Économie chinoise et dévaluation du yuan

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Chine red dream

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Économie chinoise et dévaluation du yuan

Publié le 22 août 2015
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Par Julien Barlan.
Un article de Trop Libre

Chine red dreamAlors que jusque dans les années 1970, l’économie chinoise était marquée par un dirigisme et un communisme d’État, quarante années d’ouverture progressive ont conduit la Chine au rang de premier exportateur mondial en 2010. L’économie chinoise reste toutefois marquée par une forte régulation, illustrée par un régime des changes semi flottant et caractérisée par un taux pivot (qui vient d’être déprécié) autour duquel le yuan peut évoluer dans un périmètre de +/- 2%. Au-delà de ces limites, la Banque Centrale intervient pour maintenir le taux. Les progrès économiques enregistrés par la Chine durant les quarante dernières années ont permis l’émergence d’une classe moyenne fortunée et la Chine a aujourd’hui le premier PIB au monde en parité de pouvoir d’achat. Ces phénomènes ont donné l’illusion d’un pays en pleine transformation économique, passant du statut de première usine mondiale à celle d’un pays de classe moyenne et d’une société de consommation.

Pourtant, cette transition est incomplète et la Chine est confrontée à des défis économiques et financiers de premier ordre, ayant motivé une intervention de l’État et la triple dévaluation monétaire d’août 2015. L’avènement de cette société consommatrice de classe moyenne qui se voulait le moteur économique mondial du XXIème siècle est donc repoussé sine die. Mais au-delà des motivations économiques, cette décision est avant tout politique, les justifications économiques n’étant pas toujours valables. Clairement, la Chine ne coopère pas avec le reste du monde et reste un « partenaire » économique redoutable.

Les difficultés économiques et financières auxquelles la Chine fait désormais face

Il convient dans un premier temps de souligner que la Chine connait des difficultés économiques, le terme de « difficultés » étant bien sûr à interpréter à son échelle. On peut en identifier trois.

1° La Chine est aujourd’hui tombée dans le piège du salaire moyen, qui se vérifie empiriquement lorsqu’une économie atteint un revenu moyen par tête d’environ 15 000 à 20 000 dollars. En d’autres termes, l’économie chinoise s’essouffle. Qui plus est, la Chine est aujourd’hui un des pays au monde où la population épargne le plus. En effet, la consommation intérieure chinoise ne représente que 40% du PIB là où cette dernière représente au moins 60% du PIB  des économies développées.  Cette « sous consommation » conduit à un excès d’offre et à une chute des prix. La dernière mesure d’inflation n’a ainsi relevé qu’un taux de 1,6%, contre un objectif gouvernemental de 3%. Dans le même temps, et malgré des prix moins élevés que prévu, les exportations chinoises ont baissé de plus de 8%, bien que sa balance commerciale reste largement excédentaire (plus de 3% du PIB).

La Chine doit désormais faire face à une concurrence exacerbée de pays asiatiques à des stades de développement moins élevés, comme le Bangladesh ou le Vietnam, qui viennent désormais lui faire de l’ombre sur le marché de la production de biens manufacturés à faible valeur ajoutée (ex : le textile). On assiste peut être au début de la fin du « made in China » qui a fait le succès économique de la Chine ces quarante dernières années.

3° Une grande quantité de l’épargne chinoise est venue alimenter le marché actions, transformant les places financières de Shanghai et Shenzhen en véritables casinos géants. Quand l’indice a atteint un pic le 12 juin dernier, il avait grimpé de plus de 150 % au cours des 12 derniers mois. Mais cette bulle a récemment explosé et les marchés actions chinois se sont effondrés de plus de 30% au début de l’été 2015.

Ainsi, ces difficultés économiques et financières ne mettent pas la Chine à l’abri de troubles sociaux de premier ordre, mettant en danger non seulement la stabilité et la paix sociale dans le pays, mais aussi la confiance des agents (consommateurs, investisseurs…) dans l’économie du pays. Devant l’accumulation de mauvaises nouvelles, la Chine s’est donc tournée vers l’arme de la dévaluation.

La dévaluation : simple réaction économique ou décision politique ?

