Foot : une coupe de France qui renforce l’incertitude du sport (2)

Impact des réformes de la Coupe de France en 1990 et du championnat de Ligue 2 en 1994.

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Foot : une coupe de France qui renforce l’incertitude du sport (2)

Publié le 17 août 2015
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Par Yanarthus

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Cette série de trois articles analyse la répartition des clubs (Ligue 1 / non Ligue 1) en Coupe de France et Coupe de la ligue (plus communément appelée « Coupe moustache »). Dans le premier article, on a présenté ces deux compétitions et montré leurs différences de taux de présence des clubs de Ligue 1 au stade des quarts de finale. Dans ce deuxième article, on montre l’impact des réformes de la Coupe de France en 1990 et du championnat de Ligue 2 en 1994. Dans le dernier article, on observera comment l’évolution du format de la Coupe moustache lui a enlevé son peu de raison d’être, et on rêvera sur une Coupe alter-moustache.

Le changement de régime en CdF à partir de 1990 peut être interprété comme une relative « professionnalisation » des clubs amateurs qui a rapproché leur niveau de celui des clubs de L1, mais il est aussi probablement lié au règlement de la compétition. Jusqu’en 1989, les seizièmes et huitièmes de finale ont lieu sous forme de matches aller-retour (un premier match sur le terrain d’un club, un second sur le terrain de l’autre club) ; depuis 1990, ces confrontations se jouent sur un seul match, sur un terrain choisi par tirage au sort.1 Ce passage de deux matches à un seul renforce l’effet de l’incertitude du sport : le « gros » club qui aurait raté son premier match ne dispose plus, à partir de 1990, de séance de rattrapage pour « faire parler la hiérarchie ». Il est donc logique que cette réforme se soit traduite par une augmentation des clubs hors-L1 plus avant dans la compétition.

On peut étudier en détail les confrontations entre clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 (abrégée L2) en CdF. Le graphe de la figure 3 indique, pour chaque année, le nombre de confrontations de CdF entre clubs de L1 et L2 gagnées par un club de L1 (en bleu), gagnées par un club de L2 (en rouge), et le nombre total de ces confrontations (en vert), égal à la somme des deux précédents.

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Figure 3. Nombre total de confrontations entre clubs de L1 et L2 en CdF (vert), nombre de ces confrontations favorables au club de L1 (bleu) et favorables au club de L2 (rouge).

Les moyennes glissantes sur trois ans permettent encore de lisser les irrégularités (figure 4, même légende que la figure 3).

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Figure 4. Nombre total de confrontations entre clubs de L1 et L2 en CdF (vert), nombre de ces confrontations favorables au club de L1 (bleu) et favorables au club de L2 (rouge), en moyenne glissante sur trois ans.

Dans les années 1970-80, on observe bien que les rencontres entre clubs de L1 et de L2 sont très favorables aux clubs de L1, qui remportent 75 % de ces 300 confrontations entre 1975 et 1989. Le début des années 1990 marque un rapprochement des deux courbes (confrontations plus équilibrées, remportées par le club de L1 dans seulement 58 % des cas de 1994 à 2015) mais aussi une très nette baisse du nombre de ces confrontations (20,0 par an en moyenne entre 1975 et 1989 puis 10,8 de 1994 à 2015). L’origine de ce phénomène est l’importante réforme de la Ligue 2 : jusqu’en 1993, elle comporte 36 clubs répartis en deux poules de 18, à partir de 1994, elle ne comporte plus qu’une seule poule de 22 clubs, puis de 20 clubs à partir de 1999. Moins de clubs de L2 implique mécaniquement moins de confrontations avec les clubs de L1 mais aussi en moyenne des clubs de L2 de meilleur niveau et donc pouvant battre plus fréquemment ceux de L1.

Les évolutions observées en CdF dans la décennie 1990 sont donc liées à la fois au changement de règlement de la CdF et à la réforme du championnat de L2.

Le dernier épisode montrera que la Coupe moustache ne semble pas avoir les mêmes objectifs de mixité sportive.

Sur le web

  1.  Sauf si l’écart entre les deux clubs est assez grand, auquel cas le match a lieu sur le terrain du « plus petit ».

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