Les mille veuves, de Damien Murith

Le récit de l’attente douloureuse d’une femme de marin.

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Les mille veuves, de Damien Murith

Publié le 14 août 2015
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Par Francis Richard.

Damien Murith Les milles veuvesUn vieux proverbe français dit : « Femme de marin, femme de chagrin. » Le fait est que les femmes de marins passent une grande partie de leur vie à attendre leurs maris et ne savent jamais avant leur retour sur la terre ferme si leur attente aura été vaine.

Damien Murith est en train d’écrire une trilogie. Le second volume est paru en premier et il s’intitule Les mille veuves. Les deux autres volumes paraîtront ultérieurement… Sans doute veut-il que nous les attendions, à notre tour, comme son héroïne, Mathilde, femme de marin, attend son homme.

Dans ce volume 2, l’auteur raconte l’histoire tout juste esquissée de Mathilde, qui passe son temps à attendre son Gilles de marin. Le sujet du livre est-il d’ailleurs cette attente douloureuse ou la mer qui enivre celui qui a eu l’imprudence d’y goûter et ne peut plus s’en passer ?

La mer ? Le récit commence par une longue phrase, splendide, qui donne un aperçu de son immensité, dont voici le début : « Elle est vagues qui chargent, elle est rochers qui tranchent, elle est marée haute qui mouche dans le sable les larmes de mille veuves, elle est le grand large où un oiseau en sueur fuit la course noire des nuages… »

Mathilde aimerait que Gilles regagne le plancher des vaches où Germain, le frère de celui-ci, a construit sa vie en ayant deux beaux enfants. Mais les deux frères sont dissemblables. Et Germain dit à sa belle-sœur : « Qu’espérais-tu ? Gilles appartient à la mer, et toi, tu es pareille aux autres femmes. »

Mathilde répond à son beau-frère : « il changera, il m’aime plus que tout. » Mais, est-ce bien souhaitable que, par amour pour elle, Gilles contrarie sa nature ? N’est-il pas toujours revenu ? N’est-il pas toujours là pour la prendre dans ses bras, quand les bateaux rentrent au port ? Mais Mathilde n’en peut plus… de le perdre.

Le roman de Damien Murith est prenant. Il se laisse déprendre difficilement et sa musique ne laisse pas d’entêter celui qui le lit. Car il est écrit dans un style de toute beauté, évocateur, poétique : « La mer, comme l’opium, arrache aux hommes leur âme, la tend aux gueules voraces des vents qui d’un râle en font des orages de grêle. »

 En contrepoint du récit, qui prend la forme d’un long poème en prose (« Le bleu fragile du ciel prend la couleur des lèvres, quand elles sont froides.« ), une femme, que les autres habitants de la ville portuaire considère comme une sorcière, lance sur eux, par intervalles, des malédictions, ce qui contribue à en faire un chant à la facture antique, c’est-à-dire éternelle.

  •  Damien Murith, Les mille veuves, L’âge d’Homme, 104 pages (sortie en librairie le 15 août 2015).

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