Jésus, marionnette pour militants ventriloques

Le pape François est-il marxiste ? Jésus était-il socialiste ? Ce sont des questions sottes, mais l’Église a les questions qu’elle mérite.

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Jésus, marionnette pour militants ventriloques

Publié le 27 mars 2014
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Ce n’est pas si lointain et on n’a sans doute pas fini d’en parler : la publication de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium en novembre dernier a suscité son lot de critiques mettant en doute la compétence du pape François en matière économique et sa compréhension de la théorie du ruissellement. Allant plus loin que Sarah Palin, qui trouvait certains propos du Saint-Père trop progressistes (liberal) à son goût, Rush Limbaugh n’a pas hésité à taxer de marxiste le successeur de Benoit XVI, au risque d’une surenchère polémique qui en dit plus long sur les connaissances de l’éditorialiste que sur les sympathies présumées du Saint-Siège pour le matérialisme historique, la lutte des classes, la théorie de la plus-value et la critique de l’État bourgeois.

Si agaçantes qu’elles soient, de telles accusations n’ont rien d’étonnant. « La parole du Pape, ce n’est pas rien », s’indigne-t-on. Mais comment le pape échapperait-il aux exégèses sauvages quand le Christ Lui-même en fait régulièrement les frais ? On ne compte plus en effet les tentatives d’impliquer Jésus dans les débats les plus polémiques, notamment sur les vices et vertus supposés des systèmes socialiste et capitaliste.

Ainsi, les promoteurs du capitalisme n’hésitent pas à faire de Jésus un fiscal conservative doublé d’un apôtre de la charité volontaire et de l’esprit d’entreprise, croyant trouver dans la parabole des talents (Mt 25:14-30) une apologie de l’investissement. On apprend par exemple que Pierre (pêcheur), et Jésus (charpentier) étaient capitalistes parce qu’ils vendaient le fruit de leur travail. Peut-être un jour verra-t-on dans la multiplication des pains une incitation à subventionner les boulangers qui font tant pour ceux qui ont faim. Paul croise les doigts.

Chez les détracteurs du capitalisme, au contraire, on affirme sans sourciller que Jésus était le premier socialiste, voire le premier communiste – éventuellement le premier keynésien. Pourquoi ? Parce qu’estimant « plus difficile pour un riche d’entrer dans le royaume des cieux que pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille », et ayant à cœur de défendre le plus petit d’entre les siens, Jésus ne pouvait qu’approuver toute forme de redistribution respectant ce que l’Église appellerait la « destination universelle des biens » et « l’option préférentielle pour les pauvres ». Peut-être un jour verra-t-on dans la multiplication des pains une condamnation du profit réalisé par les boulangers sur le dos de ceux qui ont faim. Paul touche du bois.

Cherche-t-on par là à rabaisser le Christ à notre niveau, ou bien espère-t-on, à travers ces lectures politiques de l’Évangile, élever nos petites opinions au rang de vérités révélées ? Et surtout, le pape n’a-t-il pas sa part de responsabilité dans la banalisation de ces lectures idéologiquement orientées dont il a lui-même pâti dernièrement ?

Le Saint-Siège a toujours pris position sur les questions dites temporelles – d’ailleurs la distinction spirituel / temporel, très commode pour délimiter les rôles respectifs du pouvoir civil et de l’Église, n’a guère de sens pour cette dernière, ses enseignements même les plus spirituels ayant une incidence concrète sur notre vie ici-bas. Mais il y a les effets secondaires : plus l’Église juge les institutions humaines à la lumière de l’Évangile et de la Tradition, plus l’Évangile et la Tradition apparaissent comme des sauf-conduit à tous ceux qui, par paresse intellectuelle ou par opportunisme, espèrent annexer leur crédo à celui des apôtres.

Au-delà des risques liés à l’implication de l’Église dans des questions trop vite soustraites au débat, c’est bien de l’autorité des Écritures, de la Tradition et du souverain pontife qu’il s’agit. Plus la réflexion de l’Église déborde du champ de l’infaillibilité pontificale, plus grand est le risque d’amender aujourd’hui ce qui a été dit hier (mais sans l’admettre, comme l’ont fait Pie XII sur la tolérance religieuse, Paul VI sur la liberté religieuse et les auteurs du Catéchisme sous Jean-Paul II) ou, dans le cas contraire, de sacrifier la compréhension du monde au souci de cohérence. L’habitude prise par beaucoup de faire dire à Jésus ou au pape ce qui les arrange n’est jamais que le pendant polémique de cette confusion toujours plus poussée, dans les documents pontificaux, entre ce que dit l’Évangile et ce qu’il faut en retenir pour notre compréhension du monde.