Cette situation a conduit le gouvernement chinois à dévaluer le yuan. Désormais, un dollar rapporte 6,4 yuans contre 6,2 au début de l’été, soit une chute de plus de 3%. L’objectif du gouvernement est clair : donner un bol d’air à l’économie et stimuler les exportations chinoises, notamment en conjugaison avec des coûts de transports moins élevés, la baisse du prix du pétrole rendant l’acheminement des biens moins coûteux. Mais cet objectif est non avoué. La Banque Centrale chinoise se cantonne à évoquer un simple ajustement reflétant les cours du marché. Le problème est que cette annonce intervient étrangement en parallèle de difficultés économiques et alors que le gouvernement chinois faisait la sourde oreille quand le yuan était surévalué… Ainsi, alors que le PIB en volume de la Chine fût largement minimisé par les autorités en maintenant le cours de la monnaie artificiellement bas pour masquer l’écart de compétitivité énorme qui se creusait (très faibles salaires eu égard aux fondamentaux), Pékin ne voulait pas entendre parler d’une quelconque appréciation du yuan. Aujourd’hui, la musique jouée est tout autre.

En réalité, tout est une question de timing. Cette décision de dévaluer la monnaie pour la laisser refléter plus correctement son taux réel de marché a aussi pour but de répondre aux attentes du FMI qui n’intègre dans son panier de monnaies réserves que des monnaies dont le cours n’est pas manipulé, et d’ailleurs, le Fonds a salué cette mesure. La Chine a néanmoins préféré attendre que son  économie montre des signes – encore une fois relatifs – d’essoufflement pour procéder à cet ajustement. L’Empire du Milieu a donc fait d’une pierre deux coups en quelque sorte, l’objectif principal restant d’intégrer la short list des monnaies de référence du FMI tout en boostant son économie.

Ainsi cette décision revêt un caractère politique, bien au-delà des considérations économiques qui l’ont motivé. La Chine cherche à renforcer ses chances de voir le yuan rejoindre le club fermé des grandes monnaies mondiales, au même titre que le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen japonais. Si la Chine a beau jeu de n’évoquer qu’un « ajustement technique » censé refléter le cours du marché, cette décision est clairement politique et intervient d’ailleurs à contre courant, quand on ne reproche plus au yuan d’être sous-évalué. Clairement, la Chine affirme de nouveau son caractère non coopératif dans l’économie mondiale.

Conséquences de cette décision pour le commerce mondial et pour la France

Car ne nous y méprenons pas. Cette dévaluation est une très mauvaise nouvelle pour les économies occidentales, France en tête. Alors que les observateurs pariaient sur l’émergence d’une classe moyenne consommatrice en Chine, laquelle aurait pu enfin restituer une partie des devises accumulées ces quarante dernières années par une consommation soutenue de biens occidentaux à forte valeur ajournée, la Chine se lance de nouveau dans une logique inverse marquée par de fortes exportations et de nouvelles accumulations de réserves étrangères. Or, l’économie mondiale a besoin que cet argent revienne alimenter le circuit économique occidental. Cette décision fait ainsi planer de sérieuses interrogations sur la croissance mondiale à court et moyen terme. Des tensions déflationnistes (demande à l’export en baisse et import moins coûteux) ne sont pas à exclure, ce qui devrait conduire les principales banques centrales à maintenir des taux d’intérêt faibles, ce qui n’est pas, à long terme, signe de bonne santé économique.

Certes l’économie chinoise a montré des signes de ralentissement mais elle reste largement excédentaire et connait des taux de croissance (6% et plus) à faire pâlir la France de jalousie. Il s’agit donc d’une décision contre intuitive, aux antipodes de ce que prévoyait le système de Bretton-Woods, à savoir qu’un pays excédentaire ne devait pas dévaluer mais au contraire redistribuer la richesse pour relancer la machine économique. Un peu comme ce que l’on demande aujourd’hui en Europe où les États du Nord et de l’Ouest viennent en aide à ceux du Sud, mais à l’échelle internationale.

