La France déshonorée ?

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Comment donc expliquer l’indulgence de l’Union européenne et des marchés financiers pour leur fille prodigue, la France ?

Par Philippe Robert.

deshonneurIl est assez bluffant de constater que la France parvient régulièrement à placer ses obligations assimilables du Trésor (OAT) à moins de 2% à 10 ans et, désormais, à un taux inférieur à 3% à 30 ans.

On peut donc légitimement se demander sous quelle bonne étoile la France, pourtant au centre de mille épreuves qu’elle se sera infligée à elle-même au fil du temps, parvient ainsi à poursuivre sa route à l’aveugle vers des lendemains pourtant riches en impasses.

En ce qui me concerne, j’y vois plutôt la main de moins en moins invisible de Berlin tirant en sous-main, via Francfort, les ficelles de la Commission européenne le tout placé sous l’œil attentif mais encore bienveillant du FMI de Mme Lagarde à Washington.

Si la France est bien à l’origine de l’UE telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire assez éloignée de la vision originelle de ses concepteurs, elle en est aussi la seconde économie après l’Allemagne et se pique même de gouverner l’Europe sur un pied d’égalité avec Berlin.

C’est donc l’honneur de la France associée à l’Allemagne puis aux 26 autres États membres qui est en jeu avec le risque majeur, si nous ne nous réformons pas drastiquement comme d’autres l’ont déjà fait avant nous, de passer pour des jean-foutre invétérés.

Ainsi, le plan de 50 milliards d’euros de François Hollande mis en place par Manuel Valls est manifestement un ersatz dont les modalités, visant à atteindre des cibles mineures, font déjà pousser des cris d’orfraie à la classe politique et aux syndicats outrés.

La France a la chance d’être incontournable en Europe et c’est là, selon moi, que se trouve la raison principale de la mansuétude des marchés. Mais se faire porter à bout de bras par les petits camarades européens n’en est pas moins odieux : halte à la flibuste !