Allergies alimentaires : peut-être une piste sérieuse

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Allergies alimentaires : peut-être une piste sérieuse

Publié le 1 septembre 2014
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Par Jacques Henry

hives_on_backJ’ai déjà écrit à propos des effets néfastes des antibiotiques et des produits sanitaires et hygiéniques communs dans une maison qui perturbent le système immunitaire des enfants et en particulier les antibiotiques administrés dès la première année en ce qui concerne l’apparition d’asthme et d’eczéma chez les enfants. On commence à se faire une petite idée de ce qui se passe et où ça se passe, selon une étude réalisée à l’Université de Chicago, sur des souris certes, mais les résultats obtenus sont parfaitement transposables à l’homme. Cette étude avait pour but de trouver une explication à l’augmentation alarmante des allergies alimentaires chez les enfants puisqu’on estime qu’entre 1997 et 2011 le nombre de cas a augmenté de 10% par an et près d’un enfant sur 13 en souffre, avec comme symptômes des diarrhées, de l’eczéma, des éternuements à répétition et de la fièvre. On sait que l’usage abusif d’antibiotiques est l’une des causes de ces allergies et la relation avec les bactéries intestinales a tout de suite été suspectée, encore fallait-il apporter une explication validant cette hypothèse.

Le Docteur Cathryn Nagler, coordinatrice de cette étude parue dans PNAS, a comparé des souris élevées stérilement, donc sans flore intestinale, des souris normales et des souris normales traitées à la naissance avec des antibiotiques quant à leur susceptibilité aux allergènes contenus dans les cacahuètes en mesurant le taux d’immunoglobulines E (IgE) dans le sang, un bon marqueur des réactions allergiques. Tous les résultats ont indiqué une forte corrélation entre le développement de l’allergie et l’appauvrissement relatif d’une population particulière de bactéries intestinales appartenant à la superfamille des Clostridia. En introduisant en effet ces bactéries particulières, soit chez les souris élevées stérilement, soit chez les souris traitées avec des antibiotiques, le taux d’immunoglobulines E diminuait rapidement alors que la réintroduction d’une autre famille de bactéries intestinales, les Bacteroides, n’était pas suivie d’effet notoire.

Pour qu’une allergie se développe, il faut que l’allergène puisse traverser la barrière intestinale et se retrouver dans le sang, entrainant alors la réaction du système immunitaire. Une analyse génétique détaillée de ce qui se passe au niveau intestinal a montré que les Clostridium, et seulement eux, induisaient une forte production d’une interleukine particulière (IL-22) provoquant une réduction de la perméabilité de la paroi intestinale.

CQFD ? Pas tout à fait. Une preuve supplémentaire de cette intervention de l’IL-22 a été apportée en injectant des anticorps dirigés contre cette interleukine aux souris élevées stérilement à qui on avait inoculé les Clostridium et chez qui on avait observé une baisse spectaculaire du taux d’IgE. Comme on pouvait s’y attendre, ce taux d’IgE augmentait à nouveau, indiquant donc que cette interleukine est bien directement concernée dans le développement de l’allergie alimentaire.

Les Clostridiums provoquent donc l’augmentation de la production d’IL-22 et diminuent la perméabilité de l’épithélium intestinal, ils ont été identifiés grâce à leur ADN ribosomaux 16S et, pour les curieux, on peut citer dans le désordre C. colinum, C.propionicum, C.nexile ou encore C.xylanolyticum. Pour l’anecdote, ces bactéries très communes dans l’intestin sont strictement anaérobies et le moindre contact avec l’oxygène leur est fatal. Elles sont aussi largement utilisées dans l’industrie pour de nombreuses productions.

allergie alimentaire rené le honzecLes auteurs de cette étude ne cachent pas leur projet de mise au point d’une supplémentation directe sous forme de gélules pour rétablir une flore intestinale dégradée chez les sujets, en particulier les enfants, présentant des signes d’allergies alimentaires évidents. En effet, il n’existe actuellement aucun traitement satisfaisant pour soigner ces allergies qui se manifestent par des eczémas géants, des troubles respiratoires, des éternuements, de la fièvre et bien d’autres symptômes comme mentionnés plus haut.