Alors oui, « Le pape est-il marxiste ? » est une question sotte. Mais sur ce point précis, n’en déplaise aux papolâtres, l’Église a les questions qu’elle mérite.


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  • Alors là, dans la catégorie « je dis tout et son contraire en abordant le sujet par tous les angles inintéressants, et je refuse de conclure, mais en singeant le plus prudemment possible l’insolence », vous faites très, très fort. J’ignore si vous êtes passé par Sciences Po, mais nul doute que si tel est le cas, vous y avez systématiquement obtenu la moyenne en Culture Générale. C’est bien simple : on se croirait chez Pujadas.

    Vous nous dites que la question « Le pape est-il marxiste ? » est crétine, ce qui est tout à fait juste : elle ne peut être énoncée qu’à la condition de tout ignorer du marxisme et de ne rien savoir du Pape. Mais vous la posez tout de même – on se demande bien pourquoi. Plus fort encore, vous vous moquez de Contrepoints qui l’a posée avant vous. Et pour finir, vous vous payez le luxe d’affirmer que l’Église a bien mérité tant de bavardage. Mais au nom de quoi ne vous comptez-vous pas au rang des bavards ?

    Comme votre article bricole une théologie borgne et l’accouple à une économie manchote (deux renvois à la Bible ne font pas une exégèse, pas plus qu’une allusion à Sarah Palin ne fait un pamphlet), on ne voit guère en quoi renvoyez dans ses buts votre prédécesseur chez Contrepoints, ni en quoi l’Église est moins floue que vous. Bref, vous accusez les théories politiques d’instrumentaliser les Évangiles, et Rome d’être un robinet d’eau tiède, mais on a tout de même fortement l’impression que c’est plutôt vous, qui instrumentalisez un non-débat et refusez d’opter entre le chaud et le froid. Dans quel but ? Mystère. Peut-être dans l’espoir d’obtenir la moyenne en Culture Générale.

    Cher ami, laissez-moi vous dire que vous vous foutez du monde. Oser conclure sur « n’en déplaise aux papolâtres » après avoir mimé l’anti-marxisme, feint l’anti-libéralisme, bref, mimé l’objectivité, et le tout au nom d’un catholicisme diaphane, aussi peu entraînant qu’un sourire de François Bayrou, c’est vraiment avoir décidé de faire le malin sous les sunlights et n’y parvenir en aucune manière. C’est du spectacle de rue électronique.

    Prenez un parti, bon sang : si vous pensez, dites-le. Arrimez-vous à une idée et menez-la à bon port, ne contournez pas les coups de vent comme si l’idée même de sortir du port vous terrorisait. Vous pensez que les Papes ne sont pas assez clairs lorsqu’ils parlent d’économie ? Démontrez-le. Indiquez où ils s’égarent, et comment ils pourraient s’améliorer. Soyez utile. Le sujet est bien trop vaste pour justifier tant de dandysme. Vade retro, ni-ni !

    • Cela dépend un peu de ce que vous entendez par « l’Église ». Les papes font le plus souvent attention à ce qu’ils disent et il n’est pas inutile de se souvenir qu’il y a une différence entre une constitution conciliaire, une encyclique et un entretien avec un journaliste quant au poids de l’énoncé.

      Mais l’Église c’est aussi une grande communauté dont les membres, y compris dans sa hiérarchie, n’ont pas toujours la retenue qui s’impose quant il s’agit de confronter telle ou telle option concrète aux exigences évangéliques. L’adversaire politique n’est pas nécessairement un suppôt de Satan.

