Netanyahu à Washington : une visite controversée

À l’approche des élections, le premier ministre israélien a fait une visite aux États-Unis totalement passée sous silence en France.

Par Jacques Garello.

B Netanyahu credits John boehner  (CC BY-NC 2.0)
B Netanyahu credits John boehner (CC BY-NC 2.0)

 

En dépit de sa forte déclaration sur les liens historiques d’amitié entre Israël et les États-Unis, Benyamin Netanyahu n’a pas été accueilli à bras ouverts. Il n’a pas été reçu par Barak Obama, et beaucoup de Juifs, tant à Tel-Aviv qu’à New York, craignent que cette visite, organisée par les Républicains, apparaisse comme une démarche purement électorale et engendre des réactions négatives au sein de plusieurs communautés américaines.

Ce n’est pas par hasard que le chef du parti Likoud a fait le voyage : le 17 mars prochain, des élections décisives à la Knesset se présentent plutôt mal pour lui et son parti. Va-t-il surtout chercher un soutien moral et financier (indirect) de la part de la diaspora des États-Unis ? Mais, ce faisant, ne va-t-il pas aggraver le différend diplomatique sur l’attitude à tenir face à l’Iran ? Évidemment, la visite serait un double succès si Netanyahu obtenait des États-Unis une position plus dure dans les négociations engagées avec Téhéran sur les armes nucléaires, car il est certain que dans sa majorité le peuple israélien a peur – et c’est justifié – des menaces qui pèsent sur sa sécurité. Ces négociations doivent se poursuivre jusqu’à fin mars ; n’est-il pas temps de tirer la sonnette d’alarme à la Maison Blanche ? Mais, précisément, Obama ne veut visiblement pas se voir dicter son comportement par les Républicains et refuse de recevoir le premier ministre israélien.

Objectivement, les Israéliens ne manquent pas d’arguments pour persuader les Américains qu’au Moyen Orient ce sont les Iraniens qui constituent la vraie menace pour la paix, ce sera sans doute le thème du discours devant le Congrès cet après midi. Mais la pression des Palestiniens et de leurs alliés arabes est tout aussi forte. Netanyahu prend donc un risque considérable. Mais c’est aussi son intransigeance et son courage, comme le démontre sa politique de construction et d’occupation des terres revendiquées par les Palestiniens, qui font sa popularité dans son pays. Veut-il convaincre les Américains ou les Israéliens ?

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