Entretien avec Jérémie Rostan sur l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard

Entretien avec l’un des spécialistes français de Murray Rothbard, sur l’Éthique de la liberté.

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Murray Rothbard

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Entretien avec Jérémie Rostan sur l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard

Publié le 8 février 2014
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Entretien avec Jérémie Rostan**, auteur d’une préface à la réédition française de l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard, aux Belles Lettres dans la collection Bibliothèque classique de la liberté, dirigée par Alain Laurent.

Par Damien Theillier, de l’Institut Coppet.

Murray Rothbard
Murray Rothbard

Lorsque The Ethics of Liberty est publié en 1982, Murray Rothbard (1926-1995) n’en est pourtant pas à son coup d’essai: dans une veine semblable, cet émule de Ludwig von Mises s’est fait connaître en 1973 avec For a New Liberty: The Libertarian Manifesto. Mais dans son nouvel opus et en partant d’une décapante « robinsonnade », il radicalise le libertarianisme en prônant une liberté individuelle maximale, l’État zéro et une société totalement privatisée fondée sur l’échange volontaire et le capitalisme de laissez-faire, eux-mêmes légitimés par une réinterprétation rationaliste rigoureuse de la tradition du droit naturel, du droit de propriété et de la morale qui en découle.

Dans cet entretien, Jérémie Rostan décrypte les principales thèses philosophiques contenues dans L’Éthique de la liberté et répond aux objections qui lui sont couramment adressées.

Damien Theillier : Peut-on faire un parallèle entre la pensée de Rothbard et la pensée libérale française, celle de Turgot, de Condillac et de Bastiat ?

Jérémie Rostan : Rothbard était effectivement le premier à revendiquer une telle parenté. Ses écrits fourmillent de référence à Turgot, comme à Bastiat, auxquels il a même consacré des textes entiers.

La principale raison est qu’il voyait dans le libéralisme français une sorte de proto-austrianisme oublié, et pourtant supérieur aux classiques britanniques (A. Smith, etc.)

Ceci étant, Rothbard n’avait, à ma connaissance, guère idée du génie de Condillac, auteur encore ignoré, de nos jours, de la plupart des libertariens, y compris en France.

Damien Theillier : Peux-tu expliciter le sens de cette radicalité ? Pourquoi n’est-elle pas partagée par tous les libéraux ? En particulier Hayek et Nozick que Rothbard critique.

Jérémie Rostan : Cette radicalité est double. Lorsque l’on affirme quoi que ce soit, on affirme en effet, d’une part toutes les prémisses dont cela découle, jusqu’aux premiers principes, et, d’autre part, toutes les conséquences qui se déduisent de ces derniers.

Rothbard acceptait ainsi d’être taxé, si je puis dire, d’extrémisme, car seuls les extrémistes sont cohérents, c’est-à-dire conséquents.

Telle est aussi la source de ses critiques envers Hayek et Nozick. Au premier, il reprochait de ne pas partir de principes suffisamment clairs et premiers. Sa définition de la coercition, notamment, lui semblait bien vague, interdisant la déduction logique d’un système sur la base de la seule Règle d’Or de non-agression. Plus encore, Rothbard reprochait précisément à Hayek de ne pas partager sa forme axiomatique, ou logico-déductive, de libéralisme, lui préférant une approche plus empirique et évolutionniste. Au second, il reprochait de ne pas « aller jusqu’au bout », s’arrêtant à un État minimal après un long argumentaire contre la production marchande de services de sécurité.

Il faut de plus remarquer que cette radicalité est la forme même de Man Economy and State, comme de l’Éthique de la liberté. Dans le premier, Rothbard déduit la science économique et le fonctionnement d’un pur marché libre, ainsi que les dysfonctionnements de l’interventionnisme, sur la seule base d’une analyse de l’action humaine.

Cette praxéologie est aussi à l’oeuvre dans L’Éthique de la liberté. Ici, Rothbard décrit le code de loi convenant à une société libre sur la seule base du principe de propriété de soi / non-agression d’autrui.

Damien Theillier : En quoi cette approche praxéologique se distingue-t-elle des autres ?

