L’homme et la nature, deux poids deux mesures

Refuser que les règles valables pour la nature s’appliquent à l’homme est l’erreur du discours environnemental d’aujourd’hui.

Les environnementalistes doivent être distingués des écologistes. Les seconds étudient la nature, les systèmes et les interactions entre les différentes composantes d’un système. Les premiers considèrent que ce qui est valable pour la nature n’est pas valable pour l’homme.

Ils considèrent que la nature est capable de se réguler seule, mais pas l’homme. Que la nature a trouvé des moyens de minimiser l’énergie employée pour accomplir une tâche donnée, mais que l’homme en serait incapable. Que les interactions entre éléments d’un système résultent naturellement en un bénéfice pour toutes les parties prenantes de l’interaction et même plus, mais que les sociétés humaines devraient être régulées pour assurer l’inclusion de tous.

Les environnementalistes vont plus loin dans leur contradiction. Il faut laisser faire la nature, mais pas laisser faire les hommes. L’impact de toute tentative de régulation de la nature par l’homme est négatif, mais la régulation des hommes par d’autres hommes serait positif. Le calcul économique devrait être distingué du calcul environnemental pour inclure le dernier dans le premier, ou l’inverse.

Pourtant, l’économie en tant que science de l’action humaine prend fondamentalement en compte l’environnement et la nature. D’une part, l’individu prend naturellement en compte le long terme plutôt que le court terme ; la préférence moderne pour le court terme est une déconnexion de l’homme d’avec sa nature. D’autre part, si l’action d’un individu impacte son environnement, il prendra en compte l’impact sur l’environnement dans sa décision.

Leur idéologie empêche les environnementalistes de raisonner convenablement et les pousse donc à prendre de mauvaises décisions. Le GIEC ment à une humanité de toute façon aveugle, les Verts soutiennent des éoliennes au bilan énergétique négatif, le bilan carbone est calculé partout et pratiquement inutile. Les énergies prometteuses passent aux oubliettes, la décision est toujours guidée par la peur plutôt que par la prudence.

Et le coupable désigné, c’est un capitaliste avide de ressources naturelles et aveugle à la pollution qu’il génère. Au lieu de faire avancer la théorie économique en explicitant les bénéfices d’une approche holistique de l’agriculture, l’environnementalisme d’aujourd’hui fait reculer la pensée économique en faisant du progrès l’ennemi de la nature. Il se fonde sur le négatif (pollution, consommation des ressources, menaces) plutôt que sur le positif (bénéfices d’une approche soutenable, nature libre plus efficiente que nature contrainte). Il prône la réduction de la croissance, de la population, de la technologie. Il se méprend fondamentalement sur la notion de rareté et d’abondance.

Il est, en ce sens, en cohérence avec le discours politique qui craint l’inégalité plus qu’il ne désire l’interaction et l’échange, qui craint la surconsommation et la sous-consommation sans savoir quel est le juste niveau de consommation, qui promeut l’égalité sans savoir sur quelle base, sur quel niveau d’égalité fonder son modèle. Comment défendre un modèle dont l’objectif consiste en son mécanisme, non son produit ?

Le bon discours serait celui qui réconcilie l’homme et la nature sans qu’aucun n’ait à faire de concessions. Il en va de même des discours sur l’homme, d’ailleurs ; le bon discours est celui qui accorde tous les hommes en fondant leurs interactions sur un bénéfice mutuel. Et c’est ce que le bon discours environnementaliste parviendrait à démontrer : que les interactions des parties d’un système bénéficient naturellement à chacune d’entre elles, pourvu qu’on laisse faire la nature. Et que, de la même façon, respecter la nature humaine en laissant faire les hommes et passer les marchandises bénéficie à tous.