Deux poids, deux mesures, une victime

Le deux poids, deux mesures est une discipline très courue par nos politiciens, faisant de chaque citoyen une victime qui ne sait plus sur quel pied danser.

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Deux poids, deux mesures, une victime

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 mai 2014
- A +

Par Baptiste Créteur.

esclavage_moderneImaginons une situation relativement simple survenant dans un passé lointain, très lointain. Un propriétaire terrien a l’idée de faire aménager et cultiver ses terres à moindres frais, et achète des hommes et femmes pour travailler sur ses plantations. Ces hommes et femmes ne seront ni rémunérés, ni indemnisés, et les droits attribués à chaque individu ne leur seront pas reconnus. Comment juger cette pratique, aussi appelée esclavage ?

La réponse n’est pas aussi intuitive qu’elle n’y paraît. Pour des hommes et femmes politiques de haut niveau, par exemple Christiane Taubira, la réponse dépend intégralement de l’origine ethnique de l’esclavagiste.

Si l’esclavagiste est d’origine européenne, alors son peuple a une tradition de colonisation et d’oppression, d’exploitation et de conquête. L’esclavage doit alors être condamné, sa fin commémorée, ses dégâts réparés, et ses ancêtres doivent en porter la culpabilité et le fardeau. Mais si l’esclavagiste est d’origine africaine, alors il ne faut pas que ses descendants portent sur leurs épaules ce fardeau.

Ce raisonnement choque de nombreux Français. Cet odieux « racisme anti-blancs » viserait à détruire notre civilisation, et il faudrait bien entendu éviter la destruction de notre civilisation par de farouches musulmans. Il y a pour eux un odieux deux poids, deux mesures : les délinquants sont des chances pour la France et on leur pardonne tout en raison de leur origine, les musulmans bénéficient d’avantages indus et de discrimination positive, etc.

Accorder des droits différents aux individus selon leur appartenance à quelque groupe que ce soit, et faire porter sur des individus la responsabilité d’actes commis par leurs ancêtres ou les ancêtres de leurs compatriotes, sont des erreurs1. Mais il est un deux poids, deux mesures que peu dénoncent.

Si un individu vous presse, à la menace d’une arme ou de la violence, de lui donner votre bien, c’est un vol. S’il le fait régulièrement, c’est du racket ; peu importe qu’il offre en échange sa « protection », ou quelque autre service que ce soit. Ce qui compte, c’est que l’on soit forcé de lui donner notre bien. Peu importe aussi qu’il ait des difficultés financières ou des projets d’investissement requérant plus, ou même qu’il verse tout à une œuvre caritative : c’est un voleur.

Mais si les voleurs se réunissent et se constituent en un gouvernement, envoient pour collecter l’impôt le fisc et les huissiers, et votent des lois lui permettant de le faire et lui offrant la « légitimité démocratique » de le faire, alors ils deviennent un État ; le vol n’en est plus un et s’appelle désormais impôt. Pire : ne pas obéir aux voleurs devient une fraude, une fuite, une évasion, un vol à la nation.

Et nombreux sont ceux qui ne voient pas la supercherie. Qui dénoncent celle de Taubira et pas celle sur laquelle reposent les États modernes. Pourtant, il est assez simple de comprendre que ce qui est valable pour un individu l’est pour un groupe, que ce qui est valable pour un citoyen l’est pour un élu et pour l’État dans son ensemble. Si l’État vole ou tue, c’est mal. Si la légitimité d’un contrat vient du consentement entre les parties, l’État ne peut pas s’imposer à tous sans leur accord.

Le problème du libéralisme ne tiendrait-il pas, d’ailleurs, dans sa limpide simplicité ?

Le public est ainsi fait qu’il se défie autant de ce qui est simple qu’il se lasse de ce qui ne l’est pas. – Frédéric Bastiat

  1. La légitimité de la propriété peut, elle, être remise en question
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  • Le CRAN demande réparation aux descendants de familles bordelaises ayant pratiqué le commerce d’esclaves, très bien mais alors si les familles blanches sont mises à contribution il va falloir que des familles nègres le soit aussi, par exemple au Sénégal, j’ai des adresses…

  • @homo orcus: qu’est ce donc que cette situation, ont-ils le droit?
    Moi je me pose la question de la contrainte ds la traite des humains, qui nous dit que les gens ne sont pas heureux dans cette situation? , au fond ils vivent tranquillement, ils ont accès à quelque chose ( je ne sais quoi) que seul ils ne peuvent pas avoir et peut être que cela vaut tout l’argent qu’ils ont?
    Il y a un jeu de pouvoir dans l’esclavagisme, qui, pour moi, rassure chacun dans sa position et qui rend la sortie de ce schéma difficile.

    • L’esclavagisme est un jeu où il y a un qui gagne en permanence et l’autre qui perd à tout les coups.
      Nous choisissons de nous soumettre, d’être subordonné à une hiérarchie, un gouvernement. Mais l’esclave n’a même pas ce choix de sa condition. Elle lui est imposé.
      L’esclavagisme n’est pas un jeu mais bien un rapport entre êtres humains disposant de leurs droits naturels et d’autres en étant privés sans concession. C’est un rapport fondé sur de la pure violence et sans consentement.

