Ne rien faire, c’est collaborer. Agir, c’est résister !

Nous, les enfants de la dette, les enfants de la crise, libérons-nous des forces qui nous emprisonnent et qui nous brident !

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Ne rien faire, c’est collaborer. Agir, c’est résister !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 mars 2014
- A +

Par Rafik Smati.

 

Les chiffres qui vont suivre sont tout bonnement édifiants. Mis côte à côte, ils constituent un cocktail détonnant. Révolutionnaire, même. Voyez donc :

  • 5,5 millions de chômeurs inscrits au Pôle Emploi
  • 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté
  • 3,2 millions de salariés au SMIC
  • 1,7 million de personnes au RSA
  • 1 million de Français inscrits aux Restos du Cœur
  • Le taux de croissance moyen perd un point chaque décennie
  • La dette publique double tous les 12 ans
  • 1 entreprise fait faillite toutes les 2 minutes
  • 34 % des 18-34 ans envisagent de quitter la France
  • 25 % des jeunes actifs de moins de 25 ans sont au chômage
  • 80 % des nouveaux emplois créés sont des CDD
  • Seuls 4 % des Français éprouvent du respect pour les partis politiques

Voici donc le funeste bilan de ces trente dernières années… Pourtant, pendant cette période, la France a continué à produire des richesses. Elles ont même plus que doublé, mais se sont concentrées entre les mains de ceux qui gèrent l’abondance et qui profitent du système. Je fais d’abord référence à la génération du baby-boom, propriétaire de 68 % du parc immobilier et de la moitié de la capitalisation boursière. Leur revenu moyen dépasse de plus de 15 % celui des actifs… Je pense aussi aux corporations et aux syndicats qui veillent sur leurs avantages comme des dragons veillent sur leurs trésors. Et comment ne pas citer les gouvernants politiques de tous bords qui se sont succédé ces trente dernières années, complices de ces injustices aussi bien par lâcheté que par incompétence ?

Nous avons là sous nos yeux tous les ingrédients qui pourraient donner lieu à un soulèvement populaire de grande ampleur, et pourquoi pas, même, une révolution. Mais pourquoi alors rien de tel ne se produit ? Qu’attendons-nous pour manifester notre indignation ? Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, les moins de quarante ans sont les enfants de la crise. Ils ne connaissent de ce monde que la précarité et la tourmente et se sont résignés à l’accepter. Dans l’allégorie de la caverne, Platon met en scène des personnes enchaînées et immobilisées dans une grotte, qui tournent le dos à l’entrée et ne perçoivent que les ombres des objets situés loin derrière eux. Ces ombres constituent leur unique réalité. Notre jeunesse est aujourd’hui dans cette situation. Enchaînée, elle n’a pour réalité que la crise et la rareté.

Mais cela va bien plus loin : c’est l’ensemble de la population qui a été infantilisée. Le spectacle médiatique occupe les âmes et aliène les masses. L’esprit de responsabilité est anéanti par un pouvoir politique qui se mêle de tout, et surtout de l’inutile et du dérisoire. La prise de risque est mise à mal par un principe de précaution absurde et décadent. La finance impose ses lois. L’euro et la mondialisation, supposés nous prémunir contre la crise et générer de la croissance ont créé, tels qu’ils ont été mis en œuvre, davantage de problèmes qu’il n’en ont résolus…

img contrepoints148 révolteDans le chapitre du livre Les misérables intitulé L’extrême bord, Victor Hugo eut cette formule lumineuse : « Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie il faut l’action ; la vive force achève ce que l’idée a ébauché ». Nous y sommes. Le temps est venu de nous réveiller ! Le temps est venu de reconquérir la France ! Nous, les enfants de la dette, les enfants de la crise, libérons-nous des forces qui nous emprisonnent et qui nous brident !

Notre pays a des atouts immenses ( géographie, démographie, infrastructures, savoir-faire, agriculture, culture…). Ajoutez à cela que nous sommes à l’aube d’une possible nouvelle révolution industrielle : tout va être bouleversé par les innovations à venir dans le numérique, les biotechnologies, l’impression 3D, la robotique, les nano-technologies, l’intelligence artificielle… Alors saisissons-nous de la fabuleuse mutation qui est à l’œuvre ! Ne laissons pas l’incompétence et l’ignorance décider de notre devenir ! Ne rien faire, c’est collaborer. Agir, c’est résister.

À vous, à nous, de jouer !

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  • Le fait de s imposer des articles quotidiens, tire vers le bas la qualité. Contrepoints pourrait éventuellement diminuer le nombre de ses articles mais gagnerait en qualité.

    « La « finance » impose ses lois » ça se passe de tout commentaire.

    • Assez d’accord.
      Aussi, sur l’optimisme : il en faut, bien évidemment, mais quand un article en déborde, ça sent la méthode Coué. Toute la meilleure volonté des quelques actifs qui restent dans ce pays ne changera rien à l’issue de notre situation globale : un mur, très solide.

  • Excellent sur le fond.
    Un détail : comment faire, concrètement puisque les manifestations, même massives, sont inefficaces, la presse censurée, les adversaires surveillés voire CRSisés et les médias généralistes serviles.
    Comment fédérer un mouvement libérateur ?
    C’est comme dire à un dépressif : « bouge-toi et réagit »
    Il faudrait un détonateur capable de réveiller la population en état de « stupéfaction et de tétanisation »

  • Adhérez a nous citoyens qui rend a la société civile et aux actifs non fonctionnaires le pouvoir qui leur revient

  • Et pourtant, il suffirait un petit groupe de gens intelligents et motivés. Mais la question est :

    – la France mérite t’elle encore d’etre sauvée ?
    – le peut on encore ?

    – enfin, dans quel but ?

    Construire sur une base pourrie ne donne jamais de bons résultats.

  • Faut être maso pour rester en France, c’est pas les smicard et les RMIstes qui vont payer les 30 000 euros de dette par français.

    Je me suis expatrie, je vous laisse la dette, je ne reviendrais pas en France, j’ai trouve l’herbe beaucoup plus verte ailleurs (15 degrés en hiver, faudrait être con pour revenir).

    • Tout à fait d’accord avec Toto.
      Je vis dans l’Océan Indien (24 l’hiver austral et 35 l’été). Pas de cotisations sociales à perte, pas de taxes habitation foncières ordures ménagères et les autres…
      Je rentre en France une fois par an, cela suffit.
      Beaucoup de francais me demandent des renseignements en vue d’une expatriation, j’ai l’impression que tout les gens ayant un patrimoine et/ou du talent souhaitent quitter la France.
      Il va rester les chomeurs, les cas sociaux, les retraités qui ne sont pas encore partis et une classe moyenne qui va devoir payer pour tout ca.
      Bon courage!

      •  » il va rester les chomeurs, les cas sociaux, les retraités…  »

        et les gogols, la france, c’est gogoland !

  • Aucun risque de révolution dans un pays où l’avortement est légalisé.

  • Les commentaires sont fermés.

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