Inversion de la courbe du chômage : les Français y croient-ils encore ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 2013-2436 courbe du chômage

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Inversion de la courbe du chômage : les Français y croient-ils encore ?

Publié le 4 mai 2015
- A +

imgscan contrepoints 2013-2436 courbe du chômage

Près de trois ans ont passé depuis le souhait formulé par François Hollande sur l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année 2013. Énoncé sur un plateau de télévision, ce souhait avait pris la forme d’une promesse que les chiffres de l’INSEE ont tôt fait de contredire. Ce mois-ci, les chiffres étaient de nouveaux implacables : le chômage ne baisse pas, il augmente encore.

Chez les Français, le scepticisme s’est peu à peu transformé en résignation. C’est ce que révèle un sondage de BVA pour Orange et iTélé, diffusé hier, dimanche 3 mai. 54% des Français pensent que le chômage ne commencera pas à baisser durablement d’ici 2017. 43% se montrent plus optimistes, imaginant que le chômage commencera à baisser en 2017 (23%), en 2016 (16%) ou même pour une infime part dès cette année (4%). Sans surprise, seuls les sympathisants socialistes ont majoritairement confiance dans le gouvernement pour résoudre le problème du chômage d’ici 2017 (83%). En revanche, les sympathisants des partis plus à gauche que le PS se montrent aussi sceptiques que ceux de l’UMP : seuls 28% des premiers et 29% des seconds jugent que le chômage commencera à baisser durablement d’ici 2017.

Face à une telle résignation d’une nette majorité des Français, si l’inversion de la courbe du chômage devait intervenir avant le mois d’avril 2017, serait-ce suffisant pour créer un choc propice à la candidature de François Hollande à la présidentielle ? On peut en douter étant donné le niveau d’impopularité atteint par le président : avec seulement 16% d’opinions favorables, François Hollande a en effet retrouvé cette semaine son impopularité précédant les événements de janvier. Pas sûr qu’une légère inflexion de la courbe du chômage suffise à redorer son blason.

Pour lutter contre le chômage, les Français préconisent surtout d’alléger les charges pour les entreprises

79% des Français considèrent qu’alléger les charges pour les entreprises constitue un moyen efficace pour lutter contre le chômage. Cette opinion est majoritaire dans tous les camps politiques, mis à part celui des sympathisants des partis plus à gauche que le PS, qui sont tout de même 31% à le penser.

Pour autant, cela n’indique pas vraiment un « revirement » libéral dans l’opinion française. En effet, les Français continuent de rejeter très majoritairement les mesures visant à introduire un peu de flexibilité en assouplissant le code du travail. Ainsi, 6 Français sur 10 (62%) ne veulent pas entendre parler d’une proposition en vue de faciliter les licenciements. Seuls 36% jugent qu’elle constituerait un moyen efficace pour lutter contre le chômage. Si cette idée est en progrès dans l’opinion depuis 2005 (ils étaient alors 23% à penser qu’elle serait un moyen efficace de lutte contre le chômage), elle reste très majoritairement rejetée. Seuls les sympathisants de l’UMP sont une majorité à la soutenir (64%).

La mesure la plus emblématique du PS, symbolique du gouvernement Jospin, ne trouve plus grâce aux yeux des Français non plus. Il sont en effet près de 3 sur 4 (73%) à juger inefficace une nouvelle réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage contre 25% qui pensent qu’elle serait efficace. Il faut dire que, 17 ans après son instauration, les Français jugent majoritairement (57%) que les « 35 heures » ont été une mauvaise chose pour l’emploi ; ils sont même 26% à penser que cela a été une très mauvaise chose. Dans le détail, la lecture des résultats par proximité partisane porte un coup à l’idée répandue que les notions de gauche et de droite en politique n’ont plus de sens : la loi Aubry reste extrêmement clivante. En effet, alors que 73% des sympathisants de la gauche jugent que la réduction du temps de travail a été bénéfique pour l’emploi, les sympathisants centristes du MoDem sont tout à fait partagés sur la question (50%/50%) tandis que les sympathisants de la droite sont 88% à estimer que les 35 heures ont été une mauvaise chose.

La réduction de la durée légale du travail à 35 heures, une mauvaise chose pour l’emploi pour une majorité de Français

Les Français et les 35 heures - sondage BVA 3 mai 2015

 

« Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé » avait déclaré François Mitterrand en 1993. Une forte majorité des Français semble sombrer dans un même état de résignation que l’ancien président socialiste et ne plus y croire non plus. À refuser d’envisager l’ensemble des pistes libérales, jamais tentées, pour préférer, de concert avec les gouvernements successifs, des mesures homéopathiques telles que de légers allègements de charges, les Français ne sont pas prêts de retrouver le chemin de la création d’emplois.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • bon , allez zou ! on met cinq millions de travailleurs à mi temps , puis on met cinq miilions de chomeurs au boulot , également à mi temps , et on demande à l’état toujours trés généreux , de bien vouloir verser des compensations à tout ceux qui sont à mi temps , puisqu’il est impossible de vivre avec un demi smig mensuel ; ça raviendrai pas cher , c’est l’état qui paie…….

  • on se fout un peu de la courbe de chômage , même 50% n’a pas d’importance si ce chômage est de courte durée , ce qui compte vraiment est le bilan de la création / destruction d’emplois.. a part les emplois fictifs , il se crée des emplois en France qui ne bouffent pas du pouvoir d’achat à l’ensemble des salariés ?