Jérémie Rostan : Économiquement, elle s’oppose à la version néoclassique du libéralisme, laquelle consiste, non pas dans une déduction praxéologique, mais dans la construction hautement abstraite et mathématisée de modèles, imitant la méthode des sciences naturelles. Moralement, eh bien, les néoclassiques se contentent le plus souvent de justifier leur libéralisme pour son efficacité économique, sur la base d’un utilitarisme social. Ils ne le fondent donc pas dans une règle d’Or, comme le fait Rothbard. Leur défense est donc moins forte, pragmatique, plutôt que de principe. Pour cette raison, ils sont aussi bien prêts à en refuser certaines conséquences, par exemple en défendant les « politiques de concurrence », et autres formes d’interventions censées corriger des défauts… qui sont ceux de leurs modèles, mais non d’un pur marché libre.

Damien Theillier : On fait couramment cette objection à l’anarchisme: il ne suffit pas de supprimer l’État pour supprimer la violence. L’homme n’est pas bon. Comment une société anarchiste peut-elle gérer la violence qui subsiste en l’homme ?

Jérémie Rostan : Cela reprend un peu la question précédente sur l’État minimal. La confusion, ici, est que les libéraux « anarchistes » défendent jusqu’à la libéralisation des services de coercition précisément parce que « l’homme n’est pas bon ». Si les hommes tendent à être violents, alors pourquoi diable instituer un monopole permettant aux intérêts combinant le plus grand capital politique d’exercer une violence incontestée, à grande échelle, et sous des formes souvent déguisées?

Cette question est évidemment complexe. C’est-à-dire qu’elle en contient plusieurs. Pour cette raison, elle est aussi bien primordiale que secondaire. Le fait que l’armée et la police soient des services publics n’est par exemple pas le problème le plus urgent à régler. En revanche, certaines fonctions dites régaliennes devraient urgemment être remises en cause, à commencer par la politique monétaire. En fait, la confusion est celle de l’État et du gouvernement. Au fond, même un anarchiste comme Rothbard acceptait une certaine forme d’État, puisqu’il prévoyait qu’une société libre aurait une sorte de constitution, un code libertarien. Ce à quoi il s’opposait catégoriquement, en revanche, c’est à la politique, c’est-à-dire à l’intervention législative dans les droits naturels. Soit la justice, par exemple. On objecte souvent aux anarchistes que la société a besoin de lois, et donc d’un État. Mais L’Éthique de la liberté tout entière n’est finalement rien d’autre que la preuve par le fait de ce qu’un système complet de règles se déduit tout naturellement du principe de liberté individuelle. Une première conséquence en est qu’il suffit à la défendre, et que toute législation est donc inutile. Mais une seconde en est qu’il est nécessaire, au sens ou toute législation s’en écartant ne pourrait être que nocive.

Damien Theillier : Pourquoi intituler « éthique » une oeuvre traitant plutôt de politique ?

Jérémie Rostan : En raison de son radicalisme, encore une fois. Pour Rothbard, le système de règles nécessaire à la vie en société relève de l’éthique, et non pas de la politique. La différence est simple, mais révolutionnaire. S’il est possible d’établir un tel système par pure déduction logique, sur la base de principes incontestables, alors toute activité législative est non seulement inutile, mais néfaste. Or c’est la ce que permet l’éthique, selon Rothbard: partir d’une norme objective, dont l’autorité soit donc parfaitement légitime.

Démocrates, il nous semble normal que les lois émanent d’un processus de décision collective. À la réflexion, il y a là contradiction, pourtant. En effet, si l’on juge un tel processus normal, c’est parce que l’on pense inacceptable que les gouvernants exercent un pouvoir arbitraire. Mais pour quelle raison ? On commencera peut-être par répondre qu’il est illégitime qu’une infime minorité règne par la force sur l’immense majorité. Bien vite, on se rendra cependant compte que les effectifs n’ont rien à voir dans l’affaire : on trouvera tout aussi illégitime que l’immense majorité règne par la force sur une infime minorité, comme cela peut être le cas dans un régime esclavagiste. On dira donc qu’il est illégitime qu’un groupe d’hommes en asservisse un autre, quel que soit leur nombre. De fait, ce que l’on refuse, c’est le principe même du règne par la force en tant que mode de rapport humain. Soyez donc cohérents avec vous-même, dirait alors Rothbard. Si vous acceptez ce principe de non-agression, vous devez en effet en accepter toutes les implications logiques. Or celles-ci constituent un système de normes permettant l’économie de toute la politique. Ne voyez-vous pas, ajouterait-il, que celle-ci ne peut être qu’une version parmi d’autres de la loi du plus fort, laquelle ne peut être dépassée que dans une société libertarienne interdisant toute initiation de la force – et rien d’autre?

Damien Theillier : La société libre de Rothbard est, selon ses propres termes, un pur marché, le règne d’un capitalisme débridé. N’est-ce pas là encore la loi du plus fort ?

Jérémie Rostan : C’est l’opinion courante, en effet, mais elle est mille fois fausse. D’une part, ce qu’on appelle « loi du plus fort », ici, c’est la libre concurrence. Or, il y a là une grave confusion. Certes, la libre concurrence récompense les plus forts aux dépens des plus faibles, qu’elle peut sanctionner jusqu’à la faillite. Mais ceux qui règnent grâce à elle, ce sont, par exemple, les plus forts dans la construction automobile, c’est-à-dire ceux qui offrent le meilleur véhicule au meilleur prix. C’est l’intervention de l’État entravant la loi du marché qui favoriserait les intérêts particuliers des plus aptes à la violence légale, et cela aux dépens de la satisfaction de la demande, c’est-à-dire de l’intérêt général – l’accès du plus grand nombre possible aux meilleurs véhicules possibles.

D’autre part, si la libre concurrence récompense les plus forts, au sens des plus compétents, il s’ensuit qu’elle ne peut bénéficier qu’aux faibles. Ceux qui occupent les meilleures positions, les gagnants, n’ont pas intérêt à ce que la compétition continue, mais cesse, ou bien soit aussi empêchée que possible. Seuls ceux qui n’ont pas encore réussi, qu’il s’agisse d’employés ou bien d’employeurs, peuvent tirer profit du droit de faire mieux que les autres qu’est la concurrence. Cette dernière définition est surement le meilleur argument en faveur du libéralisme, d’ailleurs, je veux dire la meilleure preuve de sa valeur morale, ainsi que de son utilité sociale.

Damien Theillier : Qui croit encore de nos jours à une morale absolue, à une distinction stricte du bien et du mal ? Nous vivons une époque sceptique et beaucoup en doutent.

Jérémie Rostan L’Éthique de la liberté repose en effet tout entière sur l’idée selon laquelle il existe un critère permettant une distinction objective du Bien et du Mal et, sur cette base, une déduction logique des types d’action moralement condamnables.

Une telle position n’était guère à la mode à l’époque de Rothbard, et cela n’a pas vraiment changé. De nos jours, on considère généralement simpliste de penser en ces termes, rien n’étant jamais « tout blanc ou tout noir ». Le problème est que tout système de normes implique et opère une distinction entre le Bien et le Mal, et qu’aucune société ne peut se passer de telles règles. La question n’est donc pas de savoir si les catégories de Bien et de Mal ont un sens, mais lequel, et comment l’établir.

Damien Theillier : D’après Rothbard, le critère du Mal est l’initiation de la force physique. Comment le sait-il? Comment être sûr qu’une action est en soi condamnable si elle initie la force, et dans ce cas seulement ?

Jérémie Rostan : Tout simplement parce que c’est la seule réponse possible. La seule alternative est en effet la loi du plus fort. Or, avec elle, la distinction du Bien et du Mal disparait. Le principe de non-agression n’est en fait que le négatif des droits naturels, c’est-à-dire inaliénables. Sans eux, il ne peut y avoir aucun droit réel : seulement des codes de lois, ensemble de privilèges et de violations exprimant des rapports de force politiques. Là encore, nous autres démocrates sommes contradictoires : on pense d’ordinaire que la démocratie implique la souveraineté de la majorité, ainsi que le respect de certaines libertés fondamentales. Mais il faut choisir : si le peuple est souverain, alors son pouvoir doit être sans limites. Et si l’on pense qu’il doit être limité, alors on devrait reconnaitre que c’est par le droit absolu de chacun d’agir librement tant qu’il n’empiète pas sur le droit identique de tout autre.

Damien Theillier : Tout ceci repose sur l’idée de libre-arbitre. Que répondrait Rothbard aux sociologues qui invoquent l’influence du milieu social, etc. ?