D’un point de vue français, c’est donc une décision tout à fait égoïste. L’hexagone a importé l’année dernière un total de 42,5 milliards d’euros de produits chinois (télécom, textile, électroménager…). À l’inverse, les produits français seront vendus plus chers en Chine. Par exemple, la Chine est le premier marché mondial pour PSA Peugeot Citroën avec un total de 25% de ses ventes. Une berline vendue 30 000 euros coûtera désormais au consommateur chinois  1 200 euros de plus, ce qui devrait entraîner une baisse des ventes. Même chose pour le marché du luxe français, solidement implanté en Chine. Autre mauvaise nouvelle, l’hypothèse d’une guerre des monnaies asiatiques n’est plus à exclure. Des pressions à la hausse sur les monnaies refuges traditionnelles (dollar, euro) sont à attendre. Ceci aurait des conséquences négatives sur l’économie française qui commençait à profiter des bénéfices d’un euro en baisse significative par rapport à ses hauts historiques. C’est donc un double coup dur pour l’euro qui sera mécaniquement apprécié une seconde deuxième fois.

Enfin, la dévaluation du yuan devrait continuer à exercer une pression à la baisse sur le cours des matières premières dont la Chine est très consommatrice car leur coût en dollar est mécaniquement rendu plus cher ; ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la France mais pas pour les pays d’Europe du Nord dont l’économie est largement dépendante des exportations de pétrole.

Les Occidentaux n’ont pas réagi vigoureusement à cette annonce. En effet, si c’est une mauvaise nouvelle pour les exportations, la Chine finit enfin par laisser sa monnaie s’ajuster plus près des réalités de marché, mais quand ça l’arrange ! À terme, les États occidentaux font le pari que la banque centrale chinoise laissera le yuan se réapprécier et pourront ainsi en tirer des conséquences positives pour leurs économies. C’est un pari audacieux et incertain tant le gouvernement chinois agit de manière imprévisible.

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  • Un taux de croissance de 6%?? Mais ces chiffres sont faux et trafiqués ! Pourquoi diable nous dire que cela ferait pâlir la France d’envie alors que la croissance chinoise réelle est bien inférieure !

  • « La Chine est aujourd’hui tombée dans le piège du salaire moyen, qui se vérifie empiriquement lorsqu’une économie atteint un revenu moyen par tête d’environ 15 000 à 20 000 dollars. »

    Justement, la Chine est encore assez loin de cette fourchette, mais cela arrive avant pour cause de mauvais choix et d’une population déjà vieille avant même d’être riche.

  • De toute manière ce que fait la Chine lui reviendra violemment en pleine face..Les exportateurs de matières premières (Russie, Brésil, Nigeria, Arabie Saoudite..) représentent 30% du PIB mondial par exemple, s’ils vendent moins et que les prix de leurs produits continuent à baisser (ça se vérifie avec le pétrole brièvement passé sous 40 dollars) alors ils achèteront mécaniquement moins de produits chinois même si leur prix baisse légèrement car leur économie ira encore plus mal. Bref c’est une décision pas juste égoiste mais irréfléchie.

  • Cher Contrepoints : Pourquoi n’y a-t-il pas d’articles sur la situation au Brésil ? 7ème puissance économique mondiale, 204 millions d’habitants et plus grande nation d’Amérique latine…ça mériterait un peu d’attention non ? Un pays que certains comme Ségolène Royal érigeaient en vrai modèle. Corruption, bureaucratie pire qu’en France, pas compétitif, scandale Pétrobras….il y a tant à dire.

    • « Pourquoi n’y a-t-il pas d’articles sur la situation au Brésil »

      +1 Le socialisme sud-américain, ça détend toujours.

    • Il est vrai que ce pays est curieusement ignoré et pourtant c’est un beau cas d’école..Certes c’est pas le Venezuela ou l’Argentine mais le pays a une bien plus grande économie donc l’impact est bien plus fort. Espérons que Contrepoints remédie à cela 🙂

    • Je vous conseille de lire « Manifestations contre l’austérité au Brésil : pourquoi les autorités sont seules responsables de la récession et ce que cela nous apprend sur l’Europe » sur Atlantico. Un article très intéressant sur ce qui se passe au Brésil.
      Ce que l’on voit en Amérique latine aujourd’hui, c’est l’échec du socialisme.
      Tant au brésil qu’en Argentine ou au Vénézuela ou encore au Pérou.
      Cela me fait marré tous les gauchistes qui disaient que l’Amérique latine montrait la voie, qu’il était possible d’avoir une autre gauche. On voit le résultat

      • A l’inverse la Colombie s’en sort très bien en ayant pris une voie très différente.

