Cameroun : Pour une véritable libéralisation du secteur électrique

La libéralisation du secteur de l’électricité au Cameroun est nécessaire pour améliorer la qualité du réseau national, et passe par la création d’une libre concurrence pour le secteur et l’implication des PME.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Ampoule électricité (Crédits serguei_30, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Cameroun : Pour une véritable libéralisation du secteur électrique

Publié le 12 juin 2014
- A +

Par Chofor Che(*).

Un article de Libre Afrique.

electriciteLe Cameroun est frappé par de graves pannes de courant depuis une décennie maintenant. Ce sont les zones rurales du pays qui ont le plus souffert de ces graves coupures d’électricité. La situation est pire encore dans la capitale Yaoundé. Selon l’unique fournisseur public d’électricité dans la capitale, AES Sonel, qui jouit depuis longtemps du monopole dans son secteur, les pannes ont été le résultat d’opérations de maintenance sur le réseau électrique du pays. D’après le rapport sur le Cameroun, datant du 12 mai 2014, c’est en effet une situation paradoxale pour un État qui est classé comme le deuxième pays en Afrique subsaharienne et disposant d’un grand potentiel dans la production hydroélectrique. Il est en effet étonnant de savoir que la législation camerounaise a évolué dans le sens de la libéralisation. Le Journal du Cameroun révèle qu’en 2010, le Parlement a adopté une loi libéralisant le secteur de la production de l’électricité. Mais depuis la promulgation de la loi, la situation a empiré. Il ne suffit pas de promulguer des lois qui ne sont suivies par aucune action concrète alors que la majorité de la population et des entreprises continuent de souffrir du manque d’approvisionnement en électricité.

Il est évident que depuis plus d’une décennie de contrôle croissant de l’État, le Cameroun a eu une industrie qui a servi les intérêts particuliers plutôt que les intérêts du consommateur. En dépit des pénuries d’électricité, les prix avant impôts au Cameroun sont plus élevés que la moyenne des autres pays du continent. L’électricité pourrait être environ 50 % moins chère sans les interventions gouvernementales.

Les autorités gouvernementales ont récemment révélé qu’il était grand temps d’impliquer les petites et moyennes entreprises (PME) dans le secteur de l’électricité. Selon le rapport du Cameroun, dans une population de 23 millions d’habitants, on en compte seulement 850 000 reliés au réseau national d’électricité, soit une couverture de seulement 6 à 7% du territoire national.

Les Camerounais se demandent si un jour ils sortiront du bourbier de l’électricité, d’autant que l’État a été longtemps impliqué dans des projets comme le barrage de Lom Panger et les projets hydroélectriques de Memve’ele et Mekin, mais en vain. Jean Pierre Kedi, Directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, soutient que le Cameroun peut résoudre ce déficit précaire si les PME sont en effet impliquées dans le secteur. Le rapport sur le Cameroun ajoute que le gouvernement camerounais a établi un partenariat avec l’Union européenne et des consultants tels que InvestElec afin que les PME puissent participer à des sources alternatives de production de l’énergie électrique, en particulier renouvelables. Des ateliers ont été organisés à Yaoundé du 7 au 11 avril 2014, pour former des responsables de PME intéressés à détecter et à profiter des opportunités d’investissement dans le secteur de la production d’électricité.

Les libéraux africains comme Adedayo Thomas et Oyenuga soutiennent qu’il est nécessaire, pour les gouvernements centraux, de déléguer la prise de décision dans le domaine de l’approvisionnement en électricité à d’autres acteurs. La libéralisation du secteur de l’électricité saura attirer plus de parties prenantes et déclenchera une concurrence saine pour de meilleurs services.

C’est donc une idée louable de repenser la stratégie d’approvisionnement en électricité de l’État. Il est évident que l’Union européenne et InvestElec vont dépenser beaucoup de fonds pour améliorer la situation. S’il n’y a pas de contrôle strict des pratiques de corruption des agents de l’État, appelés à superviser l’utilisation de ces fonds destinés à impliquer les PME dans la gestion de l’électricité, l’opération sera une perte de temps, et les pauvres Camerounais vont continuer à croupir dans l’obscurité, et les ateliers comme celui organisé du 7 au 11 avril 2014 à Yaoundé n’auront pas d’impact.

Il est nécessaire que l’État libéralise concrètement le secteur de l’électricité et donne des chances égales aux entreprises étrangères pour investir dans l’énergie solaire et l’énergie de la biomasse en particulier dans les zones rurales. Seules de telles mesures permettront d’améliorer aussi bien la situation des Camerounais que celle des investisseurs étrangers qui ont besoin d’électricité pour réduire la pauvreté et transformer le pays en une économie émergente.

Chofor Che, article initialement publié en anglais par Africanliberty.org – Traduction réalisée par Libre Afrique

Sur le web.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Article tiré de la note de février 2022 de Jacques Rigaudiat, conseiller maître honoraire à la cour de comptes« Réussir la transition électrique » (86 pages).

Suite à leur consommation, le tarissement inéluctable des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), dans 20 ans, 50 ans ou dans plus d’un siècle, aura des conséquences plus graves que le réchauffement climatique dû au CO2 qu’elles émettent.

Il en résulte que la transition énergétique vers des sources d’énergies décarbonées (nucléaire, eau, vent, soleil…) est, ou sera, n... Poursuivre la lecture

Par Jean-Jacques Nieuviaert et Michel Gay.

Avant 2020, l’hydrogène constituait un produit marginal essentiellement destiné à des usages industriels, puis en quelques mois ce « vecteur énergétique » est devenu le nouvel eldorado de la transition énergétique.

Ironiquement d’ailleurs, le 28 décembre 2021, l'agence de presse russe TASS avait déclaré que la Russie était prête à collaborer avec l'UE sur des projets d'hydrogène. Elle citait l'envoyé russe auprès de l'UE :

« Les gazoducs de la dernière génération, comme le Nord S... Poursuivre la lecture

Par Michel Gay et Jean-Jacques Nieuviaert.

 

La crise énergétique européenne de ce début 2022 est d’une gravité qui n’avait plus été connue depuis les chocs pétroliers des années 1970.

Mais contrairement à ce que la Commission Européenne tente de nous faire croire, les causes de cette crise ne sont pas principalement externes à l’Europe, et le conflit russo-ukrainien est loin d’en être la cause déterminante.

Depuis plus de 10 ans la Commission européenne n’a aucune stratégie ni aucune vision pour assurer à la ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles