitalisme qui est amoral mais la finance associée.

    Quand on commence à fricoter avec la vente à perte et le short trading, on est en droit de se poser la question si le but ultime n’est pas simplement de faire du fric à tout prix. Alors un grand oui au capitalisme vertueux!!! Pour le reste, non merci!!!

    • la finance est un élément consubstantiel à tout système capitaliste, il n’en reste pas moins que le secteur financier a pris aujourd’hui une importance particulièrement grande par rapport à ce qu’il était dans le passé, en particulier au niveau de l’importance des profits des banques dans le profit total.
      On peut avancer les raisons suivantes à cette hausse :
      pour l’École autrichienne d’économie, la création monétaire ex nihilo peut expliquer une déconnexion de la finance et de « l’économie réelle ». La nouvelle monnaie émise par la banque centrale devient le jouet de la spéculation et alimente des bulles dans certains marchés (actions, matières premières, etc.), sans forcément impacter le niveau général des prix (contrairement à ce qu’affirme la théorie quantitative de la monnaie). Certains accusent les banques centrales de soutenir artificiellement les marchés de cette façon. Antal E. Fekete indique que la nouvelle monnaie créée par la banque centrale s’épand sur le marché obligataire sans risque de « fuite vers les biens réels », ce qui explique le décrochage entre « économie réelle » et « économie financière ». La banque centrale étant un monopole d’émission monétaire combattu par les économistes autrichiens, on voit que la mise en accusation du libéralisme relativement au « capitalisme financier » est absurde ;
      l’endettement général (des entreprises, des particuliers, des états via la dette publique) accroît les flux financiers et les volumes gérés par le secteur financier (la dette d’un acteur économique étant toujours un placement financier d’un autre acteur), encore plus dans un contexte mondialisé. C’est moins le libéralisme qui est ici en cause que le comportement de chacun des acteurs économiques, états compris.
      la technique financière elle-même progresse et offre des opportunités d’échanges qui n’existaient pas auparavant, à travers des produits sophistiqués (produits dérivés, CDS, …).
      C’est l’interventionnisme étatique qui est le vrai coupable de la dérive de la finance . Je vais essayer d’être simple et conçis
      Dans les années 70 Nixon aux US (et l’Europe qui bien sûr a suivi) a destandardisé le dollar de l’or (en gros avant on ne pouvait pas créer plus d’argent qu’il n’y avait de réserve d’or, permettant ainsi une monnaie stable). Conséquence, l’état, dès qu’il en a besoin (pour se rendre plus important /légitime et/ou par opportunisme court_termiste électoraliste), crée de l’argent (Fiat money en anglais) sorti de nulle part (un faux monnayeur légal) et le diffuse dans l’économie. Cette création monétaire a plusieurs conséquences lourdes qui expliquent les dérives du système financier. Trois exemples :
      1) Toutes les Crises financières depuis 1929 ont toujours été précédées d’une politique de relance étatique par création monétaire directe(depuis la déstandardisation sur l’or) ou indirecte. cette offre monétaire fictivement augmentée envoie de faux signals aux investisseurs qui croient à tort qu’il est propice d’investir. Une offre se crée sans la demande qui va avec. Des bulles se créent et quand la demande ne suit pas, ces bulles éclatent et la crise se diffuse.
      2) En créant cet argent, l’état créé une offre inadéquate de monnaie et fausse le marché, les prix augmentent (inflation) et la monnaie perd de sa valeur. Du coup, un travailleur, par exemple, qui économise toute sa vie, s’il ne fait rien voit ses économies perdent en valeur chaque année, il va donc le placer dans les marchés financiers , chose qu’il n’aurait jamais pris le risque si l’état laissait la monnaie tranquille .
      3)Quand l’état créé cet argent, ou va t il en premier, les banques. Fortes de cette priorité elles achètent en premier à bon prix dans l’économie réelle et augmentent les prix pour nous les prochains acheteurs. Et Bien sûr elles spéculent et sont plus irresponsables avec un argent qui ne leur appartient pas. Le plus gros scandale, une loi bancaire de l’état appelé réserves fractionnaires : pour faire très simple, pour un million donné à une banque (par un état ou par un particulier) , celle ci peut en créer dix millions, en simplement quelques clics . Comme disait Ronald Reagan, l’état n’est pas la solution, il est le problème. Ce n’est ni le marché libre ou le capitalisme qu’il faut blâmer.

      Le système financier a son utilité mais l’état l’a perverti et rendu plus important que le marché libre ne l’aurai fait.

