3 raisons pour lesquelles l’armée US ne devrait pas combattre Ebola

Quelles questions soulève le mélange des genres entre le militaire et l’humanitaire ?

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3 raisons pour lesquelles l’armée US ne devrait pas combattre Ebola

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 octobre 2014
- A +

Par Amanda Winkler & Nick Gillespie, depuis les États-Unis.
Un article de Reason.

Obama envoie des milliers de soldats américains en Afrique de l’Ouest pour combattre Ebola. Leur mission : construire des centres de traitement et dispenser une formation médicale aux professionnels de la santé au sein des communautés locales. Mais est-ce une bonne idée d’apporter ce type d’aide ?

Voici trois raisons pour lesquelles la militarisation de l’aide humanitaire est une très mauvaise idée :

1. L’aide humanitaire militarisée détruit les principes humanitaires.

L’aide humanitaire doit être neutre, et ne pas dépendre d’objectifs politiques ou militaires. Utiliser l’armée dans une crise humanitaire empêche cela et encourage l’agitation ultérieure. Le nombre d’attaques contre les travailleurs humanitaires a augmenté au cours de la dernière décennie, précisément à cause d’une transgression de la limite entre les objectifs humanitaires, politiques et militaires.

Et l’historique de la présence américaine en Afrique prouve que ce scepticisme a sa raison d’être. Ces six dernières années, l’armée américaine a étendu sa présence en Afrique par le biais de missions humanitaires spécifiquement créées pour établir des points d’entrée à des missions militaires futures.

Les communautés locales doivent faire face à un véritable chantage : si elles n’acceptent pas la présence de l’armée, elles courent le risque de se priver d’une aide humanitaire dont elles ont besoin. Ceci gâche la confiance nécessaire pour établir une bonne relation entre les communautés et les porteurs d’aide.

2. L’aide militaire est inefficace sur le long terme.

L’aide militarisée est généralement financée par des montants énormes qu’on doit dépenser rapidement. Par exemple, le Département de la Défense a déjà alloué 1 milliard de dollars au combat contre Ebola. Le besoin de dépenser des montants gargantuesques s’explique par la volonté d’atteindre des objectifs politiques sur le court terme. Ceci se transforme donc en une dépense inefficace : on manque de suivi sur le long-terme ou d’évaluation post-intervention, ce qui signifie que les mêmes erreurs seront répétées à l’infini.

3. L’aide militaire diminue le potentiel de l’aide civile.

Bien des politiques qui soutiennent l’aide militaire affirment que seule l’armée peut gérer une crise humanitaire efficacement. Si c’est vrai – et c’est trop souvent vrai – alors cela met en lumière le manque d’attention dont souffrent les programmes civils, qui ont pourtant plus de chances de réussir sur le long terme. En nous appuyant constamment sur l’armée pour nos efforts humanitaires, on étouffe les efforts faits pour créer des organisations civiles qui pourraient, elles, gérer les projets complexes nécessaires pour régler des crises humanitaires à grande échelle.


Sur le web. Traduction Lexane Sirac pour Contrepoints.

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Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • avec un peu de chance et grâce à leurs compétences innées , les soldats américains seront décimés par Ebola.
    pourquoi est-ce qu’Obama n’envoie pas ses drones ?

  • Il y a aussi le problème qui se pose quand à dépenser des milliards pour des gens qui ne nous aiment pas…

  • 4eme raison : ils ont une dette abyssale.

  • Oui l message ne doit pas être hyper clair : d’habitude on envoie l’armée pour tuer

    Ca me rappelle un sketch de Coluche : « n’ayez pas peur madame, on n’est pas de la police ! »

  • si deja il s occupaient des sans protection aux usa …la bonne nouvelle c est qu ils vont amener la contagion dans leur paus …si ca pouvait les inciter a soigner leur population sans soins ..!!

  • Les militaires américains, c’est l’ENA américaine…. Ils sont persuadés d’être l’élite, ils sont persuadés que l’on ne peut rien faire sans eux, ils ont un avis sur tout et n’importe quoi, ils dépensent un fric monstre pour un rien, ils n’ont rien a cirer des contrôles et rapports qui ne cessent de pointer l’incompétence de cette énorme bureaucratie dont tout le talent est de bricoler les chiffres pour ne pas se faire prendre… Et tout comme pour l’ENA, pris un a un, les militaires américains sont des gars bien, qui jurent être prêt à donner leur vie pour leur pays, mais chacun est bien content de se cacher derrière la bureaucratie pour protéger ces petits avantages personnels.

  • Et comment des pays – aux les moeurs archaïques – pourraient-ils évoluer si nous leur évitons l’entièreté de la justice immanente, et de son corollaire : la vertueuse inertie mémorielle ?

  • Cet article part du postulat que l’Humanitaire militaire d’Etat est moins efficace de l’aide humanitaire civile (sans pouvoir le démontrer) et que l’aide humanitaire civile est plus capable de réussir sur le long terme (là aussi sans pouvoir le démonter). Ces parti-pris ressemble beaucoup à idées préconçues d’idéologues.

  • Les commentaires sont fermés.

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