« Censure » et hystérie

cri credits Giedrius (licence creative commons)

L’hystérie médiatique est devenue la marque de fabrique d’une société devenue inculte. Des faits divers à la pseudo-censure de Zemmour, rien ne semble l’arrêter.

Par Michel Desgranges.

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De dérisoires incidents qui, naguère, eussent été expédiés en quelques lignes par la presse locale, sont devenus la matrice de l’un de ces tapages politico-médiatiques (ouragan de force 9) marque d’une société profondément inculte qui élimine toute raison au profit de l’émotion hystérique.

Un rapide coup d’œil sur les journaux prouve que, de toute évidence, les auteurs de ces incidents sont pour partie cinglés et pour le reste de leur pauvre cervelle, atteints de crétinisme, c’est ce que montrent la nature de leurs actes, leur personnalité, et leur bribes de propos.

De tous temps et en tous lieux, de tels individus surgissent çà et là, parfois tuant des promeneurs, parfois s’engloutissant dans leur propre ridicule, et l’effet de leur action est, au hasard, tragique ou burlesque.

Ils sont aussi, aujourd’hui, le prétexte à un flot de discours qui, s’il ne surprend plus, nous fait un peu plus désespérer de l’avenir de l’intelligence.

Est-il utile de relever les glapissements de ces chroniqueurs qui voient se déchaîner une guerre civile menée par des hordes de mahométans brandissant leurs cimeterres face… face à qui ? Nous pouvons le regretter, mais nul émule de Charles Martel ne s’est encore levé, et s’il y a guerre, il n’y a en cette veille de Noël de combattants qu’en un seul camp.

Quant aux gens des partis de gouvernement, le socialiste-de-droite et le socialiste-de-gauche, ils ont sauté sur l’occasion afin d’apporter de l’eau au moulin de la Bête immonde, que chacun souhaite voir enfler dans l’espoir qu’elle éliminera leur adversaire naturel lors de la prochaine grande Élection.

Pour tous, ce fut, comme d’habitude, un bon moyen de se montrer à la télé pour prononcer d’un air pénétré ces phrases menaçantes qui révèlent le chef concerné et compétent, tandis que M. État se réjouissait à la perspective de pouvoir renforcer et multiplier les lois scélérates destructrices de nos dernières et minuscules libertés – la guerre contre le terrorisme achevant opportunément ce que la guerre contre la drogue avait commencé.

Ces mêmes jours (je fais ici une sorte de ménage de fin d’année) s’éleva une autre grande rumeur : un M. Zemmour a été l’innocente victime d’une abominable censure.

La censure (je crains qu’il soit besoin de le rappeler), c’est quand M. État utilise cette violence légitime dont il a le monopole (selon l’expression de Max Weber) pour interdire, lacérer, brûler une œuvre de l’esprit – le Mbala Mbala fut une authentique victime de la censure.

Je n’ai jamais lu une ligne de M. Zemmour, ni ne l’ai jamais vu ni entendu (je n’ai ni radio ni téléviseur), mais j’ai cru comprendre qu’à l’occasion de son dernier livre (de la mouvance socialiste-nationale, ai-je cru comprendre) il s’était montré dans d’innombrables émissions de radio et de télévision, que la presse écrite s’était enflammée à son sujet, et que ledit livre s’était déjà vendu à près de cinq cent mille exemplaires, ce qui, aujourd’hui, est un record.

Mais… M. Zemmour a été licencié par son employeur. Ce faisant, ce dernier (un gros capitaliste de connivence, ce qui est une autre histoire) n’a fait qu’exercer son droit, un droit qui mérite tout autant d’être défendu que la liberté d’expression et qui relève également de ce droit de propriété auquel je suis viscéralement attaché. Il se peut que cet employeur soit méprisable, répugnant et sente mauvais, mais il n’a commis aucun acte de censure.

En revanche, il a, volens nolens, fortement agi pour accroître la notoriété de M. Zemmour, et les ventes de son livre (qui se trouve dans toutes les librairies).

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