        • Oui la Colombie a fait les choses comme il fallait, le pays a des traités de libre échange avec une majeure partie du monde, est ouvert, est partenaire des USA au lieu de jouer au rebelle démagogue..Résultat le pays est dynamique et prospère.

        • Je dois avouer ne pas savoir grand chose sur ce continent, peut être avez vous une lecture ?

          • Ça prendrait beaucoup de temps pour expliquer ça :/
            Avant la crise de 2009 c’était une région très prometteuse, l’Amérique Latine passant souvent 5% de croissance économique, représentant un marché jeune et prometteur de 600 millions d’habitants.
            Cependant la région souffre aujourd’hui avec 1,3% de croissance en 2014 et 0% prévus cette année (plombés par le Brésil avec -2% et le Venezuela à -7%).

            • Et l’Argentine qui est pas dans une situation très reluisante non plus. Le Chili et le Pérou ont fortement ralenti même si ces pays ont fait les réformes nécessaires et sont sur la bonne voie, leur dépendance aux matières premières reste trop forte, les 2 pays sont affectés par l’effondrement du prix du cuivre.

              • J’ai trouvé ça par hasard hier lol:

                «  »There’s no alternative » disait Margaret Thatcher, dame de fer du Royaume-Uni. Pourtant certains pays ont essayé et parfois réussi à imposer un autre modèle que le tout-libéralisme. Cette semaine Marianne propose un tour du monde de ceux qui ont essayé une autre voie. En Amérique Latine, le président équatorien, Rafael Correa, a envoyé bouler le FMI, la dette, et impulse une « révolution citoyenne », sorte d’alter-socialisme financé par l’argent du pétrole. Un tournant décisif, mais le modèle se fragilise, et son président est de plus en plus farouchement contesté. »

                « http://www.marianne.net/equateur-socialisme-du-xxie-siecle-est-oeuvre-100236307.html »

      • J’ai lu l’article, très sympa. ILs sont pas optimistes sur le futur du pays à court et moyen terme…

      • Oui bel article. MDR les commentaires qui accusent l’ultralibéralisme.

    • « Le Brésil est un pays d’avenir et le restera encore longtemps »

      Clémenceau

      Les produits de consommation sont hors de prix à cause du protectionnisme imbécile, croissance 0, inflation à 8 %, des stades de foot vides alors qu’ils ont coûté plusieurs centaines de millions de $.

      Corruption + bureaucratie + insécurité …

      Ce pays comme la Russie ou l’Argentine a bénéficié de l’augmentation spectaculaire des matières premières dans les années 2000 grâce à l’envolée chinoise, le problème c’est que l’économie s’est trop peu diversifiée (due entre autres, mais pas que, à la malédiction des ressources naturelles) et que je vois mal ces pays rebondir.

      Au passage on remerciera la Chine d’avoir déséquilibré le commerce mondial en siphonnant une partie de l’industrie mondiale et aux dirigeants occidentaux trop contents d’offrir du toc « Made in China » bon marché à leur population sauf que comme ne l’avait pas compris Bastiat, si le consommateur en profite, il finit par se retrouver ruiné après avoir perdu ses capacités productives.

      Américain surendetté en consommation, chinois surendetté en production.

      • « comme ne l’avait pas compris Bastiat, si le consommateur en profite, il finit par se retrouver ruiné après avoir perdu ses capacités productives. »

        On perd nos capacités productives uniquement car la partie créative de la destruction créatrice n’a pas pu s’opérer à cause de la socialisation de nos économies.

