Le président de la République du Pérou, Ollanta Humala, accumule les échecs

Longtemps perçu comme un radical de gauche, Ollanta Humala mène finalement une politique de centre-droit complétée par des discours populistes.

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Le président de la République du Pérou, Ollanta Humala, accumule les échecs

Publié le 1 mars 2015
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Par Rémi Vellez
Un article de Trop Libre

Presidente Ollanta Humala - Credits  Presidencia Perú (CC BY-NC-SA 2.0)
Presidente Ollanta Humala – Credits Presidencia Perú (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Ollanta Humala, fondateur et président du Parti nationaliste péruvien, est une vraie girouette. Dans les années 2000, cet ancien militaire souhaitait faire du Pérou un nouveau pays chaviste et a reçu pour cela de l’argent du Venezuela durant la campagne présidentielle de 2006. En 2011, il s’est présenté comme un disciple de l’ancien président du Brésil Lula. Arrivé au pouvoir à cette date, il mène finalement une politique de centre-droit complétée par des discours populistes en faveur des populations défavorisées, surreprésentées parmi les 45% de Péruviens d’origines amérindiennes.

Longtemps perçu comme un radical de gauche, M. Humala est en réalité attaché au libéralisme économique et à l’ouverture commerciale du pays, comme la quasi-totalité des élites du pays. Les politiques libérales mises en place par son prédécesseur, Alan Garcia, expliquent en partie la forte croissance économique du pays. Mais cette croissance ralentit depuis l’arrivée au pouvoir d’Ollanta Humala. En 2010, elle s’élevait à 8%, puis a diminué à 6% en 2012 et s’est effondrée à 3,6% l’année dernière. Le gouvernement prévoit une augmentation du PIB de 4,8% pour cette année. Cette prévision a peu de chances de se réaliser tant que demeurent bas les cours du cuivre, deuxième produit d’exportation du pays après l’or. Si l’inflation et le budget de l’État sont maîtrisés, le déficit croissant de la balance courante (solde des flux monétaires) devrait alarmer le pouvoir péruvien. Ce déficit peut s’expliquer par l’instabilité gouvernementale qui touche le pays et inquiète les investisseurs. Comme le rappelle The Economist (7 février 2015), Ollanta Humala a déjà changé cinq fois de Premier ministre. Et une nouvelle organisation de son équipe ministérielle est à prévoir depuis que son ministre de l’Intérieur, Daniel Urresi, un général à la retraite, est accusé d’avoir commandité l’assassinat d’un journaliste dans les années 1980.

L’équipe de technocrates engagée par le président pour encourager l’innovation et relancer la croissance ne parvient pas à réformer le pays. En décembre 2014, les parlementaires péruviens ont voté une loi flexibilisant le marché du travail pour les jeunes de 18 à 24 ans. Le 26 janvier dernier, la loi est finalement abolie pour calmer les milliers d’étudiants manifestant contre cette réforme. Or la rigidité du marché du travail est probablement le principal handicap économique du Pérou. La politique fiscale keynésienne menée l’année dernière en faveur des salariés du secteur public n’a pas eu d’impact macro-économique. Comme le secteur informel concentre 60% de l’emploi, les politiques publiques en faveur de la demande intérieure ont peu d’effet sur l’économie réelle. Une plus grande flexibilité du marché du travail devrait diminuer ce taux terriblement élevé.


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  • un pareil gaillard, ça vous arrachait un plant de manioc avec les dents … en france , on a ollanda hume la, qui n’aime pas les sans dents. il devrait aller faire un stage de six mois au pérou, il serait servi !

  • Un des principaux problèmes du « président » Humala c’est le candidat Humala (Chaviste, populiste) qui a rapidement généré un climat de défiance au Pérou qui se traduit par une baisse des investissements privés.
    Le dit candidat a aussi largement stigmatisé l’activité minière du Pérou (appuyé en cela par des ONG bobo_escrologistes européennes?) renforçant au sein de population marginalisée un rejet des dites activités avec pour conséquence la paralysie de quelques gros projet tel que Conga (Cajamarca) qui prévoyait plusieurs milliards de dollars d’investissement.
    Dans un pays émergent le côté positif de tout cela est que la facture arrive relativement rapidement (au cours de la même législature)… Reste à espérer donc que la facture –que paiera la population de toute manière – amène à repartir sur la voie d’un libéralisme beaucoup plus clair !