Jérémie Rostan: Que sans libre-arbitre, il n’est aucune éthique, ni aucune doctrine du droit possible. Aucune éthique, parce que l’homme serait privé de toute dignité. La critique marxiste du libre-arbitre est ainsi contradictoire : si les travailleurs sont, comme les hommes en général, dépourvus de libre-arbitre, qu’est-ce qu’il pourrait bien y avoir de mal à les exploiter et à les traiter comme des animaux (si cela était effectivement le cas)? Aucune doctrine du droit, parce que celle-ci n’a de sens que si elle réglemente des choix. Certes, la « société » influence l’individu. Mais influencer n’est pas déterminer. Plutôt inciter. Or on ne peut influencer qu’un choix – et donc un être libre.

Damien Theillier : Si la morale est synonyme de respect de la personne humaine, ce respect se limite-t-il au respect de sa liberté ? Qu’en est-il de sa dignité ? N’est-elle pas la source d’un devoir de solidarité ? Et un tel principe ne justifie-t-il pas l’intervention de l’État ?

Jérémie Rostan: Cette question est intéressante, parce qu’elle montre que L’Éthique de la liberté n’offre pas simplement une nouvelle conception morale, centrée sur la liberté plutôt que l’égalité, la piété, etc. mais renouvelle bien plutôt la conception de la morale elle-même. Sur le plan théorique, on peut dire que la morale libertarienne est négative, alors que toutes les autres sont positives : d’après la première, la morale interdit simplement de faire le mal, alors que d’après les secondes elle oblige a faire le bien. Cela peut sembler abstrait, mais c’est que cette révolution conceptuelle, je dirais même copernicienne, importe surtout sur le plan pratique, puisqu’elle concerne l’action humaine. Ou plus exactement sur le plan politique, puisqu’elle concerne l’action sociale – et sa régulation. En effet, L’Éthique de la liberté inverse le rapport traditionnel entre morale et pouvoir. Toutes les autres morales, qu’elles soient progressistes, religieuses, etc., sont au fond des justifications de l’initiation de la force. Elles énoncent les conditions auxquelles cette dernière est légitime. Cela est très clair dans le cas de l’interventionnisme: « Les membres de la société ont le devoir d’être solidaires, donc l’État est en droit de redistribuer les richesses… » Dans le cas du libertarianisme, la morale est au contraire synonyme d’interdiction, et non pas d’autorisation, de la violence.

De fait, la conséquence en est que « faire le bien » ne relève plus de la morale. Mais il n’y a rien de plus normal ! Le domaine de la morale est en effet celui du devoir ; or, ce que je dois à autrui, c’est ce à quoi il a droit, et qui n’implique donc aucune générosité de ma part. Faire le bien, c’est tout autre chose : c’est faire pour autrui quelque chose que je ne lui dois pas, et à quoi je ne suis pas obligé – mais que je fais par solidarité.

Damien Theillier : Ceci évoque de nombreux thèmes kantiens. Peux-tu préciser la position de Rothbard à l’égard de ce philosophe ?

Jérémie Rostan: Relue à la lumière de L’Éthique de la liberté, la morale kantienne prend effectivement un tour étonnement libertarien. La première raison est qu’elle se fonde sur la sacralité de la personne humaine, et cela en raison de son caractère transcendant, c’est-à-dire de sa liberté. La deuxième raison est que Kant conçoit la morale comme une législation idéale : celle d’une société véritablement humaine, dont les membres se comportent les uns envers les autres en tant que fin en soi. À cet égard, et c’est la dernière raison, le devoir kantien semble proche de l’impératif négatif libertarien : je ne traite jamais autrui comme un simple moyen tant que je n’initie pas la force envers lui. Je n’ai jamais à me sacrifier en quelque sens que ce soit pour bien agir. Ceci étant, il n’est pas compatible avec une éthique de la liberté que chacun doive respecter la personne humaine aussi bien « en lui-même ». La conséquence en est en effet un droit d’autrui, et finalement du gouvernement, sur des choix individuels non-agressifs, tels que le tatouage, que Kant condamnait.

** Jérémie Rostan est agrégé de philosophie et docteur en économie. Il enseigne ces deux disciplines à San Francisco.

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  • « L’homme n’est pas bon » affirmation souvent reprise par les constructivistes pour justifier leurs interventions ( peut-être parçeque que eux ne sont pas des hommes ou qu’ils sont bons eux seuls)
    Or, en étudiant la nature humaine, il apparaît clairement que l’homme est bon par nature.

    L’être humain né désiré et aimé par ses parents.

    Une bonne action rends l’être humain heureux.

    La spécialisation du travail n’est possible que parce que l’être humain est bon par nature et que les interactions se basent sur la confiance entre humains.

    Affirmer que l’être humain est mauvais en prenant des cas particuliers (Staline, hitler, dutroux) et en les généralisant à l’humanité entière n’est pas rationnel ni scientifique …

    • Stéphane,
      En effet il ne faut pas tout noircir (surtout pour servir d’argument aux Étatistes), mais il ne faut pas non plus être idéaliste. Pour reprendre vos exemples :

      – tous les enfants ne naissent pas désirés ni aimés, hélas;

      – de nombreux êtres humains se réjouissent de faire de mauvaises actions (abuser de la confiance d’autrui, lui jouer un mauvais tour en s’enrichissant à ses dépens, voire le voler). Cela vaut chez les criminels comme chez certains Traders de haut vol, pourtant fort intelligents et fort éduqués;

      On peut aussi s’interroger sur pourquoi beaucoup d’autres gens (heureusement !) se réjouissent de faire de bonnes actions : à part leur Surmoi imprégné de Morale Chrétienne (voire Bouddhiste) qu’est-ce qui les pousse dans ce sens ?

      • ALB,

        Merci de confirmer mes dires.

        Vous confondez idéalisme et raison :

        En effet, tous les enfants ne naissent pas désirés ni aimes, mais c’est une minorité, toutes vos connaissances détestent leurs enfants, et vous ne parlez plus à vos parents qui vous détestent je présume ?

        – de nombreux êtres humains se réjouissent de faire de mauvaises actions, vous en connaissez bcp parmi vos proches ? Vous avez des chiffres ?

        Affirmation gratuite, qui, si elle était vraie signifierait le chaos et la violence permanente dans nos sociétés, ce qui est loin d’être le cas.

        Classiquement vous attribuez les défauts d’une infime minorité à la majorité.

        Si on croit au libre arbitre humain, on croit à l’être humain bon, car la raison mène l’être humain à la bonté, seule façon de vivre avec ses semblables pour coopérer et ainsi améliorer sa situation matérielle ( et aussi spirituelle)

        Sur votre dernière question, cela rejoint le pourquoi du bon dans l’être humain : on nait aimé et entouré de l’amour de ses parents, plus grand dès que la raison s’exprime on se rend compte du principe de réciprocité, Jésus Christ n’ayant fait qu’énoncer une réalité : c’est en aimant que nous sommes heureux.

        C’est aussi le message de rothbard : la raison appliquée jusqu’au bout nous révèle la liberté comme chemin à suivre, et comme source du bonheur.

        • Stéphane,
          Rothbard comme vous, Bouddha ou Jésus Christ et bien d’autres arrivent peut-être au bout de ce chemin, chacun par les voies qui leurs sont propres, mais pas tous et très loin de là.
          Il vous suffit de regarder les chiffres sur la criminalité en France, par exemple, ou ailleurs aussi, ou sinon d’y être confronté vous-même, pour le constater – et s’il s’agit d’une minorité elle n’est pas « infime » du tout, et son pouvoir de nuisance affecte tout le monde, ou presque.
          Par ailleurs, Oui j’ai connu de nombreux cadres hautement éduqués dans la Finance gagnant beaucoup d’argent qui mettaient une énorme énergie à « faire le mal » sciemment autour d’eux afin d’en gagner encore davantage… Ceux-là étaient certes une infime minorité je vous l’accorde, mais la crise de 2008 a montré si cela était nécessaire que l’impact de leurs méfaits était énorme et universel.

          Je vous laisse leur prêcher à tous la supériorité du Bien par la Raison, bon courage et bonne chance…

          D’ici là, je me permets de continuer à penser que votre idéalisme théorique vous aveugle parfois à certaines réalités pratiques, lorsqu’elles vous dérangent parce qu’elles ne sont pas en accord avec la théorie…la réalité est parfois plus complexe et en demi-teintes que tout bel édifice intellectuel basé sur la Bonté naturelle de tous les hommes et femmes. Même si elle est sous-jacente si vous voulez, ce n’est pas toujours elle qui s’exprime dans le comportement des individus, et partant dans la façon dont la Société fonctionne.

