Encore moins d’impôts pour ceux qui en paient peu ?

Les baisses d’impôts décidées par Manuel Valls, c’est l’égalitarisme, la prime à la médiocrité, la prime à l’indolence sur l’initiative, à l’assistance sur la dignité.

Un article de l’Aleps.

impôts taxesC’est logique et c’était annoncé : le pacte de solidarité était fait pour compenser le pacte de responsabilité. D’un côté des cadeaux aux entreprises, comme on dit, de l’autre des exemptions fiscales pour les ménages au bas de l’échelle des revenus. Mais les cadeaux aux entreprises ressemblent au « milliard des émigrés » (1791), ils se réduisent chaque jour comme peau de chagrin, tandis qu’un milliard d’exemption fiscale bénéficiera à 650.000 personnes, les plus modestes contribuables qui échapperont ainsi à la nouvelle ponction programmée pour les ménages. « Et au milieu coulent les classes moyennes », titre une rubrique du FigEco de ce jour. En effet, le jeu combiné du gel du barème de l’impôt sur le revenu, du nouveau plafond du quotient familial, de la fiscalisation des majorations de pensions des parents de famille nombreuse, aboutit à alourdir sévèrement la charge fiscale de quelque trois millions de contribuables, pour nous mener à un surplus de 12 milliards.

Voilà donc « l’austérité à la française ». Mais c’est dans la grande tradition du « modèle social français », à base de redistribution et de progressivité de l’impôt. Ce modèle repose sur un calcul et sur une idéologie. Le calcul a pour base un slogan : il faut faire payer les riches, il faut prendre l’argent là où il est. C’est une totale stupidité, que nous n’avons cessé de dénoncer, en invoquant « l’effet Laffer ». Au-delà d’un certain taux de pression fiscale, le contribuable réagit, il ne veut plus travailler pour le percepteur et réduit son activité ou pratique l’évasion fiscale, ou l’exil fiscal. Un taux supérieur appliqué à une assiette réduite donne des recettes fiscales moindres. Faut-il rappeler qu’il a manqué 14 milliards de recettes pour le Trésor français l’an dernier ?

Quant à l’idéologie, c’est celle de l’égalitarisme. C’est la prime à la médiocrité, c’est la revanche de la nullité sur le mérite, de l’indolence sur l’initiative, de l’assistance sur la dignité. « Les ratés ne vous rateront pas », disait Céline. Bien sûr, l’effet Laffer s’explique en partie par cette idéologie déprimante. Mais l’égalitarisme va plus loin : il affirme la primauté du collectif sur le personnel. Il réduit l’homme libre en esclavage. C’est aussi, comme le pense Christiane Taubira, experte en la matière, un crime contre l’humanité.

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