      • C’est que l’Église n’est pas un mouvement politique, pas plus que les Évangiles ne sont une philosophie. Le catholicisme se définit par ses articles de foi. Ils font appel à l’intellect comme à l’affect, ils sont ouverts à la méditation, à l’exégèse, à la dispute, mais aucun Pape, aucun théologien, aucun croyant ne peuvent revenir sur le fait que les riches se mettent spirituellement en danger, du fait qu’ils sont tentés de se suffire à eux-mêmes et d’oublier d’être sauvés. Oui, il est plus difficile pour un riche de se sentir pauvre devant Dieu. Mais cela n’a rien à voir avec l’économie. À quoi viennent se superposer les opinions politiques des croyants – laïcs et religieux, incultes et Docteurs -, ô combien divergentes, ainsi que les tentatives papales d’interpréter la parole biblique afin de répondre aux grandes questions du moment. Bien malin qui pourra dire si l’Église, dans son entièreté, est de droite ou de gauche. Le plus probable est qu’elle n’est ni l’un ni l’autre, qu’elle a d’autres chats à fouetter, et qu’il coulera de l’eau sous les ponts avant qu’elle ne parle d’une seule voix, concernant d’aussi terrestres questions.

        • « pas plus que les Évangiles ne sont une philosophie » lisez le christ philosophe de frederic lenoir

          • J’en ai lu les trente premières pages et ça m’est tombé des mains. De votre côté, essayez la théologie, pour voir, si ce n’est pas encore fait. Fulton J. Sheen, par exemple, pour commencer. On trouve aisément nombre de ses textes via Google. Ou le cardinal Newman.

        • @ Pascal

          C’est vrai que l’auteur de l’article semble être bien coincé entre sa foi papale, le politiquement correct et quelques positions libérales…

          Et oui, les Evangiles ne prétendent pas être un ouvrage philosophique, mais des témoignages. Mais ces témoignages sont présentés sous un angle philosophique (qui diffère suivant l’Evangile), et nombre des propos et actes de Jésus ont clairement une porté philosophique.

          Concernant les riches, tout dépend la croyance du salut. Les Réformés qui croient en la prédestination (qui est également biblique) craignent plutôt que le riche passe à côté de toutes les richesses spirituelles de la foi de son vivant, et se retrouve malheureux, avec ses bêtes richesses matérielles. Le jeune homme riche s’en retourne d’ailleurs malheureux. En fait, le riche risque d’arriver pauvre spirituellement au ciel… 

          Enfin, si on trouve des croyants de tout bord politique, ce n’est quand même pas un hasard si Marx était athée et Bastiat chrétien. A mon sens, le socialisme chrétien ne tient pas face à certains versets, comme par exemple:

          2 Corinthiens 3:17
          Or, le Seigneur c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté.

          ou

          Galates 5:1
          C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

          Et même, selon la Bible, les chrétiens qui veulent user de la contrainte, sont plutôt vus comme des traîtres:

          Galates 2:4
          Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir.

    • Bonjour Pascal,
      1. Je n’accuse pas Rome d’être un robinet d’eau tiède.
      2. Vous dites que je refuse de choisir entre le chaud et le froid. Que représente le chaud ? Que représente le froid ?
      3. Si je ne fais que bavarder sur les bavardeurs, cela ne vous dérange pas de bavarder sur quelqu’un qui bavarde sur les bavardeurs ? 😉
      4. Ce n’est pas moi qui ai décidé la publication de ce billet sur Contrepoints, et je n’ai pas lu l’article dont vous parlez. Si la publication de ce billet vous dérange, ne vous en plaignez pas à moi mais à celui qui, l’ayant lu, l’a jugé digne d’être publié ici malgré la présence de ce que vous croyez être une attaque contre mon « prédécesseur ».
      5. Indiquez-moi où je dis que les papes ne sont pas assez clairs lorsqu’ils parlent d’économie. Moi je les trouve justement assez clairs, les papes.
      6. Je ne pose pas plus la question « Le pape est-il marxiste ? » que je ne pose la question « Le pape est-il libéral ? ».
      7. En effet, 2 renvois à la Bible ne font pas une exégèse. Vous avez sans doute compris que ces renvois servent plus à résumer la position de chaque camp qu’à dire si oui ou non Jésus pensait ceci ou cela… (Je comprends mieux votre impression d’avoir été balloté à droite et à gauche, si je puis dire).
      8. Dans cet article je m’interroge sur le lien entre l’instrumentalisation politique des Écritures et le fait que le Saint-Siège porte un jugement (dont je ne discute pas ici la pertinence) sur les institutions politiques, économiques, sociales. Je regrette que ce « spectacle de rue électronique » vous ait déplu.
      Bonne fin de journée, Pascal 😉

