Krach boursier chinois : info ou intox ?

Quelle est la raison de la chute soudaine des places boursières de Shanghai et Shenzhen ?

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Krach boursier chinois : info ou intox ?

Publié le 16 juillet 2015
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Par Thibaut André.

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Quelle est la situation ?

Depuis quelques jours, les articles se multiplient sur la chute soudaine des places boursières de Shanghai et Shenzhen. Cette situation, envisageable depuis plusieurs mois, entraîne des réactions variées en Chine.

La place de Shanghai a perdu près de 30% de sa valeur depuis la mi-juin, ce qui représente une perte de près de 3 000 milliards de dollars. Si les mesures d’urgences prises par Pékin ont semble-t-il un impact légèrement positif, la crainte que constitue une telle chute perdure. Surtout, les pertes individuelles parmi les investisseurs chinois sont grandes.

Selon Daxue Consulting, 96% des shareholders ont connu des pertes suite à cette chute et seulement 4% ont continué à enregistrer des gains. Parmi ces investisseurs, plus de 6% ont perdu plus de 30% de leur investissement ; 37% ont perdu entre 20 et 30% ; 38% ont perdu entre 10 et 20% et seulement 20% ont perdu moins de 10%.

Quelles sont les raisons évoquées en Chine ?

Comment ces investisseurs chinois se sont-ils retrouvés dans cette situation ? Une année auparavant, le ratio cours-bénéfice était d’environ X 10. Cependant, pendant la deuxième moitié de 2014, les cours du marché ont augmenté rapidement, alors que la croissance du ratio du bénéfice par action a stagné.

Pendant les dix dernières années, l’économie chinoise a connu une croissance annuelle à deux chiffres. Partant de ce postulat, l’ensemble du marché s’est considérablement développé, ce qui inclut les places boursières. Cependant, ces dernières années, la croissance s’est ralentie à environ 7%. Or, alors que l’évolution de la bourse devrait logiquement suivre ces mouvements économiques, aucun ajustement n’a eu lieu. Dans le cas de la bourse chinoise, cela correspond à la création d’une bulle spéculative, notamment construite sur un marché immobilier largement sur-évalué.

Si le gouvernement chinois avait espéré relancer la croissance par la consommation (au lieu du marché immobilier, des infrastructures et de l’exportation), les résultats  se sont révélés lents et instables. Voilà pourquoi la situation actuelle était inévitable.

Quel impact pour les investisseurs chinois ?

Les Chinois ont pris l’habitude d’être extrêmement confiants à propos des marchés boursiers car ils pensaient que le gouvernement se trouverait constamment en soutien. C’est pourquoi de plus en plus de personnes ont investi, croyant pouvoir gagner gros sans aucun risque, au vu de la tendance croissante. On comptait en juin plus de 90% d’investisseurs de détail en Chine, des petits investisseurs, sur les places boursières. Suite à cette chute, chaque actionnaire a perdu en moyenne plus de 20 000 RMB.

Le dilemme pour ces petits investisseurs est donc de savoir s’ils doivent conserver leur investissement ou le revendre au plus vite. La plupart des petits actionnaires a choisi de conserver ses investissements, continuant d’espérer une relance dans un futur proche. Cependant, on observe trois comportements bien distincts :

  • Les optimistes : certaines personnes avaient vendu leurs parts avant la chute du marché, et attendent maintenant sereinement des signes de relance pour ré-investir et faire une plus-value intéressante.
  • Les frustrés : certaines personnes ont toujours une part importante de leur investissement sur les marchés boursiers, mais ne peuvent les retirer sous peine de perdre énormément. Attendre est pour elles la seule alternative.
  • Les regrets : certaines personnes voient dans cette baisse une occasion ratée, qui ne se représentera peut-être plus, de faire fructifier des investissements de plusieurs années, malgré les opportunités nombreuses de plus-value au fil des ans. Ces personnes, quelque peu désabusées, désirent maintenant retirer leur investissement dès que possible (en minimisant leur perte potentielle) pour ne plus réinvestir.

D’un point de vue plus international, le crash chinois devrait avoir un impact moindre sur le marché mondial que cela semble être craint. Malgré tout, il aura une influence réelle sur deux points :

  • Psychologiquement, car la Chine représentait depuis des années l’idée d’une croissance sûre et stable,
  • Sur la future politique de réforme économique en Chine, ce qui inclut l’internationalisation du RMB.
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  • Et si Contrepoints mettait en place un système de rating des contributeurs ? Peut-être limité aux lecteurs ayant renoncé à l’anonymat; ou contribuant aux frais …

  • Cet article est de fait une « opinion » intéressante. On se rassure comme on peut sur les perspectives de poursuite de la croissance chinoise.
    L’article de Charles Gave est d’un tout autre niveau.
    Quelle est la politique éditoriale de Contrepoints ?

    Comment et pourquoi un marché offrirait des P/E de seulement 10 ? Parce qu’il est risqué ou que les anticipations de croissance sont médiocres ?

    S’agissant du marché boursier chinois, il est permis d’en douter. Une autre explication serait un « excès » de demande sur le seul marché chinois, encore imparfaitement accessible aux étrangers.

    La psychanalyse de café du commerce sur les humeurs du moment des boursicoteurs chinois ne permet en rien de conclure aux « conséquences réelles » évoquées ici.

  • Les commentaires sont fermés.

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