Encore une fois, cette étude met le doigt sur l’usage abusif des antibiotiques et de leur effet destructeur sur la santé en général. Et pourtant les médecins qui semblent avoir perdu toute conscience professionnelle vont continuer à prescrire à tort et à travers des antibiotiques pour justement se donner bonne conscience et ne surtout pas ressentir de problèmes professionnels au cas où la « non-prescription » d’antibiotiques pourrait être considérée le cas échéant comme une faute professionnelle par les « clients ». Et cette attitude inconsidérée constitue un gouffre financier pour les organismes étatiques de protection sociale car non seulement le corps médical est complice mais les grandes compagnies pharmaceutiques sont aussi parties prenantes dans ce désastre sanitaire ! Il ne faudrait plus rembourser les antibiotiques sauf en cas de force majeure, cela mettrait un terme à tous les abus du corps médical nuisibles à la santé de nos enfants…

Source : University of Chicago Medical Center


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  • Bonjour,
    Il y a effectivement un accés trop simple aux antibiotiques, en France tout particulierement.
    Plus d’une fois, un patient s’est présenté en consultation en ayant déjà pris « un peu d’antibiotique » (comme ils disent).
    Je leur demande alors quels sont les symtomes qu’ils ont observés, quels examens supplementaires ils suggèrent. Pourquoi le choix de cet AB plutôt qu’un autre ?
    – « Il en restait un peu d’un traitement reçu par (au choix) : le ou la conjoint(e), le beau-parent, le frère…
    Celà a très bien marché pour lui (elle)…
    Ils sont assez forts ? Hein ?… Docteur ?…. »

    Je répond parfois à ce stade que je ne connais pas assez la mécanique et que j’évite de compliquer le travail du garagiste en lui apportant mon véhicule en cours de réparation (démontage) par mes soins (j’ai un diplôme universitaire … ça ne doit pas être si dure non ?… ha ben oui… je n’ai pas été formé à ce métier)

    Pour faire simple et commencer à réduire en partie les abus et accidents, il faut passer à une prescription non plus par boite mais à l’unitée…

    Et il faut EDUQUER encore et encore les patients.

    Chaque clientèle (patientèle) est différente.
    Je vous ai parlé de ce que JE vis au quotidien.

    Amicalement

    WP

    • C’est aussi une question de génération. A 15 ans j’ai du me brancher avec mon père pour REFUSER de prendre des antibiotiques qu’il voulait me faire avaler. Ca valait le coup de voir sa tête quand le le médecin a dit:

      « C’est un virus. Surtout ne pas prendre d’antibiotiques, ça empirerait le problème. »

    • Vous le savez sûrement bien mieux que moi, simple « utilisateur », mais en France les antibiotiques ne sont distribués que sur prescription médicale, ce qui réduit quand même pas mal les possibilités pour le quidam d’y accéder. Après, reste le cas de l’antibiotique prescrit et qui n’avait pas été utilisé, ou de la boîte où il reste quelques morceaux. Effectivement, la fourniture à l’unité serait une bonne chose pour le 2e cas. Pour le 1er… il faut peut-être aussi laisser les gens prendre leurs responsabilités.

    • c’est votre boulot d’éduquer les patients ? Si vous vous contentiez de les informer, peut être réfléchiraient ils.

  • @J Henry . Merci pour cet article , qui met en lumière une véritable « épidémie » (les allergies) qui met en péril la santé de tous. Nos amis écolos, prompts à réagir sur leurs habituelles marottes sont évidemment aux abonnés absents… J’ai une question à vous poser : qu’en est-il de l’impact de l’utilisation massive des antibiotiques sur les animaux destinés à la consommation ? Passent-ils dans notre nourriture ?
    Cette croissance des allergies est également observée chez les animaux domestiques , chiens et chevaux et l’usage des antibiotiques n’est pas massif chez eux en bas âge … il doit y avoir autre chose , j ‘en ai peur , à moins qu’ils « passent » aussi dans l’eau , les fourrages ? Avez vous des données la dessus ?

  • Saviez-vous que les lectines des céréales augmentent la perméabilité intestinale aggravant la sensibilité au gluten et aux allergènes pour tout le monde, et pas seulement les rares malades céliaques ?