  • Oui, Jésus a dit « donne tes richesses aux pauvres » Les apôtres devaient être prêts à suivre Jésus dans l’abondance comme dans la rareté.
    Hors, le riche était trop attaché à ses richesses. Notons que Jésus n’a pas dépouillé le riche de ses richesses, mais qu’il lui a laissé le choix.
    Il ne l’a pas non plus traité de minable parce qu’il a refusé. JDCJDR

    • Tout à fait. La vision christique de l’argent est anthropologique, et non économique, ni politique.

    • « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain »

      On est assez loin d’un discours de gauche 🙂

      • Une personne de gauche pourra aisément expliquer qu’il ne s’agit pas de convoiter mais de se rappeler que le superflu des riches appartient aux pauvres (pour faire très bref). Du coup, ça ne tranche pas le débat. Et la vision christique de l’argent n’étant ni économique ni politique (comme l’a rappelé Pascal), il me paraît bien difficile de classer l’Évangile à droite ou à gauche ou au centre ou aux extrêmes.

        • Globalement d’accord mais j’ai toujours beaucoup de mal à imaginer que l’on puisse être à la fois socialiste et catholique; idéologiquement et historiquement, c’est une totale aberration. Lire un auteur comme Louis Ménard, revoir l’encyclique Rerum Novarum et les positions de plusieurs papes à ce sujet.

          • Vous savez, il y a bien eu des catholiques nazis et des catholiques communistes. Alors, tout est possible.

            • @ Pascal

              Il y a aussi des libéraux qui sont de parfaits socialistes et défendent systématiquement l’intervention de l’Etat.

              C’est pour cela, qu’au final, il faudrait savoir ce qu’est un catholique ou un libéral: est-ce quelqu’un qui s’affirme en tant que tel, ou est-ce quelqu’un dont le discours et les actes est en conformité avec leur idéologie?

              Pour ma part, je pense que les deux aspects sont nécessaires…

            • Un catholique est quelqu’un qui est baptisé et se reconnaît dans le Credo. L’Église exige de lui qu’il assiste à la messe de Pâques après s’être confessé, et qu’il aille à la messe au moins deux fois par mois. La conformité de ses actes avec sa foi est une toute autre affaire, qui ne relève pas de la définition du catholicisme, mais de la ferveur et de l’intégrité. La chute et la rédemption étant toujours possibles à tout instant, la définition du « bon chrétien » ne peut guère être fournie qu’après la mort de l’intéressé. Et encore est-il fort malaisé de juger de la foi d’autrui. (Dans un tout autre ordre d’idées, on ne peut pas dire qu’un délinquant est moins français qu’un honnête homme.)

            • @ Pascal

              Je connais plein de « catholiques » reconnus par l’Eglise catholique, qui sont pratiquants, qui ne vont jamais se confesser, et vont moins de deux fois par mois à la messe.

              Alors ne sont-ils pas des vrais catholiques? (Quant à savoir s’ils sont chrétiens, c’est une autre histoire).

            • S’ils ne se confessent jamais et vont moins de deux fois par mois à la messe, ils ne sont plus tout à fait « pratiquants » : ils se marginalisent, du point de vue de la règle. Mais s’ils prient tous les jours, sont charitables pour les malheureux, aiment leur prochain, disent la vérité, ne volent personne, etc… « Dieu reconnaîtra les siens ». Et puis l’Église est bonne mère : il en faut plus pour se faire excommunier.

            • @ Pascal

              Aller à la messe une fois par mois ou une fois tous les deux mois, c’est encore beaucoup par rapport à la moyenne des catholiques dont la plupart ne viennent à la messe qu’à Noël, éventuellement Pâques.

              Donc au final, je peux rejoindre votre avis, en concluant que c’est l’Eglise catholique qui détermine qui est catholique, et que c’est Dieu qui détermine qui est chrétien…

            • Pensez en termes de « catholiques français », hein. Parce qu’en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, ça pratique. L’Église de France est sans doute une des plus malades au monde.