          • Minorité pas infime du tout, c’est une contradiction, et c’est surtout un jugement de valeur.

            Risquez vous une agression chaque fois que vous sortez de chez vous ?

            Selon vous, oui ?

            Sur vos traders de la finance, c’est un parfait cliché que l’on voit dans tous les films, et qui n’a aucune réalité, Mr Nicoulaud l’a d’ailleurs évoqué sur ce sit, allez vous y référer.

            J’attends vos réalités pratiques chiffrées et non fantasmées pour les confronter à mes théories 🙂

            L’homme a le libre arbitre, il peut choisir de faire le bien ou le mal, mais force est de constater qu’il choisit le bien dans la majorité des cas.

            Si c’était l’inverse, nous vivrions dans un chaos de violence perpétuel.

            Est-ce le cas ? Non. Ou alors vousne savez pas ce que c’est que le chaos ( Syrie, Irak, Zimbabwe, etc…)

            • Oh là là… Excusez-moi mais à ce niveau soit c’est de l’aveuglement sectaire soit de la mauvaise foi, dans les 2 cas je me déconnecte de ce fil, après avoir juste fait remarquer que :

              – Une minorité significative qui impacte la vie, ce n’est ni une « contradiction », ni un « jugement de valeur » : voyez Larousse, mon cher !

              – Il y a bien des échelons entre la sécurité optimale, et le chaos Syrien. Sortez de chez vous !

              – Nul ne m’est besoin de me référer à des films que je n’ai pas vu, ni à des clichés, pour savoir ce que j’ai vécu dans mon quotidien professionnel à Londres (comme de nombreux collègues). Il y a des clichés idiots qui circulent aussi, d’ailleurs, mais ceux-ci n’obèrent pas la réalité.

              Au final aucun de vos arguments ne tient la route. Bonsoir.

  • Passionnant, merci !
    On notera la filiation assez nette (me semble-t-il) avec Ayn Rand, qui avait commencé à théoriser dans cette direction, mais sans pouvoir je crois aboutir à un système aussi solide, cohérent et fiable à l’usage que celui de Rothbard. Même si elle aussi postulait déjà l’axiome de la non-initiation de la violence comme étant la source unique de toute philosophie libertarienne.
    Pour aider à la diffusion de ce courant de pensée passionnant, il me semblerait important de s’intéresser aux contre-arguments « pratiques / pragmatiques » qui lui sont opposés (tant le plan théorique semble solide et presqu’inattaquable !). Ceux-ci sont légions, ce qui ne veut nullement dire qu’ils sont valides, mais du moins que si on veut convaincre une plus large audience il faut aussi en priorité se placer sur ce terrain-là.
    En voici quelques-uns qui me sont venus spontanément à la lecture du texte :

    – La libre concurrence doit aussi être défendue contre les monopoles / duopoles ou autres oligopoles restreints, lesquels peuvent découler « naturellement » de la meilleure performance de quelques acteurs, qui ensuite profitent de leur position dominante pour progressivement éliminer la concurrence, avant de pouvoir alors profiter de leur position dominante au détriment du public en maximisant leurs bénéfices hors tout contrôle concurrentiel. C’est l’origine des lois et des instances réglementaire du contrôle de la concurrence. De telles règles / instances sont-elles compatibles avec la démarche déductive Rothbardienne du Principe de Non-Agression ? Si Oui par quel cheminement, et si Non alors comment protéger le public des abus de position dominante ?

    – Les « externalités » sont la tarte à la crème des Keynésiens ou autres anti-libéraux pour justifier le recours à la force par voie législative ou politique. Ces recours sont absolument exclus en logique Rothbardienne, mais pourtant certaines « externalités » existent bien : ainsi, je peux nuire durablement et gravement à autrui (voir même à beaucoup d’autruis !) SANS POUR AUTANT INITIER LA VIOLENCE PHYSIQUE À SON ENCONTRE par exemple en polluant dangereusement son environnement avec des substances toxiques, ou en commercialisant des produits cancérigènes ou défectueux, etc. Si l’éthique Rothbardienne refuse l’ingérence législative entre les individus, comment adresse-t-elle ces externalités ?