      • Oui, ça je sais. Donc un bourreau et une victime. Ça me fait penser aux jeux psychologique de Berne ( analyse transactionnelle).
        Et quand il y a un contrat ce n’est plus de l’esclavagisme pour vous?

    • « qui nous dit que les gens ne sont pas heureux dans cette situation? » Les Chaines !

  • Concernant la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, nous devrions célébrer la victoire de la justice et de la liberté.
    Mais comme vous nous le rappelez, la réalité est que ce sera l’occasion de polémiques douteuses, de culpabilisation anachronique, de débats sur le racisme épigénétique des français de souche et du bien fondé d’une politique de discrimination positive…. Je m’arrête là car vous n’imaginez pas tout ce qui peut traverser un esprit gauchiste un jour pareil !

    Ce devrait être un journée de fierté mais ils en feront une journée de haine ! Faites leur confiance.

  • @Homo-Orcus, Sissi, G.L.

    A mon avis, ce qu’il y a de plus percutant dans cet article est ce que Baptiste Créteur dit dans son paragraphe :

    « Et nombreux sont ceux qui ne voient pas la supercherie. Qui dénoncent celle de Taubira et pas celle sur laquelle reposent les États modernes. Pourtant, il est assez simple de comprendre que ce qui est valable pour un individu l’est pour un groupe, que ce qui est valable pour un citoyen l’est pour un élu et pour l’État dans son ensemble. Si l’État vole ou tue, c’est mal. Si la légitimité d’un contrat vient du consentement entre les parties, l’État ne peut pas s’imposer à tous sans leur accord. »

    • « l’État ne peut pas s’imposer à tous sans leur accord.  »

      Et c’est le cas dans une démocratie qui ne vous retient pas si vous voulez partir !

      • « Pense comme moi, ou alors barre toi. »
        Vous avez une mentalité admirable. La démocratie, ce n’est pas exactement ça. Je ne vous en veux pas trop, à vous lire vous n’en voulez pas.

        • Les libéraux sont pour la liberté et n’hésitent jamais à rappeler que si on est pas heureux du contrat qui nous lie avec un propriétaire ou un employeur, nous avons toujours la liberté d’aller voir ailleurs, et bien c’est idem dans une démocratie si on en supporte pas les règles.

      • En abandonnant toutes vos affaires ❓

  • On va pouvoir demander des indemnisations conséquentes aux socialistes de la planètes pour notre mise en esclavage. Les socialistes suisses en premier, ils sont bourrés de pognon :mrgreen:

    Que la vie serait agréable sans impôts. Pas obligés de se lever tous les matin. Pas obligés de trimer tard le soir.
    Libres de travailler par choix ❗

    • @Michel: Si il n’y a que ça, il y a des pays où vous ne payez pas d’impôts: quatar, Arabie saoudite, émirats arabe unis… mais j’ai une préférence pour les Bermudes ou les Îles Vierges britanniques. Libre de vous levez tôt le matin et de trimer tard le soir pour votre plaisir, pas pour les impôts 🙂
      @Nadege: je suis d’accord, sauf qu’à vous lire, j’ai l’impression que nous sommes des oies blanches et l’Etat un méchant bourreau. Alors oui,il nous contraint, je n’aime pas ça du tout, j’en suis l’esclave sûrement ds ce sens là, mais alors que faire?

  • Tidiaine N’DAYE, un sénégalais musulman, dans son livre « Le génocide voilé », paru en 2008, rappelle que si l’esclavage transatlantique a été une tragédie, celui arabo-musulman a été une MONSTRUOSITE pour reprendre ses termes. l’esclavage fut aboli dans les royaumes chrétiens d’Europe occidentale dès le XIII ème siècle. Ainsi Louis XIV déclarait-il « tout esclave posant les pieds en mon royaume sera immédiatement un homme libre ». L’Occident chrétien fut, pendant plusieurs siècles, la seule civilisation à avoir banni l’esclavage sur son sol. La quasi-totalité de l’humanité le pratiquait alors. les plus grands esclavagistes de tous les temps furent les arabes. ils ont d’ailleurs, réduit plusieurs millions d’européens en esclavage. lisez l’Histoire des traites négrières de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l’histoire de l’esclavage. il y a eu 11 millions d’Africains victimes du trafic occidental, 14 millions pour la traite inter-africaine, 17 millions pour la traite orientale . autre livre intéressant: l’esclavage en terre d’islam.

  • Le principe de l’abolition de l’esclavage par les libéraux était le suivant :
    Chacun doit pouvoir jouir des fruits de son travail.
    Ce qui était immédiatement suivi du consentement à l’impôt.
    Sans consentement à l’impôt, alors il y a une forme d’esclavage. (Dont les étatistes de tout bord se moquent bien aujourd’hui).
    Je pense que la supercherie se cache aussi ici.
    @ SIssi, lorsqu’il y a un contrat, il ne peut y avoir d’esclavagisme, les parties sont libres ou non de signer le contrat, et les fruits du travail de chacun sont respectés (et la question de savoir si le contrat est généreux ou radin ne nous concerne pas)

  • « On est pas les seuls » a toujours été une piètre excuse, et c’est d’autant plus absurde quand il n’y a rien à se faire excuser : on ne peut être coupable d’événements antérieurs à sa propre naissance.