    • Je prends un exemple simple et très parlant: Bcp de gens dénoncant le marché ont dénoncé le trading haute fréquence comme une pratique dangereuse et comme une dérive de la finance et du marché libre. Ce qu’ils oublient c’est que le THF est une conséquence de la réglementation débile aux Etats Unis apparu dans les années 2000 suite à un problème avec les specialists.
      En effet, et sans rentrer dans les détails, la loi impose aux courtiers de fournir un prix officiel à leur client s’ils traitent sur plusieurs bourses. Hors ce prix est diffusé tellement lentement que l’on peut sans problème arbitrer sans risque le flux du client par rapport au cours réel.
      De plus, si le volume du TFH est si important, c’est d’abord qu’il n’y a plus aucun volume « naturel » sur les bourses. Ceci est notamment du aux nouvelles réglementations ubuesques qui permettent d’avoir un levier infini face à un emprunt grec et un levier de 2 au maximum face à une action liquide.
      Les stratégies TFH sont dans leur immense majorité ultra simples : on ne peut effectuer des calculs. compliqués en quelques microsecondes. Il s’agit 9.9 fois sur 10 d’arbitrage pur : on vend d’un coté et on achète de l’autre avec un impact nul.
      En plus, il ne faut pas non plus diaboliser cette pratique comme le font les médias: le THF a des avantages et des inconvénients. le problème est juste beaucoup plus complexe qu’il en a l’air et on ne peut pas l’enlever de son contexte. Dans certaines circonstances, le THF peut avoir des conséquences sur la stabilité des marchés financiers. Hormis les aspects purement techniques liés à des stratégies de trading portant par exemple sur la hausse recherchée de la volatilité, ou d’autres aspects très techniques, le risque principal au niveau global est celui du risque systémique et de l’instabilité du système. Pour certains, le THF est une mutation nécessaire pour s’adapter à l’écosystème des marchés financiers, mais il s’agit également d’une innovation qui accroît le risque de crise financière. mais le THF a trois avantages:1. Augmentation de la liquidité
      La multiplication des ordres passés permet d’assurer la plus grande liquidité sur l’ensemble des types d’actifs, ce qui est fondamental pour le bon fonctionnement d’un marché. De plus, le THF présente l’intérêt de ne pas être soumis aux aspects psychologiques des opérateurs de marché. Typiquement, dans le cas où plus rien ne va sur les marchés, au lieu d’adopter un comportement moutonnier de panique ou « d’exubérance irrationnelle », les ordinateurs vont d’eux-mêmes s’arrêter et attendre le retour à la normale.
      2. Baisse des spread
      En d’autres termes, le spread, qui est l’écart entre le prix acheteur et le prix vendeur, est mécaniquement diminué grâce à la hausse de la liquidité engendré par le THF.
      3. Les marchés peuvent être plus efficients
      En effet, les algorithmes peuvent détecter des anomalies de marché que les humains ne peuvent pas voir du fait de leur capacité cognitive et de calcul limitée. Dès lors, il est possible de réaliser des arbitrages entre différentes classes d’actifs (actions, obligations…) et places boursières (Paris, Londres, New-York) de façon à ce que le prix d’équilibre se réalise sur les marchés boursiers. vouloir la réglementer ou l’interdire n’aurait aucun effet sauf si on agit au niveau mondial (chose très peu probable). une réglementation aurait des effets contre-productifs. trop de régulation équivaut à moins d’échange, et donc moins de circulation du crédit, ce qui renchérit mécaniquement le coût de ce dernier, avec in fine un accès aux capitaux plus coûteux pour les entreprises, avec des répercussions sur le marché du travail et des biens et services.

    • un conseil: lisez « Les Marchés font-ils la loi ? » de Pascale-Marie Deschamps. c’est un bon livre mais il est incomplet car une bonne partie des arguments contre les « dérives » ou contre le régulateur sont atténués, formulés timidement. Cela tient probablement au fait qu’il est impossible pour des praticiens, juges et parties, de critiquer fondamentalement le système. Ainsi de la politique de taux accommodants qui a créé de nombreuses bulles financières à travers le monde, et à peine évoquée. De même (et surtout) de l’aléa moral et du Too big to fail. Cette garantie implicite de sauvetage par l’État est une cause majeure des dysfonctionnements bancaires actuels.
      les petits producteurs, les entrepreneurs,……….. ont besoin de la « finance » pour :
      – démarrer une activité : emprunt bancaire
      – financer leur croissance : prêts, solutions de gestion de trésorerie
      – garantir leurs prix de vente (dans certaines activités seulement) : achat de produits financiers pour se garantir le prix d’achat de la matière première
      – placer leur trésorerie : produits financiers (actions, obligations), placements à terme (rémunérés).
      Bref, cracher sur la finance est absurde, on en a besoin, sauf si bien sûr on est « producteur » de son petit potager pour vivre en autarcie.
      Ceci dit, je ne considère pas la finance comme un monde exempt de tout défaut, mais de grâce il faut de croire aux discours faciles.

      la finance crée de la richesse:
      http://minarchiste.wordpress.com/2013/06/21/comment-les-marches-financiers-creent-de-la-richesse/

    • la finance regroupe les institutions et autres moyens qui assurent le transfert des ressources des épargnants vers les emprunteurs. Donc la finance c’est tout le monde

      D’une part, il y a des gens qui souhaitent épargner pour financer une consommation future. Ceux qui détiennent des régimes de retraite, privés ou publics, font partie de ces épargnants. Ce fait confirme que «la finance» ce n’est pas «eux» (les financiers) par opposition à «nous» car à peu près tout le monde, par le biais de ces régimes de retraites, fait partie de cette interaction.