    – Last but not least : au-delà des belles démonstrations intellectuelles théoriques, nos amis anglo-saxons ont la sagesse de dire aussi que « the proof is in the pudding » : y-a-t-il déjà quelque part des communautés qui s’auto-gèrent sur des bases aussi Rothbardiennes que possible (évidemment dans les limites de ce que les États leur autorisent encore !) ? Si Oui peut-on les faire connaître, les étudier, en parler ? Si Non comment peut-on en initier, car je croissance qu’un public plus large se laissera davantage convaincre si on joint la démonstration pratique au seul raisonnement philosophique exigeant, aussi beau et convaincant intellectuellement soit-il…

    • Afin de Répondre àtoutes les questions que vous soulevez, je vous enjoins de lire au plus vite  » libéralisme » de m. Pascal salin

    • ALB.

      La filiation de rothbard avec Rand est ténue, Rand est une minarchiste, comme nozick, elle est au milieu du gué et ne peut être qualifier de libertarienne.

      Sur votre question de la libre concurrence a défendre contre les monopole, rôle de l’état, il vous faut lire l’action humaine de von mises.

      Celui ci explique très bien qu’en situation de marché libre non entravé, un monopole qui finirait par se constituer serait obligé de maintenir ses prix les plus bas possibles, sinon de nouveaux concurrents se feraient jour immédiatement.

      Sur les externalités que friedman a popularisé, rothbard a une explication sans faille : elles proviennent du non respect du droit de propriété.

      Le principe de non agression se conçoit dans le cadre du respect des droits fondamentaux de l’individu et l’exemple que vous citez (produits cancérigènes : le consommateur a été trompé sur la marchandise, la pollution est une agression physique)

      Rothbard ne refuse pas l’ingérence des sociétés privées de justice, elles sont en concurrence entre elles pour faire respecter les droits fondamentaux, c’est la définition même de la justice.

      La suisse est ce qui se rapproche le plus d’une société libertarienne, lisez :  » dépasser la démocratie » meilleur livre libertarien de ces dernières années, il vous l’expliquera très bien ( le comment d’une société libertarienne)

      Si j’ai pu vous aider dans votre réflexion, mes remarques auront servi à  » la cause » 🙂

      Bien cordialement,

      • Merci Frd et Stéphane !
        Oui cela aide et je tâcherai de lire ces grandes sources primaires, ce que je n’ai pas eu/pris le temps de faire jusqu’à présent.
        Pour autant vos réponses ci-dessus à mes questions ne m’ont pas encore convaincu – sans doute les livres que vous indiquez le feront-ils !
        – Sur le monopole, je ne vois pas comment la concurrence prévaudra là où les barrières à l’entrée au sens de Porter sont significatives – et d’ailleurs même dans un environnement « législatif étatiste » on voit régulièrement des cartels anti-concurrence se mettre en place (illégalement) ce qu’ils feraient tout aussi bien, voire mieux, dans un environnement de « marché libre »; par ailleurs, j’ai vécu dans ma vie professionnelle beaucoup de situations où des Oligopolistes empêchaient les nouveaux entrants d’émerger en s’entendant pour les étouffer en vendant à perte (ce qu’ils pouvaient se permettre un certain temps) jusqu’à ce que le nouvel entrant n’en meure – puis ils pouvaient tranquillement remonter leurs prix et reconstituer leurs marges et leurs réserves pour la prochaine attaque. Et ce dans un environnement de marché libre sans entraves, dans les cas que j’ai vécu l’Etatisme n’y était pour rien, pour une fois !

        – J’ai encore du mal à voir en pratique comment adresser les sujets de pollution ou de dangerosité (ceux de mon exemple, purement illustratifs au demeurant) avec le seul Droit de Propriété : en théorie, je comprends bien la filiation, mais en pratique ??

        Enfin, « Beyond Democracy » de Karel Beckmann est un excellent livre que j’offre régulièrement autour de moi pour répandre « la bonne parole ». Pour autant, sa dernière partie sur la Suisse est bourée d’inexactitudes et de fausses assertions : je le sais, j’y vis !
        Dans mon expérience, la Suisse est effectivement la « moins mauvaise démocratie » que je connaisse, et c’est un pays (et un peuple) formidable où il fait vraiment très bon vivre, je ne peux que le recommander. Mais pour autant, on y trouve aussi (même si à un moindre degré) à peu près tous les vices consubstantiels à la démocratie que dénonce Beckmann, et même ici la « machine infernale » est lancée et poursuit (inexorablement ?) sa route destructrice. Cela n’a vraiment rien à voir du tout avec une expérience de communauté libertarienne comme dans ma question. J’en déduis qu’il n’existe peut-être nulle part de telles communautés (??) et qu’il serait urgent d’en voir se constituer afin de « mettre à l’épreuve pratique » les idées philosophiques des Maîtres libertariens. Je ne pense pas être le seul qui se rallierait à « La Cause » beaucoup plus franchement s’il voyait comment cela peut fonctionner en pratique…

        • Sur les monopoles, aucune barrière à l’entrée n’est significative si les marges des monopoleurs sont trop grandes.