  • Inverser la courbe du chômage ça ne veut rien dire, c’est de la novlangue politico médiatique. Le problème c’est de créer les conditions propices à la création d’entreprises qui elles mêmes créeront éventuellement des emplois. Et à ce moment seulement on pourra faire des jolies courbes et des jolis tableaux.

  • Ce n’est pas la courbe du chômage qu’il faut inverser mais celle de la récession et sur le long terme. On peut attendre d’un gouvernement socialiste qu’il donne un traitement social pour atténuer les effets de la crise, mais APRES avoir pris des mesures pour sauver l’économie, et le traitement du chômage ne doit en aucun cas hypothéquer la reprise économique, ce qui n’est manifestement pas le cas.

    Bref Hollande a tout faux. Peut-être parce qu’il est socialiste, mais avant tout parce qu’il est lui-même : un politicien tordu et un gestionnaire médiocre déconnecté de la réalité et plus préoccupé par sa petite personne que par le pays qu’il est censé diriger.

  • Les Français n’ont pas élu Hollande pour terrasser le chômage ! Ils l’ont fait suite à une campagne de haine inouïe et pour pouvoir continuer à « toucher de l’Etat ».

  • Faciliter le licenciement des seniors pour, en retour, faciliter leur embauche. C’était le credo de Xavier Bertrand et il l’a mis en pratique. Il est désormais plus facile de licencier un salarié de plus de 50 ans. Quid du chômage des seniors aujourd’hui, est-ce que cela va réellement mieux ?

  • On peut trouver la conclusion de l’article trop pessimiste. Une information intéressante confirme l’évolution des mentalités que nous observons au quotidien, avec le rejet massif de l’idéologie crétine des 35 heures ou la prise de conscience, certes toujours trop lente, de la responsabilité majeure de l’Obèse dont l’avidité compulsive détruit l’économie et ruine la France et ses habitants aussi sûrement qu’une guerre.

    Encore quelques mois ou années de collectivisme socialiste en roue libre, et à l’occasion de la prochaine récession mondiale, conséquence directe des manipulations discrétionnaires insensées des banques centrales pour sauver les Etats obèses impécunieux, la douleur dépassera le seuil où l’apathie se mue en révolte. Cette crise est la crise terminale des Etats obèses.

    Mais il est encore temps d’éviter le pire, d’opérer un atterrissage, non pas en douceur mais au moins en vie, à condition d’appliquer sans barguigner la seule politique possible, sans alternative. Les politiciens vont-il enfin prendre conscience qu’il ne leur reste que très peu de temps pour abroger sans exception les lois socialistes votées depuis au moins les années 70 ? Vont-ils enfin comprendre qu’ils doivent mener à marche forcée la décollectivisation du pays, notamment en libérant les 7 secteurs économiques laminés par le socialisme (santé, éducation, retraites, logement, énergie, transport, culture) ?

    • Je crains, malheureusement, que nous ne devions boire la coupe ruineuse de la bêtise dogmatique jusqu’à la lie ( …à l’hallali ?) …

  • Tout dépend de l’objectif poursuivi. Vous voulez éliminer la concurrence à votre job? Ou vous voulez créer de l’emploi?

    Statistique: au lieu des affiliations politique, il faudrait classer les réponses chômeurs en fin d’indemnisation / fonctionnaires…

  • Toute la gauche bien pensante lui est tombé sur le Rab ! Donc, ce qu’il a dit est la vérité : « Mais qui veut employer des salariés en France ! MICHAEL O’LEARY de RYANAIR (Journal du Dimanche du 26 avril 2015).
    Il a tout dit, Les Socialos ne changeront pas dans les 2 ans qui viennent…continuant à appauvrir le pays.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En France, il faut davantage d'enseignants, il faut davantage de juges, il faut davantage de policiers, il faut davantage d’informaticiens, davantage de plombiers et on pourrait allonger la liste…

Et cela pour d’excellentes raisons que nous allons rappeler, car des problèmes à résoudre sont très importants. Mais ces revendications se terminent par des demandes de moyens financiers… alors que la question n’est pas là.

Les raisons de recruter sont excellentes

Il n’y a pas assez de profs ? C’est vrai, il y a encore des classes surc... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Thomas Renault.

Le taux de syndicalisation correspond au rapport du nombre de salariés membres d'un syndicat sur le nombre total de salariés. Si l'on observe l'ensemble des pays membres de l'OCDE, la France est le deuxième pays avec le plus bas taux de syndicalisation, juste devant la Turquie, avec un taux de syndicalisation de seulement 7,8 % (voir graphique plus bas).

Taux de syndiqués et taux de chômage

En théorie, on pourrait alors se dire qu'un taux bas de syndicalisation devrait être synonyme de davantage de flexibilit... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Claude Goudron.

L’économie est un domaine trop sérieux pour la confier à des hommes politiques qui, par manque de connaissance et surtout par électoralisme sont prêts à de nombreux manquements aux fondamentaux de l’économie.

Trois choix de financement

Le premier choix de nos dirigeants est tout d’abord et par facilité celui de la fiscalité. C’est tout à fait normal à la double condition qu’elle reste équitable et surtout que soit fixée une limite tolérable, c’est-à-dire qui ne défavorise pas la pays par rapport aux autres da... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles