Immobilier : timide reprise de la demande à Paris

Immobilier parisien (Crédits : Damien Roué, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Hausse de 0,2% des prix à Paris et léger retour des acheteurs sur un marché immobilier qui souffre toujours.

Par Alexis Vintray.

Immobilier parisien (Crédits : Damien Roué, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.
Immobilier parisien (Crédits : Damien Roué, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Selon le baromètre mensuel de MeilleursAgents, le marché immobilier à Paris est marqué par une timide reprise au mois d’avril, avec un ratio acheteur/vendeur qui repasse en hausse pour la première fois depuis quatre ans, à 1,2 acheteurs pour 1 vendeur. Cela signifie que, pour chaque bien à vendre, 1,2 personnes sont intéressées pour l’acheter. Traduction dans les prix, avec une hausse légère de ceux-ci de 0,2% sur le mois à Paris, et une stabilisation en banlieue. La hausse est la plus sensible sur les petites surfaces à Paris, dont les prix augmentent de 1% (chiffres basés sur les avant-contrats alors que ceux des notaires sont basés sur les contrats finaux).

Ce retour, timide, des acheteurs doit beaucoup à la baisse des taux d’intérêt, qui sont à des plus bas historiques depuis début 2015. Selon MeilleursAgents, le « pouvoir d’achat immobilier » a ainsi cru de 2,8% depuis le début de l’année pour les acquéreurs parisiens. Ainsi, l’achat recommence à devenir compétitif face à la location, alors qu’il était plus intéressant ces dernières années de louer plutôt que d’acheter au vu des niveaux de loyers et des prix : « À condition de disposer d’un solide financement, les mérites de l’achat comparé à la location peuvent à nouveau être envisagés sans reposer sur d’hypothétiques plus-values futures. ». Les professionnels de l’immobilier reprennent également le sourire selon un sondage Crédit Foncier/CSA : 56% sont désormais optimistes sur l’avenir du marché, contre 35% en janvier.

Cette reprise reste toutefois très incertaine, aux yeux même du site, pour qui le marché n’est équilibré qu’avec un ratio de 2 acheteurs pour un vendeur. Ainsi, le PDG de MeilleursAgents, Sébastien de Lafond, de déclarer : « nous ne mesurons pas de reprise de l’activité, celle-ci reste limitée et les volumes de transactions assez bas ».

L’absence de reprise solide et durable tient aussi en bonne mesure en l’absence de remise en cause des facteurs qui ont causé l’accroissement des prix de l’immobilier :

  • encadrement à l’excès de la construction qui crée une pénurie artificielle de foncier constructible, tant en hauteur à Paris qu’en surface au sol en province
  • aides financières de l’État qui nourrissent la bulle, en particulier avec les APL, dont la baisse prévue est largement insuffisante, ou les prêts à taux zéro
  • multiplications des normes environnementales ou énergétiques coûteuses qui renchérissent le coût de la construction