          L’exemple que vous citez (vente à perte du monopoleur) à une prémisse fausse : que le nouvel entrant n’est pas les reins financiers aussi solides que les monopoleurs, ce qui peut être faux.

          Quand Microsoft s’est lancé dans le marche des consoles de jeux, Nintendo et Sony pouvaient bien vendre à perte, ils n’auraient pas tenu….

          De plus, un oligopole est rarement parfait : le plus célèbre exemple est l’OPEP !!! Aucuns ne respectent ses engagements envers les autres !’

          Pour la pollution, le fils de milton friedman l’a bien expliqué dans son livre vers une société sans état.

          Sur la suisse, je suis d’accord, mais la seule façon de limiter le pouvoir du peuple, c’est comme dit beckmann la multiplication des petites sociétés autonomes, ce qui semble se produire :

          50 pays en 1950, plus de 200 aujourd’hui, et ça continue.

          Bien cordialement,

          • D’accord pour le contre-exemple Microsoft / Nintendo-Sony, mais à propos de quasi-monopole Microsoft se pose là, justement…

            Et de manière plus générale, ce contre-exemple, même valide, ne réfute pas mon point sur les barrières à l’entrée qui LE PLUS SOUVENT existent bien et sont trop hautes pour la plupart des compétiteurs potentiels qui n’ont pas la surface d’un Microsoft : sinon votre vision de la concurrence se limite à une concurrence entre Grands Groupes existants, et ce n’est qu’une version dévoyée de la concurrence. Laquelle a déjà existé, d’ailleurs, voyez l’Allemagne de Ludwig Erhard avant qu’elle n’instaure ses lois Anti-Cartels, justement…

            Enfin, l’exemple de l’OPEP est depuis 40 ans la Tarte à la Crème des oligolopoles-qui-ne-fonctionnent-pas, dilemme-du-prisonnier-machin-game-theory-et-tout-çà…. Faut évoluer, pendant ce temps on voit autour de nous des oligopoles RÉELS qui marchent RÉELLEMENT pas si mal que cela, merci pour eux, jusqu’à ce qu’ils finissent par se faire pincer ou dénoncer aux Autorités de Contrôle de la Concurrence….!

            Donc désolé, mais vos arguments sur ces 2 points ne me convainquent nullement, et mes doutes demeurent sur la capacité d’auto-régulation totalement autonome du Free Market hors de tout cadre législatif.

            En revanche, je suis d’accord avec vous sur la supériorité d’une Gouvernance politique décentralisée au maximum. L’exemple de la Suisse dans ce domaine est tout à fait probant en effect, et les rares bêtises qui y sont faites (comme ce week-end) le sont justement parce qu’on ne prend certaines décisions pas assez au niveau local réellement concerné par lesdites décisions…Vos chiffres à cet égard sont encourageants, merci à vous ! Comme disait Laetitia, pourvu que cela dure… Ou, de manière plus proactive sans doute : vivement l’Europe des Régions (pour commencer, et des Communes dans les Régions ensuite) qui se réapproprie tout ce qui est possible des pouvoirs de Bruxelles… (Sauf l’Autorité de la Concurrnce – cheese- on va finir par croire que j’y travaille, mais non pas du tout en fait 🙂 ).

  • Rothbard est plus accessible que Mises (même si certains textes de Mises sont très faciles à lire — je pense par exemple à la Mentalité Anticapitaliste) et dit essentiellement les mêmes choses.
    « Man, Economy and State » est très bon à lire, et « America’s Great Depression » également.
    Tout ces livres peuvent se télécharger gratuitement sur mises.org (par ex. https://mises.org/profile/murray-n-rothbard pour Rothbard, cliquer sur « major works »)

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