    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1115436/

    Comme par hasard le blé développé dans les années 60-70 a un taux de gluten beaucoup plus élevé (c’est important pour son utilisation industrielle) et aussi des lectines nouvelles, absentes des variétés utilisées dans les croisements, apparues au cours de ses mutations et sélections de semences. Plus ces semences se sont propagées dans les cultures, plus il y a eu d’allergies (et d’obésité, de diabète, de troubles alimentaires, etc).

  • Bonjour
    Je suis quand même septique sur ‘l’épidémie » d’allergie et d’asthme chez le jeunes enfants.
    Il y a des modes en médecine.
    Il y a 30 ans un nourrisson qui toussait avait un reflux et avait le droit à PREPULSID et couchage sur le ventre (!).
    Maintenant c’est de l’asthme et pis voilà.

    • Je voulais dire sceptique…. avec toute mes confuses 🙁

      • Pas de problème , voici mon experience : je suis allergique depuis 3 dizaines d’années , à cette époque aucune de mes connaissances ne l’était . L’allergie est loin d’être un phénomène anodin , je ne peux pas vivre sans antihistaminiques / corticoides
        Aujourd’hui je m’occupe de beaucoup de jeunes , 30 à 40% des inscrits sont allergiques à qqchose (pollens, nourriture, antibiotiques..) .
        Une de mes filles est allergique au paracetamol (urticaire géant) , l’autre , pollens et méduses , (oedeme massif , fievre à 40°)

        Côté animaux : je connais un chien allergique aux puces , ma jument est allergique à l’orge, accariens , moisissures , certains sont allergiques aux instectes , au pollens !!! (vous avez bien lu …)
        Voila voilou , et nos ecolos dorment peinards , cool , relax

  • Attention aux conséquences de prises de position trop tranchées!
    Les antibiotiques sauvent beaucoup de vie et de complications…
    Mais la piste de la réduction de diversité de la flore intestinale suite à un traitement antibiotique est très intéressante. Elle recoupe une autre approche qui montre que les enfants ayant vécus aux contact des animaux de ferme ont beaucoup moins de risque allergique. Ainsi attention aux mamans qui veulent tout le temps nettoyer , récurer …les petits …

  • Il semblerait que les antibiotiques soient distribués de plus en plus …Même par des labos peu scrupuleux, pour limiter les risques d’infections pour de simple examen de radiologie…et cela sans ultra levure ce qui peut avoir aussi pour conséquence un déséquilibre de la flore comme trop de candida albican qui se transforme en levure mycellium, non sans conséquence non plus sur la porosité intestinale et cela les médecins français sont souvent à la traine par rapport aux anglophones, aux suisses ou aux belges ….Beaucoup plus au fait de ce genre de complications…Certains naturopathes sont au point sur ce type de pathologie étonnamment.

  • sans compter les antibiotiques donnés aux animaux d’élevage en prévention…

  • c’est vrai qu’au niveau allergies le rayon est vaste il existe de multiples causes comme le stress et les nouvelles affections de la peau liées aux matériaux recyclés. jJe pense aux chaussures et certains sous-vêtements dont le bambou ne convient pas non plus à tous les types de peu sans compter les emballages interdits il est vrai, faits de papier recyclé pour emballer des produits alimentaires mais comme l’austérité est devenue une mode ,la fraude sans doute l’est devenue tout autant.La première étant sœur jumelle de la seconde et ce depuis toujours déjà du temps d’Al Capone

  • Une autre piste qui commence à émerger à ce sujet et rejoins l’article…. mais qui reste peu évoquée car un poil crado; c’est l’exposition ou plutôt le manque d’exposition des nourrissons aux bactéries intestinale de la mère durant l’accouchement. On sait que chez les mammifères, via des toilettes mutuelles; la mère inocule ses bactéries au juvénile, ce qui lui permet de développer sa flore intestinale. Or actuellement les conditions de plus en plus drastique d’asceptie ou de « préparatifs » de la mere dans les accouchements diminuent drastiquement cette transmission.
    Je ne serais pas étonné que l’on trouve une corrélation entre l’explosion des cas d’allergies digestives (type gluten / lactose) et le développement de pratique médicale comme le lavement intestinal / purgatif imposés chez les femmes qui vont entrer en « travail ».

  • Les commentaires sont fermés.

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