            • @ Pascal

              Oui, je parle bien du catholicisme français, d’ailleurs c’est à peine un peu mieux en Suisse.

  • J’aime pas les postulats politico-religieux. Déjà, j’ai l’impression que les gens prennent un malin plaisir à départager morale religieuse et politique, comme du temps de Lenine. J’aime pas les religions en général, ça enveloppe les gens dans des postulats pro ou contre qui défient toute logique. Je préfère parler philosophie. Revenir aux sources. Parler logique. Parler histoire. Parler faits et sciences. Tenter dans le courant de défécations normatives de garder la tête hors du flot, quitte à ramer pour garder la bouche hors des atteintes fécales syllogistiques, palliatives d’une curiosité en berne. Loin de toute considération manichéenne j’affirme que la merde c’est la merde, et si des gens aiment ça bha j’affirme qu’ils aiment de la merde. MAIS je prends volontiers poliment le sujet de Jésus, poliment parce qu’en son erre, ce monsieur mérite plus que nos considérations anti-religieuses moralistes de bas de gamme. En son époque, il était un précurseur. Un grand avec un G majuscule. Un philosophe, prêt à rompre d’avec son éducation pour puiser dans les grandes civilisations et constructions sociales autours, parfois loin des siennes, afin de les transmettre à des peuples pris dans des carcans qui aujourd’hui ne sont même pas imaginables. Il a osé sortir de ces carcans. En cela, il était un chercheur, un voyageur, un libre-penseur. Un hérétique. Ce que l’église en a fait ne regarde que l’église et ses suiveurs. Je ne suis personne. Je ne suis même plus démocrate, c’est dire, Je voyage. Je cherche le meilleur dans un règne qui prône le moins pire. J’aimerais que les gens s’arrêtent deux minutes de comparer des choses qui ne sont pas comparables, et d’assimiler des choses qui ne sont pas assimilables. Assimiler Jésus aux postulats d’un pape protégeant un pouvoir en place n’est pas juste (vrai-correct) Les données historiques sont là, à portée de mains à qui veut les voir(entendre-appréhender). J’aimerais que le gens se mettent à regarder… vraiment… je suis bigote à ma manière, je l’assume : je crois en la capacité de l’être humain à être juge. J’ai tort ? Je n’ai rien inventé. Je ne lancerai pas la première pierre. Nous sommes tous dans le même navire, ne vous en déplaise. Si je suis bigote tous les libéraux le sont. Si je ne le suis pas… nous avons à concorder nos sources, de toute urgence. Qui était Jésus ? Quelle est la valeur de nos sources judéo-chrétiennes ? Quelle confiance pouvons-nous leur accorder en terme de libertés individuelles et quelles sont les limites de nos sources ? Où chercher pour les dépasser ? Dis maman, c’est quoi la Liberté ?

    Dis maman, est-ce que je peux voler ?
    Oui tu peux, dans un avion (la créativité, la logique, la science) mon ange…
    Critiquer les limites d’un système de pensée ne suffit pas. Je réclame à l’homme la capacité de les outrepasser. D’être juge. De chercher les lois (non de les inventer au petit bonheur la chance, mais de les définir, de les exprimer après les avoir comprises et d’en tirer le meilleur parti). D’en tirer des règles qui soient en mesure de tracer des droits. Je suis con comme la Lune (a-t-on vraiment marché dessus d’ailleurs ?), ou bien je ne suis ni plus conne ni plus intelligente qu’un autre. Humaine. J’aimerais que cessent les guerres de religions et que s’entame le DIA-LOGUE. Qu’on cesse de cracher et qu’on commence à raisonner. J’aimerais…
    Le sens… celui qui est tabou. La vérité. Celle qui a poussé à la mort des millions d’hérétiques. La terre est plate ? Non. Elle ne l’est pas. Vérité. Nous sommes égaux de naissance ? Vraiment ? La démocratie permet le respect des droits individuels ? Oui ou non ? Certains systèmes de pensées (religion, social, politique..moral) sont moins aptes à promouvoir la responsabilité de l’individu, oui ou non ? De la responsabilité de l’individu dépend la conscience de sa responsabilité, et de sa responsabilité d’action dépend sa liberté individuel oui ou non ? J’aimerais des chiffres.
    C’est tellement facile de cracher sur les autres sans poser un seul point d’interrogation, tellement facile de choisir entre deux solutions qui n’ont de solutions que l’apparat fringuant d’un moindre mal…
    Tellement facile d’attiser les polémiques…
    Tellement facile d’user de syllogismes…
    Je veux mieux que ça.
    Ce n’est pas l’individu qui le réclame. C’est sa part humaine.
    Et pauvre fourbe de bigote que je suis…je pense que je vaux mieux que ça.
    Suis-je bigote ? Telle est ma question.
    Oui.
    Ou non.
    (j’ignorerai indécemment et pour cause tout ceux qui auront l’impolitesse de penser répondre non à cette question… question de cohérence…)