    Pour le reste il est tout à fait normal que l’Etat français ne commémore que les événements relatifs à la France. Pour autant que je ne sache l’Etat français ne commémore pas l’abolition américaine ou britannique, mais l’abolition française : à plus forte raison pourquoi devrait-il se préoccuper de la traite arabo-musulmane ?

    Il est vrai qu’il y a des cérémonies publiques d’hommages aux victimes du génocide arménien en France, mais cela me semble pas être un mouvement a encourager (on est déjà suffisamment fournis en cérémonies ! ).

    • Je suis entièrement d’accord avec ça.
      Franchement, j’ai du mal à comprendre ce que je suis sensé commémoré, puisque je n’ai aucun souvenir d’esclavage en mémoire

  • Les « blancs » n’ont pu exercer ce commerce qu’avec la complicité de chefs de tribus africains qui allaient faire leurs « emplettes » dans les tribus à l’intérieur des pays et nombre de familles au Sénégal ou ailleurs, très argentées aujourd’hui, doivent leurs richesses à ce trafic! Qui se doit un devoir de repentance? Sont ce les Africains impliqués, sont ce les « blancs »?
    Alors pourquoi ne pas se souvenir de l’action de Victor Schœlcher, qui après un parcours parfois difficile, est parvenu au vote du décret mettant fi à l’esclavage. Ce que certains « blancs » ont fait, d’autres « blancs » l’ont défait! Alors les effets de manche de Taubira (qui sait ce qu’elle serait devenue sans cet épisode) ou ceux de F. Hollande me laissent de marbre!
    Le mal est fait et ce n’est pas cette repentance judéo-chrétienne éternelle qui changera les choses! J’ai dit

    • « Alors pourquoi ne pas se souvenir de l’action de Victor Schœlcher, qui après un parcours parfois difficile, est parvenu au vote du décret mettant fin à l’esclavage. »

      On peut voir cet épisode de manière différente.

      L’action de Schœlcher se passe en 1848. La déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 a donc déjà 59 ans. D’évidence elle n’est pas respectée. Alors l’action « légitime » n’aurait elle pas était de poursuivre les esclavagistes d’alors. En fait, en abolissant officiellement l’esclavage en cet année 1848, on amnistiait les esclavagistes pourvus qu’ils cessent leur pratique…

  • « Le problème du libéralisme ne tiendrait-il pas, d’ailleurs, dans sa limpide simplicité ? » ou plutôt son simplisme !

    • On pourrait en dire du même du socialisme…

      Face à la complexité intrinsèque de l’être humain et donc de celle de ses rapports avec autrui, le simplisme de la doctrine libérale classique permet justement la fondation de sociétés complexes et évoluables basés sur le droit et la démocratie.

      • C’est une théorie que j’ai pu constaté dans l’organisation d’équipes de travail sans organisation préalable par le simple jeux ce la conscience et des intérêts personnels. Il est vrai que ça marche mieux qu’un mauvais dirigisme seulement ce fonctionnement à ses limites et ne gère pas le long terme ni les crises.

        • Citoyen « ce fonctionnement à ses limites et ne gère pas le long terme ni les crises. »

          En pleine crise des dettes et de mauvaise gestion des états c’est amusant. D’ailleurs la patte des états est partout dans l’origine des crises.

          Citoyen « ça marche mieux qu’un mauvais dirigisme »

          Justement il n’y a pas de bon dirigisme possible au niveau d’un état moderne. Les états qui s’en sortent le mieux sont les moins dirigistes et les plus libéraux.

    • D’ailleurs, quand on était suspicieux avec le socialisme, on était qualifié de primaire, tellement le socialisme est une affaire de cœur simple.
      Il n’y avait que les primates pour être primaires … :mrgreen:

  • Et nombreux sont ceux qui ne voient pas la supercherie. Qui dénoncent celle de Taubira et pas celle sur laquelle reposent les États modernes.

    Vous l’avez prononcé 6 fois ! :mrgreen:

  • Il y a quand même les mosquées nouvellement construites en France avec l’argent des contribuables : collectivités locales, départements, et régions. En contradiction (je crois) avec la loi de 1905 qui dit que l’Etat ne subventionne pas les cultes.

  • N’oublions pas que l’origine du mot esclave vient du mot « slave » a une époque où l’on allait se servir à l’est en main d’œuvre bon marché.
    En anglais, c’est encore le mot « slave » qui désigne le travailleur contraint.
    Peut on alors résumer l’esclavage a une ethnicité ou a une couleur de peau ?

  • Baptiste Creteur
    14 mai 2014 at 16 h 08 min

    Je n’ai pas écrit que les musulmans ont une position privilégiée en France. Que certains le pensent en revanche, ou voient en l’immigration et/ou l’islam des risques pour la France, c’est à mon sens assez clair, et c’est mon propos.
    Voilà de bons arguments à leur opposer.

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