Une appli iPhone pour s’initier à la philo ou réviser son bac

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Le bac de philo aura lieu dans une semaine. Mais au-delà, cette appli s’adresse à tous ceux qui veulent reprendre les bases de la discipline.

zombiesLa philosophie est la reine des sciences. Elle s’apprend à tout âge. Mais il est souvent bien difficile de s’y retrouver dans la jungle des manuels et autres livres de philo tous plus étatistes et collectivistes les uns que les autres.

« Cours de Philo » est la première application philo complètement gratuite et réalisée par un professeur qui contribue régulièrement à Contrepoints. Pour s’initier, préparer un concours ou pour le bac de philo le 16 juin, l’appli vous guidera à travers 50 citations expliquées sur tous les thèmes du programme de philo. Elle conviendra également à tous ceux qui veulent s’initier aux grands penseurs de la civilisation.

Damien Theillier est professeur de philosophie, diplômé de la Sorbonne-Paris IV. Il enseigne en terminale et dans une école d’ingénieurs à Paris. Il est aussi l’auteur de Culture générale, Éditions Pearson, 2009, 2013 et préside l’Institut Coppet.

L’application est à télécharger sur iTunes à cette adresse : https://itunes.apple.com/fr/app/cours-de-philo/id881014403?mt=8

Si vous n’avez pas d’iPhone, vous pouvez retrouver toutes les citations en ligne sur le site cours-de-philosophie.fr (Ressources).

Cette application d’initiation et de révisions s’appuie sur le livre de Damien Theillier, Un chemin de liberté, la philosophie de l’Antiquité à nos jours, publié en septembre 2013 et déjà un grand succès de librairie.

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Extraits :

Pascal (1623-1662) – Les trois ordres

« De tous les corps ensembles, on ne saurait en faire réussir une petite pensée. La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité. » Pensées (1669).

Pascal distingue l’ordre des corps, l’ordre des esprits et l’ordre de la charité. Chaque ordre a son éclat en lui-même, sa propre perfection et n’a pas besoin des grandeurs d’un autre ordre. Les grands génies n’ont pas besoin des grandeurs charnelles, ni les saints des grandeurs charnelles et intellectuelles. Il n’y a donc aucune proportion ni aucun rapport entre les trois ordres. Une augmentation de puissance ne donne pas la science ni la sainteté. Autonomie et incommensurabilité. Cependant on peut y voir une hiérarchie, qui n’est pas de pouvoir mais de perfection. Archimède ne peut commander à Alexandre, ni l’inverse. Au contraire chez Platon les trois ordres sont subordonnés dans une relation d’autorité et de dépendance.

Pascal affirme également la disjonction entre la foi religieuse et la vérité scientifique. Car cette distinction des ordres de connaissance a pour conséquence une séparation des pouvoirs entre les autorités compétentes : la cosmologie biblique n’a donc pas force de loi scientifique. Elle ne saurait prévaloir contre les découvertes et démonstrations rationnelles. Pascal refuse au théologien le droit de régner sur le savant. Ainsi, en 1633. Pascal n’a pas hésité à dénoncer dans les Provinciales (XVIIIe lettre) la vanité du procès de Galilée : « Ce n’est pas cela qui prouvera qu’elle (la terre) demeure en repos. » Pascal soutient donc Galilée et défend l’autonomie de la raison, mais il prend soin de limiter cette autonomie au seul domaine de la science expérimentale.

Chez Pascal, ce n’est pas l’inversion des ordres mais leur confusion qui est le principe de l’injustice et en particulier de la tyrannie. Dans les Pensées, fragment 332-58 (Justice), Pascal précise : « La tyrannie consiste au désir de domination universel et hors de son ordre (…) La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre. »

 

Nozick, Robert (1938-2002) – Droits individuels et justice

« Les individus ont des droits, et il est des choses qu’aucune personne, ni aucun groupe, ne peut leur faire (sans enfreindre leurs droits). Et ces droits sont d’une telle force et d’une telle portée qu’ils soulèvent la question de ce que peuvent faire l’État et ses commis – si tant est qu’ils puissent faire quelque chose. Quelle place les droits de l’individu laissent-ils à l’État ? » Anarchie, État et utopie (1974)

La question politique fondamentale à se poser selon Nozick n’est pas : qu’avons-nous le droit de faire mais plutôt : quelles sont les limites de l’État ? En effet, il considère que la vraie justice, c’est celle qui respecte les droits de propriété de chacun : propriété de soi et propriété des biens, acquis par le travail. Logiquement, Nozick soutient l’idée d’un État minimal « qui se limite à des fonctions étroites de protection contre la force, le vol, la fraude, à l’application des contrats, et ainsi de suite. »

Chacun de nous a ses talents et dispositions qui lui appartiennent en propre, de sorte que nul ne peut s’en servir sans notre consentement même pour en faire bénéficier les autres.Si moralement le riche doit donner aux plus pauvres, par exemple, il doit le faire librement et non pas être contraint par l’État. Le projet de compenser les inégalités socio-économiques au moyen de la contrainte de l’État porte gravement atteinte à l’égalité morale des citoyens et à leur liberté individuelle. Cela ne signifie pas que la redistribution est impossible par principe, mais qu’elle est subordonnée au primat de la volonté individuelle.

Par conséquent, traiter les individus comme des « fins en soi » consiste pour l’État à reconnaître en chacun le seul propriétaire légitime de lui-même, de ses capacités, ainsi que des biens qu’il possède grâce à ses capacités et à son travail.