      • ça m’a surpris au début car je ne pensais pas le Brésil si dépendant que ça aux matières premières. Les erreurs du Brésil auront de ne pas avoir profité de la prospérité pour maîtriser la dépense, éduquer la population plus rapidement et mieux car là la population est dans une immense majorité peu éduquée, sans oublier les infrastructures car le pays investit trop peu et les infrastructures sont défaillantes.

      • La chine n’est pour rien dans notre déconfiture. Oui c’est pratique de faire porter aux  » étrangers » les conséquences de nos erreurs (socialisme et étatisme et le cortège de bêtises qui vont avec)

  • Il me semble que la raison est évidente : parce que les chiffres français, bien que manipulés plus subtilement, ne reflètent pas plus une vraie croissance que les chiffres chinois, ils sont de simples éléments de communication, les uns comme les autres. Je prétends que le différentiel de croissance entre la France et la Chine est toujours, et de loin, en faveur de cette dernière depuis que Teng a crié : « Chinois, enrichissez-vous, il est glorieux de s’enrichir ! »
    En 2015, 65% de touristes chinois supplémentaires auront eu les moyens de venir en France. Pour les Français allant en Chine, je suppose que ça aura stagné ou même diminué comme l’an passé. La classe moyenne supérieure chinoise se développe à vitesse grand V, la classe moyenne supérieure française ramasse tous les coups fiscaux des gouvernements de gauche comme de droite. Ca n’est pas une variation de 3% du cours pivot avec une plage de +/- 2% qui traduit un changement révolutionnaire.

    Enfin, l’euro a perdu 5 fois plus par rapport au dollar depuis un an. Les problèmes européens sont donc 5 fois ceux qui sont annoncés pour la Chine…

    • C’était une réponse au premier commentaire d’Akashi

    • Pas convaincu du tout, vous êtes toujours là à nous faire des comparaisons vaseuses avec la France, mais c’est d’un ridicule sans nom..vous aurez beau insister ça ne changera rien au fait que comparer Chine et France est stupide en termes de manipulations de données car en France ça se joue au dixième de point près là où la Chine utilise une grosse louche et manipule de plusieurs points !

      La vérité ? Les 2 pays ont une croissance entre 0 et 2% et les 2 ont un secteur privé en récession, leur peu de croissance est alimenté par les dépenses publiques. Pas la peine de glorifier la Chine, elle vaut pas lieu que la France comme vous pouvez le voir.

      • +1 ! Michel fait peine à voir sur le coup, comparaison grotesque…

        • Eh bien nous verrons dans quelques années, peut-être même quelques mois, qui a raison. Quant à dire qu’il est grotesque de faire remarquer que le revenu moyen en PPA a gagné 42% depuis 2010 en Chine contre seulement 8.5% en France (et encore, les chiffres de la banque mondiale doivent considérer les revenus avant impôts et prélèvements sociaux…), ça n’est pas une manière polie et constructive de discuter.

        • En realite, le PIB chinois est tres difficile a calculer en raison des innonbrables petites entreprises -qui generent parfois quand meme 2 millions d’euros de chiffres d’affaire par an- qui ne declarent rien, qui payent 0 impot et qui ne sont pas comptabilises dans les stats.

          J’ai personnellement suivit le developpement de l’une de ces petites entreprises chinoises lors d’un sejour en Chine pour le taf en 2013.

          Je me demande comment les stats chinois tiennent en compte la production de ces petites entreprises. Si ils ne les prennent pas en compte, le PIB chinois serait en realite beaucoup plus eleve que les chiffres annonces. J’avais entendu le general Gallois dire que le PIB et la croissance de la Chine est en realite sous estime.

          D’apres ce que j’ai pu observer sur place, c’est tres probablement le cas.

  • Stéphane Boulots
    22 août 2015 at 9 h 33 min

    Il y a des fois oú les commentaires économiques sur CP mériteraient d’être archivés et relus : je me souvient en charges à boulet rouge contre le QE US puis européen qui agitaient l’épouvantail de la dévaluation, de l’inflation boursière et de la perte de croissance .., et hop quelques mois plus tard, on voit le yuan, qui devrait en toute logique profiter en premier lieu de cette gestion soit disant calamiteuse qui est au premières loges et qui se paie d’évaluation, inflation boursière etc…

    Il faudrait creuser un peu plus loin les analyses…

    • Les QE ne sont pas bons toutefois trop de libéraux se font avoir par l’alarmisme (à sens unique) de Zerohedge. Contrepoints publie parfois des gens qui suivent les analyses de ce site. J’ai arrêté d’écouter leur absurdités après avoir perdu de l’argent en me basant sur leurs « analyses » pour prendre une décision. C’est un site de propagande pure et simple, totalement biaisé.

      A part ça, si les articles de CP sembles se contredire, c’est car tout les hauteurs ne sont pas obligés d’être du même avis. C’est plutôt une bonne chose (même si parfois je trouve que cela va trop loin, on peut tous aller sur rue89 si on veut leur avis).

      • Quand quelqu’un donne un avis pour investir, il faut toujours se poser la question du « pourquoi un tel dit cela ».
        Souvent, il parie en sens inverse et veux trouver des pigeons.
        Ceci est valable sur le net, mais aussi dans les agences bancaires.

  • Analyse pertinente sur beaucoup d’aspects .
    Je complèterai pour ma part sur plusieurs points :
    – bas de laine chinois beaucoup se sont evapo-transpirés vers l’Europe , l’Asie , l’Amérique du Nord via les prêts croisés familiaux de la diaspora ,cet argent ne rentrera pas .
    – la consommation intérieur est aussi affectée par les achats à l’étranger des 100 millions de touristes chinois dans le monde ( 5000€ de dépenses moyennes en cash )
    – les bourses chinoises recyclaient aussi fortement l’argent de l’économie souterraine et de la prévarication , les investisseurs avertis de la première génération s’étaient déjà retirés .
    – ne pas oublier que beaucoup de compagnies chinoises a bas coûts sont en direct au Cambodge , Bangladesh …c’est vrai lisibilité peu claire des mouvements de capitaux et flux des bénéfices et donc pas de consolidation au niveau du holding .
    – rien sur le ciseau en cours de la production a valeur ajoutée en Chine pour la Chine , production peu sensible à la forte remontée des salaires en milieu urbain .l’emperuer XI rêve d’une Chine qui cesse d’être l’usine du monde a bas coûts .
    – l’exemple voiture française choisi est caricaturale car la majorité de la production européenne pour le marché chinois est maintenant produite en Chine avec des barrières à ‘l’entrée en Chine de plus en plus marquées exemple les équipements de geolocalisation qui doivent être des systèmes intégrés ,connectés à Beidu et d’origine .
    – je pense que le momentum de la dévaluation du Yuan n’est pas suffisamment analysé .
    Le premier semestre export reste in boni de 43 milliards de $ et ce dans un contexte où le repli des importations est dans un mouvement durable : pétrole , Nikel …….tous les indicateurs matières premières sont favorables à la Chine . mdr
    L’obsession des autorités pour être qualifié dans le panier monétaire de référence $£¥€ et DTS explique en parti le momentum .
    Mon analyse également est que les chinois ont envoyer un message très fort à la FED en regard de ses velléités affichées de remontée des taux d’intérêts .
    Enfin l’économie est de plus en plus marquée par la personnalité très forte de XI dont les modèles sont les Ming et bien sur le grand timonier avec le pragmatisme du successeur .
    Cette marque est une nouvelle donne insuffisamment analysée par les observateurs .Sur le volet économique cette remarque induit un retour à la stratégie maîtrisé et une grande remise en ordre des dérives du système c’est à dire une lecture moins libérale !

  • Est-ce quelqu’un à essayer de mettre en relation l’attaque du thalys avortée et le premier break sérieux sur les marchés actions occidentaux le même jour ?

    Comme le faux site internet Bloomberg d’un jour ciblant Twitter pour attirer des acheteurs avant un break (-10USD comparé au prix en date de la fausse rumeur) ?

    On est en guerre, pas conventionnelle, mais financière et monétaire.

  • Concernant la parite Yuan Dollar US, un US Dollar valait 10 RMB il y a de cela quelques annees pour se retrouver a 6,4 RMB aujourd’hui.