      Et, d’autre part, il y a des gens qui souhaitent emprunter, soit pour consommer maintenant et payer plus tard, soit pour investir. Plusieurs épargnants préfèrent, pour des raisons bien compréhensibles, confier leur épargne à une institution financière qui se chargera de la placer à profit. Ces transferts d’épargne constituent ce que l’on appelle les marchés financiers.

      Aussi longtemps qu’il y aura des épargnants et des emprunteurs, il y aura des marchés financiers – à moins qu’ils ne soient interdits par la force. C’est notamment ce que les pays communistes essayaient de faire (certains essaient encore, tels la Corée du Nord et Cuba). Le résultat : l’État monopolisait et dilapidait l’épargne, et plusieurs individus, pour se protéger, devaient cacher leur épargne sous leur matelas, de préférence en devises étrangères. D’autre part, sous ces régimes communistes, les investisseurs ne pouvaient faire appel à l’épargne publique et devaient compter sur les bureaucrates du Plan. Le développement et la prospérité n’étaient pas tout simplement au rendez-vous.

      L’un des slogans naïfs des occupants de Wall Street disait : «Emprunter, c’est de l’esclavage». Évidemment, si on interdisait aux gens d’emprunter, personne ne pourrait épargner et obtenir un rendement sur son épargne. Ceci dit, je suis néanmoins d’accord avec les protestataires pour dire que nous avons eu au fil des ans des politiques monétaires (fixées par des entités étatiques) qui ont favorisé l’endettement excessif et, inversement, qui ont découragées l’épargne. Mais il est difficile de blâmer le «capitalisme» ou la «finance» pour cet état de fait.

      Le plus grand emprunteur par les temps qui courent est… l’État lui-même. Quand l’État emprunte, les épargnants lui confie une partie de leur épargne, et il y en a d’autant moins à emprunter pour les projets productifs des entreprises ou des particuliers. Comme Pierre Lemieux le fait remarquer, c’est justement la voracité des États emprunteurs qui provoque actuellement une nouvelle crise.

      Les intermédiaires financiers essaient d’offrir aux emprunteurs et aux investisseurs des produits financiers adaptés à leurs besoins. Ceux-ci comprennent notamment les credit default swap et d’autres techniques de hedging – qui permettent notamment aux administrateurs de votre fonds de retraite, aux transporteurs aériens et aux agriculteurs de minimiser les risques.

      Que l’on s’oppose aux firmes financières subventionnées par l’État ou trop copain-copain avec lui, je veux bien. Que l’on affirme que certains acteurs privés actifs dans le monde de la finance ont commis des erreurs de jugement et/ou des manquements éthiques, je veux bien. Mais il est par contre absurde de s’opposer à «la finance» comme telle, sauf si l’on favorise le sous-développement et la pauvreté ou si l’on est illettré économique.

  • Les anticapitalistes et autres gens haissant la finance utilisent un sohisme qui consiste de faire du marché une personne. le marché n’existe pas en tant qu’entité. Le marché, c’est chacun d’entre nous, chacun de ses acteurs, producteurs et consommateurs ou intermédiaires. Le marché ce sont des acteurs, plus ou moins nombreux selon le type de produit échangé. Ainsi, le marché du pain en France est constitué des millions de consommateurs qui achètent leur baguette, des dizaines de milliers de boulangers, d’agriculteurs, etc. Le marché ne désigne que l’ensemble des relations à la fois volontaires et potentielles entre les personnes. Volontaires, cela veut dire que tout le monde y entre exprès en relation, et c’est une preuve suffisante qu’elles y trouvent toutes leur intérêt. Potentielles, cela veut dire qu’il y a marché tant qu’il y a choix. Si l’échange est à long terme, on entre alors dans un contrat, et quand les contrats sont multiples, dans une organisation.

    le marché a des imperfections mais comparer le marché à un état parfait comme le fait les anticapitalistes est erroné. l’état a aussi des imperfections. or si on étudie les imperfections du marché et les imperfections de l’état, on se rend compte que le marché a moins d’imperfections que l’état. c’est pour cela qu’il faut un état limité.

  • Sur le capitalisme, lisez « The Mystery of Capital : Why Capitalism Triumphs in the West and fails Everywhere Else »de Hernando De Soto

    et « The Case For Legalizing Capitalism »de Kel Kelly. Cet ouvrage vise à expliquer ce qu’est vraiment le capitalisme et comment celui-ci est la meilleure forme d’organisation économique possible. La plupart des mythes et sophismes économiques les plus répandus y sont abordés.

  • Si vous voulez trouver plus d’ouvrages traitant sur le capitalisme, allez ici: https://mises.org/search/site/resources%205642%20Case%20for%20Legalizing%20Capitalism (vous pouvez les lire gratuitement)

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