L’Argentine se dirige vers un nouveau défaut de paiement

Le gouvernement argentin a annoncé qu’il était dans l’impossibilité d’honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée.

Argentine dollarsLa justice américaine a rendu exécutoire la condamnation de l’Argentine à rembourser au moins $1,3 milliard à deux fonds d’investissements, dans un litige lié à la faillite partielle du pays en 2001. Le ministère argentin de l’Économie a fait savoir que cette décision rendrait impossible le paiement à New York avant le 30 juin des créanciers de l’Argentine ayant accepté la renégociation de la dette du pays.

Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93% des créanciers privés qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d’environ 70%. Mais les 7% restant ont refusé cet accord et activé l’option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu’ils avaient achetés. Si l’Argentine procède à ce paiement, les autres fonds ayant refusé les restructurations de la dette argentine en 2005 et 2010 pourraient exiger le même traitement et c’est $15 milliards supplémentaires que pourrait avoir à régler l’Argentine. Or un remboursement aussi important serait impossible à l’heure où la banque centrale d’Argentine ne dispose que de $28,5 milliards de réserves.

Buenos Aires affirme ne pas vouloir se mettre en défaut de paiement. Cependant, le non remboursement d’une échéance due équivaut toutefois bel et bien à un défaut de paiement du point des vue des marchés et des agences de notation. Le cas argentin est suivi de près par les grands argentiers du globe qui craignent que les créanciers refusent à l’avenir tout compromis avec les États en difficulté dans l’espoir de récupérer l’intégralité de leur dû.