    Meme si le cours du RMB diminue de 20%, il serait toujours tres superieur a son niveau anterieur.

  • « quand on ne reproche plus au yuan d’être sous-évalué » : humour inoxydable. M’enfin, le yuan est forcément sous-évalué sinon les dictateurs chinois n’éprouveraient pas l’irrépressible pulsion de l’arrimer au dollar, plus ou moins lâchement selon leur humeur il est vrai. Et quelle est la conséquence imparable d’une monnaie sous-évaluée ? Nécessairement une inflation du diable pour le Chinois moyen. Si le PIB chinois paraît farfelu après deux secondes d’analyse objective, c’est tout simplement qu’il y a un transfert méthodique entre la croissance et l’inflation officielles en Chine, l’inflation réelle étant consciencieusement cachée. 20000 dollars par an en moyenne pour tous les Chinois ? Ben voyons ! Il ne fait pas de doute que pour les Chinois directement positionnés sous les robinets à pognon du pouvoir, la vie est belle, proche voire supérieure aux standards occidentaux. Mais pour les autres, un bon milliard au bas mot, il en va certainement tout autrement. Eh oui, il n’y a pas de repas gratuit, quelqu’un doit payer le prix de la dictature. L’inflation est la taxe générale traditionnelle sur les pauvres pour financer les Etats obèses. Les héritiers de Mao ne font évidemment pas exception.

    « La Banque Centrale chinoise se cantonne à évoquer un simple ajustement reflétant les cours du marché. » Du grand guignol puisque précisément, il n’y a pas de marché. Ou plus exactement, dans la doxa des dictateurs chinois, le marché est strictement égal à leurs puérils désirs. Pauvre vision du marché du niveau d’un chiard mal élevé dont la colère et les trépignements ne résistent pas longtemps, comme toujours avec les collectivistes, au retour de bâton de la réalité. La réalité, on se souvient qu’il s’agit des millions de milliards d’interactions économiques contrariantes entre des individus que même le pire des criminels contre l’humanité ne pourra jamais empêcher d’exercer individuellement leur libre-arbitre, l’incommensurable échappant à jamais aux cerveaux étriqués des collectivistes. C’est vraiment trop injuste !

    Observer les dictateurs paniquer devant leur beau jouet cassé est tellement réjouissant qu’on peut se laisser aller à spéculer un petit objectif prudent… disons 2500 environ sur le SSE, dans un premier temps :
    http://stockcharts.com/h-sc/ui?s=$SSEC&p=W&b=3&g=0&i=t64664583319&a=309540155&r=1391796418201
    Si cet objectif est atteint dans un délai raisonnable (un rebond est toujours possible sur les niveaux actuels, par exemple à la suite d’un nouveau trucage des marchés par le pouvoir), les survivants pourront profiter de quelques gracieux saltos entre les moyennes, façon chat mort, juste avant le spectaculaire effondrement final (c’est la chuuuu-te finaaaaa-le). WELCOME TO SHANGHAI STOCK EXCHANGE !

    • « La réalité, on se souvient qu’il s’agit des millions de milliards d’interactions économiques contrariantes entre des individus que même le pire des criminels contre l’humanité ne pourra jamais empêcher d’exercer individuellement leur libre-arbitre, l’incommensurable échappant à jamais aux cerveaux étriqués des collectivistes. »

      Voilà bien exposée la limite ultime de toute pensée magique collectiviste : il font mine de savoir, mais en réalité, ils n’en savent strictement rien, absolument rien, pas un iota, pas une miette. La complexité leur échappe. Ils sont extraordinairement faibles, obsolètes, inutiles. La réalité devrait trancher bientôt comme elle l’a toujours fait.