    PS : Si Alan Garcia a mené une politique +libérale durant son second mandat, n’oublions pas l’état dans lequel il a laissé le pays fin des années 80 lors de son premier mandat…

  • Je connais bien le Pérou, où je vis, et je souhaite apporter une petite rectification. Le Pérou a effectivement connu un boom économique qui est allé s’accélérant jusque vers 2010-2012. Mais ce n’est pas l’opportuniste Alan García (2006-2011) qui a mis en place une politique économique libérale. Les premières mesures datent de la présidence d’Alberto Fujimori (1990-2001) et étaient déjà efficaces. Les choix libéraux ont été particulièrement renforcés par le président Alejandro Toledo (2001-2006), qui est un économiste formé aux USA. Le pays a littéralement décollé économiquement en 2003, année où tous les indicateurs s’infléchissent positivement de façon marquée. Alan García a seulement eu l’intelligence de ne toucher à rien, et a récolté les fruits de ce que ses deux prédécesseurs avaient semé. Il a ainsi effacé le souvenir de sa présidence précédente (1985-1990), qui avait été profondément étatique et catastrophique.
    L’économie péruvienne dépend en grande partie de ses exportations minières, notamment vers la Chine. La croissance péruvienne a suivi d’assez près la croissance chinoise. Le ralentissement de la croissance en Chine influe sur ce qui s’observe au Pérou. D’autant que la demande globale de métaux connaît un palier depuis 2013. Je pense que le président Humala a relativement peu de moyens d’influer en profondeur sur l’économie. N’étant pas un idéologue (au contraire de son père et de son frère, marginalisés), il se montre opportuniste et un peu touche-à-tout (notamment concernant « l’écologie »), afin de préserver son électorat. On lui reproche beaucoup de ne pas les lever les entraves bureaucratiques qui freinent ou même empêchent l’exploration et le développement miniers et pétroliers.

    • C’est article est ridicule. Le décollage du Pérou c’est effectué en même que l’Argentine ou que le Brésil ou le Venezuela, qui n’ont pas spécialement eu des politiques libérales. Avec la chute des matière première on va bien voir ce que le pays a dans le ventre.
      La balance des paiement impacter par les changement de gouvernement? Sérieusement? Sur contrepoints?

      • Cédric, comme l’indique bien Julepa, le Pérou a connu un profond virage économique libéral avec l’arrivée au pouvoir de Fujimori. On pourra discuter longtemps du fait que son rivale lors de l’élection de 1990 -Vargas Llosa- eu appliqué le même programme mais là n’est pas la question.
        Virage il y eu en 1990 avec comme effet une vingtaine d’année plus tard un accroissement sensible de l’économie, la création d’une classe moyenne et une forte réduction de la pauvreté et de l’extrême pauvreté. Pas sûr que le bilan Argentin ou Vénézuélien soit le même…
        La baisse des cours de matière première est un argument couramment utilisé par l’actuel mandataire pour expliquer les piètres résultats économiques de sa gestion… mais cette baisse des cours n’explique pas tout !
        Comme je l’ai indiqué, le candidat Humala en particulier a créé un climat de défiance vis-à-vis de l’investissement privé. Humala a par ailleurs largement surfé – et vraisemblablement amplifié- un sentiment anti-minier particulièrement néfaste dans un pais dont le tronc économique est cette même activité.
        De nombreux projets dont le « symbolique » Conga sont actuellement bloqué et avec eux les dizaines de milliards de dollars d’investissement. Je reste personnellement convaincu qu’une fois de plus il ne s’agit pas de voir ce qu’un pays exportateur de matière première a dans le ventre mais quel seront les résultats économiques et sociaux d’un candidat incompétent et populiste une fois arrivé à la manœuvre…

        • Des « populistes » qui baissent l’IR de11 à 8 % j’aimerais bien en avoir des comme çà en France.
          Il n’y a aucune analyse fondée ( pas de girouettes en France ?)car cet article est une resucée d’un autre article de « The Économist ».
          L’apprenti journaliste est-il conscient de la faiblesse (ou peut être de la malhonnêteté) de ses lignes ?
          Quant au le ré-éditeur, pas vraiment glop comme résultat quand on a pour ligne éditoriale de « niveler par le haut ».

  • Les commentaires sont fermés.

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