    • « Celle qui a poussé à la mort des millions d’hérétiques. »

      L’Inquisition : 30.000 morts en trois siècles, pour toute l’Europe.
      La bataille de Lépante : 40.000 morts en une seule journée et en un seul lieu.

      « J’aimerais des chiffres. »

      Vous les avez. Méditez-les.

    • @ mams

      Le problème tient dans la définition même de la religion, il s’agit d’un ensemble de doctrines et pratiques qui constitue le rapport de l’homme avec la puissance divine. Or, si puissance divine il y a, pourquoi ne peut-on pas l’appréhender directement, au lieu de passer par des préceptes définis par d’autres êtres humains?

      C’était finalement cela, l’essentiel du message de Jésus, raison pour laquelle les chefs religieux de sa propre religion l’ont mis à mort… Et nombreux chrétiens suivent plus leur exemple, que celui du Christ…

      @ Pascal

      Pas besoin de rechercher aussi loin en arrière, on estime aujourd’hui que 100 millions de chrétiens souffrent de discrimination, de persécution ou d’actes de violences, que ce soit de la part de personnes d’autres religions ou de régimes totalitaires.

      • C’est une partie de la réponse. Un système de pensée crée de toutes pièces (synthétique) et de fait imposé par l’éducation (la force) ne peut vraisemblablement pas garantir une appréhension naturelle de son environnement(et des lois immuables le régissant) à l’homme, permettant à ceux qui définissent le système de pensée « correct » le contrôle des « éduqués » et de leurs ressources.
        D’ou ma question : un système peut-il réellement etre plus apte qu’un autre à promouvoir la responsabilité de l’individu donc sa liberté d’action ?

        • C’est quoi, « un système » ?

        • @ mams

          Si certains parents font usage de la force comme moteur de l’éducation, ce n’est pas une fatalité.

          Les enfants ont la tendance naturelle de vouloir imiter leurs parents, tant pour leurs choix de vie que pour les valeurs. L’éducation peut simplement être centrée sur une valorisation de cette tendance et la force ne peut être utilisée qu’en cas de légitime défense vis-à-vis de l’enfant par rapport à lui-même, et vis-à-vis de la cohésion familiale par rapport à l’enfant.

          La meilleure manière de savoir si un « système » peut être meilleur qu’un autre, c’est de laisser la liberté aux parents de choisir pour leurs enfants. Cela permettra à différents systèmes d’être en concurrence, et d’observer lesquels donnent les meilleurs résultats.

  • L’église étant un business, on peut donc en tirer la conclusion qui s’impose…

    « Le catholicisme se définit par ses articles de foi. Ils font appel à l’intellect comme à l’affect, »

    Assez balaise de faire une distinction entre intellect et affect. Quand on réfléchit de cette façon, tout est permis… Pas étonnant d’être aussi embrouillé ensuite, et de croire que les positions de l’église ont une quelconque importance par rapport à celles des cordonniers ou des infirmières.

    Tant qu’on pourra séparer en pensée et traduire en discours, « l’esprit » et le « matériel », « l’intellect » et « l’affect », alors on restera dans l’obscurité…

    J’attends qu’on m’explique avec méthode et exemples comment on peut séparer ou distinguer « l’intellect » et « l’affect »…

    • « Assez balaise de faire une distinction entre intellect et affect. »

      « J’attends qu’on m’explique avec méthode et exemples comment on peut séparer ou distinguer « l’intellect » et « l’affect »… »

      J’en ai lu, des bêtises, chez les lecteurs de Contrepoints. Mais celle-là les dépasse toutes, sans la moindre exception.

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