  • Pauvres gogos qui croient aux chiffres officiels! La Chine a une production électrique qui … baisse ,connaissez vous une croissance sans électricité? Aux Etats Unis, vous avez 49 millions de gens qui vivent avec des foods stamps (bons d’alimentation de 4,5 dollar par jour) cela fait plus de 20% de chômeurs…… Et vous n’êtes pas des gogos qui croient qu’on peut imprimer des billets (lignes de crédit sans valeur réelle) jusqu’au ciel ! Le désespoir des néolibéraux les pousse à actionner la plancha à billets à fond (no limit au Japon , 5000 milliards en UE 1000 milliards par ..an etc et vous verrez le beau QE4 à l’automne et un super QE en …Chine .
    Malheureusement seul le Big Krach obligataire mettra fin au délire néolibéral , personne n’a jamais observé la catallaxie nulle part, les marchés doivent être régulés stictement sinon vous avez le n’importe quoi : les CDS c’est n’importe quoi ça n’a aucun rapport avec l’économie tout court comme les VAD, les LBO, le high frequency trading, les « paradis fiscaux, tout cela n’est que combines ou tricherie à grande échelle . Vous penserez à moi lors qu QE4 …… Moi j’ai tout dans l’immobilier ……Ecoutez Delamarche sur BFM ou youtube c’est un libéral anti gogo néolibéral . Bonjour chez vous .

  • MADE IN CHINA : ce n’est pas uniquement des jouets ou du textile. Ce sont aussi les derniers Lasers médicaux, que l’on trouve dans de nombreuses cliniques Françaises et de part le monde, de nombreux médicaments génériques ou non , des scanners, de la recherche spatiale, des trains grande vitesse, des avions, des telecom, des smartphones, la construction…..
    Sont-ils prêts à laisser partir le textile ailleurs ; en France on a eu du mal à le faire, alors que les entreprises textiles délocalisaient en Thaîlande, Corée puis Chine il y a 35 ans ; on trouvait encore un nombre impressionnants de jeunes filles Françaises en formation CAP ou BEP couture, il y a 6 ans !!
    La Chine a besoin d’une réévaluation, à mon avis- de 20% -Pourquoi dévaluer ! quand le contraire est nécessaire ?
    J’étais en Chine il y a plus de 3 semaines, et j’ai déjà décrit ici ce que j’ai vu, qui est loin du catastrophisme évoqué. Quand je suis rentré, il y avait des milliers de Chinois qui attendaient leur avion pour aller gaspiller leur Yuan à Londres, puis Paris.
    Pour nous depuis la dépréciation de 25% de l’Euro/au Dollar/Yuan, c’est dur. sur 4000 unités, on perd 1000unités…Finis les achats d’électronique et de Jade pour les amis.
    (on se souviendra que les EXPERTS, prévoyaient, il y a peu, la fin de la France, en cas de dévaluation de la monnaie de 20% !!???Ahahaha)
    Par contre quand on me paie mes dividendes en USD : c’est mieux : change USD et EUROS étant désormais voisins-(avant je pleurai)
    La Chine n’est pas à glorifier, car les chiffres de croissance rêvés me paraissent faux : tout au plus 1.5% mais elle a encore de bonnes années devant elle avant de commencer à demander un impôt sur le revenu ou sur la fortune à ses concitoyens, et aucune comptabilité à tenir pour les entreprises (à part la gestion des stocks)- J’y ai une usine, aussi, je pourrai vous tenir au courant.
    D’ailleurs, l’entreprise, qui fait un chiffre d’affaire, assez extraordinaire, ne cotisant à rien, je me demande qui peut l’inclure dans des stats, comme des dizaines de millions de petites entreprises de Chine.
    En Chine LE MARCHÉ >>c’est le marché intérieur : sur lequel la devise Yuan ne pèse rien pour les Chinois.
    Relancer l’économie par une dévaluation qui ne sert à rien à un Chinois ?? Alors qu’elle se relance par la demande.. Le salaire minimum vient d’être augmenté, l’inflation galope(car la monnaie n’a pas sa vraie valeur-à mon avis !-)alors les 3% de dévaluation!! Ne servent à rien à l’export.
    Mes amis Chinois susurrent que ce n’est que pour entrer dans le sacro-saint des monnaies convertibles du FMI et faire du YUAN une monnaie de référence pour les ventes à l’exportation. Un TOP 5 de la convertibilité : après le Yen, la £ , l’€ et le $. Avec en grand objectif : une banque mondial asiatique dominée par le Yuan–On verra….

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